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lundi 1 janvier 2018

Macron, un monarque plus conservateur que libéral

Le souverain républicain a-t-il les défauts du  conservateur sans les qualités du libéral ?

Macron peut être tout, sauf socio-démocrate

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Macron est-il autant apprécié à l'étranger
que ce qu'en dit la presse hexagonale ?
Détricottage des lois sociales, traque des chômeurs susen dit la presse hexagonale ?pects, mesures sécuritaires… Si l'Auvergnat était une référence, plutôt que Pompidou, l'ex-banquier épouse finalement bien plus la dérive droitière de la seconde période du mandat de Valéry Giscard d’Estaing que son libéralisme sociétal. Emmanuel Macron est-il l’héritier politique de VGE, un lointain prédécesseur du siècle dernier  à la tête de l’Etat de 1974 à 1981, comme on l’entend souvent, avec le secret espoir que le balancier de l'Histoire ramènera un socialiste à l'Elysée comme Mitterrand à la suite de Giscard ?

Si les deux hommes ont la volonté de jeter un pont entre la droite et la gauche, un bipartisme qui structure la vie politique depuis la Révolution française (avec des exceptions impériales, royalistes et vichysoise) et si leur engagement pro-européen est identique, seul VGE a mené une vraie politique libérale au sens anglo-saxon du terme, c’est-à-dire à la fois sur le plan économique et sociétal. Et encore brièvement, durant la première partie de son septennat, entre 1974 et 1976.
Ensuite, il a entamé une dérive de plus en plus droitière, notamment après les législatives de 1978 que la gauche a perdues, le sommet en étant la loi sécurité et liberté de 1981, entrée en vigueur juste avant sa défaite face à Mitterrand. 
C'est toutefois son réformisme qui eut raison de sa candidature à un second mandat: Valéry Giscard d'Estaing avait abaissé l'âge du droit de vote et en accordant leur préférence à François Mitterrand, les électeurs de 18 à 21 ans, avait largement contribué au succès du troisième dans les sondages, devant Rocard, le deuxième, et VGE, le premier, à 61%...

Macron, lui, est idéologiquement à l'image de ce VGE seconde manière  

Giscard avait manqué le coche de la dissolution de l’Assemblée nationale en mai 1974. Alors que Macron est encombré de la pléthore d'arrogants incompétents de la sienne, VGE n'a plus jamais été en mesure de constituer une majorité à sa main. Il a donc dû composer avec le RPR de Jacques Chirac (son Premier ministre jusqu’en août 1976), notamment en s’appuyant sur des personnalités comme Jacques Chaban-Delmas, son adversaire malheureux - bien que favori - de la présidentielle, car contrecarré par les durs du parti gaulliste qui jugeait préoccupante sa "nouvelle société" concoctée avec l’aide d’un socialiste, Jacques Delors, père de Martine Aubry. Nul ne peut savoir si Macron aurait davantage ressemblé à Chaban, si ce maire de ...Bordeaux (!) était parvenu au sommet de la pyramide, comme lui, à la faveur de l'échec de Juppé, favori des sondages et cocu de la farce présidentielle. 

En dépit de ce handicap, outre des réformes économiques qui ont bénéficié des Trente Glorieuses (période exceptionnelle de croissance qui profita à presque tous les pays industrialisés, de la fin de la seconde Guerre Mondiale jusqu'au premier choc pétrolier, soit de 1945 à 1973) - comme Macron, de la reprise de la croissance en Europe - , en commençant à sortir le pays de la gangue du capitalisme d’Etat hérité du général de Gaulle et à le maintenir à flot malgré la crise de 1973-1979, VGE avait changé durablement le visage de la France : majorité à 18 ans (il le paiera cher), autorisation de l’avortement (IVG), remboursement de la pilule, divorce par consentement mutuel, émancipation du service public de la radio-télévision (disparition de l’ORTF), possibilité pour les parlementaires de saisir le Conseil constitutionnel, etc. La situation de plein emploi autorisait les réformes sociétales que Hollande voulut entreprendre en temps de chômage. Soucieux de laisser un nom dans l'Histoire, VGE -descendant d'une fille supposée bâtarde du roi Louis XV - serait bien allé jusqu’à légaliser l’union entre personnes du même sexe, mais les esprits n'étaient pas mûrs. Macron, lui, a épousé une femme de 24 ans son aînée, qui pourrait être sa mère.

Image associéeBien que disposant d’une majorité dévouée, pour ne pas dire à sa botte, mais impréparée, Macron n’a pas eu ces ardeurs réformatrices, bien au contraire. Alors qu’il a les pleins pouvoirs et une opposition en chantier de reconstruction, il a mis sous le boisseau ses promesses relatives aux libertés, quand il ne les a pas purement et simplement violées. L'agression politique d'un peuple entier passe mieux, de nos jours, que le harcèlement sexuel. 
Ainsi, sa loi sur la sécurité intérieure a transcrit dans le droit commun les dispositions de l’Etat d’urgence les plus attentatoires aux libertés (en particulier en transférant des pouvoirs importants à l’autorité administrative, au détriment du juge judiciaire, juge des libertés), alors qu’il avait durement critiqué les dérives de Hollande durant sa campagne. 
De même, sa politique d’immigration est exactement à l’opposé de sa promesse de solidarité avec les réfugiés et n’a rien à envier à ce qui s’est fait de plus inhumain dans le passé. 

Côté sociétal, les réformes de la PMA ou de la fin de vie ont été renvoyées sine die. La seule réforme d’essence libérale dont il peut être crédité concerne la moralisation de la vie publique. 

Un piètre bilan provisoire, voire un voeu pieux dans les faits, alors qu’il a tenu ou s’apprête à tenir l’ensemble de ses promesses économiques qui ne sont pas précisément "de gauche" (suppression de l’ISF, réforme du code du travail ou chasse aux "faux chômeurs", en oubliant la fraude fiscale ou le travail au noir), dans un contexte européen favorable de reprise engagée depuis plusieurs mois chez nos voisins. Hollande n'a pas su en profiter, mais Macron non plus, qui était déjà à l'Elysée comme conseiller du premier, puis grand maître de Bercy.

Loin d’être libéral, Macron se révèle être un conservateur 

A l’usage du pouvoir, il n'est clairement pas un réactionnaire comme ses opposants LR, de l'avis des média partisans de la majorité. Il tend à d'inscrire dans la plus pure tradition française, exactement comme l’a été VGE seconde période, celui qui a couru après sa droite, faute d’avoir pu rallier une gauche, alors prise en otage par un Parti communiste aligné sur Moscou. 

Ce mimétisme giscardien se retrouve d’ailleurs jusque dans sa mise en scène monarchique de l’exercice du pouvoir (Champs-Elysées en carrosse blindé, anniversaire au château de Chambord, y compris sa participation à la chasse aux sangliers (photo ci-dessous); 
Photo occultée par l'Elysée d'un pro-chasse honteux
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VGE en chasse
la chronique de sa vie, y compris familiale, avec sa duègue partout à son côté, en cuir, à l’Elysée contée par Paris Match) ou encore dans sa volonté de s’adresser directement aux Français sans l’intermédiaire de media froissés dans leur ego mais rampants qu’il méprise donc ouvertement - sauf lorsqu’ils oublient de se montrer critiques - au risque de saper un pilier de la démocratie, là aussi à l’exact inverse de ce qu’il promettait.
Certes, le quinquennat n’est vieux que de sept mois. Mais l’Histoire montre que les réformes de société ne passent qu’en début de mandat, pas à la fin. VGE l’avait compris, tout comme Mitterrand, qui n’a pas tardé à abroger la peine de mort et à libéraliser les media audiovisuels, tout en créant une chaîne à péage.

En faisant traîner le vote de la loi sur le mariage pour tous afin de mieux diviser la droite, Hollande a juste réussi à dresser deux France l’une contre l’autre et à empêcher durablement toute autre réforme sociétale, ce qui a précipité sa chute.
 
Bref, le "vieux monde" est toujours en place, plus que jamais. 
Macron est de gauche et en même temps de droite, à voile et à vapeur, pour son plus grand bonheur sondagier. A force de privilégier l'apparence, le quadra saura-t-il tirer le meilleur parti possible d'un alignement exceptionnel des planètes ?

vendredi 21 juillet 2017

Castaner bave sur le général de Villiers, homme d'honneur

Violente attaque du porte-parole du gouvernement contre le général chef d'état-major démissionnaire

En service commandé après la crise de nerfs d'Emmanuel Macron


Le nouveau chef d'Etat-major accepte la laisse ?
contre le chef militaire des armées à la suite des coupes sombres budgétaires et la démission médiatisée du chef d’état-major des armées, Pierre de Villiers, le chef de l’Etat a rencontré le défenseur des troupes dans un huis clos secret.

Parallèlement, dans un numéro grossier de duettistes, 
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Christophe Castaner, obscur collaborateur ministériel fabriqué par Emmanuel Macron comme porte-parole du gouvernement a, quant à lui, mené une charge violente contre le général démissionnaire. 

Le président jupitérien craint de conserver longtemps les stigmates de sa crise d'autoritarisme. Il envoie donc son collaborateur sur le front pour se tenir à l'arrière garde. Dans les colonnes du Figaro de ce vendredi 21 juillet, la Voix de son Maître, chargé des relations avec le Parlement, caillasse le général cinq étoiles sur son "comportement" et dénonce la communication faite autour de sa démission.

Le chef d’état-major a été déloyal dans sa communication, selon l'Elysée. Il a mis en scène sa démission, assure son porte-voix. Une agression qui fait suite à l'arbitraire présidentiel et qui stupéfait, vu le goût immodéré de l'adjudant de quartier pour les mises en scène et les coups de com' : s'il s'exhibe beaucoup, le petit chef se veut en revanche un président à "la parole rare" qui ne s'exprime qu' 'ex cathedra'. 
Sa crainte pathologique des indiscrétions de journalistes interpelle. Que cachent ce goût du secret et des huis-clos, cette crainte des media ? Ils n'ont que très peu de contacts avec ses communicants placés sous la houlette de Sylvain Fort et Sibeth Ndiaye. Ainsi, lors du premier Conseil des ministres, journalistes et photographes ont-ils été pressés de quitter la cour d'honneur de l’Élysée, sans pouvoir, comme c'est l'usage, interroger et filmer les ministres à la sortie. Lors de son premier point de presse après le Conseil, le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner a d'ailleurs longuement confirmé que le président exige de ses ministres "confidentialité" et "discrétion" envers la presse.
Question comportement, les sociétés des journalistes d'une vingtaine de grands media ont fait part à Emmanuel Macron de leurs "inquiétudes quant à l'organisation de la communication présidentielle en train de se mettre en place" (AFP, BFMTV, Europe 1, Le Figaro, France Info, France Inter, Libération, Mediapart, Le Parisien, Le Point, RFI, RTL, RMC, TF1, Télérama, Le Monde...) et Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières, ont signé.
Christophe Castaner doit donc pallier les carences du comportement présidentiel.
Puisque le président veut pouvoir choisir les journalistes qui peuvent le suivre et recevoir sa parole "complexe", Castaner, parlant au nom du président, conduit le procès du général dans un contexte de verrouillage. "C’est son comportement qui a été inacceptable. On n’a jamais vu un Cema s’exprimer via un blog [pas plus qu'un président sur Twitter ?], ou faire du off avec des journalistes ou interpeller les candidats pendant la présidentielle, comme cela a été le cas. Il s’est comporté en poète revendicatif. On aurait aimé entendre sa vision stratégique et capacitaire plus que ses commentaires budgétaires."

VOIR et ENTENDRE toutefois le candidat Macron s'expliquer avec véhémence 
sur un off malheureux à propos de Mohamed Saou sur BeurFM :

Lien PaSiDupes : Les laïcs reprochent à Macron sa complaisance envers l'islam radical

Contrairement aux analyses fines des décrypteurs de la presse, "son départ [celui du chef d'état-majot des Armées] n’a rien à voir avec son audition par la commission de la Défense", assure cependant Christophe Castaner faisant allusion à cette réunion à l’Assemblée nationale où le général annonçait qu’il n’allait pas se "laisser baiser par Bercy" après les annonces de coupes sombres dans le budget de nos troupes en opération sur plusieurs théâtres de guerre à l'étranger et de sécurisation de la population hexagonale exposée au terrorisme islamiste
Cette petite phrase, qu'un député anonyme avait fait fuiter dans la presse, avait provoqué une crise d'autorité chez le jeune Emmanuel Macron qui l’avait tancé devant les troupes, et donc humilié, rappelant 'je suis votre chef" et jugeant "pas dignes" les critiques sur le budget de la Défense. 
"Il aura non pas un budget à défendre, parce que ce n'est pas le rôle du chef d'état-major, c'est le rôle de la ministre des Armées", avait martelé le souverain républicain sur le plateau du Vélo club lors de sa présence sur une étape du Tour de France, concluant : Il aura des troupes à conduire, des opérations à mener, une stratégie, des capacités à défendre et à proposer au chef [politique] des armées qui est le président de la République. C'est comme ça que la République fonctionne bien."

VOIR et ENTENDRE Michèle Alliot-Marie, ancien (et première femme) ministre de la Défense, fournir les tenants et les aboutissants de cette affaire à Raphaëlle Duchemin, menton pointé, sur BFMacronTV :

VOIR et ENTENDRE la synthèse du général Desportes sur la question du "vol" de 850 millions aux Armées :

CV du général Desportes, à comparer avec le pedigree du verbeux CastanerSaint-Cyrien (1972-1974), issu de l'arme blindée et cavalerie, sa carrière a alterné affectations en unités de combat, en états-majors et diverses activités opérationnelles.Ingénieur, titulaire d'un DEA de sociologie, d'un DESS d'administration des entreprises (CAAE), docteur en histoire, le général de division Desportes est aussi breveté de l'École supérieure de guerre et diplômé de l'United States Army War College, équivalent du Centre des hautes études militaires pour l'armée de terre des États-Unis.
Attaché militaire près de l'ambassade de France aux États-Unis d'Amérique, puis conseiller défense du Secrétaire général de la défense nationale (SGDN), il fut ensuite directeur du Centre de doctrine et d'emploi des forces (CDEF) jusqu'en juillet 2008.
Vincent Desportes est aussi codirecteur avec Jean-Francois Phelizon de la collection 'Stratégies & doctrines' aux éditions Economica.
Le général Vincent Desportes a été à la tête du Collège interarmées de défense (CID), de 2008 jusqu'à l'été 2010.
Il est aujourd'hui professeur associé à Sciences Po et enseigne la stratégie à HEC. Conférencier international, il s'exprime sur les thèmes de la géostratégie, de la stratégie et du leadership. Il est régulièrement consulté par les pouvoirs publics et les grands media sur les affaires internationales et militaires.
Un conflit avec l’armée qui semble être la première vraie crise institutionnelle
Le successeur du chef d'état-major des Armées 
fait la leçon au président Macron
traversée par
le nouveau locataire de l’Elysée
qui, pour l’occasion, s’est attiré les foudres de tous les bords politiques. 
"Faute irresponsable, méthode humiliante, etc... : Emmanuel Macron essuie les critiques - exception faite du MoDem, par la bouche de Marc Fesneau, 46 ans, coupe de cheveux à la Donald Trump - depuis la démission de Pierre de Villiers. (sur CNews, Philippe Vigier est en fait Damien Abad, membre du parti Les Républicains).