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jeudi 6 février 2020

Municipales : Anne Hidalgo (PS) recycle des mesures pas vraiment nouvelles

La socialiste fait du neuf avec de l'ancien

Son programme pour Paris 2020 
n'est pas franchement innovant


Anne Hidalgo, lors du lancement de sa campagne le 13 janvier 2020.
Anne Hidalgo le 6 février 2020
Dans le programme 2020 que la maire-sortante de Paris a dévoilé ce jeudi 6 février pour les élections municipales de mars prochain. plusieurs mesures figuraient déjà dans son programme de 2014 et d’autres ont déjà été annoncées ces derniers mois par Anne Hidalgo. 

Se baigner dans la Seine, c'était déjà au programme de Jacques Chirac... On était alors il y a 30 ans,  le 15 mai 1990!   

Et, outre des propositions très axées sur l'écologie dévoilées jeudi 6 février lors d’une conférence de presse, (planter 170.000 arbres, piétonniser le centre de Paris, éradiquer les plastiques à usage unique d’ici 2024, cuisiner 100% bio dans les cantines….), le programme d’Anne Hidalgo pour les municipales de mars prochain ne comporte pas que des nouveautés.
Ses équipes sont à la peine : combien de mandats lui faudra-t-il pour mener à bien son programme de 2014 ? 

• Mettre en place des navettes électriques pour les touristes :

Dans son nouveau programme, l'édile de Paris annonce vouloir créer des "navettes électriques pour les touristes, pour les seniors et les personnes à mobilité réduite". ¨Proposition qu'elle précise sur Twitter : "Les touristes pourront se déplacer grâce à de petites navettes électriques, bien plus adaptées à notre ville. Ces navettes électriques seront mises à disposition de nos aînés et des personnes à mobilité réduite." Or, en 2014, elle écrivait déjà : "J’interdirai progressivement les bus de tourisme diesel (au même rythme que ceux de la RATP) et les remplacerai par des petites navettes électriques."

• Logements sociaux :

L'actuelle maire de Paris souhaite atteindre "25% de logements sociaux d’ici 2025, répartis dans tout Paris pour les classes populaires et les classes moyennes." Un chiffre qui n'est autre que celui imposé par la loi SRU de 2013, qui oblige à atteindre ce taux de logement dans les zones tendues. Les objectifs de la maire sortante n'ont pas bougé par rapport à 2014, où elle disait : "Je veux créer 10.000 (logements dans Paris) par an, atteindre 25% de logements sociaux en 2025 et 30% en 2030. Un effort particulier sera réalisé sur les logements intermédiaires pour les classes moyennes et les jeunes actifs". Six ans après la première promesse, la maire ne précise pas où elle en est de son objectif.

• Aménager l'héliport, "réservoir de biodiversité" :

Anne Hidalgo propose de faire de l'héliport de Paris, situé dans le sud-ouest, aux portes de Paris, un "réservoir de biodiversité". Mais telle était déjà son ambition en 2014. A deux reprises dans son programme d'il y a six ans, elle l'évoquait. "L’héliport sera reconverti en un grand parc culturel et sportif, dédié aussi aux loisirs", pouvait-on lire. Une promesse qu'elle assortissait de l'engagement suivant : "Je poursuivrai la reconquête de la petite ceinture ferroviaire et je transformerai l’héliport pour en faire des espaces de biodiversité."

• Périphérique :

La socialiste propose de transformer le périphérique en "boulevard avec une circulation apaisée. Dès 2024, une voie sera réservée aux transports en commun, au covoiturage, aux véhicules propres et transportant des personnes à mobilité réduite". Le sujet a déjà été abordé au Conseil de Paris, à la suite des préconisations de la mission d'information et d'évaluation (MIE) sur l'avenir du périphérique, parmi lesquelles figurent la réduction du la vitesse à 50 km/h et le fait de réserver une voie aux véhicules propres et au covoiturage. 

• Véhicules diesel et essence : les véhicules à essence bannis de la ville en 2030

Il s'agit d'une proposition essentielle du programme de la maire sortante : l'interdiction des véhicules diesel et des cars de tourisme à Paris en 2024, et l'interdiction des véhicules essence en 2030. Or, après avoir annoncé son intention de ne plus autoriser la circulation de voiture diesel en 2024, en octobre 2017,  la Ville de Paris indique déjà qu'elle étendra cette interdiction aux voitures essence pour 2030. 

• Référendum Airbnb :

Enfin, l'équipe municipale, qui mène depuis longtemps le combat contre Airbnb, inscrit dans le programme d'Anne Hidalgo la tenue d'un référendum "avant l'été pour déterminer dans chaque arrondissement le nombre maximal de journées de location". Là encore, la maire traduit en promesse électorale ce qu'elle annonçait dès le mois de novembre 2019. A l'époque, le premier adjoint Emmanuel Grégoire avait précisé que la question serait "posée dans chaque quartier, car évidemment la réalité n’est pas la même dans chaque quartier". 

C'est dans les vieux pots qu'on fait la meilleure soupe ?
Mais qui aime la soupe réchauffée? Café bouillu, café foutu ! 

samedi 25 février 2017

Le parquet national financier enquête sur le maire socialiste d’Istres

Le PNF enquête sur les marchés publics de Bernardini, maire PS d’Istres

Ouverte à Aix-en-Provence 
par le parquet national financier


En parallèle sont attendues au début 2017 les conclusions de la chambre régionale des comptes qui s'annoncent salées.
Les affaires de François Bernardini ne s’arrangent pas, puisqu'une épée de Damoclès est suspendue au-dessus de la tête du maire d’Istres, un rapport provisoire de la chambre régionale des comptes et de la brigade financière sur sa gestion municipale et une enquête préliminaire. de la justice pénale. 

Ouverte par le parquet d’Aix-en-Provence et désormais entre les mains du parquet national financier (PNF) à Paris, l'enquête s’intéresse à des questions d’ "atteinte à la probité" – en clair, des faits présumés de corruption. A l'hôtel de ville dont le parvis est décoré par Buren, on confirme s’être saisi de l’enquête sans vouloir en dire plus pour ne pas compromettre les investigations en cours de la Chambre régionale des comptes et de la brigade financière. 
Nicolas DAVINI
Fin septembre, l’opposition interrogea toutefois François Bernardini sur les investigations. Envoyé au charbon, l’adjoint "centriste", Olivier Mayor, confirme que Nicolas Davini (ci-contre à droite), le directeur général des services, a été entendu par la CRC et la police. Et le maire d’assurer que si la police est venue, c'est juste pour savoir, suite à des "dénonciations", pourquoi " les travaux à la Régalido [cercle du troisième âge classé 'restaurant ou service social classifié Foyer club restaurant, comme on voudra] ont duré autant de temps ? […] Voyez comme c’est pauvre !" commenta cet ex-directeur général du syndicat d'agglomération nouvelle regroupant les villes de Fos-sur-Mer (PS), Istres, Miramas (PCF). 

Depuis 2002, il est directeur régional d'un groupe de presse et vice-président du SAN Ouest Provence. Le sexagénaire est grand-père puisque sa fille Laetitia a donné un fils à un footballeur marié du PSG, Yohan Cabaye, ci-contre.
 
L’information de l'enquête n’est pas anodine car le PNF a été créé après l’affaire Cahuzac pour combattre la corruption et l’évasion fiscale. Si toutes les affaires pouvant relever de son champ de compétences lui sont signalées, le parquet national financier ne sélectionne que les dossiers les plus graves et les plus complexes. C’est donc le cas du dossier istréen, mais c'est la procureure du parquet d’Aix, Dominique Moyal, qui instruit le dossier. A propos du maire, "il a été approché en tant que témoin mais n’a pas encore été formellement entendu. Et il n’y a pour l’heure ni information ouverte ni garde à vue," indique le parquet.

Récidiviste, ce maire a déjà été condamné en 2001

Des soupçons d'irrégularités potentielles pèsent sur des marchés publics de la mairie d’Istres. Les comptes de plusieurs entrepreneurs sont en cours d'examen, ainsi que le train de vie de certains élus et cadres de la Ville, comme le tissu de circuits financiers qui pourrait les relier. Il revient au PNF de choisir les enquêteurs  et d'ouvrir, si besoin, une information judiciaire qui conduirait à la désignation d’un juge du pôle financier.

Après plus d'un an d'enquête, si le parquet de Marseille a ouvert une information judiciaire, c'est à la suite d'un vol d'armes sur la base aérienne d'Istres. 

La possible mise en examen de François Bernardini rend le dossier sensible.
 
Maire d’une commune de 40.000 habitants, président du Conseil de territoire Istres Ouest Provence et vice-président de la métropole, c’est un élu qui compte dans un département particulièrement marqué par les affaires politico-financières ces dernières années. 
C'est ainsi qu'il a déjà été condamné en 2001 à dix-huit mois de prison avec sursis, 400.000 francs d’amende et cinq ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics au détriment d’une association. L’affaire l’avait alors obligé à quitter la présidence du département et (provisoirement) la mairie. 

En 1997, le préfet avait démissionné le maire et l'un de ses adjoints, ... Bernardini !
Procédure exceptionnelle 
Déclarés comptables de fait par la chambre régionale des comptes (un jugement du 30 avril 1995), le docteur Jacques Siffre, maire PS, et son adjoint, François Bernardini, vice-président (PS) du conseil général, ont été démis par le préfet des Bouches-du-Rhône, Jean-Paul Proust. Au coeur du débat, la gestion très laxiste de l'association Istres Promotion, un organisme qui, selon la chambre régionale, "n'a été que l'instrument passif d'une entreprise organisée par les dirigeants de la commune".
Les magistrats indiquaient que l'organisme n'a eu « aucune réelle vie associative ", et relevaient des dépenses somptuaires sinon extravagantes engagées pour le seul profit des dirigeants. Pour assumer ces dépenses, la commune d'Istres a versé au total une somme de 9,430 millions de francs, « subventions qui ont constitué les seules ressources de l'association, laquelle n'a perçu aucune cotisation de ses membres ». Champagne à flots, frais de déplacement exagérés, sondages politiques inutiles, financements de la campagne « les voeux du maire " : les comptes, selon les magistrats financiers, étaient éloquents. Lien Les Echos
Un pedigree qui ne plaide pas en la faveur du socialiste auprès des juges financiers.

Des éléments de l'enquête se corroborent

Le travail des juges financiers complétera celui de la chambre régionale des comptes (CRC) dont le rapport définitif sur la gestion de la mairie d’Istres ne devrait être rendu public qu’en 2017. 
Dans son rapport provisoire, celle-ci fait aussi état de soupçons de conflit d’intérêts entre le maire et des entrepreneurs qui lui sont proches. Il est tenu secret malgré les demandes de communication faites au conseil municipal le 18 octobre 2016 par les opposants Lionel Jarema (PS) et Robin Prétot (LR). 
Conformément à la règle du contradictoire, la CRC a adressé cet été des courriers à tous les acteurs, privés comme publics. Leurs réponses serviront à la rédaction du rapport final. 

Plusieurs acteurs proches du dossier confirment que le résultat de l’inspection s’annonce sévère.
La CRC en aura alors fini avec le dossier municipal mais restera dans le secteur puisque la Cour mène aussi une inspection de l’ancien SAN Ouest Provence, l’intercommunalité qui a trouvé opportun de se dissoudre dans la métropole au début de l’année 2016.
 
 On pourrait aussi évoquer les nombreux soupçons d'irrégularités pesant sur l'acquisition et la reconstruction de la villa de Marlène Prospéri-Picon, la directrice de cabinet de François Bernardini. 
Le parquet financier ne manquera pas de se pencher sur le dossier du 'mas de Saint-Véran', estimé à plus d’un million d’euros...