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mercredi 15 juillet 2015

Quand Hollande assurait qu'il ne donnerait pas d'entretien depuis l'Élysée

Le changement, c'est de ne pas faire ce qu'on a promis, mais de faire ce qu'on avait critiqué

Depuis son élection, le président de la République est maintes fois revenu sur ses promesses  

La promesse de ne pas donner d'entretien dans des lieux de pouvoirs et notamment à l'Élysée  avait été faite au printemps 2012, dans les derniers jours de la campagne présidentielle, dont sortira finalement vainqueur. Si elle ne faisait pas partie du "Moi, président", la promesse  de l'ancien premier secrétaire du PS et candidat socialiste  n'a pourtant pas été oubliée par les observateurs.
 
Elle a depuis été à de maintes fois bafouée. Ainsi, ce 14 juillet, par exemple.
Il vient par exemple de donner son traditionnel entretien du 14 juillet pour la troisième année consécutive au palais de l'Élysée, un lieu qu'il avait également choisi pour s'adresser aux media audiovisuels français destinés à l'international à l'automne 2012 ou encore pour évoquer la situation en Centrafrique en décembre 2013. 

Hollande ne fait pas ce qu'il dit

Le 4 mai 2012, François Hollande l'avait assuré sur le plateau du Grand Journal de Canal+: il n'y recevrait pas les journalistes s'il était élu. "Je ne ferai pas d'émission spéciale, d'émissions où l'on convoque des journalistes - par ailleurs estimables - dans les lieux du pouvoir," assurait-il alors, à l'occasion de sa dernière interview avant le premier tour de la présidentielle. 

"Non, président de la République, je viendrai à vos invitations", avait-t-il promis. Et de conclure : "Vous me rappellerez à mes engagements." Une tirade en écho à l'entretien accordé quelques semaines plutôt à France Inter, dans laquelle François Hollande affirmait encore plus directement qu'il ne donnera pas d'entretien dans le fameux hôtel particulier du 8ème arrondissement.

jeudi 16 mai 2013

François Hollande, président du Parti socialiste et chef de clan

Hollande caline ses parlementaires à l'Elysée

"Moi, président de la République, je ne recevrai pas les parlementaires de la majorité à l'Elysée." 
Il avait assuré qu’il ne serait pas un "chef de la majorité" ni "un chef de clan"Hollande s'était engagé à ne pas le faire lors du débat d'entre-deux tours de l'élection présidentielle. Mais le changement est intervenu et il l'a fait ! L'initiative de ce 16 mai 2013 viendrait de François Rebsamen, président du groupe PS au Sénat, et Bruno Le Roux, le patron des députés PS. Les deux hommes ont prévu de prendre la parole à cette occasion. "Il s'agit saluer le travail législatif qui a été réalisé" depuis l'accession au pouvoir de François Hollande.
Selon Le Canard Enchaîné et Europe 1, mercredi 24 avril, le président a reçu une dizaine d'élus socialistes au Château et devrait faire de ces "apéros du mardi" un rendez-vous régulier.Le 17 octobre 2012, le député socialiste de l'Ardèche Pascal Terrasse a vendu la mèche sur sa page Facebook avoir été reçu à l'Elysée, sans préciser pour quel motif. L'agenda de l'Elysée est également muet sur les motifs de cette visite.

Pourquoi se renie-t-il ?
"Contesté par sa majorité qui lui reproche notamment de s’être coupé de sa base, François Hollande a décidé d’y remédier", explique France Info. La radio d'Etat précise au passage que deux rendez-vous ont déjà eu lieu. 

Selon Le Canard Enchaîné, qui rapporte les échanges musclés tenus lors de la première rencontre, les élus en profitent pour vider leur sac.
"[Les Français] n'ont pas voté pour toi mais contre Sarkozy (...) Les Français ne savent pas où tu les mènes. Il faut leur dire. La peur doit les quitter. Et ça, c’est ton job, François", lui a par exemple lancé la sénatrice PS de Paris, Bariza Khiari. Tandis que Seybah Dagoma, députée de la capitale, a demandé "plus de considération". 

"L’entrevue se déroule dans un salon au rez-de-chaussée du Palais (...) avec le secrétaire général de l'Elysée, Pierre-René Lemas, et son conseiller parlementaire", relate Europe 1, qui explique qu'une dizaine de députés sera invitée chaque semaine.

ENTENDRE
Olivier Bost et surtout JJ. Urvoas (PS) vs. P. Mennucci, Ch. Paul ou P. Cherki (L'Info politique - Le Fait du Jour) :
Nouvelle célébration laïque et blasphématoire

Députés et sénateurs vont se rassembler pour regarder François Hollande répondre de sa première année à l'Elysée. Ensuite, le chef de l'Etat leur rendra visite. Depuis quelques semaines déjà, le chef de l'Etat reçoit des parlementaires à l'Elysée en petit comité. Mais, ce soir, il fera les choses en grand et sans s'en cacher, ce qui rappelle tout de suite l'un de ses engagements de campagne. A l'UMP, on se souvient très bien de cette phrase lors du débat d'entre deux tours face à Nicolas Sarkozy. 



François Hollande n'affiche-t-il pas le profond méprise de celui qui pense n'avoir plus rien à perdre ? Pense-t-il réussir à redorer son image en organisant une grande séance  d'écoute médiatisée des élus ?  

Du côté des élus socialistes, les réactions sont très contrastées. 
Il y a d'abord ceux qui sont sur le mode "tout va très bien, Madame la Marquise". C'est le cas du député socialiste du Finistère Jean-Jacques Urvoas pour qui 'tout est normal'"L'interprétation de cette phrase, c'est : "'je ne privatiserai pas l'Elysée pour recevoir mes amis régulièrement pour banqueter sur les fonds publics'".

Sauf que ce rendez-vous du président avec les parlementaires socialistes confirme
un état d'esprit plus sévèrement délétère de ses troupes. Le député socialiste des Bouches du Rhône Patrick Mennucci "On est des parlementaires, pas des béni-oui-oui !" gronde l'élu de Marseille.
Avec ses gros sabots, Bruno Le Rous n'entre pas dans cette catégorie.

Au-delà de la volonté désespérée de donner un peu plus de relief à la conférence de presse de ce soir, en pleine récession confirmée par une pluie de chiffres alarmants, le vrai but de cette opération est de remonter le moral des troupes. C'est de la câlino-thérapie. Le problème, chez les socialistes, c'est la culture maison est tombée en quenouille au fil des onze années de direction molle du PS par Hollande. 
Une conférence de presse, un restaurant, un président : la formule n'emballe pas tout le monde comme le député socialiste de la Nièvre, Christian Paul, qui fait parti de ceux qui sont un peu réservés :
"Moi je ne suis pas demandeur de soirées mondaines dans des grands hôtels ou à l'Elysée". D'autant que ce genre de manifestation a un coût pour les Français plongés dans l'austérité

Et puis, il y a enfin ceux qui ont dû avaler quelques couleuvres en un an. 
Ce sont ceux qui n'ont pas aimés l'accord de stabilité européen, l'accord compétitivité, ou qui n'aimeront pas la réforme à venir des retraites. C'est l'autre effet révélateur pour un chef de l'Etat qui se rapproche de ceux qui l'ont fait roi sans forcément l'aimer. Le député de Paris Pascal Cherki :
"Qu'il vienne c'est bien. Je parlerai foot avec lui s'il veut !"

Même cela, cela pourrait-être un peu polémique en ce moment, après les émeutes  autour du sacre du PSG .


Le député des Hauts de Seine 
Patrick Ollier :
"Ce n'est pas la première promesse de monsieur Hollande qui n'est pas respecté".