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vendredi 26 avril 2019

Le ministre Attal étale son homosexualité et Castaner recadre la députée Thill

L'obligation sociétale d'aimer l'homosexualité conduit aux "mots qui blessent"

La députée LREM avait déjà dénoncé les pressions 
du "puissant lobby LGBT à l’Assemblée nationale" 

Agnès Thill, députée LREM de l'Oise.
Christophe Castaner a menacé Agnès Thill :
"Chacun de tes tweets t’éloigne
de ce que nous sommes".
"Dernier avertissement pour Agnès Thill après ses propos sur un 'lobby LGBT'", avait titré Libération le  9 novembre 2018. Le patron par intérim de LREM et le président du groupe, Philippe Grangeon et Gilles Le Gendre, ont adressé une lettre recadrant sévèrement la députée LREM de l'Oise, pour "condamner avec la plus grande fermeté" des propos "inacceptables"  tenus sur Twitter.

Hostile à l'ouverture de la PMA à toutes les femmes, Agnès n'a pas mis ses convictions dans la poche ? Or, en septembre, après quelques échanges acides entre pro et anti-PMA pour toutes - couples de lesbiennes et femmes célibataires - apparus sur les réseaux sociaux, les députés La République en marche s'étaient vu imposer de garder pour le huis clos de leurs réunions de groupe leurs désaccords sur cette promesse présidentielle et une mesure qui doit figurer dans le futur projet de loi sur les questions de bioéthique

Mais, interpellant sur Twitter l’une de ses collègues de la majorité sur le sujet, la députée de l’Oise, Agnès Thill, a n’a pas hésité à exprimer son malaise sous les pressions d'"un puissant lobby LGBT à l’Assemblée nationale". Elle réagissait à l’invitation lancée par la députée de Paris, Elise Fajgeles, à un café citoyen organisé dans sa circonscription pour débattre de la PMA pour toutes. "Est-ce "s’informer" s’il n’y a qu’une version donnée ? interroge alors Agnès Thill qui souligne : "l’objectivité est de mise, ou bien c’est de la propagande." Elle fait aussi valoir qu'il est "faux de faire croire qu’il n’y a qu’une vision", ce qui serait recevable sur tout autre sujet, à l'exception de l'homosexualité et de la PMA.

Est ce « s’informer » s’il n’y a qu’une version donnée? Nos juristes et experts auditionnés étaient partagés 50/50 sur le sujet, par exemple l’argument égalité en droit ne tient plus. L’objectivité est de mise, ou bien c’est de la propagande.

Est ce « s’informer » s’il n’y a qu’une version donnée? Nos juristes et experts auditionnés étaient partagés 50/50 sur le sujet, par exemple l’argument égalité en droit ne tient plus. L’objectivité est de mise, ou bien c’est de la propagande.

Tu es la bienvenue pour débattre avec nous Agnès !
En circo! C’est tellement faux de faire croire qu’il n’y a qu’une vision:
1) il y a un puissant lobby lgbt à l’AN et l’AN n’est pas la France. Ici, les avis sont tout autre.
2) nos experts auditionnés étaient 50/50, comme la société, c’est malhonnête de faire croire le contraire.

Visière macronienne sur les yeux, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a aussitôt défendu le programme électoraliste du candidat Macron. "Ce terme de "lobby LGBT" est absolument inacceptable et n’a pas sa place dans le débat public. Pas d’ambiguïté de mon côté", a jugé le stalinien. 
Et la secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les genres, Marlène Schiappa, de nier, toujours sur Twitter: "Il n’existe aucun "lobby LGBT", juste des gens qui veulent vivre librement et d’autres gens qui les soutiennent". Mieux, la totalitaire vit dans le fait de "fantasmer sur un lobby gay" un "premier pas vers l’homophobie". Le goulag n'était pas loin...
Au groupe LREM censé garder le petit doigt sur la couture du pantalon, Gilles Le Gendre, le patron des députés LREM,  avait appelé ses collègues à "se garder de toutes polémiques et anathèmes personnels" sur la question de la PMA.

Dans une lettre adressée ce soir à Agnès Thill, le DG LREM Philippe Grangeon et Gilles Le Gendre recadrent très fermement la députée LREM après son dérapage sur “le lobby LGBT à l’AN”. En mode dernier avertissement

Collaborateur PS et CFDT du ministre Macron, Grangeon et Le Gendre, un ex-journaliste giscardien et entrepreneur, n'avaient pas hésité à combattre le pluralisme, considérer que les mots d’Agnès Thill constituent "une mise en cause insidieuse" des parlementaires et de "la représentativité" de l’Assemblée. Ils estiment surtout qu’ils "relèvent sémantiquement d’une sémantique homophobe qui nous abîme tous"... Et si cette ancienne directrice d'école primaire, spécialiste de l'enfance,  a finalement dû "regretter [ses] propos qui ont pu heurter", les deux despotes macroniens n'ont pas été satisfaits, préférant "des excuses en bonne et due forme"... 

Démontrant par leurs menaces qu'ils sont eux-mêmes sous emprise LGBT, la paire Grangeon et Le Gendre lancèrent un avertissement avant la sortie : "Ce n’est pas la première fois que nous sommes amenés à te mettre en garde contre les excès que revêtent parfois tes prises de position publiques. Au moment où nous souhaitons tous que le débat sur la bioéthique se déroule dans un climat apaisé, ce sera la dernière."
Mais soucieuse de ne pas se fracturer à la veille des Européennes, la majorité marche sur des œufs. Elle a promis de ne pas donner de consigne de vote à ses troupes, malgré l’engagement de campagne pris par Emmanuel Macron sur la PMA... Et l’une des vice-présidentes du groupe, Fiona Lazaar, en charge de l’animation politique, réfléchit à l’organisation de discussions internes, précisément pour éviter que les désaccords s’étalent publiquement.

Le député LREM de Charente-Maritime et responsable du patrimoine et de l'action culturelle de Jas Hennessy & Co (Louis Vuitton, groupe Arnault) Raphaël Gérard, qualifiant sur Twitter d’ "abjecte" l’expression d’Agnès Thill, renvoie à celle-ci l’accusation : "Je voudrais rappeler le droit de toute personne LGBT à être représentée au même titre que des minorités religieuses radicales. Je constate que tu représentes bien La Manif pour tous à l’Assemblée nationale." Ce salarié de Jas Hennessy & Co (Louis Vuitton, groupe Arnault), qui fait pression sur celle élue, vit en couple avec un homme. 

La députée LREM Agnès Thill a évoqué un article de Têtu sur le désir d’enfant du secrétaire d’Etat de l’Education nationale Gabriel Attal 

Le secrétaire d'Etat de Macron ne fait pas mystère de son homosexualité.Le prosélyte est juste secrétaire d'Etat auprès du ministre de ...l'Education nationale et de la ...Jeunesse !
Cet entretien à Têtu est donné à quelques semaines de l’ouverture du débat à l’Assemblée sur la GPA, la gestation pour autrui et la PMA, la procréation médicalement assistée accessible aux couples de femmes, dont il sera question dans la loi sur la bioéthique. Le secrétaire d’Etat y affirme notamment ne pas être opposé à une "GPA éthique" si cette dernière venait à être légalisée en France.  

Christophe Castaner
@CCastaner
Les mots qui blessent, les paroles qui ostracisent disqualifient - toujours - leurs auteurs et leurs thèses.
Chacun de tes tweets t’éloigne de ce que nous sommes, de nous, mais pire, ils t’éloignent des valeurs que tu penses servir.


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Sans pression aucune de la communauté homosexuelle, sur le réseau social, le député de Paris et ancien ministre Mounir Mahjoubi a également rejeté sa collègue"Enièmes dérapages d’Agnès Thill. Vos propos sont en contradiction avec les valeurs d’inclusion de notre mouvement. Prenez vos responsabilités et quittez notre groupe. Je proposerai à plusieurs de mes collègues de saisir à nouveau le bureau pour demander votre exclusion". Pour autant, la communauté LGBT peut-elle être dénoncée pour ses pressions? Désormais candidat à la mairie de Paris, Mahjoubi a annoncé sur Instagram qu'il vient de se pacser avec son compagnon en juillet 2015.
Mounir Mahjoubi
@mounir
Énièmes dérapages de @ThillAgnes Vos propos sont en contradiction avec les valeurs d’inclusion de notre mouvement. Prenez vos responsabilités et quittez notre groupe. Je proposerai à plusieurs de mes collègues de saisir à nouveau le bureau pour demander votre exclusion.
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655 personnes parlent à ce sujet

<br>Les exemples de pressions LGBT se sont multipliées
Et le député du Maine-et-Loire Matthieu Orphelin d’abonder : "Dérapage N° 634 123 d’Agnès Thill. Peut-être le bon pour son exclusion de LREM ?" Auparavant, l’élu avait également partagé le témoignage du secrétaire d’Etat : "Merci Gabriel Attal. Il est important que, dans la politique, comme ailleurs, on puisse parler simplement de son orientation sexuelle. Que cela devienne banal."

La "normalité" a changé de trottoir

Des convictions hétérosexuelles doivent être tues, au risque d'exclusion. 
Attendu sur ce point, le garde-chiourme des députés LREM, Gilles Le Gendre, y est également allé de son tweet : "Vouloir comparer couples homosexuels et hétérosexuels est aussi insensé que comparer deux couples hétérosexuels. Sauf à vouloir une fois de plus introduire une hiérarchie tendancieuse et blessante qui n’a pas lieu d’être. Désaccord irréductible", a écrit le sectaire qui s'ignore, en référence à de précédents tweets de la députée de l’Oise, réagissant le même jour à un autre article de Têtu sur "l’égalité inachevée" six ans après la mise en place du mariage pour tous.
LB2S@LB2S
"SOS homophobie regrette que depuis deux ans, alors que le président de la République s’est engagé en faveur d’une loi sur la PMA et la filiation, aucun acte concret n’ait été réalisé en faveur de l’égalité." https://tetu.com/2019/04/23/6-ans-de-mariage-egalite-inachevee/ …
"Mariage pour tous, 6 ans après : l’égalité inachevée" - TÊTU
TRIBUNE. Six ans que le mariage pour tous les couples a été légalisé. Et que les promesses du gouvernement sur la PMA sont restées des promesses.
tetu.com
Agnès Thill
@ThillAgnes
Quelle égalité ? Les couples homosexuels ou femmes seules sont dans des situations différentes des couples hétérosexuels. Il n’y a pas d’égalité entre des situations différentes. Pour avoir égalité il faut que les deux membres du signe égal soient en tous points identiques.
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210 personnes parlent à ce sujet

Le député de Seine-Maritime Damien Adam s’est lui fendu d’une lettre ouverte suite aux "propos inacceptables" de sa collègue LREM. 
Il y déplore une "hiérarchisation" faite "entre les couples", selon leur orientation sexuelle. Des phrases qui "heurtent les convictions" - unilatéralement - de l’élu, mais qui jettent aussi "l’opprobre sur le groupe tout entier". Ainsi, il en appelle au patron de la majorité à l’Assemblée et lui demande "d’examiner de nouveau son cas" et de "prendre les décisions qu’il convient".
Damien ADAM
@damienadam76
Suite aux nouveaux propos inacceptables de ma collègue Agnès Thill, hier sur Twitter, j'ai décidé de saisir @gilleslegendre afin que le groupe @larem_an se saisisse de cette affaire et prenne les décisions qu'il convient. 
Ma lettre ouverte

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247 personnes parlent à ce sujet

En novembre 2017, Damien Adam accorda un entretien au journal Paris Normandie, dans lequel il déclara que
"certaines personnes (...) partent en vacances aux Bahamas ou en Chine grâce à l'assurance chômage," mais il n'a pas été exclu du parti du président et n'a subi aucune pression des Grangeon et Le Gendre... Il n'a pas seulement été séduit par la personnalité d'Emmanuel Macron : le néo-député LREM de Seine-Maritime (Rouen), a rencontré les différentes associations LGBT et précisé que “ce combat contre les discriminations devait être pleinement assumé.”
Outre qu'il participe volontiers à la GayPride locale, la situation maritale de ce trentenaire n'est pas disponible.

lundi 22 octobre 2018

Les Français manifestent non pas pour leur pouvoir d'achat, mais contre l'homophobie

A Paris, l'homophobie mobilise mieux que le chômage...

Au plus, 3.000 personnes ont manifesté contre l'homophobie, ce samedi

La mobilisation était organisée à l’appel de plusieurs associations, après une série d’agressions homophobes dans la capitale ces dernières semaines…

Elles ont défilé en scandant "stop aux LGBTphobies" et "pour le droit d'aimer librement". Partout et en tout lieu ? 
"C’est assez incroyable qu’en 2018 il y ait encore ce genre de problèmes et qu’on doive venir place de la République pour réclamer des droits", s'agace Benoît, 39 ans, venu témoigner sa "solidarité envers les victimes" et "mettre un coup de pression sur les autorités". "On ne peut pas encore aimer librement en France aujourd’hui", lui a fait écho Pierre, un Parisien de 40 ans à son côté.


Comme ces garçons, Olivia et Philippine, 25 et 26 ans, racontent avoir subi des "agressions verbales, des insultes", mais ne garantissent pas que leur attitude n'était pas provocante. Il y a "les parents qui tirent leur enfant de l’autre côté de la rue", ce qui dérange ces dames, ou celui qui les interpelle : "qui fait l’homme chez vous ?", ce qui présuppose des gestes suscitant aussi l'agacement. 

Ces personnes peuvent aimer librement, sans exhibitionnisme, ni prosélytisme, chez eux/elles, mais l'espace public n'autorise pas tout. Résultat : "on se restreint dans nos déclarations en public, on ne le fait que dans des lieux "safe", fermés", s'indignent-elles. Mais les hétérosexuels ne s'imposent-ils pas eux aussi des limites sociales ?

Plusieurs membres du gouvernement présents

L’une des dernières violences homophobes en date a eu lieu mardi. Guillaume Mélanie, président d’ 'Urgences Homophobie', une association d’aide aux étrangers LGBT en danger dans leur pays, a été frappé à la sortie d’un restaurant.
Présent à la manifestation, l’œil encore marqué par un coquard, il s’est félicité d’une " libération" de la parole. Après son agression, il avait posté sur Twitter une photo de son visage tuméfié. "Avant, on se culpabilisait, aujourd’hui on se montre", se félicite-t-il.

Le ministre juppéiste de la Culture, Franck Riester, qui a fait son coming-out, était lui aussi à la manifestation. Ostentation ? Il a rendu publique son homosexualité, tout comme le secrétaire d’Etat franco-marocain en charge du numérique, Mounir Mahjoubi, également présent au rassemblement, aux côtés du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. Manquait-il Bruno Julliard ? Etaient-ils en couples ?

Une agression physique homophobe tous les 3 jours en France, selon SOS Homophobie

Homophobe ou non, toute agression physique est condamnable. Joël Deumier, président de SOS Homophobie, a réclamé d’urgence une "campagne nationale" spécifique de sensibilisation contre les LGBTphobies et que toutes les paroles LGBTphobes, qu’elles viennent "du Pape, de la Manif pour tous ou de Marcel Campion", soient "systématiquement" - aveuglement ? - condamnées par le gouvernement. "Il y a une agression physique homophobe tous les trois jours en France", a-t-il rappelé.

A Paris, les actes à caractère homophobe entre janvier et septembre sont en baisse de 37 % par rapport à 2017 sur la même période (74 faits constatés contre 118), selon la Préfecture de police. 

La maire PS de Paris, Anne Hidalgo, a récupéré la mobilisation, appelant mercredi à "un sursaut collectif" et invité les services de la Préfecture de police, du procureur de Paris, de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah), ainsi que les associations à une réunion sur le sujet. 
Cette déclaration de la socialiste, qui récupère toutes les contestations, hormis sociales, n'a-t-elle pas des relents de populisme?


samedi 24 juin 2017

Marche des fiertés : la participation d'En marche ! divise les militants

REM, le parti du président Macron, clive le milieu LGBT
Marche des fiertés : la participation d'un cortège En marche ! divise les militants


"Je ne marcherai pas aux côtés d'un parti qui soutient des homophobes"

Cet ancien d'Act-Up et militant LGBT, Jérôme Martin regrette la présence du parti d'Emmanuel Macron, En marche !, à la 40e Marche des fiertés. Il a pris bouche avec l'entourage du candidat Macron, qu'il accuse de falsification de l’histoire récente, "véritable insulte pour toutes les victimes d’homophobie ces dernières années". Le dialogue a capoté (lien). Gays, bis, trans intersexes ou encore queer défilent, samedi 24 juin à Paris, pour lutter contre les discriminations qu'ils subissent et prôner l'égalité des droits.

Mais cette année, la participation du comité LGBT-En marche !, affilié au parti majoritaire de l'Assemblée nationale, à cette marche festive soulève la colère des militants radicaux. Des élus REM ont en effet été épinglés pour leurs déclarations controversées sur l'homosexualité. 


"Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore cette organisation [Act-Up] créée lors de la Gay Pride de 1989, on peut la présenter comme un " groupe d'activistes " issus de la communauté homosexuelle se battant pour défendre équitablement toutes les personnes touchées par le sida, et qui utilise, dans ce sens, l'information, la communication mais aussi la désobéissance civile," écrit L'Humanité.
Commencez par virer les homophobes de votre parti !
Des élus et des ministres pointés pour une homophobie supposée
Pour Jérôme Martin, la participation d'En marche ! à cette manifestation est incompréhensible : "Emmanuel Macron a nommé des homophobes au gouvernement; c'est scandaleux de récompenser l'homophobie." L'allusion concerne Gérald Darmanin, nouveau ministre de l'Action et des Comptes publics, membre du parti Les Républicains et fervent opposant au mariage entre personnes du même sexe, il y a quatre ans. 
Pas de liberté de conscience pour le maire de Tourcoing, ville à forte communauté musulmane.


Le comité LGBT-En marche !, participant officiel à la manifestation, reconnaît que des propos problématiques ont pu être tenus : "Dans notre parti, on a le droit à l'erreur et cela rentre là-dedans.
L'un des membres du collectif -dont l'identité n'est pas révélée- assure qu'à titre personnel, il ne soutient pas certains membres du gouvernement. "Cependant, ils ont clarifié leur point de vue et se sont excusés dans la presse.
Gérald Darmanin est revenu sur ses positions dans La Voix du Nord et sur le site du Point, expliquant que "ce tweet était malvenu", qu'il avait "évolué sur le sujet". Le ministre de Macron assure désormais qu'il n'hésitera pas à célébrer des mariages homosexuels. Plusieurs mariages entre personnes de même sexe ont d'ailleurs bien été célébrés à Tourcoing depuis la promulgation de la loi, par d'autres que le député-maire...

Deux autres membres entrés au gouvernement mercredi se sont prononcés contre le mariage pour tous. La MoDem Jacqueline Gourault, nommée ministre auprès du ministre de l’Intérieur, et Jean-Baptiste Lemoyne, 39 ans, ex-sénateur  (apparenté Les Républicainsde l'Yonne, nommé secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe, ont voté contre cette loi, rappellent Les Inrocks.

Chez En marche !, "on assume complètement" : si "on assume", tout est dit !
Résultat de recherche d'images pour "Olivier Serva"Autre élu stigmatisé par les militants LGBT, le député La République en marche élu dans la 1ère circonscription de Guadeloupe. Sur Guadeloupe 1ère en 2012, Olivier Serva avait qualifié l'homosexualité d' "abomination" et jugé le mariage pour tous "intolérable". Lorsque ses propos ont refait surface pendant la campagne, le député REM a fait marche arrière et présenté ses excuses sur franceinfo, arguant qu'il n'est "pas homophobe". "On assume complètement, assure le comité LGBT-En marche !, le mouvement avait très peu de temps pour traiter 16.000 candidatures aux législatives, le taux 'd'erreur de casting' est très bas." Du travail à la va-vite ?
En plus d'élus controversés, Jérôme Martin a du mal à comprendre la position du président lui-même. "Pendant sa campagne électorale, Emmanuel Macron a multiplié les discours contradictoires et a dit qu'il regrettait que l'on n'ait pas discuté avec les membres de la Manif pour tous", se rappelle cet activiste de Act-Up-Paris. Dans un entretien accordé à L'Obs en février 2016, alors qu'il était encore candidat à la présidentielle, le président estimait qu' "on a humilié cette France-là", en parlant des manifestants qui s'opposaient au mariage entre personnes de même sexe.

Des militants dénoncent une "récupération politique".
"De toute façon, la présence de partis politiques dans ces manifestations, c'est une instrumentalisation totale de notre lutte, soupire Jérôme Martin. Ils se disent LGBT friendly, mais dans les faits..." Pour lui, la participation d'En marche ! à cette action est un moyen de "laver" sa réputation sans pour autant s'engager en faveur des LGBT. 
D'aucuns pensera à l'inverse que le président prend des distances respectables du fait d'accusations de proximité avec ce milieu, puisque le candidat, notamment soutenu par Pierre Bergé, patron de presse engagé auprès des LGBT, est soupçonné de "double vie" (cf. libellé).

Une position que partage Elisa, une militante qui se rendra à la marche. "Que des personnes LGBTQI membres d'En marche ! viennent de façon individuelle ne me pose aucun problème. Mais pour moi, ils viennent en se revendiquant du parti, ce qui s'apparente à de la récupération pure et simple." 

Le comité En marche !, qui défilera en cortège debout, s'en défend : "Plusieurs personnes ont une longue vie de militant au sein d'En marche ! et ont envie de le combiner avec leur engagement politique." Parmi eux, Rémi Chauvet, 26 ans, animateur En marche! de Paris 10e, 
ou l'"évangéliste" Axelle Tessandier, 36 ans, blogueuse et entrepreneure
Axelle Tessandier, minutes monter scène prendre meeting Bercy.
(spécialiste du numérique et de la Silicon Valley), qui comme startupeuse de 36 ans a l'oreille de Macron et celle de son bras droit au candidat, Ismaël Emelien. A défaut d'être la Fleur Pellerin du président, elle a pu devenir déléguée Nationale du Mouvement En Marche!. Chez En Marche, "c’est un électron libre, décrit Thibault Caizergues, directeur de création du mouvement, admiratif de la "fulgurance" de sa "success story": avec un master, on végète en France, mais on réussit à San Francisco. "La bénévole "a largement contribué à construire le programme sur l’égalité hommes-femmes, mais elle aide tout le monde, partout," ajoute T. Caizergues.
Du côté des organisateurs, l'Inter-LGBT, on temporise.
Image associéeCe ne sont pas les partis qui vont défiler, mais les commissions LGBT issues de ces partis, explique Clem, diminutif androgyne du prénom masculin de Clémence Zamora Cruz, la porte-parole du mouvement, ci-contre au micro. On imagine qu'il n'y aura pas les élus homophobes En marche ! mais ceux qui soutiennent les droits des minorités et qui militent au sein du parti pour faire évoluer nos droits." Tous les ans, certains partis défilent sur des chars ou en cortège, comme les socialistes LGBT. "Nous sommes ouverts à tout le monde, sauf à l'extrême droite car eux sont contre les droits humains,temporise cette femme de 38 ans naturalisée française, née de sexe masculin au Mexique, qui vit dans un pavillon de banlieue avec son mari, rencontré sur Internet.

Une décision saluée par l'association SOS homophobie : "On accueille toutes les initiatives des partis politiques en faveur des LGBT." Pour Joël Deumier, le président, il n'y a aucun problème à voir les élus participer à ce genre de marches. Pourtant, tous les militants ne partagent pas cet avis.

Une deuxième marche, sans partis politiques.
Gwen Fauchois_3
Une seconde marche, de nuit, a lieu depuis trois ans, la veille du rassemblement. Cette "Pride de nuit" refuse tous les partis politiques. "Nous n'acceptons aucun soutien, car on considère que nos luttes doivent rester autonomes", explique Gwen Fauchois, la porte-parole (vice-présidente d'Act-Up et lesbienne militante), qui ne craint pas un retour à une ghettoïsation: il l'assume... 

La "Pride de nuit" rassemble Les Dégommeuses (équipe de foot militante) Act-Up Paris (association de lutte contre le Sida), le Strass (Syndicat du Travail Sexuel), FièrEs (association lesbienne/bisexuelle/trans féministe) - à l'initiative du Collectif 8 mars. Deux gayprides en un week-end, mais pourquoi?

Pour Gwen Fauchois, Doc Martens aux pieds et crane rasé, ci-dessus à gauche, a marche officielle, festive et rassembleuse, perd son sens politique. "Les organisateurs sont responsables de qui ils invitent, à partir du moment où ils estiment représenter tous les LGBT, ils se coincent eux-mêmes." 
Cette marche alternative "n'a pas la prétention" de représenter toute une communauté. Selon l'organisatrice, chacun est différent : "Et nous refusons la récupération symbolique par des organisations, qui de toute façon ampute nos droits." Les associations sont quoi, sinon des organisations ?