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dimanche 27 octobre 2019

Belattar menace Blanquer : ça ne touche même pas l'une de Macron. Ni l'autre a fortiori...

Impunité pour les musulmans plus Français que les autres à qui  l'humour improbable autorise les menaces aux membres du  gouvernement   

Le directeur marketing de Nocibé, suspendu 

Résultat de recherche d'images pour "belattar Macron""Bon débarras pourriture d'islamiste", avait-il écrit à l'attention de Yassine Bellatar, en février dernier sur Twitter. Ces quelques mots bien sentis, adressés à l'humoriste et animateur radio Yassine Bellatar, ne lui envoyait pas dire le ressentiment qu'il suscite en France, pays d'accueil de sa famille.

Réagissant le 19 février à un message du chroniqueur islamiste indiquant qu'il quittait la chaîne LCI, ces quelques mots de rage étaient signés du directeur marketing de Nocibé, distributeur de parfums et de cosmétiques. Ils ont donc provoqué une menace de suspension par son patron Nocibé, le distributeur de parfums et cosmétiques, filiale du groupe allemand Douglas Holding et second distributeur de parfum derrière le Chinois Sephora. Mais ce directeur n'est pas humoriste et ne s'en est pas tenu là. 

"Sale putain d'islamiste de merde," a ajouté le commercial, peu soucieux du marché arabe. La marque a dû officiellement réagir sur le réseau social, annonçant finalement sa suspension en fin de journée du 28 février
Alors que la marque de parfums se  désolidarisait de ses propos, ce directeur marketing a présenté "ses excuses" par le biais de son avocat.

Macron n'est pas solidaire de ses ministres

Trouve-t-il 
plus tolérables les menaces physiques sur ses ministres ? 
Alain Bizeul a assorti son cri de soulagement d'un "Va te faire enculer sale putain d'islamiste de merde… Tu dois avoir l'habitude avec ta famille de dégénérés" (sic). Une seconde couche qui n'a pas les vertus d'un masque d'argile verte.
Régénérateurs pour le seul Bizeul, ces deux messages ont depuis été supprimés et le compte @ALAINBIZEUL, renommé @ALAIN_BESTOF, est depuis protégé (donc accessible uniquement aux abonnés). De nombreuses captures d'écran prises par des internautes conservent le souvenir de cette joute, mais PaSiDupes ne partage pas... D'autant moins que, entre les deux tweets, il faut le dire, le cadre de Nocibé, pour tout dire, s'est fait traiter de "s*ceur de b*tes de fachos"...  

Appel au boycottage de Nocibé.
Ce qui était jusque-là passé plutôt inaperçu a pris une toute autre ampleur le jeudi midi suivant, lorsque Nocibé a relancé le sujet, utilisant son compte Twitter officiel pour dire que "Alain Bizeul a pris des positions à titre privé sur Twitter". "Nous ne cautionnons aucunement ces propos en totale contradiction avec nos valeurs et ils n'engagent en rien Nocibé", a ajouté la marque. 

Via son avocat Me Sahand Saber,
Alain Bizeul a tenté d'appliquer une lotion apaisante le vendredi soir, avant de se coucher, expliquant que "ses tweets personnels visaient exclusivement l'idéologie islamiste radicale". 
Son  conseil renouvela l'opération, expliquant qu'"il se défend donc de tout propos raciste visant les musulmans, leur communauté et leur religion",  assurant qu'il ne s'adressait "en aucune façon aux citoyens de confession musulmane qu'il respecte sincèrement. Il regrette profondément que ses propos aient pu blesser et choquer, et présente toutes ses excuses."

Des soins insuffisants, vu l'état avancé d'irritation de l'épiderme sensible de Belattar. 
De nombreux internautes de la diversité, comme on en trouve davantage sur les réseaux sociaux qu'à l'embauche, à ce qu'il paraît, ne lâchèrent pas l'affaire. Ceux-là mêmes qui pourrissent au quotidien les dits-réseaux de grossièretés immondes et les internautes mal-pensants d'insultes grasses appelèrent au licenciement d'Alain Bizeul et au boycottage de Nocibé. Outre Yassine Belattar lui-même, c'est aussi le cas, entre autres, en meute, du militant associatif et élu Front de Gauche de Saint-Denis Madjid Messaoudene et de nombreux internautes. "Quand vous hésiterez entre Nocibé et Sephora, pensez-y", glisse l'un d'eux, captures d'écran des messages polémiques à l'appui.
Citoyen élu de la ville de Saint-Denis (9.3), Messaoudène n'hésite pas à chercher à nuire à une entreprise française:


Madjid Messaoudene
✔@MadjidFalastine

Le boycott de #Nocibe est d'utilité publique !

Encore une fois soutien à toi @BelattarYassine !
https://twitter.com/20Minutes/status/1101122562409619464 …
20 Minutes
✔@20Minutes


Appel au boycott de Nocibé après des insultes du directeur marketing https://www.20minutes.fr/societe/2462003-20190228-nocibe-appel-boycott-apres-propos-insultants-directeur-marketing-contre-yassine-belattar?utm_term=Autofeed&xtref=twitter.com&utm_medium=Social&utm_source=Twitter#Echobox=1551363051 …

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15:24 - 28 févr. 2019


Les plus virulents sont-ils les plus vertueux?
Le comique eut un jour maille à partir avec une policière lorsqu'il courait faire allégeance à Macron aux Mureaux, la semaine précédente. La fonctionnaire ignorait-elle qu'elle avait affaire à un protégé de Macron ou respectait-elle simplement le boulot qui la fait vivre ? L'animateur a été interpellé vers 11 heures non loin de la médiathèque des Mureaux, où le président de la République était en déplacement avec la ministre de la Culture Françoise Nyssen, a indiqué le Parquet de Versailles, confirmant une information du magazine Le Point. Selon le Parquet, cette irrésistible personnalité de la scène - plus connue pour ses agressions verbales en tout genre que pour ses traits d'humour - s'est vu refuser l'accès au cortège présidentiel par des policiers et a alors insulté l'un d'entre eux. 
Yassine Bellatar a été placé en garde à vue pendant 7 heures pour "outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique", avant d'être remis en liberté, une affaire qu'il a qualifiée de "malentendu". Sa remise en liberté en fin d'après-midi est intervenue dans le cadre d'une composition pénale, une procédure confidentielle peu connue des "gens qui ne sont rien". Cette mesure alternative aux poursuites s'applique lorsque la personne reconnaît les faits reprochés et permet d'éviter un procès. Un arbitrage passé plus inaperçu que celui de l'affaire Tapie... 
Le bouffon du roi devait faire l'objet d'une convocation devant le délégué du procureur de la République, selon le Parquet. 
Invité de Emmanuel Macron soi-même, qu'il avait déjà accompagné aux Mureaux pendant sa campagne présidentielle, Belattar n'a pas la politesse des rois, on s'en doute, et s'est présenté trop tard pour rejoindre le cortège présidentiel, a-t-il raconté. "Une policière m'a fait une remarque très désobligeante devant mes enfants. Je lui ai répondu [rien de "très désobligeant", il va sans dire, mais des mots crus que les oreilles chastes de ses enfants ne permettent visiblement pas qu'il en dise davantage], et on s'est tous retrouvés au commissariat", a-t-il résumé.

Et ce n'est pas la première fois que Yassine Belattar est dénoncé comme "islamiste". 
En mars 2018, c'est l'avocat et chroniqueur de l'émission de RMC 'Les Grandes gueules', Gilles-William Goldnadel, qui l'avait ainsi démasqué en direct à la radio. Sans aller jusqu'à utiliser le terme tabou, d'autres personnalités, comme l'ancien premier ministre et ancien ministre de l'Intérieur de François Hollande, Manuel Valls, révèlent que Yassine Belattar est proche des Frères musulmans.


Macron laisse un islamiste insulter un ministre de son gouvernement
Y a-t-il un chef du gouvernement à Matignon ?

Comme caution musulmane, bien qu'ambiguë et trouble,
le prédicateur islamiste bénéficie-t-il de la protection du chef de l'Etat ? 

Résultat de recherche d'images pour "belattar et Macron"
Belattar et Rokhaya Diallo, polémiste de Les Indivisibles, association féministe et raciste, organisatrice de réunions "en non-mixité" et interdites aux Blancs, accusatrice d'un "racisme d'Etat" en France, en liens avec la mouvance anticolonialiste des "Indigènes de la République".

Belattar s'est attaqué nommément au ministre de l'Education :  "On a un ministre de l’Education nationale qui n’est même pas éduqué," selon l'artiste, mardi 22 octobre sur RFI. L'islamiste dénoncé par Manuel Valls a assuré qu'il ne pense "pas le plus grand bien" du ministre du gouvernement Philippe. Le comique perd son sens de l'humour et le prêcheur s'irrite de ce qu'un ministre de la République laïque exprime un avis attendu sur le port du voile islamique dans l'espace public, tel que le Conseil régional de Bourgogne-Franche Comté qui tenait une séance plénière en présence d'une provocatrice venue de Belfort à Dijon, 180 kilomètres. 
En termes choisis et très modérés, le ministre a affirmé qu'il n'est pas "souhaitable" de considérer le voile dans la société française.
"J’aimerais savoir de quel droit, maintenant, il rentre sur des notions de vivre ensemble ?", s'est insurgé le Franco-marocain. Très remonté contre le membre du gouvernement, il lui conseille alors "d'éviter de mettre les pieds dans le 93". Belattar y est-il le patron du département ? Stéphane Troussel, président élu du Parti socialiste est-il un fantoche ?

La macronie se désolidarise de Blanquer.
Ministre interdit de séjour par le "gardien du 9.3", simple "tacle" selon BFMTV mais "menace" pour Le Point ? Que font Castaner, Philippe ou Macron?
Blanquer est-il "seulement le ministre de l'Education nationale du lycée Henri-IV", alors que ce seraient "les musulmans (qui auraient) besoin de soutien" ? Les musulmans constituent-ils une communauté à part, comme le dit Belattar, et serait-elle en tant que telle négligée?

Macron laisse maltraiter un membre du gouvernement.
'Monkey management"
"Le port du voile dans l'espace public n'est pas mon affaire."
C'est tout ce que le chef de l'Etat en déplacement sur l’île de La Réunion a  trouvé à dire  jeudi, alors que l'opinion française  lui reproche de ne pas trancher sur le sujet.
Macron s'est contenté de dénoncer, en termes généraux, le communautarisme. "Il y a aujourd’hui des femmes et des hommes citoyens français qui disent 'De par ma religion, je n'adhère plus aux valeurs de la République'. Ça, c'est un communautarisme. Dans ce cas-là, j'ai un problème avec la revendication, en quelque sorte, qui devient politique, de ce séparatisme".
Interrogé à deux reprises sur l'exacerbation grandissante des opinions autour de la question du voile islamique, Macron a répondu avec une petite expression tout droit sortie des grandes leçons de management.
VOIR et ENTENDRE Macron éluder ses responsabilités : 

Or, au moins deux membres du gouvernement,
Sibeth Ndiaye et des élus locaux (notamment de la diversité) et Jean-Michel Blanquer, s'opposent publiquement sur la présence de mères voilées accompagnantes de sorties scolaires, même inappropriées s'agissant d'enfants d'âge primaire dans une enceinte politique en séance délibérante. Le ministre de l'Education s'y oppose, mais la porte-parole franco-sénégalaise soutient leur présence dans l'espace public. 

vendredi 9 janvier 2015

"Il n'y a pas lieu de s'apitoyer sur les journalistes (...)", selon Rokhaya Diallo

Manifeste de 2011 après les caricatures de Mahomet et l'incendie de CharlieHebdo

La Liberté D’Expression N’Est Pas À Défendre : Elle Est À Conquérir



Sébastien Fontenelle avait publié ce texte le 5 novembre 2011 dans Politis
(Le collectif signataire de ce texte est composé de Saïd Bouamama, Youssef Boussoumah (PIR et militant de la cause palestinienne), Houria Bouteldja (appointée par l'Institut du monde arabe, présidé par Jack Lang, et pourtant auteure de l' "ouvrage" ci-contre), Henri Braun, Abdelaziz Chaambi, Ismahane Chouder, Olivier Cyran, Christine Delphy, Thomas Deltombe, Rokhaya Diallo, Sébastien Fontenelle, Nawel Gafsia, Laurent Lévy, Hassina Mechaï, Ndella Paye, Faysal Riad, Arielle Saint Lazare, Karim Tbaili, Pierre Tevanian, Sylvie Tissot, et Najate Zouggari.)



Sont-ils les invités de Julien Dray et défileront-ils dimanche?

Parce que la liberté d’expression est pour nous un principe précieux, nous refusons catégoriquement
l’instrumentalisation bouffonne et intéressée qui en est actuellement faite par le couple Guéant-Charb, par la classe politique et par les grands médias.

Nous affirmons :


• qu’un cocktail molotov lancé la nuit dans des locaux vides et n’occasionnant que
des dégâts matériels ne mérite pas une mobilisation médiatique et politique supérieure à celle, pour le moins discrète, qu’occasionne l’incendie ou la mise à sac d’une mosquée ou d’un cimetière musulman.


• que la disproportion entre les unes alarmistes sur l’incendie de Charlie Hebdo et les brèves de dix lignes sur les saccages de lieux de culte musulmans entretient une vision du monde raciste : si un saccage est plus grave qu’un autre, c’est que les biens des uns sont plus précieux que les biens des autres, et c’est en définitive que les uns valent plus que les autres.


• que le climat d’état d’urgence et d’union sacrée qui s’instaure aujourd’hui autour de Charlie Hebdo est d’autant plus odieux qu’il tombe au même moment qu’un silence et une indifférence quasi générale face à un autre incendie, lui aussi parisien, lui aussi d’origine criminelle, à ceci près qu’il visait un bâtiment occupé par des Roms et qu’il a entraîné une mort d’homme : Ion Salagean.

• que Charlie Hebdo, en acceptant la visite intéressée de Claude Guéant, qui incrimine avec empressement des « extrémistes musulmans », en l’absence du moindre élément de preuve, participe, comme il l’a déjà fait dans le passé en publiant des articles ou des dessins antimusulmans, à la confusion générale, à la sarkozisation et à la lepénisation des esprits.

• qu’il n’y a pas lieu de s’apitoyer sur les journalistes de Charlie Hebdo, que les dégâts matériels seront pris en charge par leur assurance, que le buzz médiatique et l’islamophobie ambiante assureront certainement à l’hebdomadaire, au moins ponctuellement, des ventes décuplées, comme cela s’était produit à l’occasion de la première « affaire des caricatures » - bref : que ce fameux cocktail molotov risque plutôt de relancer pour un tour un hebdomadaire qui, ces derniers mois, s’enlisait en silence dans la mévente et les difficultés financières.

• que, contrairement à ce qui dit et se répète jusqu’à la nausée à la faveur de ce nouveau buzz antimusulman, la liberté de critiquer l’islam est tout sauf menacée, et que toute personne dotée d’un minimum de bon sens peut même constater, en inspectant semaine après semaine la devanture de son kiosque ou les programmes de télévision, que concernant l’islam, non seulement la critique mais aussi la caricature et l’injure prospèrent en toute tranquillité et en toute bonhomie depuis au moins une décennie.

• qu’en revanche, il est une liberté d’expression qui est bel et bien menacée, et même plus d’une : celle pour commencer des femmes qui voudraient s’habiller comme bon leur semble, sans qu’un État national-laïque [laïc] leur impose par la loi un dress-code de bonne musulmane cheveux aux vents ; celle de ces mêmes femmes lorsqu’elles voudraient faire entendre leur ras-le-bol des regards, injures et discriminations qu’elles subissent quotidiennement au motif qu’elles portent un foulard ; celle des sans-papiers qui aimeraient avoir la parole et informer le public sur la réalité de leurs conditions de vie ; celle des SDF, des chômeurs, des précaires, qui sont les perpétuels recalés de l’espace public officiel - cet espace de « libre expression » qu’il s’agirait aujourd’hui de défendre, main dans la main avec Charb, Luz, Riss et leurs supporteurs [Claude Guéant, Ivan Rioufol et Marine Le Pen].

• que les leçons de tolérance adressées par l’élite blanche aux musulmans, présumés coupables de l’incendie, sont pour le moins malvenues puisque, contrairement à ce qui se dit et se répète, le délit de blasphème existe en France : depuis les lois Sarkozy de 2003, de très lourdes amendes et peines de prison sont prévues contre toute "offense au drapeau ou à l’hymne national".

• que la liberté d’expression consiste à donner la parole aussi à la masse de celles et ceux, musulmans ou pas, qui n’éprouvent absolument aucune sympathie pour Charlie Hebdo, y compris « dans ce moment difficile », à toutes celles et ceux qui n’ont, depuis des années, aucun espace dans les grands médias pour dire leur écoeurement face à la nouvelle marque de fabrique de cet hebdomadaire : un anticléricalisme primaire doublé d’une obsession islamophobe.

• que, pour commencer, la liberté d’expression consisterait, pour que les amis de Charlie Hebdo retrouvent une once d’honneur, à donner abondamment la parole aux proches de Ion Salagean, à ses amis résidents du 163 rue des Pyrénées, et plus largement aux Roms qui subissent depuis de nombreux mois, et depuis bien plus longtemps en fait, le plus brutal et le plus assumé des racismes d’État.

P.-S. 
Saïd Bouamama est sociologue et militant antiraciste ; Youssef Boussoumah et Houria Bouteldja (sa compagne franco-algérienne) sont membres du Parti des Indigènes de la République ; Abdelaziz Chaambi est porte parole du Collectif contre le racisme et l’islamophobie ; Ismahane Chouder et Ndella Paye sont membres du Collectif des Féministes Pour l’Egalité, de Mamans Toutes égales et de Participation et Spiritualité musulmanes ; Christine Delphy est sociologue et militante féministe ; Olivier Cyran, Thomas Deltombe, Rokhaya Diallo (photo ci-dessus: suggestion que Marianne devrait être blanche...), Sébastien Fontenelle et Hassina Mechaï sont journalistes ; Henri Braun et Nawel Gafsia sont avocats ; Sylvie Tissot est sociologue et militante féministe ; Arielle Saint Lazare est militante féministe ; Laurent Lévy, Faysal Riad, Karim Tbaili, Pierre Tevanian et Najate Zouggari sont militants antiracistes.