150 fonctionnaires modernes ou 150 grévistes réactionnaires ?
Ils occupent le siège de l'entreprise publique à Paris. "Nous sommes environ 150 postiers, dont Olivier Besancenot lui-même facteur dans les Hauts-de-Seine, à occuper le hall de La Poste. Nous allons pique-niquer sur place avec des merguez jusqu'à ce que la direction nous reçoive", a déclaré Yvon Mélo (ci-contre, un camarade facteur en pleine mascarade, "une simulation grossière"), représentant de Sud-PTT (secrétaire départemental adjoint) à l'origine de l'action, un camarade du cheminot de la gare Saint-Lazare, Christian Mahieux.Un sur trois au maximum
Melo nous fait un honteux méli-mélo. Le flou artistique de ses propos n’est que de l’intox de professionnel de la manipulation. Car seulement "une cinquantaine de postiers sont dans le hall", a précisé de son côté la direction, en langage des gens honnêtes, ajoutant qu'elle allait recevoir une délégation.
Une minorité fait la loi.
« Pour une nouvelle, c'est une bonne nouvelle » ?

Mais cette grève, lancée par Sud-PTT, la CGT et les extrémistes de la CFTC, reste minoritaire, sans doute pour ne pas retarder la livraison du courrier de Che-golène Royal dont le domicile se trouve sur l’une des tournées.
« Y'a pas marqué La Poste »
La Poste avait engagé des poursuites en référé contre huit salariés grévistes et le syndicat Sud-PTT pour avoir abusé du droit de grève. La direction demandait au tribunal de grande instance de Paris de condamner la grève lancée il y a deux mois par des facteurs des Hauts-de-Seine, un mouvement marqué par plusieurs incidents dont Sud-PTT et la direction se renvoient la responsabilité. La Poste réclamait 45.000 euros de dommages et intérêts.
Après le rassemblement, un porte-parole de la direction régionale Ile-de-France de La Poste avait déclaré que Jean-Baptiste Casanova avait « été blessé au coude en étant bousculé par le groupe » et avait « déposé plainte au commissariat de Nanterre ». Le Che-Besancenot l’avait qualifiée de « dénonciation calomnieuse ».
Saisi une première fois début février par la direction de l'entreprise publique, le juge des référés, Maurice Richard, avait désigné un médiateur judiciaire pour tenter de déminer la situation.
La médiation ayant échoué, le dossier est revenu devant le juge Richard la semaine dernière.
L'ordonnance rendue hier jeudi
Le juge Maurice Richard a "rejeté les demandes" de La Poste, en considérant que la victime n'était pas parvenue à "démontrer avec l'évidence requise (...) que les différents préavis déposés ont eu pour but concerté d'appeler à la grève les personnels par roulement concerté". Le juge n’emprunte manifestement pas la gare Saint-Lazare et ne connaît pas la spécialité des syndiqués de SUD qui consiste à faire grève 59 minutes, toutes les heures et par roulement, pour désorganiser le service sans subir de retraits sur salaires…
Ce juge du TGI a en outre estimé, contrairement à ce qu'affirme La Poste, que le mouvement était inutile, puisqu'il n'aurait pas eu pour conséquence, selon lui,de l'empêcher de remplir sa mission de service public, le courrier ayant bien été distribué. Il n’a pas effleuré le candide que la grève a créé des retards de distribution.
Enfin, concernant "les intrusions, menaces, envahissements, prises de parole et AG (assemblées générales) sauvages doublées de violences..." dénoncées par la direction, le juge a estimé qu'il n'était pas démontré "l'accomplissement d'actes manifestement illicites, même s'il est perceptible que le conflit en cours se déroule parfois dans un climat houleux entre la direction et certains grévistes"...
Or, hier jeudi 12, la veille de l’occupation de son siège, La Poste avait justement été déboutée.
« On a tous à y gagner »
Le juge a visiblement relancé la grève, et les contribuables remercient Maurice Richard pour son soutien militant à SUD-PTT.
En attendant leur courrier et que Richard ait repris ses esprits, l'entreprise publique a décidé de faire appel.
Tous les sans-abri, sans-logis et précaires d’Ile-de-France peuvent se rendre au siège de La Poste à l’heure du déjeuner pour une distribution de merguez bien chaudes : c’est le NPA qui régale.
