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mardi 11 juin 2019

Post-européennes : le déficit de la Sécurité sociale va se creuser en 2019

Macron et son gouvernement n'y sont pour rien. La faute aux Gilets jaunes, selon Radio France !

Une semaine après les élections, Bercy a revu à la hausse le montant du déficit de la Sécurité sociale

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Raison du trou de la Sécu qui se creuse toujours, des recettes plus faibles, le mouvement des Gilets jaunes ou encore une croissance de la masse salariale ralentie. Aucun souci donc du côté de sa gestion et de la politique menée à l'aveugle par Agnès Buzyn, ministre béate de la Santé...

La Sécurité sociale s'enfonce de 1,7 à 4,4 milliards d'euros, selon la synthèse de la Commission des comptes, au lendemain de la journée de solidarité en faveur, dit-on, de nos seniors, un trou soudain et immense, voire suspect. 
Pourtant, en septembre 2018, le déficit était fièrement affiché au plus bas depuis 2001 (-1,2 milliard d'euros) par Agnès Buzyn et Gérald Darmanin, le ministre polémiste de l'Action et des Comptes publics : enfin, le retour à l'équilibre pour 2019. Mais le vent a tourné et la promesse s'est fracassée sur les concessions légitimes des Gilets jaunes et la réalité du ralentissement économique, après deux années de ce macronisme qui fait trembler dans leurs convictions des élus de la droite et du centre, inquiets de leur réélection si Gilles Boyer leur applique sa menace de les traiter en "ennemis" du pouvoir.

Cette rechute "résulte pour l'essentiel d'une croissance de la masse salariale (...) nettement inférieure à la prévision initiale" du gouvernement, explique la Commission des comptes. Au lieu des 3,5% espérés à l'automne, Bercy ne table plus que sur une progression de 3,1%, selon le programme de stabilité transmis à Bruxelles en avril. Mais à cause de la "prime Macron" votée en décembre (exonération totale de cotisations et d'impôts jusqu'à 1.000 euros), la Sécu devra se contenter de 2,9%. Soit, au bout du compte, des "recettes plus faibles qu'attendu", de l'ordre de 1,7 milliard d'euros, l'équivalent du montant du déficit prévu, dans le meilleur des cas.

L'exécutif regrette ses concessions sociales. 
Après avoir affirmé qu'il suivait sa ligne avec détermination, il rend les Gilets jaunes responsables de l'addition, du fait des autres "mesures d'urgence" adoptées en fin d'année, au plus fort du mouvement revendicatif qui en est à son 30e samedi de mobilisation. Sont en cause, l'exonération de cotisations sur les heures supplémentaires dès le 1er janvier, et la baisse du taux CSG pour une partie des retraités, qui coûteront "respectivement 1,2 et 1,5 milliard d'euros", estime la Commission des comptes. De quoi aggraver le "creusement" du déficit "qui atteindrait alors 4,4 milliards", poursuit-elle, ajoutant que "la trajectoire de retour à l'équilibre de la sécurité sociale pourrait être remise en cause". On avait entendu la socialiste Marisol Touraine assurer en son temps qu'elle avait réussi à combler ce trou, mais que Buzyn l'avait à nouveau comblé en moins de deux ans : nul doute qu'elle y parvienne encore avant les municipales !

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Au fond du trou, on s'amuse...
L'avenir s'annonce moins drôle qu'espéré, avec ou sans Gilets jaunes : avec une croissance économique revue de 1,7% à 1,4% cette année, le scénario d'une Sécu en excédent en 2020 "risquerait également d'être compromis". En plus de quoi il faudra financer les nouveaux gestes en faveur des retraités, et Macron les a déjà annoncés en avril : réindexation d'une majorité de pensions sur l'inflation et augmentation du "minimum contributif" à 1000 euros pour une carrière complète. 

Le "président des riches" va devoir faire avec ses obligations de protection sociale. Or, "le coût total" de ces deux mesures incontournables "est estimé à 1,5 milliard d'euros et détériorera d'autant le solde de la sécurité sociale", prévient la Commission des comptes. 

A cette "détérioration" durable s'ajoute un autre engagement que l'exécutif ne peut évacuer : la reprise et le remboursement d'un reliquat de 15 milliards de dette sociale, impossible avec des comptes dans le rouge, ce qui exposerait la Sécu au risque d'une remontée des taux d'intérêt. Une mise en garde identique à celle du Haut conseil du financement de la protection sociale, qui jugeait dès le mois de mars que la sortie des déficits était "remise en question" et évaluait alors les pertes pour 2019 à 3,6 milliards d'euros. 
La propagande officielle devient compliquée, consistant à clamer dans LCI que " la Sécurité sociale affiche son plus faible déficit depuis 2001...

Le gouvernement sait en réalité depuis plusieurs mois que sa projection de départ est devenue intenable. 
Sourire aux lèvres, Agnès Buzyn l'avait reconnu en janvier : "Le retour à l'équilibre en 2019 est compromis". Mais les chiffres n'ont toujours pas été révisés, laissant planer le doute sur une volonté de laisser filer le déficit de la Sécu pour ne pas accroître celui de l'Etat qui doit rendre des comptes à l'Union européennes. "Nous allons travailler tous ensemble pour améliorer ce déficit de façon à reprendre la trajectoire initialement prévue", a seulement indiqué la ministre des Solidarités et de la Santé début mai devant le Sénat, en renvoyant le sujet au budget 2020, qui sera présenté fin septembre.
Le banquier Macron va-t-il enfin se soucier des questions d'intendance ?

mardi 21 août 2012

Le filon de l'ARS: qui finance l'augmentation de 25%?

Touraine: l'allocation de rentrée scolaire permet une rentrée "plus sereine"


La France de Hollande vit sereinement à crédit

Le versement de l'allocation de rentrée scolaire (ARS), revalorisée de 25%, va permettre à certaines familles "d'aborder la rentrée de façon plus sereine", se flatte la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, qui ne dit pas où elle a pris l'argent .
"C'est une mesure de pouvoir d'achat qui va servir concrètement aux familles pour aborder la rentrée de façon plus sereine", a-t-elle souligné lors d'une visite d'un des cinq centres de gestion de la Caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris, dans le XIXe arrondissement, en présence de Dominique Bertinotti, ministre déléguée chargée de la Famille.

M. Touraine a indiqué que trois millions de familles, et à travers elles cinq millions d'enfants, vont bénéficier en moyenne de 75 euros supplémentaires après la revalorisation.
Cette allocation "couvre soit la totalité des frais pour une rentrée au primaire soit une part significative au moment du lycée", a-t-elle expliqué à la presse; comme si elle avait inventé l'ARS, bien qu'elle date de 1974.
"Dans la période économique difficile que nous connaissons c'est une mesure qui va cette année coûter aux finances publiques 370 millions de plus (...) qui vont être immédiatement injectés (...) dans l'économie de notre pays", a-t-elle encore développé.
"C'est à la fois un soutien à la consommation des familles, à l'éducation des enfants et à notre économie", a-t-elle résumé, passant sous silence que les fournitures scolaires sont fournies par la plupart des communes en charge du primaire et que l'ARS est dépensée en vêtements de marque.

La ministre a également tenu à "tordre le cou à cette idée qui voudrait que des familles, parce qu'elles seraient modestes [une cause abracadabrantesque germée dans le cerveau "normal" d'une normalienne de père en fille, pistonnée par un papa normalien !], dépenseraient l'argent à autre chose qu'à l'habillement ou des fournitures pour leurs enfants". Sa sentence ? "Cette idée est injuste et indécente", assène-t-elle. Et d'ailleurs, vous n'en avez croisé aucune, ou alors vous n'avez pas non plus décuvé depuis la fête de Frangy-en-Bresse...
"Les études sont extrêmement claires: l'argent est utilisé de façon écrasante pour les vêtements, le matériel, mais aussi pour des activités extra-scolaires", a ajouté Mme Touraine.


Pour sa part, Mme Bertinotti a ajouté que "nombre des bénéficiaires [de l'ARS] sont des familles monoparentales, des femmes en général qui élèvent seules leurs enfants". Elle oublie simplement de dire que nombre d'entre elles ont été répudiées par le mari polygame et touchent en plus soit l'allocation de parent isolé (API), devenu le RSA (de l'ordre de 475 €), soit  l'allocation de soutien familial  (entre 89,34 € par mois pour l'enfant abandonné de son père et 119,11 €) et le complément familial.  

Elever seule une famille nombreuse, c'est un business, mais Bertinotti susurre en outre que "ce n'est pas seulement une aide financière mais un correctif d'inégalités", assure cette agrégée née dans le XVIe arrondissement.


Interrogée sur une plus grande modulation de l'ARS en fonction de l'âge, pour mieux aider collégiens et lycéens, Bertinotti rétorque toutefois que "les familles vont aussi adapter leurs dépenses en fonction de l'âge de l'enfant". Serait-elle lucide ?

Le service de communication de la ministre a déniché une maman pour remercier sa généreuse bienfaitrice de ce grand coup de pouce à l'allocation de rentrée scolaire, Une mère de cinq enfants a entonné d'une voix stridente une chanson du Mali, son pays d'origine. Sans compter les allocs, 1080 X 5 = 5400 euros/an valent bien un crève-tympans.

Destinée à aider à couvrir les dépenses liées à la rentrée (fournitures, habillement), l'ARS est versée par les CAF sous conditions de ressources, aux familles à revenus modestes qui ont des enfants scolarisés entre 6 et 18 ans, au-delà de l'obligation scolaire légale.

A partir de cette rentrée 2012, l'ARS grimpe de ...25% 

Le montant passe de 284,97 euros pour les 6-10 ans à 356,20 euros. Pour les 11-14 ans, la somme passe de 300,06 à 375,85 euros et pour les enfants de 15 à 18 ans, de 311,11 à 388,87 euros.
De quoi envisager l'année scolaire sereinement.
Pourtant, le déficit de la Sécurité sociale induit un besoin de financement complémentaire qui est comblé par emprunt, contribuant à la dette des administrations de sécurité sociale (la « dette sociale »), appelée communément " trou de la sécu ". La dette sociale fait partie de la dette publique de la France que le pouvoir socialiste s'est engagé à réduire: 
sur le dos de qui ? Suivez mon regard...