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samedi 19 novembre 2016

Primaire de la droite : sur Facebook, Sarkozy est le "champion" du troisième débat

La dernière confrontation télévisée du premier tour a suscité 720.000 interactions sur Facebook

Le réseau social Facebook a analysé jeudi soir les conversations de ses abonnés en lien avec le troisième et dernier débat
entre les candidats de la primaire de la droite et du centre

Juppé et Sarkozy, ex-aequo ?
Le maire de Bordeaux perd 7 points, mais Sarkozy ne lâche rien...
Avec 52% des discussions, Nicolas Sarkozy arrive largement en tête du palmarès des candidats les plus commentés et discutés sur le réseau social, devant Alain Juppé (30%), François Fillon (16%), Jean-Frédéric Poisson (14%), Bruno Le Maire ( 12%), Jean-François Copé ( 2%) et Nathalie Kosciusko-Morizet (1%).

L'éducation et la recherche ont suscité le plus de discussions (20%) durant le débat de jeudi soir. 
Suivent la situation au Moyen-Orient (19%), mais les forces de police, ainsi que le renseignement (5%), le terrorisme (3%), les religions et la laïcité (16%), mais l'immigration (3%), l'actualité internationale (13%), mais la défense et l'armée (5%), l'emploi et le chômage (12%), mais la protection sociale, la santé et la médecine (respectivement 4%) et le logement (1%)la justice (11%), mais les incivilités et la délinquance (1%)le pouvoir d'achat et le niveau de vie (10%), l'énergie (8%), mais le comportement et l'économie verts (5%), la nation et la citoyenneté (7%).

Quatre pics d'interactions ont scandés les discussions entre abonnés Facebook, pendant le débat

A 21h58, quand Jean-Frédéric Poisson indique qu’il veut remettre à plat le projet européen : "Je regrette infiniment que nous ayons depuis maintenant 25 ou 30 ans conduit l’Europe vers un système qui met la France dans un carcan". 

Alarmiste, Alain Juppé prend alors la parole pour déclarer: "l’Europe est menacée de dislocation”. Il brandit des peurs, évoquant le risque de "devenir les Etats vassaux des grands empires qui sont en train de se renforcer" et ajoute : “Il faut donner à l’Europe des frontières, donc pas de nouvel élargissement, et faire fonctionner efficacement le contrôle des frontières extérieures", suggère le maire de Bordeaux; 

A 22h20, quand, à propos de l’école, François Fillon dénonce "une caste de pédagogues prétentieux qui ont imposé des programmes jargonnants et qui ont pris en otage nos enfants au nom d’une idéologie égalitariste"; 

A 22h35, quand, sur les prestations sociales et le chômage, Alain Juppé défend une prestation unique qui reste en-deçà du salaire d’activité, zéro charge sociale sur le SMIC et décaler l’âge légal de départ en retraite. "Il faut les inciter à reprendre un travail, sanctionner le refus d’un travail qui leur est proposé, accepter le travail lorsqu’on est au RSA. Mon objectif, c’est de débloquer le marché de l’emploi".

A 23h14 enfin, lorsqu' Alain Juppé déclare : "Je voudrais simplement dire à Nicolas que ramener le problème des flux migratoires au regroupement familial, c’est vraiment prendre le problème par le petit bout de la lorgnette".
Au même moment, les candidats ont aussi contesté les déclarations de Jean-Pierre Elkabbach qui se permet un jugement de leurs programmes, bien qu'il s'agisse d'un débat de primaire : "il n’y a presque rien sur le numérique, alors que la vie des Français change grâce aux objets connectés, à l’intelligence artificielle, etc...". L'intelligence semble devenue un point faible du journaliste partisan qui, à 80 ans, est depuis longtemps déconnecté.  

D'un souffle, François Fillon arriverait en tête avec 30% des intentions de vote au premier tour de la primaire de la droite et du centre devant Alain Juppé ex-aequo avec Nicolas Sarkozy, 29%, selon un sondage Ipsos publié vendredi soir sur le site internet du Monde.
Toute cette hargne et cette arrogance des media pour ça ?

La décision finale appartient non pas à la presse et aux sondeurs, mais aux électeurs, qui ont le pouvoir de les sanctionner en désignant les candidats de leur choix.

vendredi 5 décembre 2014

L'école est un domaine trop sensible pour être confiée à des pédagogues

Pourquoi l'Ecole doit fuir les "pédagogues"
selon Ivan Rioufol, le 3 décembre 2014

Rien de semble devoir arrêter la course folle du pédagogisme,
qui a pris possession de l’Education nationale et y règne en maître. En dépit des désastres éducatifs qu’il produit, au nom de l’égalitarisme et de la sacralisation de l’enfant, l’autocritique ne l’atteint toujours pas. La proposition du Conseil supérieur des programmes de supprimer les notes jugées "traumatisantes" s’inscrit dans le droit fil des coquecigrues pondues par des "scientifiques" et des "experts", qui ont la prétention de se substituer aux enseignants et à leur expérience. Lire, dans la prose confuse et complexe de ce Conseil, que la note serait "perçue exclusivement comme un moyen de récompense ou de sanction et un instrument de tri et de hiérarchisation sociale des élèves" fait bondir nombre de professeurs qui résistent encore à la rhinocérite [maladie imaginaire qui, selon Ionesco, transforme en rhinocéros la personne atteinte et cause une apathie]. 

"Oser affirmer que c’est la notation chiffrée qui serait à l’origine de la perpétuation des inégalités sociales, personne n’avait encore osé le faire !", constate le SNALC-FGAF. Le déclassement progressif de l’Ecole française devrait inciter l’Education nationale à mettre un terme aux expérimentations loufoques qui l’abîment, afin de renouer avec la transmission et les savoirs. C’est malheureusement l’entêtement idéologique qui domine cette citadellechasse gardée de la gauche et de l’extrême-gauche depuis l’après-guerre. Cette école de la déculturation est devenue un repoussoir pour nombre de Français.

L’échec de l’enseignement public explique les engouements pour le secteur privé. 

Ce phénomène n’est pas prêt de se tarir. Tout comme la faillite du socialisme propulse les vertus du libéralisme, les désastres du pédagogisme invitent l’enseignement à renouer avec le pragmatisme et la recherche de la réussite. C’est dans les coulisses que se prépare le monde de demain, en rupture avec cette vieille société fatiguée, confisquée par des mandarins cooptés. 

Comme le note Robin Rivaton (1) : "L’éducation est parmi les systèmes sociaux celui qui est le plus appelé à être bouleversé sous le double assaut du progrès technologique et de l’offensive du secteur privé". L’école 42, spécialisée dans l’informatique et créée par Xavier Niel, en est un exemple [fondé sur la sélection et visant à l'excellence plutôt qu'au nivellement. Ce sont en fait des officines  élitistes de captation de l'intelligence brute avec pour objectif sa transformation et son exploitation par l'entreprise]. La WebAcademie est aussi une école gratuite pour les jeunes sortis du système scolaire. 
Les centres d’apprentissage [à visée cette fois purement formatrice] se prêtent également à une plus grande privatisation. Mais tout indique que l’enseignement traditionnel lui-même garantira davantage son avenir en s’échappant définitivement des lubies d’une école publique laissée à ses déconstructeurs. Les pédants pédagogues au sabir verbeux sont, en réaction, les meilleurs promoteurs d’une vraie révolution éducative. Révolution [au sens de régression]: du latin revolvere, rouler en arrière.

(1) La France est prête, Manitoba / Les belles lettres