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mercredi 27 avril 2011

18 000 professeurs du primaire n'ont jamais vu un élève !

Le PS et la FSU sont-ils justifiés à manifester contre les suppressions de postes ?

L'intox médiatique

Le conditionnement syndicale de la presse fonctionne à merveille
Les journalistes n'enquêtent pas; leur investigation consiste à prendre leurs informations auprès du "syndicat dominant". Leur point de vue est donc biaisé à la source: militant, partisan et faussé. Ainsi, naissent les idées fausses qui ont la vie dure, puisqu'elles sont reprises à chaque action syndicale, c'est-à-dire une fois par semaine. C'est ce qui s'appelle du matraquage.


Depuis 2007, la musique n'a pas changée, mais le refrain a évolué
"Les profs ne foutent rien » ou encore « ils sont toujours absents ». C'était avant, car Var Matin admet aujourd'hui que ce sont " des accusations gratuites". La presse a changé de cible. "Souvent raillés, les enseignants ne méritent pas ces attaques faciles. Conscients de la difficulté grandissante du métier, les parents d’élève se gardent bien en tout cas de les accabler, de tirer sur l’ambulance. Plus que l’absentéisme des enseignants, c’est aujourd’hui leur non-remplacement qui fait débat." Les propos ont changé, mais les journalistes ont versé de l'erreur dans dans la tromperie politique de l'opinion. Or, la vérité serait à portée de leurs stagiaires, s'ils n'étaient formatés en école de journalisme. Ils ne s'interrogent pas de savoir si les absences de professeurs sont légitimes; ils désignent les responsables faciles de leur non-remplacement: le pouvoir, forcément !
Ils étaient 23.200 en 2008 : lien contribuables.org
Les ministres doivent battre les accusations péremptoires en brèche.

Georges Tron défend le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux et affirme son opposition à une primaire au sein de l'UMP en vue de l'élection présidentielle.

VOIR et ENTENDRE le secrétaire d'Etat à la fonction publique, invité à répondre aux questions des internautes du Monde.fr mercredi 27 avril.

Georges Tron défend le non-remplacement d'un... par lemondefr

Le Chat - Le Monde de Georges Tron

Dany : Pensez-vous réellement que la révision générale des politiques publiques (RGPP) et le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux est justifié ?

Georges Tron : La France a une politique en matière de ressources humaines dans la fonction publique qui a trop longtemps répondu à une approche très majoritairement quantitative.

De ce fait, nous avons trop longtemps omis de porter un regard attentif à deux facteurs : premièrement, la qualité du service public rendu avec comme objectif principal de bien évaluer les résultats des politiques publiques ; deuxièmement, le coût réel d'une augmentation des effectifs qui n'avait pas de justification en soi.

Ainsi, l'augmentation continue des effectifs de l'Etat, alors même que deux vagues de décentralisation importantes étaient mises en œuvre, atteste de cette occultation d'un désir de rendre un meilleur service à moindre coût. La politique du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux dans la seule fonction publique de l'Etat, et en réalité, pour les administrations centrales et déconcentrées, le tout sur une période correspondant à une augmentation massive du nombre de départs à la retraite, trouve sa justification dans la volonté de corriger cette situation.

Caro34 : Pourquoi les collectivités territoriales n'ont-elles pas participé à l'effort engagé par l'Etat dans la réduction du déficit ? Pourquoi les mairies et les régions n'ont-elles pas eu à réduire leur nombre de fonctionnaires ?

Georges Tron : C'est une très pertinente question. On n'a pas vraiment trouvé matière à rechercher et en même temps à modifier le comportement des collectivités territoriales alors même que, de fait, elles procédaient massivement à des embauches.

L'idée reçue selon laquelle ces embauches correspondaient au transfert de compétences de la part de l'Etat s'est révélée erronée. En effet, entre 1998 et 2008, les collectivités territoriales ont embauché 450 000 personnes ; or 120 000 de ces embauches seulement ont correspondu à des transferts de compétences.

On constate ainsi que les collectivités territoriales ont laissé exploser leurs effectifs. La masse salariale des collectivités territoriales a donc crû sur la même période de plus de 60 %. Il convient aujourd'hui de réfléchir, et nous le faisons, à la façon dont les collectivités territoriales devront donc s'associer à la maîtrise de nos dépenses publiques.

Je l'affirme avec d'autant plus de force que 90 milliards de fonds de concours, soit le double de la masse salariale des collectivités territoriales, sont transférés du budget de l'Etat vers elles. Cela donne le droit de réfléchir à leur association à la volonté de maîtriser la dépense publique.

Glenn : Qu'en est-il du secteur de l'éducation ? Les effectifs augmentent alors que des postes d'enseignants sont supprimés rentrée après rentrée. Comment pensez-vous pouvoir maintenir une qualité d'enseignement dans ces conditions ?

Georges Tron : Des effectifs qui augmentent alors que le nombre de professeurs diminue est un argument qui s'adosse à une approche démographique. C'est très précisément cette approche qui est contestée depuis des années par ceux-là mêmes qui ont réfuté des diminutions massives d'élèves – 550 000 depuis 1990 – pour diminuer en même temps le nombre de professeurs.

Au demeurant, c'est d'ailleurs l'inverse qui s'est produit, puisque les 550 000 élèves en moins ont été encadrés par 45 000 professeurs de plus sur la même période. Je ne crois pas, pour ma part, que l'on puisse aujourd'hui contester la qualité d'un service public de l'enseignement au regard de cette seule approche quantitative.

Les professeurs font un travail remarquable, je le constate moi-même dans la commune dont je suis maire. Les enfants sont l'objet de suivi personnalisé, et souvent au-delà même des heures de cours.

Je pense donc que la qualité d'un service public de l'éducation suppose bien entendu de savoir ajuster les effectifs de professeurs à ceux des élèves, mais je le redis, de ce point de vue-là, avec les évolutions des dernières années, il n'y a pas péril en la demeure.

Mais cela suppose également de faire en sorte d'ajuster le système d'enseignement pour qu'il permette aux élèves, dans un accomplissement personnel, d'être compétitifs sur un marché de l'emploi de plus en plus concurrentiel, et où il faut être parfaitement aiguisé. A cet égard, le classement de la France dans les évaluations PISA (Programme for International Student Assessment ; en français : Programme international pour le suivi des acquis des élèves) suppose une réflexion portant plus sur le fond, une réflexion qualitative, qu'une réflexion simplement quantitative.

Egg : M. Tron peut-il m'expliquer commment il fait pour trouver des gains de productivité dans l'enseignement ?

Georges Tron : Je ne crois pas qu'il faille rechercher des gains de productivité dans l'enseignement. Je crois même, pour être franc, que c'est un exercice de la plus haute difficulté.

Je crois, en revanche, qu'il faut rechercher des gains de productivité dans l'administration de l'éducation nationale, comme dans n'importe quelle autre administration. Il ne s'agit, à mes yeux, en aucun cas de mettre le personnel enseignant sous pression, il l'est déjà suffisamment compte tenu des conditions de plus en plus difficiles dans lesquelles il exerce.

Je suis, en revanche, convaincu que le système peut être géré de meilleure façon, de telle sorte que l'on puisse optimiser l'utilisation des ressources humaines d'enseignement en faisant par exemple en sorte que les professeurs soient réellement en situation d'enseignement, et qu'il n'y ait pas de contingent dédié à des tâches d'autre nature, au-delà, bien entendu, d'une certaine limite.
Je rappelle à nouveau que la France consacre une part de son PIB à l'éducation supérieure à celle des autres pays de l'OCDE, tout en baissant progressivement dans les classements d'évaluation des élèves. Cela justifie pleinement les réformes, qui ne doivent pas se comprendre comme étant exclusivement à la recherche de gain de productivité.

Charles : La France a le taux d'encadrement le plus bas des pays de l'OCDE ....

Guest : Trente élèves par classe : cela vous semble cohérent ou scandaleux ?

Georges Tron : Je fais deux observations sur le taux d'encadrement. En premier lieu pour noter qu'il convient sans aucun doute d'accroître ce taux en réformant la mobilisation des compétences dans l'éducation nationale. A ce titre, avoir confirmation année après année que 18 000 professeurs dans le secteur primaire ne sont pas directement en relation d'enseignement avec les enfants est, reconnaissons-le, une source d'interrogation dont je n'ai trouvé des réponses appropriées dans aucun rapport ni aucune étude.

Par ailleurs, je rappelle que le budget de l'éducation nationale, supérieur à 60 milliards d'euros, est aujourd'hui, rapporté au PIB, l'un de ceux des pays de l'OCDE les plus importants. J'en déduis donc naturellement qu'il convient de mieux analyser le système pour le réformer et corriger cette situation.

J'ajoute en dernier lieu que le nombre d'enfants par classe, même s'il est préférable bien entendu de le contenir, comme c'est d'ailleurs le cas en moyenne aux alentours de 22-23 enfants, n'est pas le seul référent. Dans la génération qui est la mienne, j'ai fait toute ma scolarité avec des classes d'entre 35-40 enfants chaque année.

Le vrai sujet est que notre système d'éducation – et c'est très bien ainsi – personnalise aujourd'hui l'accompagnement scolaire des élèves, tant d'ailleurs au sein de l'école que dans les systèmes d'accompagnement périscolaire auxquels sont associés d'ailleurs les professeurs, comme celui de la réussite éducative.

De fait, l'exigence d'individualisation se conjugue dans l'esprit des parents avec des classes aux effectifs plus réduits. C'est un fait, c'est une évolution, et il faut savoir l'accompagner.

Egg : Les Rased (Réseaux d'aide spécialisées aux élèves en difficulté) proposaient tout ce que vous déclinez et cela dès le plus jeune âge (petite section de maternelle) et avec des enseignants spécialisés. Pourquoi le gouvernement ferme-t-il au fur et à mesure l'ensemble de ces postes ?

Georges Tron : J'ai toujours considéré que les Rased correspondaient à l'accompagnement de situations individuelles en consacrant, certes, des moyens fort importants – un enseignant pour un élève –, mais en se focalisant à mon sens de façon excessive sur le problème comportemental de certains élèves.

La réussite éducative est une approche globale qui prend en compte le comportement et le déroulé scolaire de l'enfant, tout en associant la famille dans son ensemble à cet exercice de suivi.

Pour l'avoir mis en place dans ma commune et avoir constaté l'explosion de la demande, je le crois plus adapté, et je tiens à préciser aussi qu'il mobilise des moyens humains et financiers bien au-delà de ceux des Rased.

Il ne s'agit donc pas, en l'occurrence, d'un souci d'économies.

Fred : Pourquoi avez-vous décidé de ne pas augmenter le point d'indice cette année ?

Georges Tron : Merci de cette question, qui me permet de redire que le point d'indice ne se confond pas avec le salaire dans la fonction publique. Lorsque vous regardez la masse salariale de l'Etat en une année récente donnée, et que vous la comparez avec celle de l'année précédente, trois constats caractérisent l'évolution de cette masse salariale.

Premier constat : les augmentations individuelles liées à l'ancienneté ou aux promotions représentent dorénavant plus de 50 % de l'augmentation de cette masse salariale.

Cela nous conduit de fait à souhaiter maintenir la possibilité pour les agents de bénéficier à titre individuel d'un déroulement de carrière continuant à permettre cette progression régulière des rémunérations.

Deuxième constat : les mesures catégorielles, en très grande partie financées par les économies générées par le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, financent un quart de cette augmentation de la masse salariale d'une année sur l'autre.

Troisième constat : le point d'indice, de même que l'indexation de la rémunération minimale sur le smic et la garantie individuelle de pouvoir d'achat, compose le dernier quart. Cela signifie que le point d'indice ne représente plus aujourd'hui que 15 à 20 % de l'augmentation de la masse salariale d'une année sur l'autre.

Nous avons donc fait le choix de privilégier les autres outils que je viens de citer. Je souligne d'ailleurs, concernant par exemple les mesures catégorielles, que cela se fait bien au-delà des promesses que nous avions faites de restituer 50 % des économies réalisées en politique salariale. A titre d'exemple, en 2010, ce sont plus de 65 % des économies réalisées qui ont été reversés aux agents.

Poissauge : A Draveil (Essonne) – dont vous êtes maire –, combien de fonctionnaires avez-vous supprimés ?

Georges Tron : A Draveil, nous avons aujourd'hui à peu près 650 agents, fonctionnaires et non-fonctionnaires, c'est-à-dire contractuels. C'est une légère diminution dans les dernières années. Cela dit, une partie des effectifs a été transférée vers la communauté d'agglomérations à laquelle la commune appartient.

En ce qui me concerne, j'ai surtout souhaité m'en tenir à une stricte maîtrise de la masse salariale rapportée aux dépenses de fonctionnement. Je crois d'ailleurs, et je plaide en ce sens, que c'est un excellent critère. Pour donner des chiffres précis, la masse salariale représente approximativement 50 % des dépenses de fonctionnement, ce qui permet de ne pas subir une diminution des marges de manœuvre budgétaires dont on a besoin pour gérer l'ensemble du budget de fonctionnement.

Sylvie : Qu'en est-il des effectifs dans la police et dans la justice (juges, greffiers, éducateurs, conseillers d'insertion et de probation, etc.) ?

Georges Tron : Les effectifs dans la police sont aujourd'hui de l'ordre de 250 000 policiers et gendarmes, soit environ 5 000 de plus qu'au début des années 2000. La vraie réforme, comme je viens de le signaler pour l'enseignement, consiste actuellement à réaffecter le maximum d'agents sur les missions centrales de sécurité qui sont les leurs en économisant sur les fonctions secondes qui leur absorbent trop de temps.

Quant à la magistrature, malgré la RGPP, c'est le seul ministère, avec la recherche, dont les effectifs aient augmenté de façon constante ces dernières années. A titre d'exemple, 450 ou 500 magistrats ont été embauchés dans le budget de cette année.

Remarque complémentaire : la judiciarisation de la société, que tous les élus locaux constatent d'ailleurs lors des entretiens dans leurs permanences, aboutit à une multiplication invraisemblable des litiges à traiter. Notre système judiciaire concentre toutes les procédures vers les magistrats des tribunaux, alors même que les systèmes de médiation ou d'arbitrage, comme il en existe à l'étranger, pourraient permettre de les désengorger.

Des juges de paix pourraient ainsi permettre aux magistrats professionnels de se consacrer à un nombre d'affaires réduit et, de fait, à la France de rejoindre les pays en bon rang dans le classement du rapport entre nombre de magistrats et nombre d'affaires traitées.

V : Comment expliquez-vous et justifiez-vous la progression constante du nombre d'agents non titulaires à la place de fonctionnaires titulaires, y compris dans la fonction publique de l'Etat ?

Georges Tron : C'est un constat inattaquable. Je ne cherche pas à le justifier, je cherche à l'expliquer et à le corriger.

L'expliquer : les trois versants de la fonction publique continuent et continueront à privilégier l'emploi titulaire sur des emplois permanents. C'est une règle à laquelle les syndicats comme le gouvernement sont attachés avec la même force.

Il n'en demeure pas moins que la diversité des missions du service public aboutit à faire appel à des compétences de plus en plus variées. Par ailleurs, certaines missions dévolues aux agents non titulaires le sont précisément parce qu'elles sont limitées dans la durée.

En bref, la diversité à tous les sens du terme des missions explique, me semble-t-il, celle des recrutements.

Le corriger : cela a généré de la précarité dans les trois versants de la fonction publique. L'accord que je viens de signer avec François Baroin, avec les organisations syndicales, fin mars va précisément permettre de transformer des contrats à durée déterminée en contrats à durée indéterminée de la fonction publique.

Paul : Pensez-vous que Dominique de Villepin a sa place dans la course présidentielle ?

Georges Tron : L'élection présidentielle n'est pas une course, dans la mesure où les enjeux du résultat supposent une organisation et une préparation parfaitement coordonnées et avec le seul souci, totalement légitime, d'emporter l'adhésion d'une majorité des Français.

Dominique de Villepin a une expérience, une compétence et une vision qui sont indispensables au débat présidentiel. Ma conviction est qu'il doit les mettre au service de la majorité parce que c'est son camp naturel. Ce qui n'est en aucun cas contradictoire avec une capacité de préserver une très grande liberté d'expression.

Aujourd'hui, le seul candidat qui soit en mesure de faire gagner la majorité est le président de la République. Qui, d'ailleurs, pourrait contester que si Nicolas Sarkozy ne portait pas le bilan et le projet, cela serait considéré comme un signe d'aveu de faiblesse de la part de la majorité ? Les dernières années ont été marquées par des événements que nul n'avait pu anticiper.

La France a traversé ces crises mieux que la quasi-totalité de ses partenaires. L'effort qui est engagé doit être évidemment poursuivi. C'est au président de le faire, et à chacun – Dominique de Villepin au premier rang – d'y contribuer. Je tiens en dernier lieu à souligner que cette analyse, celle de maintenir un discours critique au sein de son camp, je l'ai toujours développée auprès de Dominique de Villepin.

Dashgami : Un mot sur le drame d'Orange-France Télécom...

Georges Tron : Immense tristesse, parce que la détresse d'un salarié exprimée de façon aussi atroce nous interpelle tous, avant tout, comme des hommes et des femmes d'un pays dans lequel le travail, malgré ses contraintes, devrait être synonyme d'un épanouissement personnel, ce qui est, de façon générale, de moins en moins le cas.

Stéphane Richard, que j'ai rencontré il y a quelques mois, était profondément conscient de la nécessité d'analyser dans le détail les causes de cette vague de suicides dans son entreprise. Sans aucun doute y a-t-il des méthodes de management à corriger et, je le crois personnellement, une réflexion plus approfondie à conduire pour tenter de comprendre quelles sont les limites qu'une femme ou un homme désireux d'accomplir sa mission normalement ne peut plus franchir sans être affecté(e) très profondément à titre personnel.
PLUS
La MAE, mutuelle rose qui ponctionne les parents pour rien, avec la complicité du SNUipp (FSU) et de la FCPE. Lien PaSiDupes

samedi 5 mai 2007

Chat politique avec Xavier Bertrand

Il s'agit d'éclairer les indécis.
Proposition du site du magazine Le Point
LIRE
La campagne présidentielle avec Xavier Bertrand

04/05/2007 - Modérateur Nidam Abdii, saisi par Françoise Vernat - ©
"En démocratie, il vaut mieux choisir plutôt que voter blanc."
Question de Sophie: Douze ans que la droite est au pouvoir, et Sarkozy a quand même réussi à faire croire qu’il incarnait la rupture…Comment a-t-il fait ?
Xavier Bertrand : Première des choses, douze ans de pouvoir, n’exagérons pas, n’oublions pas les années 1997-2002 pendant lesquelles c’est Jospin qui a exercé le pouvoir. Sans oublier, non plus, la sanction des électeurs qui en 2002 ne l’ont pas porté au second tour. Par ailleurs, N. Sarkozy a clairement montré qu’il incarnait une rupture par rapport aux années passées, sa façon d’agir, sa façon de s’exprimer ont été clairement reçues par les électeurs comme la garantie du changement.
Question de Dominique: Monsieur Sarkozy veut incarner le changement, comment peut-il réellement le faire en ayant à ses côtés des personnalités qui composent déjà pour la plupart le gouvernement actuel ? Où est réellement le changement ?
Xavier Bertrand: Quand on regarde son équipe de campagne, François Fillon est expérimenté mais pas ministre sortant, ses porte-parole ne sont pas non plus ministres sortants, moi j’ai quitté aussi mes fonctions et il y a une génération autour de Sarkozy, Rachida Dati notamment, Valérie Pécresse, Nathalie Koschusko-Morizet, Rama Yade, Laurent Vauquier, Luc Chatel entre autres qui symbolisent cette génération. Mais il est important aussi de pouvoir compter sur l’expérience d’autres : Borloo, Michèle Alliot-Marie, par exemple.
Question de CLARA: Ségolène a montré plus d’autorité lors du débat. La France n’a-t-elle pas besoin de quelqu’un de cette stature, plus que d’un technicien comme le candidat de l’UMP ?Xavier Bertrand: Elle a surtout montré une véritable agressivité, lors de ce débat, Mme Royal, et je pense qu’il a été clairement établi que la sérénité était du côté de Nicolas Sarkozy, maîtrise des dossiers, maîtrise de soi, voilà les qualités qu’on attend d’un président, et c’est Nicolas Sarkozy qui les incarnait.

Question de Moulai: D’après vous, s’il est élu, M. Sarkozy doit-il lancer les réformes les plus difficiles dès cet été (service minimum, régimes spéciaux, etc.) ?
Xavier Bertrand: Un calendrier précis a déjà été proposé car le changement doit se faire sans tarder, dans la clarté. Le service minimum doit devenir réalité avant fin 2007, la réforme des régimes spéciaux devant s’engager en 2008 comme prévu, au titre des rendez-vous de la réforme des retraites. Les autres mesures, comme l’exonération des heures supplémentaires, des intérêts d’emprunt, les peines planchers pour les multirécidivistes intervenant dès l’été 2007, pour ne citer que quelques-unes de ces mesures…
Question de Jean-Pierre: Pouvez-vous donner des précisions sur l’accueil des enfants "handicapés mentaux"(terme utilisé par Mme Royal) à l’école ? 7000 places auraient été supprimées. Ceci est important car beaucoup d’indécis se posent des questions.
Xavier Bertrand : Ce qu’elle a dit était totalement faux. Le nombre d’enfants scolarisés est passé de 89 000 en 2002 à 160 000 en 2007, chiffres officiels disponibles par exemple sur les sites du ministère, confirmés par les associations. Le nombre de postes de personnes qui s’occupent de ces enfants handicapés en milieu scolaire a augmenté de 80 %. Voilà la réalité, en sachant que la loi de février 2005 a accéléré encore ces efforts. Maintenant, N. Sarkozy veut aller plus loin encore, en mettant en place un droit opposable qui garantira réellement pour chaque enfant handicapé une scolarisation adaptée. J’ai été choqué par le ton de Mme Royal qui a voulu polémiquer sur un sujet qui devrait échapper vraiment à la polémique.
Question de faris Dans chacune de vos interventions, vous dites toujours que la candidate Mme Royal n’a pas de programme ou qu’il est flou. N’est-ce pas insulter les 9 millions d’électeurs qui ont voté pour elle au premier tour ? Pensez-vous que ces électeurs soient des "moutons" qui ne réfléchissent pas et qui votent à l’aveuglette ? Ne faut-il pas un peu d’humilité ?
Xavier Bertrand: Je persiste et signe, à savoir qu’un catalogue de promesses ne fait pas un projet de société. D’ailleurs dans le débat de mercredi, on voit bien que Ségolène Royal, si elle a présenté certaines orientations, n’a pas précisé le mode d’emploi de ces réformes, ce qui est pourtant indispensable pour pouvoir juger de la crédibilité d’un projet. Elle n’a pas non plus apporté de réponses précises aux questions précises sur les 35 heures, le pouvoir d’achat, les retraites, l’adhésion de la Turquie à l’UE. L’immigration, par ailleurs : la campagne que nous avons menée a été une campagne républicaine et donc respectueuse ; ce respect, je le porte à l’ensemble des électeurs.

Question d’Arkadia :Même si l’histoire pour le moment lui donne raison, Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas pris un risque fou en se limitant devant Ségolène Royal, lors du débat du 2 mai ? Le côté impertinent ou incisif, dont il a fait preuve par exemple devant M. Le Pen dans une émission télévisée, fait partie des moments de communication qui lui ont donné sa dimension médiatique actuelle. Etait-ce une stratégie voulue, délibérée, calculée ?
Xavier Bertrand: Ne comparons pas ce qui n’est pas comparable, nous étions mercredi dans un débat pour l’élection présidentielle, il s’agissait de faire valoir les projets de chaque candidat, pas de se livrer à une joute qui n’aurait pas été au niveau du débat… je pense que ce qui intéressait les Français, c’était de voir les différences entre les propositions et les personnalités des candidats…

Question de retry01: Pourriez-vous me dire exactement ce que sera la politique "éducation nationale" de M. Sarkozy ? N’est-ce pas dans ce secteur qu’il faudrait ajouter du personnel, alors que nos enfants sont à plus de vingt-cinq par classe ?
Xavier Bertrand: Ce n’est pas le cas partout, d’ailleurs, dans les collèges qui ont besoin d’aide renforcée, Nicolas Sarkozy voudrait même que les objectifs soient de dix-sept par classe. L’élu local que je suis peut aussi témoigner que la réalité n’est pas toujours de vingt-cinq par classe. Nous savons bien également que l’Éducation nationale ne se résume pas à une question de moyens, mais bien d’orientation et de priorités. Avec la mise en place, notamment, d’un service public de l’orientation qui est une vraie priorité.

Question d’Eric Lurien: Comment Monsieur Sarkozy peut-il prétendre vouloir être transparent à l’égard des Français alors qu’il ne l’est déjà pas à l’heure actuelle concernant les "vrais" chiffres du chômage ou bien encore quand il manipule les chiffres concernant les voitures incendiées dans la nuit du 31 décembre dernier ?
Xavier Bertrand: Il est quand même surprenant que quand les chiffres du chômage sont régulièrement à la baisse, on se pose la question de la fiabilité de ces chiffres, alors que quand ils étaient à la hausse, jamais l’opposition ne les avait remis en cause. La question sur la fiabilité du thermomètre me laisse quand même très perplexe. La vérité est que chacun s’accorde à reconnaître la tendance nette et constante sur les chiffres du chômage qui diminuent ; c’est une excellente chose, avec le taux le plus bas depuis vingt-cinq ans, et nous nous fixons un autre objectif : parvenir au plein-emploi en cinq ans, soit un taux de chômage de 5 % au bout de cinq ans… Concernant les chiffres des délits, là aussi les outils statistiques n’ont jamais changé, quels qu’aient été les gouvernements, ce qui permet de constater que ces crimes et délits avaient augmenté de 17 % de 1997 à 2002 et qu’ils ont baissé depuis 2002 de plus de 9 %.

Question de Mitch: Que pensez-vous de l’attitude de Mme Royal qui en vient presque à menacer les Français de violences et d’émeutes si M. Sarkozy est élu dimanche 6 mai ?
Xavier Bertrand: Cette attitude n’est pas responsable, pas digne, et personne ne peut utiliser l’expression « moi ou le chaos » comme l’a fait Mme Royal ce matin sur RTL… Dans une campagne présidentielle les Français attendent des arguments, pas des slogans.

Question de LALA: Le gouvernement actuel est en place jusqu’à l’arrivée du nouveau président de la République. Si M. Sarkozy est élu, je suppose qu’il choisira un nouveau Premier ministre et donc un nouveau gouvernement. Ou alors, attendra-t-il la fin des législatives pour connaître la majorité qui sera élue à l’Assemblée nationale ?
Xavier Bertrand: La première des choses c’est que l’élection présidentielle n’est pas encore terminée, deuxièmement un gouvernement sera mis en place sitôt le nouveau président installé, et cela avant les législatives…

Question de noemie: Y aura-t-il un rejet définitif des bayrouistes si Sarko est élu, ou négociation pour les législatives ?
Xavier Bertrand: Nicolas Sarkozy a toujours indiqué que la majorité présidentielle qu’il souhaite constituer s’appuierait sur plusieurs pôles, celui de la droite républicaine, celui du centre et même un pôle de gauche avec des personnalités de gauche… à qui il serait demandé de ne rien renier, ni leurs idées, ni leurs amitiés, ni leur fidélité.

Question de droitetoute: Vous aussi, vous ratissez large, de Roger Hanin à Claude Allègre en passant par Besson, Attali et j’en passe… Pour quelqu’un comme moi qui s’apprête à voter blanc, quels sont vos arguments, pour me faire changer d’avis ?
Xavier Bertrand: En démocratie, il vaut mieux choisir plutôt que voter blanc. Qu’avec le socialisme de Mme Royal, qui incarne le conservatisme, car le socialisme français est tout sauf moderne - il n’a rien à voir, ni avec le socialisme allemand, ni avec l’anglais ni avec l’espagnol - il n’y a aucune autre perspective que le retour aux années Jospin, soit dix ans en arrière… Que par ailleurs Nicolas Sarkozy souhaite une France qui réussit, qui va de l’avant et qui donne sa place à chacun… c’est-à-dire un projet de société centré sur la valeur du travail, qui donne toute sa place à l’identité nationale et renforce la cohésion sociale…
Question de francis: Après le débat de mercredi, aucun des deux candidats n’a parlé de la défense nationale, nous sommes tout de même des citoyens français et donnons tous les jours notre savoir-faire et savoir-être dans le monde comme pour notre mère patrie. En effet, quelles sont les nouvelles structures pour les salaires, la vie familiale, les conditions de travail, car si dans notre société tout va mal, l’armée aussi est malade, nous formons un des maillons de la France, mais pas grand monde parle de nous. Quelles seront vos actions à l’UMP pour nous, enfants de France ?
Xavier Bertrand: Le débat de mercredi était prévu pour durer deux heures, il a duré deux heures quarante, mais de nombreux sujets n’ont pu être traités complètement. En revanche Nicolas Sarkozy est intervenu dans la campagne à de nombreuses reprises sur le thème de la défense, en parlant de la place des personnels tout autant que de la question des matériels ; il a effectué des déplacements sur la question de la défense.
Question de sandrine: Les Français semblent voter contre un candidat et non pas pour celui qu’ils veulent voir gouverner. De plus la cohabitation leur a plu dans les années précédentes. Ne craignez-vous pas les élections législatives, dont personne ne paraît s’inquiéter ? Notre futur président doit pouvoir avoir un gouvernement de sa majorité afin de mettre en place ses idées.
Xavier Bertrand: Je crois au contraire que cette fois-ci, les Français veulent émettre un vote positif. C’est-à-dire ne plus voter contre mais pour. Par ailleurs, concernant les législatives, les Français aiment la clarté et la cohérence, et je suis persuadé que le président élu aura une majorité pour gouverner.
Question de roberto: Finalement, n’avez-vous pas l’impression que les Français jouent quand même l’alternance, puisque Chirac n’était pas vraiment à droite ?
Xavier Bertrand: Ils veulent un vrai changement, ils sont très nombreux à exprimer un sentiment d’exaspération, et ils veulent que le changement s’opère très rapidement.
Question de vv: À mon avis, il faut faire plus d’efforts pour expliquer l’essentiel du programme économique. La plupart des Français ne se rendent pas compte du danger de la situation actuelle et du désastre économique inévitable sans mesures urgentes.
Xavier Bertrand : Alors, tout d’abord Nicolas Sarkozy a adopté, durant toute cette campagne, un langage de vérité, il a parlé sans tabou, sans détour ; il a porté les différents débats, expliqué comment il mettrait en ?uvre son programme, il a annoncé des mesures comme le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, de façon à rendre crédible la réduction du poids de la dette.
Question de moulai:D’après vous, la tendance fournie par les derniers sondages peut-elle être contredite dimanche ?
Xavier Bertrand: Je ne me fie pas aux sondages, ils donnent une tendance, ce sont les thermomètres de ce que les Français ont pu penser hier ou avant-hier, mais pas les baromètres de ce qui va se passer précisément dimanche.
Question de philippe: Si Nicolas Sarkozy est élu, va-t-on assister à une régression des droits des homosexuels en France, notamment sur les discriminations et sur l’union des homosexuels ?
Xavier Bertrand: Je ne vois absolument pas ce qui peut permettre de penser cela. Rien dans les actions de Nicolas Sarkozy, rien dans ses propos qui permette d’exprimer de telles affirmations. Bien au contraire, la lutte contre les discriminations reste une priorité pour nous…

A vous de voir...