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jeudi 26 novembre 2015

Patrick Poivre d'Arvor placé en garde à vue pour soupçons d'escroquerie

Un journaliste toujours prêt à faire des ménages pour Aristophil

Un régime fiscal des journalistes très spécial et pourtant une fringale d'extras ?


Cette fois, le journaliste Patrick Poivre d'Arvor n'annonce pas la garde à vue d'un autre: c'est l'ancien présentateur du 20h de TF1 qui a été placé en garde à vue et auditionné par la police, mercredi 25 novembre, dans le cadre d'une enquête sur une affaire d'escroquerie concernant la société Aristophil, une société qui permettait de placer son argent dans des manuscrits. L'ancien présentateur vedette a été laissé libre à l'issue de son audition, au sujet de l'affaire Aristophil.

Cette société proposait à des épargnants de placer leurs économies en achetant des parts de manuscrits anciens.
Pour les enquêteurs, il pourraît s'agir d'une pyramide de Ponzi, ce type d'escroquerie où
l'argent des nouveaux investisseurs sert à payer les intérêts de leurs prédécesseurs. L'affaire Bernard Madoff avait rendu ce système célèbre. 

Un présentateur "toujours prêt à monter sur l'estrade" pour Aristophil


Les enquêteurs soupçonnent que Patrick Poivre d'Arvor a pû être utilisé pour attirer des clients par le patron de la société, Gérard Lhéritier, qui a été mis en examen avec plusieurs de ses employés. L'Express souligne que le présentateur était "toujours prêt à monter sur une estrade pour vanter les mérites de Gérard Lhéritier".

Les enquêteurs auraient aussi découvert un prêt de 400.000 euros accordé par Aristophil à PPDA, et jamais remboursé, et un document attestant de la cession de trois manuscrits d'une valeur de 120 000 euros à son profit.
Selon la police, 18.000 personnes avaient conclu des contrats avec Aristophil, pour un montant total de 850 millions d'euros. Parmi les manuscrits dans lesquels il était possible d'investir, on trouvait le testament politique de Louis XVI, les écrits du général de Gaulle, des manuscrits du marquis de Sade ou d'André Breton...

mardi 30 décembre 2014

Livret A: Hollande a tué la poule aux oeufs d'or

Les Français continuent à vider leur livret A: où va l'argent?

Le livret A ne fait décidément plus recette



Abaissé au taux historiquement bas de 1 % en août, ses détenteurs le boudent et le vident: ils ont effectué davantage de retraits que de dépôts, selon la Caisse des Dépôts sur ce produit d'épargne populaire diffusé à 63 millions d'exemplaires. Au bénéfice très probable de l'assurance-vie. 
Sur les 11 premiers mois de l'année, la différence entre les retraits et les dépôts s'est creusée pour s'établir en cumulé à 5,84 milliards d'euros, selon les chiffres de la Caisse des dépôts, présidée par Pierre-René Lemas, ancien secrétaire général de l'Elysée auprès de François Hollande. Fin 2014, les encours du livret A s'élèvent à 260,3 milliards d'euros.


Une décollecte que le pouvoir relativise

Si tout est pour le mieux,
relevons le plafond du Livret A !
Le livret A, destiné entre autres à financer le logement social, va donc finir l'année allégé de quelques milliards. "La décollecte du livret A est à relativiser", estime Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'épargne (de la retraite et de la prévoyance, un centre d'études et d'information indépendant, mais avec l'appui toutefois d'AG2R La Mondiale, groupe d’assurance mutuelle de protection sociale). "Elle succède à une année de forte collecte." 
Avec le relèvement de son plafond au premier janvier 2013, le livret A a fait le plein, raconte-il à L'Expansion. La collecte a continué à progresser jusqu'en avril 2014 à 268,7 milliards. Avant qu'au premier août [et même avant, à dire vrai, puisque la décision était pendante depuis plusieurs mois] le taux de rémunération passe de 1,25% à 1% pour s'aligner sur l'inflation, ce qui s'impose au gouvernement, mais défavorise les petits épargnants.

La décrue est sensible depuis juillet. 
Mais fin 2014, les encours du livret A s'élèvent tout de même encore à 260,3 milliards d'euros. Alors qu'en 2008, ils n'étaient que de 165 milliards. Ce qui fait dire à Odile Renaud-Basso, directrice générale adjointe du groupe Caisse des dépôts - institution financière publique, soit dit en passant, en sorte de relativiser ce discours, à notre tour - que "nous ne sommes pas inquiets [...] une décollecte nette de 5 à 7 milliards d'euros, ce n'est pas grand-chose - si on ne courait pas après les milliards - par rapport aux 70 milliards engrangés par l'ensemble des réseaux ces dernières années". Sur l'ensemble livret A - livret de développement durable, la décollecte pour l'année 2014 est de 2%.

D'épargne populaire, le livret A est devenu une épargne de riches 


Où est passé l'argent retiré par les Français de leur livret A ? Premier constat négatif: la décollecte n'a pas favorisé la consommation, restée déprimée toute l'année, en dépit du léger rebond ressenti par le seul INSEE au troisième trimestre. 
En revanche, les chiffres de la Banque de France signalent une accélération du taux de nombre des dépôts à vue parallèles à la décollecte des comptes sur livret depuis fin 2013. "Les Français aiment tellement leurs banquiers qu'ils leur font cadeau de leurs liquidités", ironise Philippe Crevel, grinçant.

Mais l'argent du livret A est probablement allé en grande partie vers l'assurance-vie, dont les excellents résultats font contraste. La collecte nette de l'assurance-vie, qui cumule 1.515,2 milliards d'encours, s'élève à 21,3 milliards pour l'année. Rien d'étonnant, avec un rendement attendu entre 2,2 et 2,4% en 2014.

A priori, le public de l'assurance-vie n'est pas aussi modeste que celui du livret A. Mais un coup d'oeil au rapport annuel 2013 de l'Observatoire de l'épargne réglementée permet de s'apercevoir que les livrets au-dessus de 15.300 euros représentaient à eux seuls 58,4% de l'encours total. Pour ces épargnants avisés, l'assurance-vie, malgré sa fiscalisation, est devenu un placement moins gagnant-perdant.

mardi 15 janvier 2013

Livret A: baisse de 0,5% au 1er février

Le gouvernement va abaisser la rémunération du Livret A au 1er février 

Rechute du taux de Livret A
Rechute du taux de Livret A

Ce placement populaire passera de 2,25 % à 1,75 % dès le mois prochain, a annoncé mardi le ministre de l'économie, Pierre Moscovici.
Début janvier, Pierre Moscovici avait pourtant laissé entendre que le taux de rémunération ne devrait pas passer sous les 2%...

Deux semaines plus tard, le ministre n'est pas responsable.
Il ne fait qu'appliquer les recommandations de la Banque de France, déclare-t-il. "Je suivrai cette recommandation et le taux du livret A sera bien à 1,75 %", a déclaré le ministre sur RTL. Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, avait proposé lundi de ramener à 1,75 % le taux du livret A et du Livret de développement durable (LDD).

Plus son taux baisse, plus le Livret A rapporte, selon Moscovici

Mais le gouvernement et la Banque de France sont "tombés d'accord sur le fait qu'il y a quand même un souci des Français par rapport à leur pouvoir d'achat" et"donc nous avons rajouté un coup de pouce de 0,25 %", a déclaré M. Moscovici. "Ce qui fait que le pouvoir d'achat du livret A sera le plus important depuis deux ans", a assuré le ministre, en expliquant que le pouvoir d'achat du Livret représente la différence entre le taux de rémunération et le taux d'inflation. Contrairement aux observations quotidiennes des ménagères françaises, la hausse des prix à la consommation (hors tabac) se serait établie à 1,2 % en 2012.

Après avoir déjà grimpé de 4,4 % en 2011, le prix du panier moyen des consommateurs acheté dans les supermarchés et hypermarchés a encore progressé de 3,5% en 2012
pour atteindre 137,07 euros. Du jamais vu depuis la création de cet observatoire par l'Association Famille rurale, qui relève les prix dans trente-six départements et quatre-vingt-six magasins.

Le Livret A reste-t-il concurrentiel et intéressant ?
La baisse de 0,50 point de son rendement peut-il laisser penser que les épargnants font une bonne affaire? Ceux et celles qui ont récemment rempli leur Livret A ont profité du relèvement de son plafond, mais n'est-ce pas illusoire ?. 

Certains livrets bancaires affichent des taux plus élevés. 
Ainsi, RCI Banque (la filiale bancaire de Renault), par exemple, promet du 5,5 % pendant 4 mois. Passée cette période promotionnelle, le rendement reste à 2,30 %. Il faut certes retrancher 15,5 % de prélèvements sociaux, puis y appliquer son barème d'impôt sur le revenu. 

Quant aux comptes à terme, il faut accepter de bloquer son épargne pendant deux, voire trois ans pour commencer à bénéficier de taux attrayants, mais faire un retrait du Livret A est également pénalisant.

Surtout, le ministre socialiste fait l'impasse sur le fait que le relèvement du plafond du Livret A ne profite guère aux épargnants les plus modestes. Qui sont les salariés défavorisés, smicards et précaires, qui peuvent espérer placer 22 950 euros ?

Enfin, avant d'ouvrir un Livret A, les banques vérifient que le client n'en possède pas déjà un. En cas de multi détention, le titulaire encourt une amende de 2 % sur la somme placée en doublon sur un autre Livret A. La sanction est applicable depuis le 1er janvier 2013.

Cette annonce pourrait profiter à l'assurance-vie
Mais profite-t-elle aux détenteurs fragiles ? Les taux des fonds en euros ont encore reculé en 2012, mais devraient s'établir en moyenne à 2,85 %. Le différentiel sera désormais moins important, mais restera plus productif que le taux de Livret A.

Le logement populaire devrait donc profiter de la baisse...
Pour le financement du logement social, le gouvernement pouvait déjà tabler sur le relèvement du plafond du Livret A à 22 950€ depuis le 1er janvier.
Pour "éviter qu'un mouvement de trop grande ampleur ne soit mal compris" par les épargnants, la baisse de taux au 1er février baisse moins forte que redoutée pour soutenir le logement social. Celui-ci est en effet financé en partie par l'argent déposé sur le Livret A.