Les ministres probables et possibles de
Hollande
L'élaboration du futur gouvernement du nouveau président promet d'être laborieuse.
"Il mûrit, il consulte, il cherche, il écoute. C'est sa responsabilité et il
sera prêt au moment voulu", rassure son ancien secrétaire et ami, l'eurodéputé Stephane Le Foll.
Pourtant, "ça va bruisser dans tous les sens, mais François prendra sa
décision seul. Quelqu'un saura, les autres ne le sauront pas", commente,
en tremblant, un socialiste ministrable anonyme.
Le pouvoir s'annoncerait-il personnel ?
lE député de Corrèze avait réaffirmé encore vendredi: "Personne ne sait, sauf moi,
ce qui va arriver lundi si les Français me choisissent". A-t-il fait comme
François Mitterrand en 1981, avertissant Pierre Mauroy de se préparer ? "Non",
réplique Hollande, semble-t-il peu disposé à partager les pouvoirs de la fonction présidentielle.
Pour le poste de Premier ministre, deux personnalités sont en lice
Deux sexagénaires retraitables
Le glacial Jean-Marc
Ayrault, député-maire de Nantes, 62 ans, un fidèle surnommé "la Voix de son Maître", mais F. Hollande avait annoncé une personnalité "d'expérience" et, comme le nouveau locataire de l'Elysée, l'ancien professeur d'allemand n'a jamais exercé aucune responsabilité ministérielle non plus.
Ayrault "serait un choix de confort. Il a le bon profil. C'est un peu le Fillon de Hollande, il est germaniste, ça peut être utile avec Merkel", commente un anonyme socialiste.
Martine Aubry, 61 ans,
la Elena Ceaușescu de Lille, premier secrétaire annoncé sortant du PS , ex-numéro deux du gouvernement Jospin, mais plombée par la réforme des 35 heures qu'elle a menée et dont elle ne démord pas.
"Il [Hollande] ne va pas s'affaiblir en nommant un ancien Premier ministre ou ex-titulaire d'un gros ministère, lui qui n'a jamais exercé de fonction ministérielle. Le rêve français, ce sera Hollande, le technicien, ce sera Ayrault", poursuit, visiblement partisan, ce même anonyme.
Avec Martine Aubry, même si les relations notoirement mauvaises se sont beaucoup améliorées, ce serait une "cohabitation explosive du type Rocard-Mitterrand", commente un cacique socialiste, dont l'identité est 'top secret'. "Cependant, elle connaît parfaitement les rouages de l'Etat et saura rassembler, comme elle l'a fait au Parti socialiste". Si elle ne connaît guère le Parlement, elle a en revanche les manières et le visage avenants de l'austérité.
Michel Sapin, un temps cité malgré sa lenteur pesante, paraît écarté pour Matignon. "Il faut une proximité, mais pas une trop grande", commente un fuiteur du PS. L'ancien ministre de l'Economie de Jospin pourrait donc retrouver Bercy, au risque de contredire aussitôt le slogan du changement annoncé.
Hollande a toujours dit que son choix dépendrait de l'ampleur de sa victoire, et c'est pourquoi le nom du petit Manu Valls circule aussi.
Sauf si les promesses ne sont pas tenues dès le premier jour, le gouvernement de crise devrait être resserré: peu de ministres, pour les apparences,, mais une kyrielle de ministres délégués, pour la réalité...
François Hollande a prévu quinze grands pôles ministériels
Après, c'est "un peu le jeu des chaises musicales"
Selon cette source proléfique, l'ex-trotskiste Pierre Moscovici convoite le Quai d'Orsay. Mais Laurent Fabius aussi: ce proche de la Ch'tite Aubry serait ainsi tenu loin et sous la coupe du Chef de l'Etat qui conserve la haute main sur les fonctions régaliennes. Mosco, le
directeur de campagne pourrait donc se retrouver aux Finances à Bercy. Auquel cas, Michel
Sapin pourrait devenir Garde des sceaux au détriment de Vallini.
Frère François Rebsamen et Manuel Valls, puissant directeur de la
communication de la campagne, lorgnent l'Intérieur, mais commente un autre
responsable PS, "il ne l'aura pas, car ce poste trop sensible a été une rampe de
lancement pour Sarkozy".
Plusieurs femmes entreront au gouvernement
Si la parité promise est respectée.
Fréquemment
citées : la fébrile Marisol Touraine aux Affaires sociales, deux des porte-parole, la binationale Najat Vallaud-Belkacem, n'importe où, et
Delphine Batho, là où se libérera une place comme en Poitou-Charente.
La députée Aurélie Filippetti, serait à sa place à l'Industrie pour sauver son siège et les emplois de Gandrange, l'énarque
conseillère référendaire à la Cour des comptes Fleur Pellerin, chargée de
l'Economie numérique dans l'équipe de campagne, l'insignifiante conseillère des
Bouches-du-Rhône Marie-Arlette Carlotti, qui mène apparemment la cabale locale contre son ancien souverain socialiste, Jean-Noël Guérini, poursuivi en Justice, Valérie
Fourneyron, la députée-maire de Rouen, ville de naissance du nouveau président où le père était militant OAS, la députée Michèle Delaunay, la sénatrice Nicole Bricq, soit beaucoup de noms invraisemblables, pour faire nombre, en attendant l'arrivée des courses...
On cite d'ailleurs également la royaliste Dominique Bertinotti, historienne,
universitaire, maire du IVe arrondissement de Paris. E. Guigou s'y verrait bien aussi malgréson âge qui ferait monter la moyenne. Mais, dans cette perspective, la sémillante députée prévoyante du 9.3 s'est encore tournée vers la chirurgie, piour conjurer le risque de confusion avec Yvette Roudy.
Ce qui plaide en faveur du retour des vieux rossignols, c'est la célèbre jalousie de Mme Trierweiler, deuxième concubine officielle de l'entrant à l'Elysée, lequel devrait en outre convoler en justes noces après avoir donné quatre enfants à Mme Royal.
La présidente partante de Poitou-Charentes est prévue pour atterrir au perchoir de l'Assemblée nationale, sa chasse gardée juqu'aux législatives, en qualité de favorite n° 1.
Stéphane Le Foll qui rêve depuis l'enfance d'aller caresser le cul des vaches à l'Agriculture, devrait réaliser son fantasme.
A la Défense, le
président de la région Bretagne, Jean-Yves Le Drian, devrait être récompensé: il tient la corde devant le maire de Cherbourg, l'arrogant Cazeneuve, à qui les Verts radicaux pourraient faire des misères en matière nucléaire...
A
l'Education, l'eurodéputé Vincent Peillon, agrégé de philosophie, qui échoue dans toutes ses entreprises serait l' "incontournable"le kamikaze idéal.
Les noms des députés Claude Bartolone, bien que pitiyable gestionnaire départemental, et Guillaume Garot, royaliste collant, sont
également évoqués. Mais quand on atteint ce niveau d'ambition et d'incompétence, on peut aussi bien citer JJ Urvoas ou une autre petite 'crevure', Olivier Dussopt. MDR
Mais que faire de l'encombrant avocat Arnaud Montebourg puisqu'il mettrait la Justice à feu et à sang avec ses prises de position aussi tranchées que sectaires. Si ce n'est l'industrie avec la transition écologique, restera une chronique humoristique à l'émission de Laurent Ruquier 'On n'est pas couchés'.
Pour l'environnement, Philippe Martin, le
député du Gers et ancien fabiusien, bénéficie d'une bonne image écologiste, mais les règles de l'appel d'offres ont-elles été respectées, connaissant le goût du complot de Cécile Duflot qui a signé un accord secret sur le nucléaire avec Martine Aubry: la patronne d'Europe Ecologie-Les Verts se renierait-elle à nouveau malgré la promesse Hollande de passer outre ce complot éventé.Dans cet imbroglio qui pourrait "salir" le gouvernement socialiste dès sa naissance, JV Placé pourrait tirer son épingle du jeu.
Complications supplémentaires
F. Hollande devra sacrifier des socialistes voraces à l'intégration des partis partenaires: un communiste ou deux de Jean-Luc Mélenchon, le
PRG de Jean-Michel Baylet ou ... un centriste du MoDem de François Bayrou.
Rien ne filtre sur la société civile
Quant aux Français issus de l'immigration, ils semblent laissés pour compte parla presse : Faouzi Lamdaoui, né à Constantine et adjoint au maire PS d'Argenteuil, pourrait toutefois arracher un maroquin et représenter les quartiers.
coeur de cible du candidat, comment la jeunesse, sera-t-elle choyée par le président Hollande.