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samedi 9 mai 2015

Le terroriste islamiste Al-Anassi a été tué: il avait revendiqué la tuerie de "Charlie Hebdo"

Un drone américain met fin à ses massacres

Le "stratège" d'al-Qaïda n'a pas vu venir la vengeance occidentale

Le stratège militaire du réseau terroriste était apparu dans plusieurs vidéos d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA). Dans l’une d’elles, diffusée le 14 janvier 2015, Nasser al-Anassi (ci-contre) affirmait que son groupe avait mené, par l’intermédiaire des deux djihadistes français, l’attaque ayant décimé la rédaction anarcho-révolutionnaire de Charlie Hebdo, pour "venger" Mahomet, caricaturé par le journal libertaire français que Libération qualifie complaisamment de "satirique" pour dire libre-penseur et provocateur. Dans une autre vidéo, en décembre 2014, il avait accusé le président américain, Barack Obama, de porter l’entière responsabilité de la mort de deux otages américain et sud-africain, Luke Somers et Pierre Korkie.

Al-Anassi a été tué par un raid de drone à Moukalla, une ville du gouvernorat du Hadramout au Yémen, en avril".
Cette exécution a été annoncée par un responsable d’AQPA, Abou al-Miqdad al-Kindi (connu sous le nom de Khaled ben Omar Batarfi), dans une vidéo de onze minutes diffusée sur Twitter, selon le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE. 
Lors d’une conférence de presse à Washington, le ministre de la Défense américain, Ashton Carter, s’est refusé à tout commentaire sur une "frappe particulière". Les Etats-Unis sont le seul pays disposant de drones dans la région.

Un responsable du terrorisme islamiste mis hors d'état de nuire

Nasser ben Ali al-Anassi, né en 1975 au Yémen, a participé au 'djihad' en Bosnie en 1995, avant de retourner au Yémen, puis de se rendre au Cachemire et en Afghanistan. Il avait rencontré le chef d’al-Qaïda, Oussama ben Laden, tué depuis et dont le père était originaire du Yémen, qui l’avait chargé de questions administratives, avant de participer à davantage de camps d’entraînement où il avait excellé. Il a été emprisonné six mois au Yémen et avait rejoint AQPA en 2011.


Le 14 avril, Al-Qaïda au Yémen avait déjà annoncé la mort d’un de ses idéologues en chef, Ibrahim al-Rubaish, tué la veille dans une attaque de drone américain. Ce Saoudien était connu pour ses prêches hostiles à l’Occident, aux Etats-Unis et à la France. AQPA avait profité de l’affaiblissement du pouvoir central au Yémen en 2011, à la faveur de l’insurrection populaire contre l’ancien président Ali Abdallah Saleh, pour renforcer sa présence dans le pays.
Et alors que le Yémen est aujourd’hui emporté dans un conflit meurtrier entre rebelles houthis et partisans du président Abd Rabbo Mansour Hadi, appuyés par des raids d’une coalition arabe menée par l’Arabie Saoudite, à laquelle Hollande est allé rendre visite, al-Qaïda tente de profiter du chaos yéménite. Il s’est ainsi emparé en avril de la ville de Moukalla.

La France a remplacé les États-Unis 
en tête de liste des pays ennemis de l’islam
Khaled Batarfi, responsable d’AQPA qui a annoncé la mort d’Al-Anassi, avait été libéré de prison avec 300 autres détenus lors de la prise de Moukalla par Al-Qaïda. AQPA est une organisation terroriste salafiste djihadiste, active principalement au Yémen et en Arabie saoudite, avec une forte influence en Europe. Elle était jusqu'ici soupçonnée d'avoir notamment commis l'attentat-suicide du 21 mai 2012, perpétré par un soldat infiltré, et qui a causé le mort de près de 100 soldats et fait 300 blessés lors de la préparation d'un défilé militaire. AQPA, qui publie la revue 'Inspire', est aujourd'hui la plus active et la plus dangereuse du réseau islamiste.
Saïd Kouachi a été initié au maniement des armes dans la péninsule arabique en 2011. Avec son frère, ce Français a commis l'attentat meurtrier de Paris contre le journal Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015.
AQPA dément à France 24 "cibler les journalistes" au Yémen

SITE précise que, " Al-Anassi a été tué avec son fils et six autres combattants".

samedi 14 juin 2014

Irak: l’EIIL a supplanté Al-Qaïda

En perte d'influence, Al-Qaïda entre en rivalité avec l’EIIL 

Les djihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant sont à 160 kilomètres de Bagdad
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EN IMAGES - Irak : l’offensive fulgurante des djihadistes
Les combattants djihadistes de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) ont réussi mardi ce que l’organisation terroriste Al-Qaïda n’avait encore jamais fait: prendre le contrôle d’une région entière, sans résistance. Les islamistes se sont en effet emparés de Mossoul, la deuxième ville d’Irak, et avancent sur Bagdad, la capitale.


Le chef de l’EIIL, Abou Bakr Al-Baghdadi, décrit comme un "nouveau Ben Laden",a refusé de faire allégeance à Al-Qaïda.
 
Bien que l’EIIL soit au départ une émanation de la branche irakienne d’Al-Qaïdail a fait scission avec ses dirigeants et conteste ouvertement l’autorité du chef d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri. Il s’oppose frontalement au n°1 du mouvement terroriste, Ayman Al-Zaouahri, à qui il a refusé de prêter allégeance à la mort d’Oussama Ben Laden. Pour ses partisans, Al-Baghdadi représente la nouvelle génération de djihadistes, l’après-Al-Qaïda : "Il a été désigné par cheikh Oussama pour établir l’Etat, c’était son plan avant qu’il ne soit tué", estime le combattant islamiste. Il sait attirer les jeunes et se montre plus ouvert aux apprentis djihadistes que les officiers d’Ayman Al-Zaouahri. Il entend supplanter l’organisation terroriste et il semble bien près d'y parvenir.

Les deux groupes partagent la même idéologie djihadiste et non pas le même "projet politique", explique l’islamologue Romain Caillet, de l’Institut français du Proche-Orient. "Du point de vue du djihadiste", l’EIIL a en effet une "valeur ajoutée par rapport à celui d’Al-Qaïda : Al-Qaïda, c’est une lutte globalisée, déterritorialisée, tandis que l’EIIL se voit comme un véritable Etat en fonctionnement". Et en participant à "l’édification d’un Etat islamique", les partisans de l’EIIL ont donc l’impression d’avoir "passé une étape supérieure à celle d’Al-Qaida".

Les surgeons d'al-Qaïda se développent 
Des combattants de l'EIIL sont entré à Mossul
L’organisation terroriste fondée par Oussama Ben Laden pâtit aussi de sa structure éclatée. "Détruite en Afghanistan par l’offensive américaine", sa direction a vu ses "débris" se reconstituer, poursuit le chercheur. C’est grâce à ses "branches régionales", comme Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) ou Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), que l’organisation a pu retrouver de la vigueur. Mais aujourd’hui, certains de ces "drageons" menacent de lâcher leur support, à l’image d’Aqpa, la dernière branche d’Al-Qaïda dans le monde arabe.

Le problème d'al-Qaïda est aussi l'éloignement du successeur de Ben Laden, Zawahiri. Celui-ci est "bloqué au Waziristan" (Pakistan), "loin du monde arabe" et il est "en train de perdre son autorité", tandis que le jeune Baghdadi a au contraire renforcé la sienne pour parvenir à incarner une nouvelle génération de djihadistes. Il se montre aussi plus ouvert au recrutement de nouveaux combattants.

La communication de Baghdadi est plus efficace. Au-delà de la personnalité du chef, le mode de communication de l’EIIL "ringardise celui d’Al-Qaïda". Plus efficace, surtout sur les réseaux sociaux, il attire des jeunes. Mais aussi un "état-major militaire beaucoup plus compétent que celui d’Al-Qaïda", souligne Romain Caillet, détaillant : "ceux qui ont fondé la structure militaire de l’EIIL sont d’anciens cadres du régime de Saddam Hussein: colonels d’état-major, officiers des services de renseignement, ou encore officiers de la garde présidentielle".