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dimanche 12 avril 2020

Des présidents socialistes de départements réclament l’instauration d’un revenu universel

Les socialistes restent porteur du virus du revenu universel 

Cette solution "changerait le référentiel des solidarités humaines," estiment encore dix-neuf présidents PS de départements 

Demain, tous intermittents? - L'Express
Le salut est dans l'intermittence
En cela, ils ne font que s'aligner sur leurs camarades espagnolsLa crise économique liée au coronavirus accentue les inégalités, assurent l'internationale socialiste dans tous les media depuis quelques jours. Ils n'ont pas progressé, ni en Espagne, ni en France et trois années d'échecs ne leur ont pas encore permis de revoir leur logiciel et, faute de mieux, ils continuent à y voir la riposte à la crise du Covid-19, cette fois. Un revenu universel pourrait les atténuer, maintiennent ses partisans.
Après deux ans de pouvoir, le gouvernement socialiste de
Pedro Sanchez est à la rue

En France, le sujet avait fait un flop dans le débat public des primaires de la gauche, en 2017. Deux candidats en vantaient les avantages, mais avec deux dispositifs radicalement opposés. Benoît Hamon envisageait un "revenu universel d'existence", accessible dès l'âge de 18 ans jusqu'à sa retraite, sans conditions de recherche d'emploi. L'ancien premier ministre, Manuel Valls prônait, quant à lui, un "revenu décent" combinant plusieurs aides sociales, fustigeant au passage la société de "l'assistanat et du farniente". Quelle que fût la formule, les Français demeuraient majoritairement hostiles au concept.

Trois ans plus tard, la crise économique due à la propagation du coronavirus et au confinement généralisé peut-elle inverser la donne ? "Beaucoup de travailleurs, comme les intermittents du spectacle ou les livreurs à vélo, deux exemples assez peu motivants, se trouvent dans des situations précaires. On se rend compte que, pour eux, une perte d'emploi peut conduire à une perte totale de revenus. Certains sont donc obligés de travailler malgré les risques encourus, explique Fanny Deltruel, du Mouvement français pour un revenu de base (MFRB)
Pour relancer sa proposition, la gauche socialiste saisit l'occasion d'une circonstance exceptionnelle de fragilité et d'inégalités augmentées créée par le coronavirus, après ses échecs électoraux mal digérés. Favorable à un revenu individuel, à vie et cumulable avec les revenus du travail et les aides sociales, l'association considère que le mécanisme - une véritable aubaine - serait utile pour répondre à d'autres crises. "On sait que ce genre de situations va se reproduire de plus en plus, assurent les Cassandre qui font leur lit sur la misère humaine. Notamment en raison du changement climatique. [Ca manquait, en effet!] On ne va pas vivre confinés à chaque fois et se demander comment payer son loyer et sa nourriture. Un support plus stable et pérenne est nécessaire", ajoute la militante, salariée de ... Microsoft. 

Des présidents socialistes de départements réclament l’instauration d’un revenu universel 

THomas Porcher et le revenu universel - Vidéo dailymotion
Dix-neuf présidents socialistes de départements ont bondi sur les media comme le CoVid19 sur le bas clergé réclamant, dimanche 12 avril, l’instauration d’un "revenu de base" universel, présenté comme un outil pragmatique pour lutter contre la pauvreté.
"Alors que la crise sanitaire du Covid-19 évolue chaque jour un peu plus en une crise économique mondiale, poussant nos systèmes de solidarité dans leurs retranchements, le revenu de base apparaît (…) comme une solution pour amortir le choc social qui risque de faire basculer nombre de nos concitoyens dans la précarité", assurent-ils de nouveau, dans une tribune publiée par Le Journal du dimanche. 

L’allocation serait "sans contrepartie mais avec un accompagnement renforcé, automatique pour résoudre le problème du non-recours aux droits, ouvert dès 18 ans pour lutter contre la précarité des plus jeunes, dégressif en fonction des revenus d’activité et d’un montant égal au seuil de pauvreté," préconisent-ils. 

Et qui va "donner" aux Français "les outils de leur autonomie" ?
"Comme l’a justement dit le président de la République le 12 mars dernier, soulignent encore les quémandeurs, des décisions de rupture sont aujourd’hui nécessaires. Cette solution solidaire changera le référentiel des solidarités humaines pour redonner aux Françaises et aux Français [et surtout aux autres] confiance en un système créé pour leur apporter, à la fois, la sécurité de l’existence et les outils de leur autonomie."

Cette offrande a un coût et il sera d'autant plus lourd que l'ensemble de l'économie française sera ébranlée et que la reconstruction sera longue et difficile pour toutes et tous. 

Plan pauvreté : un «revenu universel» qui n'en a que le nom ...
Qui paiera ?
Le Fonds monétaire international (FMI) compare les effets économiques attendus de la pandémie à ceux de la Grande Dépression de 1929. En France, où le quart des salariés du privé est déjà au chômage partiel, Bruno Le Maire, le ministre de l’économie, annonce une récession économique forte, anticipant pour l’heure un recul du PIB de 6 % rien qu'en 2020.

Les dix-neuf signataires de la tribune sont 
Sophie Borderie (Lot-et-Garonne), 
Denis Bouad (Gard), 
Jean-Luc Chenut (Ille-et-Vilaine), 
Xavier Fortinon (Landes), 
Jean-Luc Gleyze (Gironde), 
Philippe Grosvalet (Loire-Atlantique), 
Mathieu Klein (Meurthe-et-Moselle), 
Alain Lassus (Nièvre), 
Philippe Martin (Gers), 
René Massette (Alpes-de-Haute-Provence), 
Georges Méric (Haute-Garonne), 
Kléber Mesquida (Hérault), 
Henri Nayrou (Ariège), 
Germinal Peiro (Dordogne), 
Serge Rigal (Lot), 
Nathalie Sarrabezolles (Finistère), 
Stéphane Troussel (Seine-Saint-Denis), 
Laurent Ughetto (Ardèche) 
et André Viola (Aude).
Leurs électorats n'ont pas fini de se mordre les doigts de leur avoir confié leur destin. 
Quoi qu'il advienne, ces socialistes peuvent toujours décider du financement d'un revenu de base dans chacun de leurs départements...

 

mercredi 24 mai 2017

Le "revenu universel" prôné par Hamon, déchiré par l'OCDE

Un revenu de base, inefficace pour réduire la pauvreté, selon l'OCDE

Accordé sans aucune condition à tous les individus d'âge actif et aux enfants,
un revenu de base serait ne serait pas un outil efficace pour réduire la pauvreté 

Image associéeet serait neutre pour les finances publiques, estime l'OCDE ce mercredi.

Dans une note intitulée "le revenu de base, que changerait-il ?", l'OCDE a étudié pour quatre pays (France, Finlande, Italie et Royaume-Uni) un revenu universel qui serait versé, sans conditions de ressources, à tous les individus d'âge actif, ainsi qu'aux mineurs.

D'un coût neutre pour les finances publiques et fixé à "un niveau pertinent" (456 euros par mois par adulte jusqu'à 62 ans et 100 euros pour les moins de 18 ans en France) - et non pas - , il exigerait un alourdissement de la fiscalité et des réductions des prestations existantes (sociales et familiales). 

Lui-même imposable, ce revenu de base "modifierait probablement le niveau de vie de vastes pans de la population", faisant des gagnants mais aussi des perdants. En France et en Italie, les préretraités et un grand nombre de chômeurs seraient ainsi perdants.

En France, et dans une moindre mesure en Finlande et au Royaume-Uni, les ménages à revenu intermédiaire, qui ne peuvent pas actuellement prétendre à des prestations sous conditions de ressources, seraient gagnants.
"Si on veut quelque chose de neutre en termes d'effort budgétaire, ça ne sera pas un instrument efficace contre la pauvreté ou les inégalités", a commenté Michaël Forster, en charge des inégalités et de la pauvreté à l'OCDE.
Résultat de recherche d'images pour "revenu universel"Benoît Hamon ne s'engageait que sur la première étape de son projet. Dès janvier 2018, auraient été concernés les résidents de plus de 18 ans, étudiants, travailleurs ou chômeurs, touchant maximum 1,9 Smic brut par mois (soit 2.800€, 5.600€ pour un couple). Les allocataires du RSA étaient inclus : pour ceux touchant le RSA socle, le revenu universel viendra remplacer cette aide, pour ceux touchant le RSA majoré (un ou plusieurs enfants à charge), la majoration sera conservée et augmentée de 10%. Les étudiants souhaitant bénéficier du RUE ne devaient pas être rattachés au foyer fiscal de leurs parents, qu'ils habitent chez eux ou pas. D'après le candidat, 10 millions de ménages devraient voir leurs revenus augmenter.
En 2018,
le candidat souhaitait revaloriser le RSA à hauteur de 600 euros et rendre le versement automatique pour les ayant-droits. Pour les 18-25 ans et les travailleurs, une prime leur aurait été versée de manière dégressive, selon leurs conditions de ressources, de 600 euros, à ceux n'ayant aucun revenu jusqu'à zéro à ceux touchant plus de 1,9 Smic.
Selon le scénario de l'étude, de nombreux ménages à faibles revenus, qui perçoivent actuellement des aides, seraient moins bien lotis. Le taux de pauvreté augmenterait en Finlande, en France et au Royaume-Uni, et resterait inchangé en Italie.

Les débats en cours sur un revenu de base et l'évolution rapide du marché du travail 

Le moment est propice à une réflexion sur "le type de protection sociale que veulent les sociétés", souligne l'OCDE.
Parmi les pistes de réflexion figurent l'instauration d'un revenu de base d'un montant plus bas, mais qui laisserait inchangée une grande partie des aides existantes, ou encore un dispositif "limité dans le temps" ou mis en place progressivement, par tranches de génération.

Objet d'expérimentations à petite échelle ou de projets dans plusieurs pays, notamment la Finlande, le revenu de base ou "universel" était la proposition phare du candidat socialiste à la présidentielle, Benoît Hamon.

jeudi 12 janvier 2017

Hamon propose le revenu universel en échec en Finlande

La Finlande a commencé à tester le revenu universel

Et ce n'est déjà pas une affaire en Finlande !

C'est bien beau d'emprunter les idées "nouvelles" aux voisins, mais encore faut-il savoir dresser le bilan. 
Depuis lundi 2.000 sans-emploi ont commencé à recevoir 560 euros par mois en Finlande. Or, critiquée en Finlande, l’expérience est mise en veillefaute de... moyens financiers ! Depuis lundi, 2.000 Finlandais reçoivent  . Il en ira de même tous les mois à venir, jusqu’à la fin de 2018. 
Ces 560 euros supplémentaires non-déclarables, versés sur leurs comptes en banque, ils ne les ont pas réclamés: ils ont été tirés au sort pour servir de " cobayes" à une expérience censée évaluer les conséquences de l’introduction d’un "revenu de base", terme retenu dans le pays pour le revenu universel. L'objectif éventuel est de le généraliser à l’ensemble de la population finlandaise.  On n'en est pas là. 

"On ne sait pas trop où on va," avoue une responsable du ministère des Affaires sociales, Liisa Siika-Aho, alors que l’expérimentation ne fait que commencer. 
C’est pourtant à la demande du Parti centriste du Premier ministre Juha Sipilä, que l’idée d’un revenu de base - défendu en France, notamment par Benoît Hamon - a abouti après les législatives de 2015 dans le programme gouvernemental. Puis, il a fait son chemin jusqu’au Parlement, qui a approuvé le principe d’une expérimentation.

Nouveau modèle de société ou coûteuse utopie ?

Manuel Valls fait expérimenter le revenu de base à l'échelle du département de l'Isère depuis octobre. Et ce dispositif agite maintenant le débat de la primaire socialiste. Douce utopie ? Le conseil départemental de la Gironde a annoncé il y a quelques jours avoir lancé une simulation pour définir les conditions d’expérimentation d'un revenu universel de base. Comme premier ministre, Valls avait publié une tribune sur Facebook en septembre où il évoquait la possibilité d’instaurer un "revenu universel garanti" fusionnant "la plupart" des minima sociaux. Expérimenté sous différentes formes en Alaska, en Allemagne et Finlande, le dispositif interpelle sur la valeur travail dans nos sociétés hyper-protégées, voire assistées.
Qu’est ce que le revenu universel ?Revenu de base, allocation universelle, revenu d’existence, revenu citoyen… Les appellations divergent mais l’idée est la même : verser à tout citoyen d’un pays donné, sans aucune condition, une somme mensuelle fixe. Le Mouvement français pour le revenu de base le définit comme "un droit inaliénable, inconditionnel" (un de plus), versé "de la naissance à la mort", de manière individuelle, indépendamment de la situation familiale et financière du bénéficiaire et "cumulable avec d’autres revenus". Fixé à environ 700 ou 800 euros dans la plupart des projets, ce revenu pourrait s’ajouter à certaines allocations (par exemple l’aide au logement) ou les remplacer. Le dispositif aurait pour effet, selon ses défenseurs, d’éliminer la grande pauvreté en versant aux citoyens de quoi subvenir à leurs besoins vitaux (logement, santé, alimentation): niveler par le bas ! Chaque individu aurait la possibilité de travailler ou non, et pourrait occuper son temps comme il l’entend, en se consacrant à une ONG, une association, à une activité culturelle ou encore à sa famille.
Qui se distingue sur le problème du revenu universel ?

L’idée séduit les anarchistes mais aussi les...écologistes, en passant par les ultralibéraux ou les libertariens. 
Le revenu de base ou revenu universel consiste à verser à chaque citoyen une somme mensuelle fixe, sans condition aucune. (photo d'illustration AFP)Elle est portée par des acteurs politiques en mal d'existence, de gauche, dont le candidat socialiste Benoît Hamon qui pense avoir trouvé le sujet de campagne qui fera parler de lui dans la primaire, comme de droite, parmi lesquelles le député Les Républicains Frédéric Lefebvre, qui défend une allocation de "800 à 1.000 euros", pendant qu'on y est. 

Ses partisans défendent des visions différentes dépassant le clivage gauche-droite. 
Pour les libéraux, l’objectif du revenu universel est de rationaliser le système d’aide sociale (un autre mille-feuille), en englobant l’ensemble des prestations sociales existantes. Dans cette version, élaborée à l’origine par l’économiste Milton Friedman, le revenu de base doit rester faible, volontairement insuffisant, si le populisme électoraliste ne s'en mêle pas. Couplé avec une suppression du salaire minimum et des prestations sociales, il serait censé éliminer la grande misère, mais aussi à flexibiliser le marché du travail et à réformer un Etat-providence jugé inefficace. 

Pour les partisans d’une vision "émancipatrice" du revenu universel, pas question en revanche de remettre en question la protection sociale. L’allocation est vue comme un outil multi-fonctions donnant aux individus les moyens de se prendre en charge et incitant au développement d’activités non-marchandes, associatives (bénévolat rémunéré), culturelles (pipeau ou balades de découverte du patrimoine industriel), citoyennes (pour lanceurs d'alertes, fact-checkers ou citoyens ou voisins "vigilants"), tout sauf créatrices de richesses. C’est cette vision qui est défendue notamment par le Mouvement français pour un revenu de base (MFRB, 2013) dont les membres sont liés par une charte et s'engagent à "encadrer" (contrôler) les élus des "communautés politiques en sorte que le revenu de base soit "distribué à tous ses membres, de la naissance à la mort, sur base individuelle, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie, dont le montant et le financement sont ajustés démocratiquement."

Avec son association d'éducation populaire Réseau Salariat, le sociologue et économiste Bernard Friot, 70 ans, professeur émérite à l'université Paris Ouest Nanterre La Défense, incarne de son côté une troisième voie, plus radicale et pensée comme une alternative au capitalisme, celle du "salaire à vie". Les richesses seraient mutualisées dans une caisse dédiée, chargée de redistribuer un salaire à tous les citoyens dès 18 ans en fonction de leur qualification, en se fondant sur l’idée que toute activité est créatrice de richesse, explique Slate. L'échelle des revenus serait de 1 à 4, soit de 1.500 à 6.000 euros. Stimulant ?
A propos, le 30 novembre 2015, Friot était parmi les signataires de l'Appel des 58 publié dans... Mediapart pour défendre la liberté de manifester pendant l'état d'urgence, décrété en France après les attentats de Paris. A l'initiative de Noël Mamère, Jean-Baptiste Eyraud (DAL) et Olivier Besancenot (trotskiste du NPA).

Quel en serait le coût pour les Français soumis à l'impôt ?

Et si le revenu de base n'était plus une utopie ?Le coût irait d’un peu moins de 200 milliards d’euros par an pour un montant autour de 500 euros mensuels à près de 400 milliards (soit un cinquième du PIB annuel de la France) pour 1.000 euros (voir d'autres évaluations ci-dessous).
Le sénateur EE-LV Jean Desessard, ex-Ligue communiste révolutionnaire et Parti radical de gauche, ancien animateur socioculturel et professeur de mathématiques, auteur d’une proposition de résolution pour l’instauration du revenu de base rejetée en mai, estime lui que le coût se situerait autour de 400 milliards d’euros par an pour un montant équivalent au RSA actuel, soit 525 euros.
Or, pour la Fondation Jean Jaurès, proche du PS, un revenu de base de 500 euros par mois coûterait 336 milliards d’euros aux contribuables (504 milliards pour 750 euros par mois  - ce qu'elle prône -  et 675 milliards pour 1.000 euros).

Pour financer ce coût, les partisans de l’approche libérale défendent une suppression des aides sociales et une refonte de l’impôt sur le revenu, qui ne serait plus progressif mais proportionnel dès le premier euro (fixé, par exemple, à 25% des revenus) et prélevé à la source. Le solde entre le revenu de base perçu par chaque individu et l’impôt sur le revenu payé par chaque individu serait positif pour les plus aisés et négatif pour les plus bas revenus. Ce qui reviendrait à comptabiliser le revenu de base comme un crédit d’impôt.
L’approche "émancipatrice" envisage, à l'inverse, un financement via une hausse de l’impôt sur le revenu pour les plus hauts salaires, de nouvelles taxes sur le patrimoine ou sur les transactions financières, une meilleure taxation des profits des multinationales, voire la création monétaire.

Les tests sur le revenu universel sont-ils positifs ?

Il est actuellement expérimenté sous une forme (très) alternative en Alaska. L’Etat américain reverse chaque année depuis 1982 les revenus du pétrole et du gaz... de schiste à ses résidents installés depuis plus de 5 ans. En 2015, ce revenu, nommé l’Alaska Permanent Fund, s’élevait à un peu plus de 2.000 dollars par personne et par an (environ 1.800 euros). Ce "dividende" citoyen fait débat, une partie de la classe politique proposant de réduire son montant afin de combler le déficit budgétaire de l'Etat, lié à la baisse du prix du baril.

Le Brésil a inscrit le revenu universel dans sa Constitution en 2004, comme un idéal à atteindre. Entre 2008 et 2014, une allocation, conditionnée à la scolarisation des enfants, a été versée aux familles les plus pauvres. Ce programme, intitulé Bolsa Familia, aurait permis d’améliorer le taux de scolarisation et de sortir de la pauvreté un très grand nombre de foyers. 

Depuis le 1er janvier 2017, la Finlande fait également une expérimentation visant à simplifier son système d’aide sociale : pendant deux ans, 2.000 chômeurs de 25 à 58 ans toucheront 560 euros par mois au lieu des différentes prestations auxquelles ils avaient droit. 

En Allemagne, seize citoyens tirés au sort perçoivent un revenu de 1.000 euros pendant un an, financé via une plateforme de crowdfunding. 

Les Suisses, en revanche, ont rejeté à près de 76% un projet de revenu de base à 2 000 euros, lors d’un référendum organisé en juin dernier.

Les mises en garde de ses opposants

Utopique et coûteux, le dispositif encouragera l’oisiveté, généralisera l’assistance et méprisera a valeur travail. 

Les marxistes craignent aussi que le revenu universel se transforme en instrument d’exploitation : d’un montant trop faible pour se passer de travailler, il offrirait au système capitaliste une "armée de réserve" où puiser des travailleurs partiellement rémunérés par un faible revenu d’existence, soulève le sociologue Robert Castel, qui s'appuie sur les analyses de Gorz (ci-dessus à droite) qui a mesuré les transformations du travail à partir des années 1970, devenant à ses yeux de plus en plus aliénant. Mais que changerait le revenu universel à la situation des intérimaires en nombre grandissant ?

D’autres, féministes conservatrices, redoutent aussi que le dispositif renvoie les femmes au foyer. L’expérimentation d’un impôt négatif, sorte de revenu de base allégé, aux Etats-Unis dans les années 1970, a en effet entraîné une baisse du temps de travail supérieure chez les femmes, assure Terra Eco, magazine en liquidation judiciaire...
Barbara Garbarczyk, qui milite pour l’instauration d’un revenu de base en Belgique, estime que malgré cet écart, ce dispositif "va dans le sens de l’émancipation des femmes" : un revenu de base, puisqu'’il est versé à chaque individu et non à chaque ménage, renforcerait l’autonomie et l’indépendance économique des femmes, particulièrement touchées par la précarité.

Ces divergences radicales vous donnent-elles envie de tenter l'aventure ?