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jeudi 28 février 2019

L'Etat-Macron à la ramasse : après Ascoval ou Ford, maintenant Air France-KLM...

Cette fois, Le Maire victime d'un complot !

Les Pays-Bas ont 
acquis 14% du capital du groupe Air France-KLM, a annoncé son partenaire KLM à Air France...

Les Pays-Bas comptent s’arrêter là dans son appropriation de parts détenues par la France. A Bercy, certains jugent "inamicale" cette prise de participation par un autre actionnaire, Delta Air Lines, l'une des principales compagnies au monde, avec qui KLM pourrait s’allier et prendre le contrôle effectif de la holding française.

L’action du groupe franco-néerlandais a encore perdu de 3,38% le 28 février 2018, après avoir déjà chuté de 11,7% mercredi, suite à l’annonce "sans concertation" de la prise de participation de 12,68% par l’Etat néerlandais. Les ministres des Finances Bruno le Maire, qui évoque une "décision incompréhensible et inattendue", pendant qu'il écrit ses romans Arlequin.

A noter toutefois qu'en juillet 2017,
Delta Air Lines a conclu un accord avec la compagnie chinoise China Eastern Airlines de prendre une participation chacune de 10 % de Air-France KLM. Cet accord prévoit également qu'Air-France et Delta Air Lines prennent 40 % chacun du capital de la compagnie aérienne Virgin Atlantic (le groupe Virgin conservera les 20 % du capital restant). Delta Air Lines est client d'Airbus, un consortium européen entre la France, l'Allemagne et l'Espagne.

Un 'grand débat' franco-néerlandais en perspective ce vendredi

Wopke Hoekstra et Le Maire doivent se rencontrer ce vendredi matin à Bercy, le président Emmanuel Macron ayant demandé à La Haye de "clarifier" ses intentions... L'objectif de cette rencontre avec son homologue néerlandais (un centriste démocrate-chrétien de 43 ans) est de "préserver l’intérêt" de la société
L’argument avancé par les Néerlandais sur la préservation des intérêts de la compagnie nationale KLM est recevable : l'allié réalise 80% du bénéfice opérationnel du groupe binational quand Air France perd des centaines de millions d’euros dans des mouvements sociaux. 

Mais l'argument en faveur de l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol, le 3e en Europe, est beaucoup plus contestable, la plateforme arrivant à saturation et Bruno Le Maire expliquant qu’un protocole d’accord sur sa "préservation" avait été négocié par le groupe "avec les autorités néerlandaises", et était prêt à être signé mardi ; "il va être mis de côté", a répliqué le ministre français de l'Economie.

On en sait un peu plus sur la façon dont La Haye a opéré "en douce"

Les Pays-Bas ont réussi à acheter 744 millions d’euros d’actions depuis la semaine dernière.
Parmi les vendeurs figure le fonds d’investissement américain Capital Group, passé de 6,1% du capital en juin dernier à quasiment rien aujourd’hui. 
Ce qui entretient la rumeur d’une possible entente entre KLM et Delta Air Lines (8,78% du capital, comme China Eastern Airlines) pour, à terme, mettre fin à la suprématie des Français sur les droits de vote au Conseil d’Administration d’Air France-KLM. 

Avec 14,3% du capital, la France jouit de 22,7% des droits de vote exerçables, mais  les Pays-Bas pourraient atteindre ce niveau dans deux ans, tandis que, dès septembre prochain, les droits de vote de Delta seront eux aussi doublés. Leur alliance permettrait donc une prise de contrôle aux dépens de la France. 

Mais des analystes interrogés par La Tribune prévoient que la compagnie américaine pourrait jouer un rôle d’arbitre entre Paris et La Haye, sans toutefois la créditer d' un effet positif sur la gestion d'Air France-KLM.

– Etat français : 14,3% des actions

– Etat néerlandais : 14%

– Delta Air Lines : 8,8%

– China Eastern Airlines : 8,8%

– Salariés du groupe : 3,9%

– Autocontrôle (actions détenues par le groupe) : 0,3%

– Autres actionnaires dont, avant l’opération, Natixis (filiale du groupe BPCE, elle-même issue de la fusion des groupes Caisse d'épargne et Banque populaire), DCNA (rachetée par ...Natixis ), etc...: 49,9%



samedi 30 juillet 2016

Air France sous le "coût" des syndicats: excuses et prise en charge des usagers par le contribuable

Le PDG d'Air France héberge et présente ses excuses aux otages des syndicats  

Le nouveau PDG d'Air France KLM juge le mouvement syndical "extrêmement regrettable et agressif".

Jean-Marc Janaillac, ce nouveau PDG, tacle son prédécesseur, promettant de consacrer son énergie à rétablir la confiance avec les syndicats. Trois semaines après sa prise de fonction à la tête de sa Société anonyme (SA où l'Etat est actionnaire à hauteur de 17,6% mais où il dispose de droits de vote doubles et souffle le froid et le chaud), Jean-Marc Janaillac doit faire face à une grève des hôtesses et stewards de la compagnie nationale
Le mouvement syndical a démarré le mercredi 27 et doit durer jusqu'au 2 août. Le nouveau PDG, qui assumait mercredi les résultats semestriels du groupe, a livréau journal Le Figaro son analyse de la grève le mercredi 27 juillet

Votre prise de pouvoir coïncide avec une grève des hôtesses et stewards. Comprenez-vous ce mouvement? 
Ce mouvement est extrêmement regrettable et agressif. D'abord par le choix de cette période de l'année qui est très importante économiquement pour Air France et symboliquement pour les vacances en famille de nos clients. Je veux leur présenter les excuses du Groupe et les assurer de la totale mobilisation des équipes pour limiter les désagréments. 
Cette grève est regrettable, ensuite, parce qu'il n'y a pas d'urgence: l'accord collectif des PNC [Personnel Navigant Commercial] s'achève le 31 octobre. 
Enfin par la disproportion entre les conséquences économiques, financières et d'image pour Air France et le différend autour de la seule durée du texte proposé. [Le conflit social de septembre 2014 avait coûté 500 millions d’euros.]

Après plusieurs mois de discussions, la direction d'Air France a proposé de reconduire l'accord actuel avec des modifications très marginales. Dès lors, déclencher une grève aussi longue dans ce calendrier paraît difficilement justifiable. Cette grève peut-elle faire replonger Air France dans le rouge? 
Elle aura un coût financier très élevé, ce qui ne peut que compliquer le travail qui reste à faire pour placer la compagnie dans un cycle de croissance rentable. D'autant que le second semestre 2016 s'annonce incertain voire volatile [sic]. 
Le marché est toujours sur-capacitaire ce qui met notre recette unitaire sous pression. Le contexte économique global est compliqué sur certaines destinations comme l'Amérique du Sud et le Royaume-Uni. Et la situation sécuritaire en Europe, plus particulièrement en France, pèse sur notre activité en provenance du Japon ou encore de la Chine mais aussi d'Amérique du Nord. 


Ce mouvement illustre aussi la défiance entre syndicat et direction... Il y a clairement un manque de confiance. Les syndicats prêtent à la direction des arrières pensées. Pour qu'il y ait dialogue, il faut une confiance réciproque. Je consacrerai toute mon énergie dans les semaines et mois qui viennent à rétablir

cette confiance.



A son troisième jour de grève, Air France prévoyait de maintenir "plus de 80%" de ses vols




Vendredi, à la veille d'un week-end noir marqué par le chassé-croisé de centaines de milliers de Français et d'étrangers, le troisième jour de grève des hôtesses et stewards d'Air France, la direction de la compagnie a précisé par communiqué que "30.000 passagers ont été touchés par la grève ce jour-là, jeudi,sur un total de 140.000"

La compagnie ajoutait qu'elle assurerait vendredi "plus de 90%" de ses vols longs-courriers et 85% de ses vols domestiques sur l'ensemble du réseau, ainsi que 75% des moyens-courriers à Roissy. Ses chiffres intègrent les vols opérés par la filiale domestique Hop! Air France, non concernée par la grève, a-t-on appris auprès du groupe aérien. 



Des annulations de dernière minute à prévoir ce vendredi 
Selon un premier bilan, la grève a provoqué l'annulation de 139 vols long et moyen-courriers au départ ou à l'arrivée de l'aéroport parisien de Roissy, selon des sources aéroportuaires. 138 vols ont été annulés par anticipation et un avion pour Delhi a été supprimé "à chaud" vendredi matin.


A Orly, 20% des vols étaient annulés vendredi matin mais on s'attendait à des "annulations à chaud dans la journée, sur les moyen-courriers notamment". 
Pour la seule compagnie Air France, les annulations ont concerné jeudi 163 vols sur 516 programmés depuis ou vers l'aéroport de Roissy (32%), selon des sources aéroportuaires interrogées par l'AFP. A Orly, 59 vols ont été annulés sur 171 (35%).

Pour samediAir France prévoit d'assurer 80% de ses vols, un chiffre quasi stable par rapport à vendredi. Plus de 90% des vols long-courriers, plus de 70% des moyen-courriers à Roissy et plus de 80% des vols intérieurs seront maintenus, anticipe le transporteur qui fait état de 42% de grévistes, contre 36% annoncés pour vendredi.

Participation mitigée des personnels
La direction a comptabilisé 36% de grévistes mais les syndicats SNPNC-FO et l'Unsa-PNC, représentant près de la moitié du personnel navigant commercial (PNC), accusent la direction de «désinformer outrageusement» en minorant le taux de participation. Le mouvement «monte en puissance», préviennent-ils. «Nous savons tous que c'est au fil des jours que les effets de la grève s'amplifient», écrivent-ils à quelques heures du grand week-end de chassé-croisé entre juillettistes et aoûtiens.

Une grève "disproportionnée," selon le nouveau PDG
En grève jusqu'au 2 août, les PNC (personnel navigant commercial) protestent contre la reconduction pour 17 mois seulement de l'accord d'entreprise fixant ses règles de travail, de rémunération et en matière de déroulement de carrière. L'accord actuellement en vigueur arrive à son terme le 31 octobre. Les cinq syndicats qui appellent à la grève (SNPNC, Unsa, SNGAF, CFTC et SUD) jugent "insuffisante" la durée proposée.

Le nouveau PDG du groupe Air France-KLM Jean-Marc Janaillac est sorti de sa réserve jeudi pour dénoncer une "disproportion entre les conséquences économiques, financières et d'image pour Air France et le différend autour de la seule durée du texte proposé", un critère de  'disproportion' qui est habituellement appliqué aux déploiements de forces de police...
"L'idée qu'Air France pourrait disparaître reste encore étrangère à certains salariés" (...), déplore le nouveau PDG. Si on ne prend pas les bonnes décisions et si les équipes ne se mobilisent pas, il y a un fort risque de déclin, et on ne peut pas savoir où mène le déclin", affirme Jean-Marc Janaillac, à qui les syndicats n'accorde pas le temps de présenter son plan stratégique en novembre.

Les syndicats veulent des garanties pour leurs conditions de travail
Les syndicats estiment que la crainte d'une faillite de la compagnie tricolore n'est plus d'actualité, Air France ayant dégagé en 2015 ses premiers bénéfices depuis six ans. "Pourquoi, dans ces conditions, l'entreprise refuse-t-elle de garantir nos conditions de travail et de rémunération sur une période décente ?", demande l'intersyndicale SNPNC-Unsa. A l'automne, en cas d'échec persistant des négociations, la direction pourrait appliquer aux plus de 13.000 PNC d'Air France un texte rédigé unilatéralement, avec la réglementation internationale pour seule contrainte. 

Autre compagnie, autre grève : Aigle Azur, qui dessert l'Algérie, le Portugal, le Mali, la Chine et le Sénégal, devait annuler 20% de ses vols jeudi. Le SNPL appelle ses pilotes à déserter les cockpits, durant huit jours, pour forcer la direction à "négocier des conditions de travail compatibles avec un niveau acceptable de fatigue".

20 % de vols annulés samedi
Pour la quatrième journée, la grève des personnels navigant a entraîné l’annulation de 20 % des vols de la compagnie. Un chiffre qui devait rester stable dimanche, selon Le Monde qui se veut rassurant, mais avoue toutefois qu'il peut masquer "de possibles désagréments de dernière minute". "Une radicalisation récente", en quelque sorte... Dimanche, une amélioration est attendue à Roissy avec 80 % de moyens-courriers maintenus, contre 70 % samedi. Une prétendue amélioration puisque, à la vérité, huit moyens-courriers sur dix volaient déjà... La compagnie prévoit d'ailleurs un taux de grévistes de 41 % parmi le personnel navigant commercial (PNC).

Les syndicats mettent leur outil de travail en péril

Deux mois après la grève des pilotes [entamée le 11 juin, lors de l'Euro de football et dont les quatre premiers jours d’arrêt de travail avaient pesé 40 millions d’euros] et le préavis de grève de quatre jours -sans suite- des trois syndicats de pilotes, lSNPL, SPAF et Alter, pour la période du 24 au 27 juin, celle des hôtesses et stewards d’Air France fragilise, encore un peu plus, la compagnie déjà impactée par les attentats de Bruxelles et de Nice, mais aussi par une situation économique mondiale très incertaine, où la plupart des transporteurs aériens ont vu, ces derniers temps, leur recette unitaire chuter, ou du moins s’effriter.

Les syndicats d’hôtesses et stewards exigent des garanties salariales sur le long terme.
Non sans malveillance, cette grève instrumentalise le chassé-croisé estival et entend ignorer la crise qui impacte l'ensemble des Français, les tensions inter-communautaires extrêmes à Beaumont-sur-Oise et depuis les attentats islamistes de Nice à Saint-Etienne-du-Rouvray par des djihadistes français, les revendications catégorielles sont jugées difficilement acceptables en terme d’image pour la compagnie et surtout malvenues, voire injustifiée.

Annoncé le 5 avril 2016, le malencontreux changement de PDG - Alexandre de Juniac était devenu "le bouc émissaire" du SNPL (syndicat dominant de pilotes de ligne) - est une faute dont les syndicats profitent pour cueillir le nouveau -venu de la RATP et de la SNCF- alors qu'il prend ses marques, avant d’entamer des négociations avec les différentes catégories de personnels. 

Donner du temps au temps, sans verrouiller, sur plusieurs années des accords collectifs sur les conditions de travail et de rémunération. La méthode a été comprise par les pilotes, mais rejetée par les hôtesses et stewards. Le courant ne passe pas avec les PNC, notamment depuis un vol de contact et de présentation sur Bogota, il y a une dizaine de jours.  Les syndicats d’hôtesses et stewards attendaient des garanties, sur cinq ans et non sur 17 mois, jusqu’en mars 2018, ce qui les conduit après la présidentielle, d’où une crainte des PNC. L’opinion publique jugera de la validité de ce mouvement de grève.

Une opposition syndicale tournante chez Air France
Le problème d’Air France est depuis longtemps ailleurs. Ce sont des pressions politiques entretenues par la gauche aussi bien en interne qu’en externe. Comme chez les pilotes, les personnels au sol, ou la maintenance, les syndicats cherchent à prendre le manche de la compagnie et entretiennent un climat de ras le bol général sur fond de communication, de non reconnaissance et de co-gestion du groupe.
Suite à une culture syndicale très spécifique, Air France co-habite très mal avec KLM et TRANSAVIA pour le court-moyen-courrier. KLM en profite pour redécoller en terme de rentabilité. Et discrètement, la compagnie à bas coûts Norwegian vient d'inaugurer son premier vol Transatlantique entre Paris et New York.

Air France sous le "coût" des syndicats: excuses et prise en charge des usagers par le contribuable

Le PDG d'Air France héberge et présente ses excuses aux otages des syndicats  

Le nouveau PDG d'Air France KLM juge le mouvement syndical "extrêmement regrettable et agressif".

Jean-Marc Janaillac, ce nouveau PDG, tacle son prédécesseur, promettant de consacrer son énergie à rétablir la confiance avec les syndicats. Trois semaines après sa prise de fonction à la tête de sa Société anonyme (SA où l'Etat est actionnaire à hauteur de 17,6% mais où il dispose de droits de vote doubles et souffle le froid et le chaud), Jean-Marc Janaillac doit faire face à une grève des hôtesses et stewards de la compagnie nationale
Le mouvement syndical a démarré le mercredi 27 et doit durer jusqu'au 2 août. Le nouveau PDG, qui assumait mercredi les résultats semestriels du groupe, a livréau journal Le Figaro son analyse de la grève le mercredi 27 juillet

Votre prise de pouvoir coïncide avec une grève des hôtesses et stewards. Comprenez-vous ce mouvement? 
Ce mouvement est extrêmement regrettable et agressif. D'abord par le choix de cette période de l'année qui est très importante économiquement pour Air France et symboliquement pour les vacances en famille de nos clients. Je veux leur présenter les excuses du Groupe et les assurer de la totale mobilisation des équipes pour limiter les désagréments. 
Cette grève est regrettable, ensuite, parce qu'il n'y a pas d'urgence: l'accord collectif des PNC [Personnel Navigant Commercial] s'achève le 31 octobre. 
Enfin par la disproportion entre les conséquences économiques, financières et d'image pour Air France et le différend autour de la seule durée du texte proposé. [Le conflit social de septembre 2014 avait coûté 500 millions d’euros.]

Après plusieurs mois de discussions, la direction d'Air France a proposé de reconduire l'accord actuel avec des modifications très marginales. Dès lors, déclencher une grève aussi longue dans ce calendrier paraît difficilement justifiable. Cette grève peut-elle faire replonger Air France dans le rouge? 
Elle aura un coût financier très élevé, ce qui ne peut que compliquer le travail qui reste à faire pour placer la compagnie dans un cycle de croissance rentable. D'autant que le second semestre 2016 s'annonce incertain voire volatile [sic]. 
Le marché est toujours sur-capacitaire ce qui met notre recette unitaire sous pression. Le contexte économique global est compliqué sur certaines destinations comme l'Amérique du Sud et le Royaume-Uni. Et la situation sécuritaire en Europe, plus particulièrement en France, pèse sur notre activité en provenance du Japon ou encore de la Chine mais aussi d'Amérique du Nord. 


Ce mouvement illustre aussi la défiance entre syndicat et direction... Il y a clairement un manque de confiance. Les syndicats prêtent à la direction des arrières pensées. Pour qu'il y ait dialogue, il faut une confiance réciproque. Je consacrerai toute mon énergie dans les semaines et mois qui viennent à rétablir
cette confiance.


A son troisième jour de grève, Air France prévoyait de maintenir "plus de 80%" de ses vols



Vendredi, à la veille d'un week-end noir marqué par le chassé-croisé de centaines de milliers de Français et d'étrangers, le troisième jour de grève des hôtesses et stewards d'Air France, la direction de la compagnie a précisé par communiqué que "30.000 passagers ont été touchés par la grève ce jour-là, jeudi,sur un total de 140.000"

La compagnie ajoutait qu'elle assurerait vendredi "plus de 90%" de ses vols longs-courriers et 85% de ses vols domestiques sur l'ensemble du réseau, ainsi que 75% des moyens-courriers à Roissy. Ses chiffres intègrent les vols opérés par la filiale domestique Hop! Air France, non concernée par la grève, a-t-on appris auprès du groupe aérien. 


Des annulations de dernière minute à prévoir ce vendredi 
Selon un premier bilan, la grève a provoqué l'annulation de 139 vols long et moyen-courriers au départ ou à l'arrivée de l'aéroport parisien de Roissy, selon des sources aéroportuaires. 138 vols ont été annulés par anticipation et un avion pour Delhi a été supprimé "à chaud" vendredi matin.

A Orly, 20% des vols étaient annulés vendredi matin mais on s'attendait à des "annulations à chaud dans la journée, sur les moyen-courriers notamment". 
Pour la seule compagnie Air France, les annulations ont concerné jeudi 163 vols sur 516 programmés depuis ou vers l'aéroport de Roissy (32%), selon des sources aéroportuaires interrogées par l'AFP. A Orly, 59 vols ont été annulés sur 171 (35%).

Pour samediAir France prévoit d'assurer 80% de ses vols, un chiffre quasi stable par rapport à vendredi. Plus de 90% des vols long-courriers, plus de 70% des moyen-courriers à Roissy et plus de 80% des vols intérieurs seront maintenus, anticipe le transporteur qui fait état de 42% de grévistes, contre 36% annoncés pour vendredi.

Participation mitigée des personnels
La direction a comptabilisé 36% de grévistes mais les syndicats SNPNC-FO et l'Unsa-PNC, représentant près de la moitié du personnel navigant commercial (PNC), accusent la direction de «désinformer outrageusement» en minorant le taux de participation. Le mouvement «monte en puissance», préviennent-ils. «Nous savons tous que c'est au fil des jours que les effets de la grève s'amplifient», écrivent-ils à quelques heures du grand week-end de chassé-croisé entre juillettistes et aoûtiens.

Une grève "disproportionnée," selon le nouveau PDG
En grève jusqu'au 2 août, les PNC (personnel navigant commercial) protestent contre la reconduction pour 17 mois seulement de l'accord d'entreprise fixant ses règles de travail, de rémunération et en matière de déroulement de carrière. L'accord actuellement en vigueur arrive à son terme le 31 octobre. Les cinq syndicats qui appellent à la grève (SNPNC, Unsa, SNGAF, CFTC et SUD) jugent "insuffisante" la durée proposée.

Le nouveau PDG du groupe Air France-KLM Jean-Marc Janaillac est sorti de sa réserve jeudi pour dénoncer une "disproportion entre les conséquences économiques, financières et d'image pour Air France et le différend autour de la seule durée du texte proposé", un critère de  'disproportion' qui est habituellement appliqué aux déploiements de forces de police...
"L'idée qu'Air France pourrait disparaître reste encore étrangère à certains salariés" (...), déplore le nouveau PDG. Si on ne prend pas les bonnes décisions et si les équipes ne se mobilisent pas, il y a un fort risque de déclin, et on ne peut pas savoir où mène le déclin", affirme Jean-Marc Janaillac, à qui les syndicats n'accorde pas le temps de présenter son plan stratégique en novembre.

Les syndicats veulent des garanties pour leurs conditions de travail
Les syndicats estiment que la crainte d'une faillite de la compagnie tricolore n'est plus d'actualité, Air France ayant dégagé en 2015 ses premiers bénéfices depuis six ans. "Pourquoi, dans ces conditions, l'entreprise refuse-t-elle de garantir nos conditions de travail et de rémunération sur une période décente ?", demande l'intersyndicale SNPNC-Unsa. A l'automne, en cas d'échec persistant des négociations, la direction pourrait appliquer aux plus de 13.000 PNC d'Air France un texte rédigé unilatéralement, avec la réglementation internationale pour seule contrainte. 

Autre compagnie, autre grève : Aigle Azur, qui dessert l'Algérie, le Portugal, le Mali, la Chine et le Sénégal, devait annuler 20% de ses vols jeudi. Le SNPL appelle ses pilotes à déserter les cockpits, durant huit jours, pour forcer la direction à "négocier des conditions de travail compatibles avec un niveau acceptable de fatigue".

20 % de vols annulés samedi
Pour la quatrième journée, la grève des personnels navigant a entraîné l’annulation de 20 % des vols de la compagnie. Un chiffre qui devait rester stable dimanche, selon Le Monde qui se veut rassurant, mais avoue toutefois qu'il peut masquer "de possibles désagréments de dernière minute". "Une radicalisation récente", en quelque sorte... Dimanche, une amélioration est attendue à Roissy avec 80 % de moyens-courriers maintenus, contre 70 % samedi. Une prétendue amélioration puisque, à la vérité, huit moyens-courriers sur dix volaient déjà... La compagnie prévoit d'ailleurs un taux de grévistes de 41 % parmi le personnel navigant commercial (PNC).

Les syndicats mettent leur outil de travail en péril

Deux mois après la grève des pilotes [entamée le 11 juin, lors de l'Euro de football et dont les quatre premiers jours d’arrêt de travail avaient pesé 40 millions d’euros] et le préavis de grève de quatre jours -sans suite- des trois syndicats de pilotes, lSNPL, SPAF et Alter, pour la période du 24 au 27 juin, celle des hôtesses et stewards d’Air France fragilise, encore un peu plus, la compagnie déjà impactée par les attentats de Bruxelles et de Nice, mais aussi par une situation économique mondiale très incertaine, où la plupart des transporteurs aériens ont vu, ces derniers temps, leur recette unitaire chuter, ou du moins s’effriter.

Les syndicats d’hôtesses et stewards exigent des garanties salariales sur le long terme.
Non sans malveillance, cette grève instrumentalise le chassé-croisé estival et entend ignorer la crise qui impacte l'ensemble des Français, les tensions inter-communautaires extrêmes à Beaumont-sur-Oise et depuis les attentats islamistes de Nice à Saint-Etienne-du-Rouvray par des djihadistes français, les revendications catégorielles sont jugées difficilement acceptables en terme d’image pour la compagnie et surtout malvenues, voire injustifiée.

Annoncé le 5 avril 2016, le malencontreux changement de PDG - Alexandre de Juniac était devenu "le bouc émissaire" du SNPL (syndicat dominant de pilotes de ligne) - est une faute dont les syndicats profitent pour cueillir le nouveau -venu de la RATP et de la SNCF- alors qu'il prend ses marques, avant d’entamer des négociations avec les différentes catégories de personnels. 

Donner du temps au temps, sans verrouiller, sur plusieurs années des accords collectifs sur les conditions de travail et de rémunération. La méthode a été comprise par les pilotes, mais rejetée par les hôtesses et stewards. Le courant ne passe pas avec les PNC, notamment depuis un vol de contact et de présentation sur Bogota, il y a une dizaine de jours.  Les syndicats d’hôtesses et stewards attendaient des garanties, sur cinq ans et non sur 17 mois, jusqu’en mars 2018, ce qui les conduit après la présidentielle, d’où une crainte des PNC. L’opinion publique jugera de la validité de ce mouvement de grève.

Une opposition syndicale tournante chez Air France
Le problème d’Air France est depuis longtemps ailleurs. Ce sont des pressions politiques entretenues par la gauche aussi bien en interne qu’en externe. Comme chez les pilotes, les personnels au sol, ou la maintenance, les syndicats cherchent à prendre le manche de la compagnie et entretiennent un climat de ras le bol général sur fond de communication, de non reconnaissance et de co-gestion du groupe.
Suite à une culture syndicale très spécifique, Air France co-habite très mal avec KLM et TRANSAVIA pour le court-moyen-courrier. KLM en profite pour redécoller en terme de rentabilité. Et discrètement, la compagnie à bas coûts Norwegian vient d'inaugurer son premier vol Transatlantique entre Paris et New York.