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jeudi 2 janvier 2020

Affaire de la Légion d'honneur : le gouvernement Philippe se justifie de la récompense au patron de BlackRock

Le sondeur Elabe va-t-il faire grimper la popularité de l'exécutif d'autant
pour ce haut-fait de concussion présumée ?

Le premier secrétaire du PS a dénoncé une nomination "tout sauf anecdotique" 

Résultat de recherche d'images pour "Jean-François Cirelli Le Maire"Les critiques s'amoncellent après le choix d'Edouard Philippe, en charge de la réforme Macron des retraites, de récompenser le président pour la France du géant américain de gestion de fonds de pensions et pas que : BlackRock est devenu le plus important gestionnaire d'actifs au monde, avec près de 6.960 milliards USD fin septembre 2019. En effet, le bras droit de Macron a aussitôt nommé son patron pour la France (depuis 2015), ainsi que la Belgique et le... Luxembourg, Jean-François Cirelli, à l'Ordre de la Légion d'honneur, bien que membre du Conseil de surveillance de Vallourec (depuis 2009), une promotion, alors qu'est débattu le passage d'un système de retraite solidaire à un régime par points sur le modèle américain. 

Plus que la réforme des retraites en France, ce qui intéresse BlackRock au plus au point et pour dire vrai, c'est la loi du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises, dite loi PACTE, supposée améliorer la performance des TPE et des PM. Au final, et quelle que soit le coeur de cible du géant américain, la présence du banquier Macron à l'Elysée est une bonne affaire pour BlackRock. Et inversement ? La succession de Cirelli serait pour Macron un poste de choix pour Macron en fin de présidence, si elle n'est pas précipitée...

Jeudi 2 janvier 2020, le premier secrétaire du PS Olivier Faure a dénoncé une nomination "tout sauf anecdotique". 

Olivier Faure a estimé sur France 2 que la Légion d'honneur du patron de BlackRock France, révèle le "côté obscur de la réforme des retraites" et, selon lui, le choix du "camp des fonds de capitalisation". "Que feront les 300.000 Français qui gagnent plus de 10.000 euros par mois et qui cotisent aujourd'hui pour 3 milliards d'euros dans le système solidaire ? Ils s'échapperont vers un système différent qui sera le système par capitalisation", a pronostiqué le député de Seine-et-Marne. Cirelli n'est-il pas pourtant membre du Club des juristes, association présidée par le socialiste  Bernard Cazeneuve ?

C'est "un nouveau coup de poignard dans le dos des Français parce que c'est un système que nous avons voulu solidaire" et "c'est ce système là qu'on est en train de détruire progressivement avec la complicité de BlackRock", a insisté le patron du PS. "Je vois le Canard Enchaîné qui révèle à quel point BlackRock a été depuis l'élection du président Macron l'invité permanent de ce pouvoir-là, et qui aujourd'hui est décoré, donc c'est tout sauf une anecdote, c'est effectivement le choix d'un camp, celui des fonds de capitalisation", a-t-il encore dénoncé.

Une critique venue de tous les camps politiques, hormis LR
La promotion du chevalier Cirelli au rang d'officier a également été vivement critiquée par le PCF, l'ONG Attac France, ainsi que Nicolas Dupont-Aignan, le président de Debout la France.

Agnès Pannier-Runacher, en charge de la basse besogne, casquette sur les yeux

Résultat de recherche d'images pour "BlackRock"
La secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, un chiraquien, comme Jean-François Cirelli, a défendu cette nomination, arguant laconiquement que Jean-François Cirelli "rend service à notre pays". Invitée de BFMTV et RMC, la secrétaire d'État auprès du ministre du très effacé Bruno Le Maire à Bercy a défendu jeudi cette décoration. Réagissant aux critiques suscités par sa nomination, Agnès Pannier-Runacher a jugé "pas correct" que Jean-François Cirelli (i-dessus) fasse l'objet d'un tel discrédit. "Ça fait 40 ans qu'il travaille pour le public, il a été l'un des collaborateurs les plus proches de M. Raffarin. (...) C'est quelqu'un qui a travaillé au FMI, qui a travaillé au ministère de l'Économie et des Finances, qui a été collaborateur du Premier ministre, qui a été dirigeant d'une grande entreprise qui s'appelle GDF-Suez et qui, aujourd'hui, sert la cause de la France, justement, en disant que la France est un pays où il fait bon investir", a-t-elle affirmé. 

Résultat de recherche d'images pour "cirelli Runacher"
Agnès Pannier-Runacher (ci-contre) n'a pas non plus hésité à avancer que, selon les chiffres de Bercy, la France est depuis deux ans la "première destination pour les investissements étrangers" dans l'industrie et dans les centres de recherche et développement. "A ce titre, le monsieur qui représente en France BlackRock et qui parle en termes positifs de la France, comme un endroit où on peut investir, où on peut créer des activités, a une valeur pour notre pays. Il rend service à notre pays", a estimé la secrétaire d'Etat aux oeillères qui n'évoque pas les accusations de pressions douces et continues sur la réforme des retraites en devenir. 

Jean-François Cirelli, ancien dirigeant de GDF-SUEZ, puis d'Engie, et actuel président de la branche française de BlackRock, après avoir conseillé Jean-Pierre Raffarin (un rallié à Macron), a été nommé officier par l'Edouard, premier ministre droit dans ses bottes tenues à bouts de bras par BlackRock, qui l'a couché sur son contingent au Journal officiel pour le 1er janvier: en macronie, le Père Noël du pouvoir trouve des cadeaux sous son propre sapin.

Réforme des retraites : Macron scandalise en décorant le patron de BlackRock France

La décoration du patron de BlackRock France confirme l'arrogance du banquier de l'Elysée

Macron relance la polémique autour du fonds de pension Blackrock


Le PDG d’Amundi, Yves Perrier (G), PDG de BlackRock, Larry Fink (C) assis aux côtés du président français Emmanuel Macron lors d’une réunion entre le président français et les représentants des fonds d’investissement et des fonds souverains pour lutter contre le changement climatique à l’Elysée à Paris le 10 juillet 2019
Photo by Michel Euler / POOL / AFP

En faisant le patron de BlackRock-France officier de la Légion d'honneur, Macron ravive les soupçons de conflit d'intérêts en lien avec la réforme des retraites : les opposants accusent le géant américain de la finance de vouloir influencer le projet du gouvernement à son avantage. 
Jean-François Cirelli, ancien dirigeant de GDF-SUEZ, puis d'Engie, et actuel président de la branche française de BlackRock a été récompensé par le premier ministre en charge de la réforme, selon la promotion du Nouvel an de l'Ordre national de la Légion d'honneur publiée mercredi au Journal officiel.
Quelques critiques trouvées sur Twitter

Au mépris des critiques attendues:



"Jean-François Cirelli, président de BlackRock France, est promu Officier de la légion d'honneur en ce 1er janvier.
En récompense du pillage de nos retraites par répartition?" a réagi le parti communiste sur Twitter, où la nouvelle était abondamment commentée.

Pour l'ONG Attac France, son porte-parole,Maxime Combes, souligne que
"BlackRock pourrait directement bénéficier de la #reformedesretraites".

De nombreuses voix avaient donné le ton aux réseaux, s’élevant ces dernières semaines pour dénoncer le "lobbying" (par l'AFG) de BlackRock.
Alors que le Parisien révèle que le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, n’avait pas mentionné sa fonction d’administrateur au sein d’un Institut de formation de l’assurance (Ifpass) dans sa déclaration d’intérêts à l’HATVP (Haute Autorité pour la transparence de la vie publique), de nombreux internautes et le site Arrêt sur images pointent du doigt les proximités entre Emmanuel Macron, son gouvernement et BlackRock, "fonds extrêmement attentif aux opportunités des réformes du système des retraites en France". Et de dénoncer une réforme qui aurait été dictée par le lobbying du géant américain.
"Depuis un peu plus d'un mois, votre gouvernement a autorisé le géant des fonds de pension, BlackRock, à collecter directement la retraite privée des Français", a par exemple déclaré le député d'Eure-et-Loire (LR) Olivier Marleix lors de questions au gouvernement, le 10 décembre.

Les journalistes engagés à gauche ne sont pas de reste:



Blackrock accusé de lobbying auprès du gouvernement français

Connu comme le loup blanc, le nom de BlackRock est sorti du bois des réseaux sociaux quand la presse le dissimulait encore malgré la mobilisation en France contre le projet Macron de réforme des retraites. Ce nom est désormais brandi sur des pancartes de manifestants.

Le puissant gestionnaire de fonds de pensions a ainsi été accusé de faire valoir auprès de l'exécutif le régime de retraite par capitalisation, un système par points sur le modèle des fonds de pension américains, au détriment du système français actuel par répartition, solidaire et non pas individuel et individualiste, et au bout du compte inégalitaire.
Un extrait du documentaire "Ces financiers qui dirigent le monde – BlackRock", diffusé par Arte en septembre 2019, dans lequel le réalisateur Tom Ockers rappelle qu’Emmanuel Macron "avait déjà rencontré Larry Fink [le PDG de BlackRock, cf. photo 1, ci-dessus] à plusieurs reprises après sa prise de fonction» et qu’il "veut favoriser les privatisations en France. A cet effet, le président de la République a créé une commission dont l’un des membres n’est autre que le patron de BlackRock France, Jean-François Cirelli. Cet ancien conseiller du président Chirac […] ne cesse de réclamer un recours accru aux fonds spéculatifs pour l’assurance vieillesse."

BlackBlock s'est défendu récemment dans un communiqué publié par sa filiale française
"En aucune manière, nous n'avons cherché à exercer une influence sur la réforme du système de retraite par répartition en cours auprès des pouvoirs publics ou de tout autre acteur du secteur", a assuré BlackRock.

Le représentant de la multinationale de gestion d'actifs, implantée en France depuis plus de 13 ans, explique que BlackRock  "dialogue avec les organismes de réglementation et les pouvoirs publics", "dans le but d'expliquer (son) point de vue sur l'intérêt des investisseurs à long terme", selon son communiqué.

mercredi 1 janvier 2020

Le n'importe quoi de la Légion d'honneur 2020: Jeanne Balibar et un prix Nobel "en même temps"

La promotion du Nouvel an 2020 de l'Ordre national de la Légion d'honneur ne relève pas le niveau

Les comédiennes Jeanne Balibar et Marina Hands, le chanteur Gilbert Montagné et, aussi bien, le prix Nobel Gérard Mourou !

Elton John et le président Macron, main dans la main, après la remise de la... Légion d'honneur au chanteur, le 21 juin 2019



La promotion du Nouvel an de l'Ordre national de la Légion d'honneur publiée mercredi au Journal officiel distingue... 487 personnes "illustres ou inconnues"
La nouvelle promotion civile distingue "395 chevaliers, 73 officiers, 13 commandeurs, 4 grands officiers et 2 grand'croix", a indiqué la Grande chancellerie de la légion d'honneur dans un communiqué.

La sociologue Claudine Herzlich et l'égyptologue Christiane Ziegler sont élevées à la dignité de grand officier, tout comme, sur l'étagère "rayonnement de la culture française"les écrivains albanais Ismaïl Kadaré (lauréat 2019 du Neustadt Prize parrainé par l'université... d'Oklahoma, célèbre pour deux astronautes et sept sportifs, dont six catcheurs) et franco-bulgare Julia Kristeva, une épouse de... Philippe Sollers, lequel considère les artistes comme des "exceptions" à la société, ce qui le lie d'amitié avec son sulfureux confrère Matzneff, pédophile dénoncé par Denise Bombardier que Sollers traita de "mégère mal baisée", sans que toussent les ligues de protection de la femme et de l'enfant].

Dans le domaine de la culture, le grand n'importe quoi atteint son comble

Les comédiennes Jeanne Balibar, militante gauchiste en faveur des migrants, Marina Hands, fille de... réalisateur et d'actrice, et Chantal Lauby, du groupe comique gras Les Nuls, sont nommées chevalier, tout comme Jean-François Chougnet, président du MuCEM, un homme passé par le cabinet de Jack Lang et par l'administration du Centre Pompidou, reconduit à ce poste par Franck Riester, ministre de la Culture et garagiste. Le chanteur Gilbert Montagné est promu officier.
Jeanne Balibar a-t-elle refusé sa distinction ?
Elle a en effet manifesté une hostilité frontale à la personnalité de Macron qui s'était déclaré "bouleversé par la justesse" du film Les Misérables : "Tant qu’il n’y a pas de bouleversement de la politique fiscale, ça ne sert à rien d’aller voir un film et de dire “je suis bouleversé” [...] On voit des milliardaires devenus cent fois plus milliardaires qu’il y a vingt ans, et
tout Chef d’Etat qui ne rapatrie pas cet argent aujourd’hui est un criminel, responsable de toute mort dans un hôpital. [...] De toute personne qui ne pourra pas se déplacer pour trouver un travail – parce que ce n’est sûrement pas vrai qu’il suffit de traverser la rue..."
Et toujours dans le domaine du spectacle, si elles ne sont pas justifiées, elles ne sont pas a priori déplacées, mais les choix 2020 de nominations d'anciens ministres et d'anciens parlementaires, peuvent susciter de grosses réserves, dont deux nouveaux chevaliers, l'ancien ministre et maire de Boulogne Jean-Pierre Fourcade, un soutien de Thierry Solère rallié à Macron, promu officier, et le socialiste Jean Glavany, malgré un scandale récent qui révéla son statut de "préfet hors cadre" sans avoir jamais appartenu à la préfectorale. Un hochet à droite et un à gauche...

Dans le domaine écologique et climatologique, Nathalie de Noblet-Ducoudré, chercheuse, membre du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), et Sophie Paturle-Guesnerot, directrice générale de Demeter Partners, sont nommées chevalier.

Dans le domaine du sport, Arsène Wenger, directeur du développement du football mondial à la FIFA est promu officier et Bernard Serin, président du FC Metz, nommé chevalier.

Parmi les personnalités du monde économique, Serge Weinberg, fondateur de Weinberg Capital et président de Sanofi accède au grade de commandeur. Sont notamment nommés chevalier Bertrand Camus, directeur général du groupe Suez, Karima Silvent, DRH du groupe Axa, Virginie Basselot, cheffe-cuisinière, née à Deauville, à 2h30 du Touquet, ville de Brigitte Macron, et seulement 2h00 d'Amiens, ville d'Emmanuel.

Jean-François Cirelli, ancien dirigeant de GDF-SUEZ, puis d'Engie, et actuel président de la branche française du plus important gestionnaire d'actifs du monde, BlackRock, est nommé officier sur le contingent du premier ministre, Edouard Philippe.

Dans le domaine de la high tech, Yann Le Cun, l'un des Français stars de la Silicon Valley, directeur du laboratoire d'intelligence artificielle de Facebook, professeur d'informatique et de neurosciences à l'université de New York, est nommé chevalier.

Quelques rares promotions justifiées

Elles ne doivent rien à Brigitte Macron : la promotion de Stéphane Israël, président d'Arianespace, nommé chevalier, et celle de Gérard Mourou, prix Nobel de physique, promus officier.
Dans cette promotion deux Résistants, Pierre Simonet et Edgard Tupët-Thomé, tous deux compagnons de la Libération, sont élevés à la dignité de grand'croix, la plus haute dignité.

"Fondée par Napoléon Bonaparte en 1802, la Légion d'honneur est la plus élevée des distinctions nationales françaises. Elle compte aujourd'hui
92.000 membres, récompensés pour leurs mérites éminents [sic !] au service de la nation", précise la grande chancellerie.