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lundi 27 février 2017

Fillon reproche à Cazeneuve un "climat de quasi-guerre civile"

L'extrême gauche crée un "climat de quasi-guerre civile" perturbant les campagnes démocratiques de Macron et Fillon

François Fillon a "accusé" dimanche le gouvernement de laisser "se développer dans le pays un climat de quasi-guerre civile"
 

Fillon accuse le gouvernement d'un Le candidat de la droite républicaine perturbe évoque les incidents visant plusieurs candidats. "En tant qu'ancien Premier ministre, en tant qu'élu de la Nation, j'accuse solennellement le Premier ministre et le gouvernement de ne pas assurer les conditions d'un exercice serein de la démocratie. Ils portent une très lourde responsabilité en laissant se développer dans le pays un climat de quasi-guerre civile qui ne peut que profiter aux extrêmes", déclare solennellement François Fillon dans un communiqué.  
La plupart de ses réunions publiques sont perturbées pas des concerts de casseroles, brandies par des syndicalistes de la CGT et/ou des militants de La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

"Quels que soient les candidats, ils doivent avoir le droit de s'exprimer et le gouvernement doit prendre des mesures pour que les casseurs et les ennemis de la démocratie cessent de perturber cette campagne présidentielle", ajoute-t-il.

Dans le déni des violences, le ministre de l'Intérieur a dénoncé dimanche soir "ces allégations mensongères"

Ces allégations "ne sont qu'une tentative de diversion grossière de la part d'un ancien Premier Ministre qui n'a plus aujourd'hui comme défense que de critiquer les Institutions et ceux qui les servent, et ce pour faire oublier les difficultés de sa campagne qui ne sont imputables qu'à ses propres agissements", polémique Bruno Le Roux, dans un communiqué transmis à l'AFP.

Fillon évoque des faits
Il cite un meeting à Toulon "perturbé par une manifestation", celui d'Emmanuel Macron mi-février. 
Et ce week-end, "la ville de Nantes a été mise à sac par des manifestants d'extrême gauche" opposés à la venue de Marine Le Pen, et "des bus de militants ont été attaqués sur l'autoroute par des manifestants d'une extrême violence".

En outre, "tous les jours, une poignée de manifestants d'extrême gauche viennent perturber mes déplacements", déplore le candidat du premier parti de France.

"Ces manifestations sont minoritaires. Les manifestants sont toujours les mêmes. Leur objectif est simple: perturber la campagne, décrédibiliser les élections, affaiblir la démocratie", déplore-t-il, en rappelant que "nous sommes en état d'urgence et pourtant, le gouvernement laisse faire".

"Le Garde des Sceaux nous a expliqué dans la presse qu'il fallait laisser la justice travailler", relève F. Fillon, après l'ouverture vendredi d'une information judiciaire sur les soupçons d'emplois fictifs visant sa famille. Jean-Jacques Urvoas a en effet affirmé que "rien ne justifierait" une pause des investigations visant des candidats durant la campagne. 

"Mais il faut aussi que le gouvernement assure les conditions du bon déroulement des élections. Et qu'il fasse respecter l'Etat de droit", insiste F. Fillon.

Bruno Le Roux ne reconnaît pas les faits et recourt à la langue de bois.
Il "tient à rappeler que les forces de l'ordre sont, et le seront évidemment durant toute la campagne, mobilisées pour prévenir les incidents en marge des déplacements, réunions et meetings de l'ensemble des candidats", poursuit le texte. 

Le ministre de l'Intérieur passe à l'attaque ...des démocrates !
Impuissant à maîtriser les exactions de l'extrême gauche, Le Roux s'en prend aux victimes, regrettant, dit-il, "qu'un ancien premier ministre, qui prétend aux plus hautes responsabilités puisse évoquer un climat de guerre civile, contribuant lui-même à créer ce climat, à diffuser une image de son pays, en contravention avec tous les principes qui doivent présider à l'expression de la parole publique et à l'éthique de la responsabilité."

mercredi 25 janvier 2017

L'usine de sèche-linge Whirlpool ne tournera plus à Amiens en 2018

Les licenciements de plus de 300 salariés sont programmés pour l'après-présidentielle...

Whirlpool a annoncé la fermeture de son usine amiénoise au 1er juin 2018. 

L’usine de sèche-linge Whirlpool basée à Amiens depuis 70 ans emploie actuellement 290 salariés et 250 intérimaires. Sans oublier les 56 salariés du sous-traitant Prima installé in situ. Pour une production d’un peu plus de 1.300 pièces par an.
Le site de 17.000 m2 a compté jusqu’à 1.300 salariés au début des années 2000 avant une succession de plans sociaux (2002, 2005 et 2008). A l’époque, l’usine produisait des sèche-linge, mais aussi des lave-linge.

En 2014, la multinationale américaine a racheté l’Italien Indesit et engagé une réflexion sur son organisation en Europe. En 2016, elle a ainsi mis en place un nouveau plan social qui concernait, cette fois, la fusion des sièges sociaux à Suresnes (Hauts-de-Seine).

Ce mardi 24 janvier, les salariés de l’usine de sèche-linge Whirlpool d’Amiens ont appris que l’activité cessera au 1er juin 2018. La production amiénoise sera transférée à Lódz, en...Pologne, a annoncé la multinationale américaine, géante de l’électroménager aux plus de 20 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Whirlpool a justifié cette restructuration au nom "de la sauvegarde de (sa) compétitivité", dans un contexte "de plus en plus concurrentiel". Une nouvelle accueillie par des cris de colère et des pleurs dans l’usine.

Fonctionnant en intersyndicale, comme à chaque crise traversée, les représentants du personnel jouent collectif. 

(Photo DOMINIQUE TOUCHART)

Les représentants du personnel, réunis en intersyndicale, ont fustigé la décision du groupe. *
"L’épée de Damoclès nous est tombée sur la tronche, lâche Frédéric Chantrelle (CFDT, proche du pouvoir socialiste). Tout le monde est sur le cul. Cette multinationale gagne des milliards, nous fait trimer comme des fous et voilà ce que l’on récolte. C’est une honte de fermer un site industriel comme ça, qui a plus de 70 ans." Whirlpool précise qu’aucune suppression d’emploi n’aura lieu cette année, année électorale (présidentielle et législatives) et qu’il fera "tout son possible pour rechercher des solutions appropriées pour les salariés, pour la réindustrialisation du site, et pour trouver un repreneur."
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Un engagement qui ne convainc pas les syndicats. " On ne croit pas à la venue d’un repreneur, coupe F. Chantrelle. En 2015, la présidente de Whirlpool Europe a présenté une carte des nouveaux sites industriels où l’usine amiénoise n’apparaissait pas. Déjà… Elle nous a répondu que c’était une erreur. On se rend compte aujourd’hui qu’elle nous a bien roulés dans la farine !"

François Gorlia (CGT) est du même avis. "On attendait une mauvaise nouvelle mais pas aussi violente, commente-t-il. Comment voulez-vous retourner travailler sereinement jusqu’en juin 2018 après ça ? Ce sera dur pour les salariés et on a fait comprendre à la direction qu’elle n’a pas intérêt à leur mettre la pression, sinon ça va mal tourner !" a-t-il menacé. Peut-on s’attendre à un mouvement de grève ou d’autres actions ? " On y réfléchit", répond-il.

Cécile Delpirou (CFE-CGC) – la première à avoir donné l’alerte – ne cache pas sa colère.  Sa rapide mobilisation a vraisemblablement permis un report de la fermeture mais " c’est une faible consolation", dit-elle. La secrétaire du comité d’entreprise n’hésite pas à parler d’ "arrogance américaine", persuadée que Whirlpool s’inscrit dans la même veine que Goodyear (Amiens) et Continental (Clairoix dans l’Oise), qui ont fermé "uniquement pour des raisons de rentabilité financière".
Et, globalement, qui ont échoué dans le reclassement des salariés. " On va se battre mais aujourd’hui, nous n’avons pas prévu d’actions coup de poing. Des salariés me disaient qu’ils avaient déjà du mal à finir le mois, ils ne peuvent pas perdre de l’argent en plus", souligne Cécile Delpirou, qui attend une aide des pouvoirs publics, même si "je ne crois plus au Père Noël depuis longtemps".

700 licenciement à Continental  Clairoix
Incompréhension et amertume dominent chez bon nombre de salariés interrogés. " En 2016, l’usine a prouvé qu’elle pouvait avoir de bons résultats (800.000 pièces). On s’aperçoit que la fusion avec Indesit n’a pas apporté les résultats escomptés. Cette fermeture intervient seulement pour rassurer les actionnaires. A notre détriment", commente Ludovic Creusé (CFE-CGC).



A Saint-Nazaire, le repreneur italien du Chantier naval fait peur aux syndicats de STX.