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vendredi 28 décembre 2018

Affaire Benalla, saison 2 : des passeports diplomatiques pour ses voyages d'affaires

Benalla a continué d'utiliser à ses affaires en Afrique plusieurs passeports diplomatiques confisqués 

A-t-il profité du déplacement de Macron au Tchad avant Noël pour faire des affaires ?  
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Alexandre Benalla continue comme avant à utiliser des passeports diplomatiques pour ses affaires en Afrique, révèlent en semble le journal Le Monde et le site Mediapart, relançant ainsi de nombreuses questions négligées sur le dossier politique de l'année 2018.

Alors que l’Elysée a assuré ces derniers jours qu’Alexandre Benalla, reconverti dans la diplomatie privée en Afrique, n’est pas "un émissaire officiel ou officieux", Alexandre Benalla voyage néanmoins avec un passeport diplomatique de la République bananière française, depuis plusieurs mois, malgré son limogeage en juillet de l'Elysée, selon Mediapart, ce jeudi 27 décembre. Le précieux document, utilisé ces dernières semaines pour entrer dans différents pays africains, ainsi qu’en Israël, et qui porte la référence 17CD09254, a été délivré le 24 mai 2018.
Ce document à diffusion limitée avait servi à ses voyages d’affaires et les acteurs politiques respectueux de la République réclament maintenant des explications sur ces faits nouveaux au dossier complémentairement étudié par les deux chambres parlementaires.

Des négligences ou des complicités ? 

"Qu'il ait un passeport diplomatique encore aujourd'hui dépasse l'entendement", s’étrangle doucement sur Franceinfo le président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde. Le député-maire de Seine-Saint-Denis “espère” que la commission d’enquête sénatoriale toujours chargée de faire la lumière sur l’affaire Benalla procèdera à de nouvelles auditions sur cette affaire dans l'affaire

Une demande à laquelle la sénatrice écologiste Esther Benbassa, membre de la commission sénatoriale sur l'affaire Benalla, explique ce vendredi dans L’Obs vouloir accéder : “Il est clair que ce nouvel épisode de l’affaire Benalla, 'l’Acte 2', si on peut dire, doit logiquement amener la commission d’enquête sénatoriale à entendre à nouveau Alexandre Benalla”.

Sur RTL,
le porte-parole du parti Les Républicains (LR), ne se contente pas de demi-mesures. Celui qui, avec 52,39% des voix a déboulonné Christophe Sirugue (PS, 32,58%) de la mairie de Chalon-sur-Saône, le journaliste Gilles Platret, estime quant à lui que "la justice doit se saisir" du dossier. "Il nous semble nécessaire qu'elle étende ses investigations pour savoir pourquoi et comment il est détenteur d'un passeport diplomatique 15 jours après sa suspension et comment alors qu'il n'est plus à l'Elysée, il continue de s'en servir pour des actions dont on a besoin de savoir ce qu'elles sont en réalité”, développe le maire et journaliste.

Le Rassemblement national (RN) se pose les questions de fond que négligent les Insoumis.
“Il avait le bras long, le chômeur Benalla, pour faire ses affaires !”, une fois que ses fonctions officielles eurent pris fin, tempête sur Twitter son porte-parole Sébastien Chenu, qui parle lui aussi d’un 'acte 2' de l’affaire. "Pourquoi Benalla jouit-il de cette étrange protection de l'Elysée ? Quel lien l'enchaîne à Emmanuel Macron au point de risquer d'entraîner le président avec lui ? 

Quel intérêt a Macron à couvrir ce barbouze de série z ?”, s'interroge le maire de Béziers, Robert Ménard, alors que tardent les questions de Mélenchon (LFI).

Mis en examen notamment pour "violence volontaire", Benalla était censé avoir restitué le ou les passeports diplomatiques en sa possession.

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Sur Europe 1, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, résume en quoi ce nouvel épisode pourrait jeter l’exécutif dans une nouvelle tempête : "Voilà quelqu'un qui est censé être sanctionné après ses exactions du mois de mai et qui, au lendemain de ces exactions, obtient deux passeports diplomatiques - en date du 24 mai 2018, selon Mediapart, alors qu’Alexandre Benalla était déjà censé être mis à pied par l’Elysée [après avoir été accusé d'avoir violenté un manifestant le 1er mai à Paris]. Il est de notoriété publique qu'il continue de se balader dans l'Afrique entière et malgré cela, l'Elysée ne vérifie pas qu'il a bien rendu ses passeports diplomatiques qui lui donnent une sorte de sésame. C'est profondément inquiétant, soit sur l'amateurisme de cette présidence, soit sur le double langage qu'elle continue d'avoir".

Alors que la présidence de la République jurait mardi soir que le nouvel amoureux de l'Afrique n'était “pas un émissaire officiel ou officieux” d'Emmanuel Macron, la détention d’un passeport officiel par l’ancien conseiller du chef de l'Etat constitue effectivement scandale sur l'incompétence, si ce n'est la complicité, de l'entourage présidentiel. 
Car ce document permet à Alexandre Benalla de voyager sans visa dans presque tous les pays du monde, la plupart du temps,  en bénéficiant de l’immunité diplomatique. Un laissez-passer qui comprend notamment cette mention : "Nous, ministre des Affaires étrangères [Jean-Yves Le Drian], requérons les autorités civiles et militaires de la République française et prions les autorités des pays amis et alliés de laisser passer librement le titulaire du présent passeport et de lui donner aide et protection".
Benalla s'était engagé sur l'honneur à restituer ses passeports diplomatiques

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Indigne d'en être détenteur, Alexandre Benalla s’est notamment rendu au Congo-Brazzaville, au Cameroun et au Tchad, ces derniers mois, selon Le Monde.
Il pourrait par ailleurs devoir répondre de l'accusation de mensonge et de parjure à la commission sénatoriale qui l’avait interrogé le 19 septembre dernier. Il avait en effet affirmé avoir laissé ses passeports diplomatiques "au bureau [qu’il occupait] à l'Elysée". 
"Si Benalla a effectivement utilisé ce passeport après son départ de l’Elysée, il y a parjure, puisqu’il nous a menti en prétendant qu’il l’avait laissé dans son bureau de l’Elysée. Nous sommes donc entrés dans une phase qui sera immanquablement judiciaire",estime la sénatrice Esther Benbassa, qui rappelle la peine encourue le cas échéant : 5 ans de prison et 75.000 euros d’amende. 
Le Tchad paiera-t-il ? Benalla se trouvait-il à N'Djamena quand Macron est allé passé le weekend avant Noël entre hommes avec les militaires de l'opération Barkhane ?

Alexandre Benalla s'était engagé auprès du quai d’Orsay

Jean-Yves Le Drian a-t-il laissé courir?
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Dès le 23 mai dernier, dans un document signé de sa main révélé par BFMTV, l'ancien conseiller de l'Elysée préposé à l'escorte du corps sacré de Jupiter s'était engagé à restituer ses passeports. 

Jeudi, Le Drian, ministère des Affaires étrangères, a fait savoir qu’il examine "toutes les suites possibles, y compris judiciaires, sur la non-restitution des passeports d'Alexandre Benalla".

"La question d'une usurpation de fonction se pose", estiment même les autorités. Celle d'une légèreté dans leur traitement du dossier Benalla, aussi.

mercredi 15 août 2018

Aquarius : les droites françaises invitent la Tunisie à ouvrir ses ports

L'accueil des clandestins africains n'est pas la responsabilité exclusive des Européens

L'irresponsable 'SOS Méditerranée' prend des migrants à bord de l'Aquarius, sans assurer le suivi

La Tunisie doit cesser d'être une plaque tournante de migration vers l'UE et assumer ses responsabilités de voisin de la Libye
Ses 141 migrants ne savaient pas où ces "humanitaires" les débarqueraient. En France, les acteurs politiques de droite réclament une politique et une stratégie responsables avant  l'ouverture d'un des ports du pays.

Les Républicains (LR) et le Rassemblement national (RN, ex-FN) ont plaidé pour que la Tunisie, du fait de sa proximité géographique apporte une contribution naturelle à l'effort européen, en ouvrant ses ports. Ils estiment en effet la France ne peut pas éternellement réceptionner les livraisons de l'Aquarius et créer "un appel d'air".

Ne pas "encourager le jeu des passeurs" 

Il existe des passeurs de tout poil, notamment animés par l'appât du gain pour les uns, mais par une idéologie subversive de déstabilisation des démocraties  libérales, pour les autres.

Image associéeLes Républicains sont favorables à une position de fermeté vis-à-vis de ces situations" car "nous ne pouvons pas créer un nouvel appel d'air", a réagi un des porte-parole de LR, Gilles Platret, 55 ans, sur franceinfo. Accueillir ces migrants "sous le coup de l'émotion ne ferait qu'encourager [cette immigration] et faire le jeu des passeurs", a ajouté le maire de Chalon-sur-Saône, 
plaidant pour que l'Aquarius, que l'Italie et Malte - constamment sollicités- résistent  à leur accueil, se dirige vers les côtes tunisiennes. 

Il a jugé que "ce n'est pas à la France seule de régler ce problème" mais "à l'Europe de le faire dans les liens qu'elle doit avoir avec l'Afrique".

Notre déficit public et notre croissance en berne ne plaident pas en faveur de l'accueil de clandestins africains 

Alors qu'une seule de nos universités apparaît au classement de Shanghaï 2018 et que l'OCDE pointe déjà les disparités scolaires et les compétences de notre jeunesse," la France doit prendre ses responsabilités en n'accueillant pas l'Aquarius", a également estimé le porte-parole du RN Jordan Bardella, 23 ans, ex-secrétaire départemental du FN de Seine-Saint-Denis, sur LCI, en rappelant qu'une majorité de Français s'était dit opposée à l'accueil du navire en France en juin, dans un sondage. "Nous n'avons pas les moyens" de les accueillir.

"Si on applique le droit de la mer, c'est aux ports tunisiens" de le faire, a ajouté ce conseiller régional d'Ile-de-France. 
Il a aussi de nouveau dénoncé "les ONG (qui font) le jeu des passeurs qui font de la traite d'êtres humains", et "violent le droit maritime".

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Les événements de Sisco et le débat sur le burkini dans l’île
ont mis à mal le vivre ensemble et la pratique de l’islam en Corse
Quant à la proposition réitérée du président de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, d'ouvrir un port corse au bateau, Jordan Bardella rappelle à cet avocat nationaliste qui s'est fait connaître par la défense d'activistes du FLNC en lutte armée avec la République française "que les Corses ne souhaitent pas que leur île devienne le Lampedusa français" et que les "ratonnades" corses sont une réalité qu'il ne peut ignorer.