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jeudi 28 février 2013

Fonction Publique : préavis de grève du 5 mars 2013

La chienlit CGT, FO, Solidaires et la FSU, encore le mardi 5 mars

La CGT et Force Ouvrière sont à l'origine de cet appel à la mobilisation générale en France le 5 mars 2013

Elles ont décidé ce mouvement à la veille de la présentation de l’accord sur l’emploi au Conseil des ministres pour s'opposer à l’accord sur la sécurisation de l’emploi établi le 11 janvier dernier.

Annick Coupé, porte-parole de Solidaires, a également indiqué que l'union syndicale, qui regroupe notamment les syndicats trotskistes de  SUD, s'associera à la mobilisation.

Les syndicats impliqués n’acceptent pas l’accord, qui prévoit des mesures pour la sécurisation de l’emploi.
Lien PaSiDupes - " Emploi: la CGT s'oppose au plus de flexibilité du gouvernement"


Les syndicats CFTC, CFDT et CGC ont quant à eux accepté de signer l’accord avec le gouvernement. 

Ils acceptent la généralisation inutile et dangereuse des complémentaires santé à tous les salariés, la taxation des contrats courts, ainsi que d'autres mesures coûteuses et le marché de dupes de la flexibilité (un maintien dans l'emploi très encadré, une évolution du cadre juridique des plans sociaux, favorable aux syndicts et une mobilité interne impliquant que le salarié qui la refusera pourrait être licencié pour motif personnel et non économique).

Ce préavis serait motivé par des revendications :
- contre l’accord national interprofessionnel (ANI) signé le 11 janvier 2013 qui fragilise la situation de l’emploi plutôt qu’elle ne la consolide ;
- contre la précarisation de l’emploi ;
- contre la transposition de l’accord dans la loi.

La dégradation de l’emploi est une réalité commune au secteur public et au secteur privé

C’est pourquoi les syndicats d'extrême-gauche s’inscrivent dans cette journée de manifestations et de grèves.


Les perturbations annoncées

Dans les transports

Le taux de gréviste n’est pas encore connu, et le niveau de maintien des transport (75%, 50% ou 25%) sera communiqué d’ici le 3 mars prochain.

Pour les autres sociétés de transport en région, aucune information n’est encore disponible. La SNCF Lorraine n’a pour l’instant pas connaissance d’un préavis de grève.

L'enlèvement des ordures devrait être suspendu

Bon nombre des crèches seront fermées ou perturbées

Dans l'Education


Malgré l’arrivée d’une prime annuelle dans l’éducation nationale, le syndicat hégémonique du primaire, le SNUipp-FSU a déjà appelé à une grève nationale le mardi 12 février 2013: elle visait la réforme des rythmes scolaires.
"Le 5 mars, nous serons ensemble dans cette bataille contre cet accord", a indiqué la secrétaire générale de la FSU Bernadette Groison, s'adressant au futur chef de file de la CGT,Thierry Lepaon. La FSU, seconde force réactionnaire de la fonction publique d'Etat, a réaffirmé sa volonté d'être "au coude à coude" avec les gransd frères de la CGT pour protester contre  un accord "en trompe l'oeil" qui "sécurise juridiquement les employeurs et flexibilise au maximum les salariés".
Outre les cours dans l'ensemble des niveaux, la restauration scolaire risque d'être affectée.

Service minimum d'accueil ?
La loi du 20 août 2008, adoptée sous Xavier Darcos, appelle les élus à prévoir l'accueil des enfants, dès lors que plus de 25 % d'enseignants grévistes sont recensés, mais lors de la grève des des enseignants contre la réforme des rythmes scolaires, seules 10 % des écoles parisiennes se sont organisées pour l'assurer.


samedi 12 janvier 2013

Sécurisation de l'emploi: CGT et FO jugent l'accord "inacceptable"

Syndicats et patronat affichent une satisfaction de façade

"Syndicats et patronats ont arraché" - à qui ?- "un accord sur la sécurisation de l'emploi"


François Hollande s'est empressé de saluer vendredi "un succès du dialogue social", au terme d'une journée marathon et de trois mois de négociations. "Cet accord se traduira par de nouvelles avancées pour les salariés", a estimé le chef de l'Etat. Il a demandé au gouvernement de préparer "sans délais" un projet de loi ", afin de transcrire fidèlement" le texte, bien que l'approbation formelle des organisations soit encore nécessaire dans les prochains jours.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a lui aussi exprimé sa "vive satisfaction".


Et dans leur sillage,
Jean-Phi (dit Harlem) Désir, le patron placé par l'Elysée à la tête du parti présidentiel, a salué une "victoire majeure du dialogue social", sans attendre que ce projet de loi soit présenté en Conseil des ministres le 6 ou le 13 mars, puis examiné en urgence par le Parlement en vue d'une promulgation fin mai.


Un accord qui engage l'après-crise

Côté flexibilité,l'accord  permet de baisser salaires et/ou temps de travail en cas de difficulté, des mesures pour faciliter et "déjudiciariser" les licenciements et la possibilité de restructurer sans plan social via une mobilité obligatoire.

En contrepartie, de nouveaux droits sont octroyés aux salariés et aux chômeurs: généralisation d'une complémentaire santé, limitation (subjective) des temps partiels ou encore droits rechargeables à l'assurance-chômage.

François Hollande cherche à inverser les opinions défavorables


Les patrons font marcher les affaires du président socialiste

Alors que les discussions piétinaient depuis le 4 octobre, le patronat (MEDEF, CGPME, UPA) a ouvert la voie au compromis vendredi matin en lâchant du lest sur la taxation de certains CDD, casus belli des syndicats.


Le président se donne des motifs de satisfaction
Le chef de l'Etat, qui a érigé le dialogue social en moteur de réformes, devra se contenter d'un compromis a minima que la crise et la dégradation du marché du travail en France imposent aux syndicats, tant patronaux que salariés.
A défaut de compromis "historique" réclamé par François Hollande avant fin 2012, l'exécutif attendait un "accord ambitieux" et l'exécutif veut croire que cette réforme permettra de lutter contre le chômage, qui touche 3,13 millions de Français.
La France, scrutée par les agences de notation et Bruxelles, est l'un des derniers pays en Europe où les syndicats et patronaux et ouvriers se résolvent à engager une telle réforme.
On peut lire dans les textes des hagiographes de la presse militante que "depuis l'échec de 1984, il n'y avait pas eu de nouvelle tentative de réformer en profondeur le marché du travail."

Or, cet accord intervient cinq ans jour pour jour après celui sur la modernisation du marché du travail, à l'origine de la rupture conventionnelle, qui a mis fin depuis à plus d'un million de CDI.
La loi n° 2008-596 du 25 juin 2008 " portant modernisation du marché du travail " a été promulguée par le gouvernement Fillon (UMP) résulte de l’accord national interprofessionnel (ANI) signé le 21 janvier 2008 par trois organisations patronales (MEDEF, CGPME, UPA) et quatre des cinq syndicats représentatifs au niveau national (CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC).


2008

Les principales dispositions de cette loi concernaient :

- la période d’essai : conditions de validité de la période d’essai, durée maximale et renouvellement, délai de prévenance en cas de rupture, prise en compte possible de certains stages effectués dans l’entreprise…;

- la création d’un CDD pour la réalisation d’un objet défini : salariés concernés (ingénieurs et cadres, au sens des conventions collectives), durée (min. 18 mois ; max. 36 mois), conditions de mise en œuvre (accord de branche étendu ou, à défaut, accord d’entreprise), etc. ;

- l’information du CE ou des DP sur le recours aux CDD, à l’intérim ou au portage salarial;

- l’instauration d’une possibilité de rupture conventionnelle du contrat de travail : procédure, garanties offertes au salarié…;
- l’abrogation des dispositions du Code du travail relatives au contrat " nouvelles embauches " (CNE);
- la création d’un cadre légal pour le portage salarial.

11 janvier 2013: un accord "gagnant-perdant"

Qui peut croire que les parties n'y laissent pas des plumes.
 Cet accord assurerait à la fois plus de souplesse aux entreprises et davantage de protection aux salariés... 

Laurence Parisot, présidente du MEDEF se félicite d'ailleurs que cet accord "marque l'avènement d'une culture du compromis après des décennies d'une philosophie de l'antagonisme social"

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a lui aussi salué "un accord ambitieux" estimant que l'emploi était le "gagnant".
Plus nuancé, Joseph Thouvenel (CFTC) a admis que "ce qu'on a obtenu n'est pas la perfection", ajoutant "je donnerai un avis positif la semaine prochaine à mon bureau confédéral",  .
"L'accord est équilibré", telle est la version officielle exprimée par Marie-Françoise Leflon (CFE-CGC).

La CGT et FO se sont quant à elles clairement opposées au texte
"L'accord est inacceptable de notre point de vue", a déclaré Agnès Le Bot (CGT), qui a prévenu que "la partie n'était pas finie".

Tandis que Désir H. considère que "la surtaxation des contrats précaires et la lutte contre le temps partiel subi permettront de lutter contre la précarité",
Stéphane Lardy (FO) a dénoncé un texte qui "renforce la précarité" et une négociation qui a "loupé sa cible", ajoutant: "c'est un jour sombre pour les droits des salariés".
Cette mesure figurait parmi les engagements du candidat Hollande, et dans la feuille de route du gouvernement pour lutter contre la précarité, alors que le recours aux CDD de moins d'un mois a explosé (+88% entre 2000 et 2010).

Ca passe ou ça casse ?
Pour être ratifié, un accord national interprofessionnel ne doit pas rencontrer l'opposition de plus de deux des cinq syndicats.
En passant, ça casse !
Circulez, il n'y a plus rien à voir avant la fin de crise.