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dimanche 28 juillet 2013

Islamisme: "printemps arabe" pourri, de la Tunisie à l'Egypte, en passant par la Lybie

Les tensions continuent en Egypte

Les islamistes mettent Maghreb et Proche-Orient à feu et à sang



"Guerre civile" en Syrie, mais "soulèvement" en Egypte et Lybie...
Tandis que les Fabius et Hollande focalisent sur la "guerre civile" en Syrie et stigmatisent Bachar el-Assad, rempart contre l'islamisme, la Libye est entrée dans la crise politique la plus critique depuis la chute de Khadafi en 2011, ce samedi 27 juillet 2013. 
Une série d'assassinats a plongé le pays dans le trouble vendredi, après les meurtres de deux officiers de l'armée et de l'avocat et militant politique Abdelsalam al Mosmary, tué par balles à la sortie d'une mosquée. Cet opposant aux Frères Musulmans dénonçait la prise du pouvoir par les milices armées. Ce crime, dans la ville-berceau du soulèvement qui a renversé Mouammar Kadhafi en 2011, a entraîné de nombreuses manifestations, qui perdurent. 1000 détenus se sont échappés d'une prison à Benghazi, renforçant un sentiment de chaos dans tout le pays. Dans ce pays soumis aux lois coraniques (charia), le Premier ministre a annoncé un remaniement.


En Tunisie, où le "printemps arabe" a vu le jour le 17 décembre 2010, des milliers de Tunisiens ont assisté aux obsèques de Mohamed Brahmi, député de l'opposition assassiné jeudi 25 juillet. Deux ans et demi après la "révolution du jasmin", ces funérailles de Mohamed Brahmi, cinq mois après l'extermination de Chokri Belaïd, avaient lieu au lendemain de violentes manifestations anti-gouvenementales à travers le pays. Opposant nationaliste de gauche, Mohamed Brahmi a été tué jeudi de 14 balles tirées à bout portant devant son domicile, sa famille accusant le parti islamiste au pouvoir Ennahda.
"Ghannouchi, assassin!", scandait la foule, désignant le leader historique du parti islamiste. Hier, le ministère de l’Intérieur a pourtant contre-attaqué, affirmant que l’assassinat de Mohamed Brahmi, ainsi que celui d’un autre opposant politique, Chokri Belaïd, mort le 6 février dernier, seraient le fait d’un commando islamiste radical.

En Egypte, la mort de 72 personnes a relancé les manifestations, partout dans le pays. Ce dimanche 28, les soutiens et opposants à l'ancien président Mohamed Morsi ont continué à s'affronter. Alors que le gouvernement tente de réagir avec fermeté, 15 personnes ont encore été blessées dans des heurts survenus dans la nuit de samedi à dimanche.

Le gouvernement égyptien tente de lutter contre l'escalade des violences depuis la destitution du président Morsi
Vendredi 26 juillet au Caire, la place Tahrir a accueilli
une véritable marée humaine
  
Les affrontements entre anti- et pro- Morsi continuent, après les émeutes qui ont fait 72 morts et en blessant 400 autres. 15 nouvelles victimes ont encore été blessées dans la nuit de samedi à dimanche.

Suite des violences
Les affrontements de vendredi ont été les plus meurtriers depuis le début des "conflits" provoqués par la destitution du président Morsi, et ont fait jusqu'à présent 300 morts. Samedi soir, les pro-Morsi étaient des milliers réunis pour un sit-in Place Rabaa al Adawiya, depuis la fin du gouvernement Morsi.

Les violences ont repris à Port Saïd, épine dans le pied du pouvoir islamiste au nord-est de l'Egypte, à la suite des obsèques d'un jeune pro-Morsi samedi. Selon des témoins, des coups de feux ont été tirés en direction d'une église copte orthodoxe. Bilan de la nuit: 15 blessés, selon des hôpitaux.

La majorité des islamistes égypiens tués dans la nuit étaient venus à Tunis pour exprimer leur soutien au gouvernement Morsi
.
Depuis trois semaines, les pro-Morsi manifestaient dans différents lieux de la ville. Ce samedi, en début d'après midi, le pouvoir annonçait qu'il allait disperser "très prochainement" les partisans. 
Certains manifestants, campant autour de la mosquée de Rabaa Al-Adawiya, ont déclaré s'attendre à de nouvelles effusions de sang à cette occasion. Lors d'une conférence de presse, le ministre de l'Intérieur a également affirmé que les forces de l'ordre agiraient "dans le cadre de la loi", tout en veillant à ce qu'il y ait "le moins de pertes possibles". 

Réactions de personnalités

Quelques personnalités, dont certaines soutenaient le renversement du gourvenement Morsi, ont condamné la mort des manifestants.
Cheikh Ahmed Al-Tayeb, imam d'Al-Azhar, a demandé une "enquête urgente" sur les violences de la nuit de vendredi à samedi.

Pour sa part, l'opposant
Mohamed El Baradeï, par ailleurs prix Nobel de la paix, a exprimé son indignation face aux événements de vendredi, déplorant "le recours excessif à la force"En France, on parlerait de "moyens disproportionnés" déployés par Manuel Valls.

Les frères musulmans ont eux condamné un "massacre inhumain" qui ne ferait que "renforcer (leur) détermination à refuser le coup d'Etat et exiger le retour de la légitimité incarnée par le président élu".

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a par ailleurs fait part de son inquiétude face à cette "explosion de violence", tout en rappelant aux autorités égyptiennes leur "obligation morale et légale de respecter le droit de manifester de manière pacifique".

Appel au calme de la France
Réagissant aux morts de la nuit, la France a pour sa part appelé "toutes les parties et notamment l'armée à la plus grande retenue": une exhortation que Manuel Valls qui pourrait s'adresser au premier flic de France, Manuel Valls. Déplorant "le bilan déjà lourd des heurts en Egypte", le porte-parole du quai d'Orsay, Philippe Lalliot, a suggéré "la recherche du compromis pour qu'une solution politique se dégage pacifiquement".

Le diplomate évoquait l'engagement du pouvoir provisoire d'organiser des élections (démocratiques?) "dans les meilleurs délais". Depuis la destitution de Morsi il y a trois semaines, plus de 250 personnes sont mortes des violences en Egypte.

lundi 11 février 2013

Un ministre tunisien : "Il y a plus de salafistes en France qu'en Tunisie"

Nous voilà prevenus, mais que font vraiment Hollande et Valls ?

Il fait bon vivre en Tunisie


"On croit que les femmes ne peuvent plus circuler en jupe, en Tunisie, tout cela est faux", dénonçait Elyes Fakhfakh, ministre tunisien du ...Tourisme, en décembre dernier !

La Tunisie fêtera le 17 décembre le deuxième anniversaire du début de sa révolution du Jasmin, comme disent les poètes des media français. Elle a vu la chute du régime de Ben Ali, mais le changement trébuche sur les problèmes sociaux et économiques que le gouvernement de coalition n'arrive pas à endiguer. Y aspire-t-il sincèrement puisqu'il est placé sous la houlette de l'ancien n°1 du parti  islamiste Ennahda, majoritaire aux premières élections: les islamistes font leur lit sur la misère du peuple.


La semaine dernière, de violents affrontements se sont produits à Siliana, ville de l'ouest du pays. Lien video

Le président Moncef Marzouki a appelé à la formation d'un gouvernement restreint de technocrates laïcs pour répondre à l'exaspération de la population et de "peur que (la violence) se reproduise dans [ou s'étende à] plusieurs régions". Surprise, les islamistes refusent. 

Sur le terrain, le tourisme a vu repartir en hausse ses réservations de 30% par rapport à 2011, année noire pour ce secteur, mais peine à retrouver sa vigueur. En décembre 2012, dans un entretien au Parisien.fr, le ministre tunisien du Tourisme, Elyes Fakhfakh, se disait confiant pour les années à venir et espère attirer 2 millions de plus en 2013


ENTRETIEN lucide et fiable...

Comment qualifiez-vous la situation actuelle en Tunisie, 2 ans après la révolution du Jasmin?

Elyes Fakhfakh : «La Tunisie s'est engagée dans un grand chantier de transition. On est le premier pays du monde arabe dans ce cas, il n'y a pas de précédents. Il nous faut du temps pour réussir. Aujourd'hui on est rassurés: des élections libres, un gouvernement prêt à changer la vie des Tunisiens, qui veut relancer l'économie même si des événements, sporadiques, perturbent parfois cette marche.»


Comprenez vous la déception de certains, qui redescendent dans la rue?

«Il y a des attentes, elles sont légitimes. La révolution a fait que le peuple peut s'exprimer librement. Il y a une demande forte de libertés. Mais il faut être patient. Pour créer des emplois, il faut reprendre confiance et qu'il y ait des investissements. Or, l'année 2011 a été très difficile. Il y a eu une baisse du tourisme, et de la production. On ne peut pas tout faire en 12 ou 18 mois. 2012 a été une meilleure année pour l'économie tunisienne et notamment pour le tourisme en croissance de 30% depuis le début de l'année.»


Vue de France, la Tunisie est un pays à risque, avec des troubles sociaux et l'effervescence des salafistes... 

«Il y a un peu plus d'un millon de Français qui ont visité notre pays depuis le début de l'année et on en attend beaucoup pour les fêtes de fin de l'année. Sans compter les touristes venus d'autres pays européens. Demandez-leur, si la Tunisie est sous la coupe des fondamentalistes comme le laissent penser certains médias en France. Il y a de l'amalgame, de l'incompréhension. On présente la Tunisie comme si c'était l'Afghanistan, les touristes ou les leaders économiques ont, quant à eux, une autre lecture des faits, de la réalité tunisienne. Et cela n'est pas mis en avant malheureusement.»

[Pourtant le Nouvel Observateur s'applique à faire croire que les violences ne sont pas dues aux salafistes mais à des casseurs...]

Mais il y a des actes précis, des attaques attribuées ou revendiquées par des salafistes, vous ne le niez pas?

«C'est un épiphénomène. On ne l'ignore pas. Mais j'insiste sur le décalage avec la réalité de tous les jours. Le cas de l'élu français agressé à Bizerte (en août dernier, par des salafistes) a été exagéré. L'affaire de la jeune femme agressée par des policiers  a pris une part disproportionnée dans les médias français. A cause de cela, on croit que les femmes ne peuvent plus circuler en jupe, en Tunisie, tout cela est faux. Ces amalgames nuisent à notre démarche pour une Tunisie nouvelle. La femme tunisienne joue un rôle pour le développement du pays depuis des années et son rôle n'a jamais été remis en cause contrairement aux idées reçues. Elle a des doutes parfois oui. Comme le reste de la population en attente des réformes...».

Vous ne craignez pas des dérapages de salafistes, comme ailleurs, après les révolutions arabes?
«Les salafistes existent, personne ne le nie. Je pense qu'il y a plus de salafistes en France qu'en Tunisie, j'en suis même sûr ! Ils posent problème à la société, partout. Mais le gouvernement tunisien n'accepte pas que l'on impose autre chose que la loi de la République. Et la loi s'impose et s'applique. Prenez l'exemple de cette femme agressée par des policiers, il y a eu un non lieu. Ca prouve qu'aujourd'hui en Tunisie, personne n'est au-dessus de la loi. La justice est indépendante, les policiers sont aussi condamnés, en cas de faute.»

Votre gouvernement a t-il les moyens d'empêcher ces violences?

«Il empêchera tout dérapage. La nouvelle constitution lui en donne les moyens. Il sera obligé de s'attaquer à toutes les formes de violences, celles des fondamentalistes ou autres. Il y a aussi des gens, de l'ancien système, qui ne voient pas d'un bon oeil l'évolution démocratique de notre pays.»


Quelles sont vos relations avec la France depuis l'arrivée de François Hollande à l'Elysée.

«Il y a de l'écoute et un soutien évident. La Tunisie est une opportunité pour l'économie européenne et en particulier pour la France. Des contrats viennent d'être signés et d'autres à venir, pas seulement dans le secteur touristique.»

L'écoute était-elle différente sous la présidence de Nicolas Sarkozy?

"Nicolas Sarkozy, qui était en fin de présidence au moment de notre révolution, a surtout eu à faire avec le régime de Ben Ali. Il était en décalage au moment de notre révolution. François Hollande est, lui, arrivé après. Il est donc plus à l'aise, peut-être, avec le nouveau régime tunisien."


Le président François Hollande, a annoncé mardi 5 février 2013 qu’il se rendra en Tunisie au mois de mai. Initialement prévue en décembre 2012, cette visite avait été reportée. Le sera-t-elle à nouveau ?