Valls sous-estime le mouvement 'Nuit Debout', animé par l'extrême gauche
A un jet de pierre du rassemblement nocturne, le Premier ministre a discouru sur... la radicalisation.
Le Premier ministre a prononcé une allocution lors de la séance de clôture. "Je remercie l’AJC et tous ses partenaires pour avoir créé cette conférence sur Le Sursaut", a déclaré Valls. "Nous devons donner une réponse politique très forte. Nous devons tous affronter nos problèmes de société et fermement réaffirmer nos valeurs. Je suis convaincu de la nécessité de votre ‘Sursaut’ ".
Les conférenciers comprenaient également des responsables politiques de premier plan européens et français, des représentants de la société civile, culturelle, et des personnalités religieuses. Parmi eux, on trouvait Enrico Letta, doyen de l’École d’Affaires Internationales Sciences Po et ancien Premier ministre italien ; Mia Doormaert, correspondant diplomatique pour De Standaard (Belgique) ; Maajid Nawaz, président fondateur de la Fondation Quilliam, et Bruno Le Maire, ancien ministre français et député de l’Eure. Le directeur de l’Institut transatlantique de l’AJC basé à Bruxelles, Daniel Schwammenthal, et le directeur de l’AJC Berlin, Deidre Berger, sont également intervenus.
Lundi, vers 18 heures, des centaines de personnes affluent sur la place de la République pour l'AG en plein air. La commission "Assemblée et modération" se réunit pour voter des règles du fonctionnement démocratique du mouvement. Un petit cercle de jeunes, représentant du comité "Accueil et sérénité", comprendre le service d'ordre, reçoit une formation.
"Samedi soir, une dizaine de skins sont venus foutre le bordel. Ils ont tabassé un mec et ont pété l'arcade sourcilière d'un autre", accuse Basile, un membre du comité, à deux doigts d'accuser l'extrême droite.
D'autres petits groupes sont éparpillés ici et là et participent plus ou moins activement à la vie du mouvement. Rangers Dr Martens (!), tabac à rouler (pur?) et bouteilles de bière sont les accessoires les plus prisés du moment. Un groupe de Congolais se joint au mouvement pour protester, pendant qu'on y est, contre la très controversée élection de Sassou Nguesso.
D'autres petits groupes sont éparpillés ici et là et participent plus ou moins activement à la vie du mouvement. Rangers Dr Martens (!), tabac à rouler (pur?) et bouteilles de bière sont les accessoires les plus prisés du moment. Un groupe de Congolais se joint au mouvement pour protester, pendant qu'on y est, contre la très controversée élection de Sassou Nguesso.
Soudain, une nouvelle se répand à toute vitesse : "Manuel Valls est invité par un think tank libéral pour donner une conférence à quelques mètres de la place." "On va l'interpeller, pour les media, c'est très bien !" lance un des leaders du mouvement. Le Premier ministre doit en effet se rendre au théâtre Déjazet, situé au début du boulevard du Temple, qui part de la place de la République, à 18 h 45 pour discuter de radicalisme et de populisme avec des intervenants triés sur le volet. La journée de débat est organisée par un mouvement baptisé "Le Sursaut", soutenu par des cercles de réflexion et des personnalités issues de la société civile et du monde de la culture.
La table ronde finale de cet événement, organisée par la Fondation pour l'innovation politique, un think-tank libéral, la Fondation Jean-Jaurès, proche du PS, ou encore l'AJC Europe (American Jewish Committee), le Wilfried Martens Centre, l'Association française des victimes du Terrorisme et l'Association de la Fondation Étudiante pour la Ville, selon Matignon.
Munis de leurs pancartes et criant leur slogan "Nuit debout, Valls à genoux", les manifestants décident alors d'interpeller le Premier ministre à l'entrée du théâtre. Ils sont accueillis par une poignée de policiers qui leur barrent la route et les arrosent de gaz lacrymogènes. Quelques minutes plus tard, des centaines de CRS sont appelés en renfort pour renvoyer tout ce beau monde sur la place de la République et l'encercler.
Une fois le périmètre sécurisé, Manuel Valls va débattre pendant près d'une heure sur la laïcité, la radicalisation, l'antisémitisme, le vote FN, le port du voile, le salafisme, sans mentionner une seule fois le mouvement de jeunesse créé, à l'origine, en opposition à la loi El Khomri.
Une fois le périmètre sécurisé, Manuel Valls va débattre pendant près d'une heure sur la laïcité, la radicalisation, l'antisémitisme, le vote FN, le port du voile, le salafisme, sans mentionner une seule fois le mouvement de jeunesse créé, à l'origine, en opposition à la loi El Khomri.
Une attitude décriée par certaines personnalités politiques de gauche, et notamment par Ian Brossat (PCF), adjoint au logement d'Anne Hidalgo, la maire de Paris.
Réponse de Valls au mouvement contre la #LoiTravail et à la #NuitDebout ? Une énième déclaration à l'emporte-pièce sur l'Islam. Pathétique.— Ian Brossat (@IanBrossat) 4 avril 2016
Si le Premier ministre a accepté de tendre la main à l'Unef dans les négociations et a déclaré qu'il recevrait les organisations de jeunes à la mi-avril, Valls refuse de considérer le mouvement noctambule qui se développe dans toute la France. Lundi, lors du bureau politique du Parti socialiste, plusieurs cadres ont pourtant prévenu qu'il ne fallait pas "minorer" Nuit debout. "Ils se veulent être un mouvement contestataire, mais ça ne prend pas. Julien Dray qui parle d'un grand mouvement altermondialiste est complètement à l'ouest", conclut un proche de Manuel Valls.
