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mardi 21 août 2012

Fralib: Hollande, Ayrault et Montebourg braquent Unilever

Les éléphants socialistes sacrifient les salariés 
Unilever refuse une cession de la marque Eléphant 

Paul Polman, le directeur général d'Unilever  exclut de céder la marque de thé Eléphant et de faire travailler en sous-traitance la société que les salariés de l'usine de Gémenos (Bouches-du-Rhône),  assure P. Polman dans un entretien au Figaro de lundi.

Or, ces deux conditions sont jugées essentielles par les ex-salariés du site marseillais pour assurer la viabilité de leur future société, mais refusée avec constance depuis le début par les dirigeants français du groupe.
Cette mise au point sans ambiguïté de P. Polman - "on ne fera pas plus", assure-t-il par ailleurs dans l'entretien - intervient à quelques jours de la réception à l'Elysée d'une délégation de salariés de Gémenos, le 31 août.

Unilever a souligné être sur la même ligne que les responsables de la filiale française, qui refusent la cession de la marque Eléphant et l'accord de sous-traitance. "L'équipe française a toute ma confiance", dit-il.

Pour le directeur général d'Unilever, "nous sommes maintenant arrivés à une solution responsable". "Nous avons montré pendant deux ans une véritable ouverture au dialogue. Le plan social a été validé par les tribunaux, nous avons offert à tous les salariés la possibilité de travailler sur l'un de nos autres sites en France aux mêmes conditions et nous avons cédé pour un euro symbolique des machines. Je suis convaincu que nous sommes allés bien au delà de nos obligations légales, cela a coûté très cher", souligne-t-il.

"C'est très clair, le dossier est clos", confirme Unilever

Et de pointer le gouvernement: "si la France ne respecte pas ses lois, cela fera peser un risque sur les investissements en France".

Pour Olivier Leberquier, délégué syndical CGT de l'usine Fralib de Gémenos, les démarches des salariés "ont obligé Unilever à sortir du bois". "Si Paul Polman prenait le temps de nous écouter, de se pencher sur la nature exacte de notre projet, il changerait peut-être d'avis", a-t-il accusé.

Il souligne par ailleurs que le directeur général d'Unilever vient d'être désigné, en tant que "pionnier du développement durable", pour figurer dans un panel des Nations Unies chargé de définir l'agenda de développement pour la période suivant 2015.

Montebourg et Touraine ne carburent pas à la tisane

Or, "il y a dix ans, la verveine et la camomille utilisées pour les infusions venaient de Provence, mais Unilever a cassé ce système pour faire venir les plantes d'Europe de l'Est", s'indigne M. Leberquier, qui assure que P. Polman ne connaît pas tous les éléments du dossier.

En mai, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, en visite sur le site de Gémenos, avait prétendu qu'Unilever acceptait de reprendre les négociations sur des scénarios de reprise, dont le plan B  projet alternatif.

L'usine, qui a cessé de produire à la fin du mois de juillet 2011, est toujours occupée par une partie des salariés.