Car après 1789, c'est 1793 !...
Alain Afflelou : "On est en train de revenir en 1789"
"Tu m'as bien regardé ?"
L'opticien français, qui a annoncé son installation prochaine à Londres où David Cameron déroule le tapis rouge aux entrepreneurs français, "pour deux ou trois ans", a dénoncé une "guerre de tranchées" contre "ceux qui réussissent".
Les diatribes contre la finance avaient inquiété durant la présidentielle.
Agressées, mais organisées en Mouvement des Pigeons, onze organisations patronales ont exigé du gouvernement qu'il retire la taxe sur les plus-values de cession. La gauche socialo-écolo réussissait à dresser contre elle des patrons stigmatisés qui ne peuvent pas être suspectés de collusion avec l'UMP, et tentaient d'infléchir la politique économique confiscatoire du gouvernement.
Lien Le Figaro : "Les patrons qui ont travaillé avec la gauche se mobilisent"
Sur le front de la démagogie brutale, Montebourg a dénoncé le comportement de l'entreprise Peugeot : " Nous avons un vrai problème sur la stratégie de Peugeot, l'alliance avec General Motors, le comportement de l'actionnaire", lança-t-il sur France Inter.
En conséquence, le patron de Mitsubishi France a traité Montebourg de "débile" : " cet abruti mental, ce débile, augmente les malus écologiques, réduit la vitesse des conducteurs sur le périphérique de Paris et pourrit la vie des automobilistes, de toutes les origines sociales... Tous le subissent ! ".
Et le maire PS de Toulouse a pour sa part qualifié les dirigeants de Sanofi de "patrons voyous".
Le clairvoyant opticien a donc rejoint samedi la patronne des patrons qui parle de "guerre civile". "On est en train de faire une guerre de tranchées, de revenir en 1789 : il faut arrêter de dire que les chefs d'entreprise sont des voleurs, des voyous, des gens malhonnêtes", a estimé l'entrepreneur, interrogé sur RTL.
"Il n'y a pas que les artistes qui ont le droit d'être considérés : des gens qui travaillent et en font travailler d'autres, on en a besoin", a-t-il fait valoir à propos de l'exil récent de Gérard Depardieu et de la polémique que lui font les médiocres du milieu cinématographique. Il assume son exil fiscal en Belgique, mais il est des rebelles qui déplaisent à la gauche.
Afflelou n'envisage pas de rendre son passeport
Même s'il dénonce une "fiscalité injuste et confiscatoire", "Je ne quitterai pas ma nationalité pour ne pas payer d'impôts", assure-t-il, contrairement à l'incarnation d'Obélix à l'écran.
L'opticien part s'installer Londres à la demande de son actionnaire majoritaire, le fonds d'investissement britannique Lion Capital, afin d'y développer son entreprise vers le nord de l'Europe, explique-t-il.
"Fiscalité confiscatoire"
Il part "pour deux ou trois ans" pendant lesquels il continuera de payer ses impôts en France: "Je ne cherche pas à jongler : j'ai toujours payé mes impôts en France même quand j'étais en Suisse. Je paierai en Angleterre ce que je dois payer et en France ce que je dois payer. J'ai payé des impôts, j'en paye beaucoup et je n'ai pas à en rougir. Mais le système en France est extrêmement défavorable à tous les chefs d'entreprise et ceux qui cherchent à entreprendre", a-t-il affirmé.
"Ceux qui sont dans la tranche de 75 %" d'impôt sur le revenu "peuvent dépasser 90 % d'imposition : alors, oui, on peut parler de fiscalité confiscatoire puisqu'elle peut nous priver de l'intégralité de nos revenus du travail", a-t-il martelé.
Alain Afflelou a ainsi rejoint Laurence Parisot
La patronne du MEDEF a dénoncé vendredi des propos "insupportables" aux relents de "guerre civile". "Je dis comme ce que dit Catherine Deneuve ce matin dans Libération, nous avons le sentiment aujourd'hui qu'on cherche à recréer quelque chose qui s'apparente à 1789", a estimé Laurence Parisot, citant la tribune de l'actrice dans Libération vendredi, en soutien à Gérard Depardieu mis en cause par le comédien Philippe Torreton.
Lien PaSiDupes : " Torreton vs Depardieu: le socialisme rend-il odieux ? "
Depuis la rentrée de septembre en France, les soupçons d'exil fiscal ont été nourris par l'accumulation des mesures discriminatoires visant les entreprises qui font de l'argent et les riches, dans leur ensemble.
Plusieurs fortunes ont fait l'annonce de leur exil forcé à l'étranger. Celui, assumé pour des raisons fiscales, de Gérard Depardieu vers la Belgique a suscité de nombreuses réactions dans le monde du cinéma.
