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lundi 16 juin 2014

Intermittents: l'aile gauche du PS manifeste contre le pouvoir socialiste


Des députés socialistes se désolidarisent de l'exécutif pour soutenir les grévistes 

Ils sont allés avec des intermittents défier la ministre devant  le ministère de la Culture 

Trois députés socialistes rebelles participeront à la manifestation des intermittents du spectacle organisée ce lundi 16 juin devant le ministère de la Culture. La manifestation organisée par désespoir à la tournure  des discussions rassemblaient plusieurs syndicats non-signataires (CGT et CFE-CGC) et avait pour but de fédérer l'opposition avant la réunion du Conseil national de l'emploi qui doit examiner une dernière fois la convention mercredi.

Pascal Cherki, proche de l'extrême gauche depuis l'Unef-ID, Fanélie Carrey-Conte, suppléante de la ministre millionnaire George Pau Langevin au poste de ministre de la Réussite éducative, et Pouria Amirshahi, d'origine iranienne, ont défilé sous les fenêtres d'Aurélie Filippetti  aux côtés des intermittents qui réclament la non-validation de la convention chômage négociée par les partenaires sociaux. Tous font partie du groupe de onze députés (Jérôme Guedj, Henri Emmanuelli, mentor de Benoît Hamon, Nathalie Chabanne, Jean-Pierre Dufau, Philippe Noguès, Barbara Romagnan, Gérard Sebaoun, Suzanne Tallard) qui a refusé de voter la confiance à Manuel Valls, le 8 avril. Le député PS Razzye Hammadi, battu aux municipales pour la mairie de Montreuil, fait également figurer la participation à la manifestation dans son agenda de la semaine.
Ces trois parlementaires frondeurs répondent à une invitation de la CGT spectacle, fer de lance du combat des intermittents côté syndical. Les trois députés socialistes souscrivent aux violents slogans du jour:  "Trahis", "dupés par la gauche"... Les intermittents du spectacle n'avaient pas de mots assez durs pour qualifier leur déception face à la politique culturelle du gouvernement.

Le gouvernement s'est de nouveau engagé à valider la convention ce lundi. 
Le ministre de l'Emploi "envisage d'agréer la convention du 14 mai et les textes qui lui sont associés", écrit le gouvernement dans un rapport remis au conseil national de l'emploi. La convention "entrera en vigueur le 1er juillet pour une période de deux ans" et "préserve le caractère spécifique du régime des intermittents du spectacle".

Dans la matinée, tandis que la maire socialiste de Lille Martine Aubry a pris fait et cause pour les intermittents, plusieurs dizaines de personnes, dont l'ancien ministre de la Culture Jack Lang, le romancier Daniel Pennac et le metteur en scène Stanislas Nordey ont manifesté place de la Concorde, à l'appel du directeur du théâtre du Rond-Point, Jean-Michel Ribes, ici au côté de l'ex-deuxième concubine répudiée du président.
Le directeur du théâtre subventionné a estimé que l'on ne peut pas penser uniquement en termes comptables... "La Culture rapporte beaucoup d'argent en France, il y a plus de gens qui travaillent dans la Culture que dans le secteur automobile. Ce n'est pas quelque chose qui ne concerne que les intermittents mais tous les citoyens", a-t-il estimé sur i>Télé.

La CGT a appelé également à amplifier les arrêts de travail pour cette journée.
Pour appuyer cette journée d'action, la grève a été reconduite lundi au Printemps des Comédiens de Montpellier (photo ci-contre) et à Lyon, les Nuits de Fourvière, jusque-là épargnées, étaient en grève lundi.
A la Comédie-Française, la représentation de "Phèdre" a été annulée tandis qu'à Toulouse, où le festival Rio Loco a été fortement affecté, onze lieux de culture - théâtres, cinémas et salles de musique - étaient en grève. Une vingtaine d'autres lieux de spectacle ou de tournage participaient au mouvement, selon la CGT-Spectacles.
Les marionnettistes des Guignols de l'Info ne participeront pas à l'émission du soir sur Canal Plus. Dans le secteur de l'audiovisuel, une trentaine de studios d'animation et de post-production sont en grève.


Après les enseignants sur le sujet des rythmes scolaires, Hollande réussit à s'aliéner ses plus fidèles supporters.

mercredi 26 mars 2014

Municipales: Olivier Py fait le chantage de priver Avignon de son festival

Olivier Py, c'est qui, lui?

Le directeur du Festival d'Avignon a menacé de déménager la manifestation 
O. Py, directeur du Festival d'Avignon
 depuis septembre ...2013
si le FN est élu. Peut-on imaginer une déclaration plus stupide et totalitaire ?

"Je ne vois pas comment le festival pourrait vivre à Avignon avec une mairie Front national, ça me semble inimaginable", a déclaré lundidirecteur du Festival d'Avignon, au lendemain du premier tour des élections municipales. "L'édition 2014 aurait lieu parce que tout est déjà engagé, mais, pour la suite, si le Front national l'emportait, je prendrais mes responsabilités", a ajouté la danseuse du ministère de la Culture. Peut-on imaginer une prise de position plus stupide, plus irresponsable et plus contreproductive que celle-ci ?

Ainsi, sous prétexte que des citoyens libres puissent voter démocratiquement pour un candidat du Front national -dans le cadre d'une quadrangulaire au second tour-, un petit histrion nommé -et contesté- priverait d'autorité l'ensemble des habitants de la ville, de la région et le pays du festival international installé ici depuis 1947. Quelle belle preuve de tolérance et d'ouverture d'esprit que de couper la "culture" - comme on coupe le gaz ou l'électricité - à des gens qui ne pensent pas comme vous ! Ce serait ainsi le meilleur moyen d'assurer une élection triomphale au nouvel édile. 
Bars et restaurants de la ville réalisent en juillet 50 % de leur chiffre d'affaires annuel. Les priver -par idéologie- de ces trois semaines de festival, c'est les précipiter dans le marasme et inciter les hésitants à voter, justement, pour le FN, devenu premier parti politique dans les couches populaires.

Et si le pseudo intello raisonnait un instant

Que l'épidermique Olivier Py sorte un instant de son cercle bobo-hystéro et réalise que l'on vient au moins autant au Festival d'Avignon pour des lieux et pour la richesse patrimoniale d'une ville d'une exceptionnelle beauté que pour la programmation, régulièrement critiquée. Quelle ville peut offrir tant de lieux de représentation, allant de la cour d'honneur du Palais des papes aux dizaines de salles qui, à l'année, accueillent troupes et comédiens : le théâtre des Carmes, le théâtre du Chêne noir, le théâtre des Halles, le théâtre du Balcon, le théâtre du Chien qui fume, Fraction, le Théâtrographe, la Fabrikthéâtre... Nulle part ailleurs il ne trouverait un tel microclimat, de telles infrastructures, un tel patrimoine et une telle tolérance de la population envahie de "racaille" ! Souhaitons-lui bonne chance s'il veut déménager le festival dont il n'a pas la propriété à Arles ou Martigues, villes communistes ou Beaucaire sur le point de passer au FN.  Peut-être Orange ? 

Les bobo malins préconisent de faire de la résistance au FN
Parce que les socialistes raisonnent mieux que quiconque, ils soutiennent que c'est précisément là où le sectarisme fait le lit du FN que la culture devrait être prioritaire. S'il méprise à ce point les électeurs avignonnais qu'il les traite d'incultes dépourvus de sens politique, alors il doit faire ses valises.
Les Parisiens estiment que leur mission est de ré-éduquer les égarés.  Ils ont le sentiment que c'est une majorité d'"oeuvres" expérimentales, voire pourries,  qui peuvent les amener, pédagogiquement, à la conscience, la bonne, celle de la l'idéologie dominante qui produit ces rejets de la pensée unique et le basculement à l'extrême droite.
Py doit réaliser que le repli sur soi du milieu artistique n'est pas une solution. La littérature est un superbe plaidoyer pour la tolérance et le respect de la différence. S'il voulait s'affranchir des réflexes pavloviens du prêt-à-penser parisien, Olivier Py devrait faire la déclaration inverse : "Le FN risque de passer à Avignon, ma mission d'homme de théâtre, de propagateur de la culture, d'aiguillon des différences, est plus que jamais indispensable à cet endroit, auprès de ces gens." 
Mais Py est un totalitaire que le très socialiste Jean-Michel Ribes soutient depuis Paris et son théâtre subventionné du Rond-Point. Ce proche de François Hollande conçoit son activité comme "un théâtre de résistance". L'activiste utilise la culture à des fins politiques d'endoctrinement et de rééducation.  

L'exemple des Chorégies d'Orange

Lorsque Jacques Bompard fut élu à Orange en 1995, la direction des Chorégies montra ses muscles.
Il est toujours présent et les Chorégies ont prospérées et embelli. Un an plus tard, les loups étaient en effet devenus des agneaux. Les murs du théâtre antique sont irremplaçables et les oeuvres présentées immortelles, servies par des artistes de classe exceptionnelle. Près de vingt ans après, mélomanes, hommes d'affaires et ...le Tout-Paris se pressent aux Chorégies d'Orange. La ville et l'association qui organise ce festival cohabitent en bonne intelligence.

Olivier Py fait le pytre. 
Il a beau faire tourner son sabre de bois, il fait plus pitié que peur. Pire, il portera une grande responsabilité si dimanche prochain Philippe Lottiaux est élu maire d'Avignon
Sa sortie irréfléchie est sifflée, comme symbolique de ce que les électeurs ne veulent plus: une prise de position intempestive de la France d'en haut nantie et aveugle devant l'exaspération du peuple. 
Quand J.M. Ribes photographie
la nuque de Hollande:
idolâtrie ou fétichisme?
Quand on professe la tolérance, on n'exerce pas de grossières représailles au retour de la gauche au pouvoir parce qu'on a été viré (en 2011) de la direction du théâtre de l'Odéon à Paris.  Quand on réside un mois par an dans une ville, que l'on s'y déplace en voiture avec chauffeur, que l'on a table ouverte dans les hôtels et les restaurants du département, on n'a guère de crédibilité pour faire une sortie aussi dogmatique et bêtement politisée. Quand le monde de la culture est plus sectaire que ceux qu'il combat, il sort de son rôle et s'entête sur la voie du discrédit.  
Jean-Michel Ribes peut méditer sur ces lignes.