POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est réveillon. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est réveillon. Afficher tous les articles

samedi 23 janvier 2016

Féminisme, posture politique, au mépris des femmes ?

Après Cologne, des féministes "dans le déni", explique Elisabeth Badinter

Les agressions de Cologne sont bouleversantes, estime 
Elisabeth Badinter.
Vols, violences et agressions sexuelles commises à Cologne (Allemagne), dans la nuit du réveillon du Nouvel An 2015-2016
Ecoeurée par les injonctions au silence de certain(e)s, qui sont
dans le déni de la réalité par peur des instrumentalisations racistes, elle nous appelle, dans le numéro de "Marianne" de cette semaine, à ne pas laisser tomber les femmes, comme dans les extraits qui suivent.

Elisabeth Badinter ne peut que déplorer la réaction des têtes d'affiches du féminisme en France après les agressions de Cologne. Des centaines de femmes agressées durant la nuit de la Saint-Sylvestre par des hommes étrangers, et un réflexe de la part de ces féministes comme Caroline de Haas [collaboratrice de Benoît Hamon (ancien ministre de l'Education !), porte-parole du PS, puis, membre du cabinet de Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre des Droits des femmes en 2012], elle est nommée au sein ] ou Clémentine Autain (PCF et qui assure avoir été violée à l'âge de 23 ans sous la menace d'une arme blanche): craindre en premier lieu les "instrumentalisations racistes". Dans un long entretien à paraître dans Marianne, la philosophe revient sur ce féminisme qui en oublierait la défense de la femme.

"Toutes celles qui ont mis la priorité sur la dénonciation du racisme avant la protection des femmes ont fait exactement la même erreur que la maire de Cologne [Henriette Reker a tout d'abord mis en garde contre les amalgames, avant de conseiller aux femmes de... s'éloigner des hommes]. Et j'en suis d'autant plus surprise que le féminisme, depuis une dizaine d'années, a pour principal objet, pour leitmotiv même, la lutte contre les violences faites aux femmes, ici, en France. Ce que cette affaire de Cologne a démontré, c'est que quand ce sont des étrangers qui sont en cause, alors les priorités changent. Franchement, quand on prétend diriger un mouvement féministe, ou incarner le nouveau féminisme, être à ce point silencieux, comme première réaction, sur les violences dont ont été victimes ces femmes... c'est stupéfiant !"

"S'il faut bien sûr se garder des amalgames, il ne faut surtout pas, pour autant, tomber dans le déni," souligne Elisabeth Badinter. 

Ce que les néo-féministes font, à ses yeux : "Elles sont dans l'injonction de faire silence, sous peine, disent-elles, d'alimenter le racisme."
Alors que certaines associations de banlieue reprochent à ces féministes de les avoir laisser tomber dans leur combat, la philosophe répond :
"Effectivement, le féminisme qui se reconnaît dans l'extrême gauche a adopté les priorités de l'extrême gauche. C'est à peu près ce qui se passait il y a 40 ans, du temps des staliniens. "Ne dites pas ceci ou cela, car vous feriez le jeu du fascisme", nous répétait-on à l'envi. 

Aujourd'hui ça n'a pas changé: ces femmes sont d'abord politiques, avant d'être féministes. Et à chaque fois, elles vous renvoient à la figure que, si les jeunes portent le niqab, c'est parce qu'elles le veulent bien. Et que, si vous prétendez critiquer ceci, c'est une attaque de leur pratique religieuse... Donc c'est fini, on n'en parle plus. C'est devenu un sujet tabou."
Pour mémoire et pour couper court aux agressions verbales et sur les réseaux, Elisabeth Badinter est certes une femme d'affaires, mais socialiste (autre tabou, à gauche) et philosophe, féministe. Elle est fille du publicitaire Marcel Bleustein-Blanchet (fondateur de Publicis) et de Sophie Vaillant, elle-même petite-fille d'Édouard Vaillant, député socialiste et communard et l'épouse de Robert Badinter, garde des Sceaux (1981-1986) du président Mitterrand, président du Conseil constitutionnel (1986-1995) et partisan de l'abolition de la peine de mort. Il a défendu le projet de loi adopté par l'Assemblée nationale en septembre 1981 par la majorité de gauche, mais aussi une partie de la droite, notamment Jacques Chirac et Philippe Séguin).

lundi 31 décembre 2012

Valls, ministre sensible et comptable en voitures brûlées

Spectacle de rues: flambée de voitures du 31 décembre

Il n'y a pas de raisons que ça change !

2010 et 2011
La facilité d'annoncer le pire pour que les Français se satisfassent du mauvais, ça devient une manie gouvernementale

"On vous avait prévenus", une annonce qui se traduit par "c'est bien fait !"

Certains pensent pourtant que plutôt que d'annoncer les mauvais chiffres du chômage mois après mois, Michel Sapin ferait mieux de le combattre. A la transparence, les salariés licenciés qui ont connaissance de ces chiffres du malheur avant le ministre préféreraient que Sapin retroussât les manches !

Le perspicace Valls doit penser que cette méthode d'endormissement des masses est la bonne.
Ne voilà-t-il pas en effet qu'il pleure par avance sur les 40 000 voitures brûlées chaque année

C'est la faute à pas de chance
Mais cette convictionrépandue par les media, que c'est choquant, suffira-t-elle pour que les salariés se préparent dans la bonne humeur à partir au travail à pied en pensant, sourire aux lèvres, à leur crédit et aux grognements de l'assureur. 

Valls annonce qu'il annoncera

Quoi ? 
Le nombre de voitures brûlées pour le plaisir, au prétexte de l'entrée tout feu tout flamme dans une nouvelle année qui ne s'annonce pourtant pas flamboyante... 
Ainsi le ministre de l'Intérieur affiche-t-il son fatalisme et son impuissance, alors qu'il est supposé protéger les Français. Et cet élu de la "gauche sociale" d'arroser de ses larmes de crocodile les véhicules mis hors d'usage des plus défavorisés parce qu'ils n'ont pas les moyens de se payer un garage. L'ingénieuse Cécile Duflot va-t-elle réquisitionner les garages vides ? 

A défaut d'être volontariste et efficace, Valls se veut compréhensif et larmoyant.
 
Mais en se déclarant "choqué"par ces chiffres lundi sur RTL, ce bon apôtre n'est pas très catholique, puisqu'il glisse que c'est comme ça "chaque année en France", avouant piteusement qu'il n'a plus la baguette magique qu'il avait dans l'opposition, qu'il n'y a donc rien à faire et que les Français doivent s'y résigner: le ministre de l'Intérieur ne peut rien pour eux. 

Valls a confirmé qu'il publiera  les chiffres des véhicules calcinés lors de la Saint-Sylvestre et, puisqu'il est hyper-réactif, cela sera fait dans les meilleurs délais, "dès qu'ils seront consolidés".

Le changement n'est pas pour maintenant
"Ce qui me choque, a dit Manuel Valls, c'est que plus de 40 000 véhicules soient brûlés tous les ans en France, dont un millier pour le 31 décembre." Sont-ce, Monsieur le Ministre, les chiffres de la police ? Si tel était le cas, vous risqueriez de dépasser les prévisions ! Nous osons donc espérer que vous avez prévu de pavoiser grâce aux chiffres gonflés des municipalités dans l'opposition en décembre 2011 et qui réclamaient  des dédommagements à la collectivité... 

Le ministre de l'Intérieur n'entend "pas banaliser des actes qui sont une forme de violence insupportable contre les biens"
La révélation des chiffres de véhicules incendiés durant la nuit de la Saint-Sylvestre avait été abandonnée en 2010 par les prédécesseurs de droite de Manuel Valls, afin d'"éviter toute surenchère ou compétition entre villes". Brice Hortefeux, alors ministre de l'Intérieur, avait livré seulement une tendance sur le nombre de voitures brûlées à la Saint-Sylvestre 2010.

1 147 véhicules avaient été incendiés au cours de la nuit de la Saint-Sylvestre en 2009, selon un bilan officiel.
Manuel Valls a par ailleurs annoncé que 65 000 agents des services publics (policiers, gendarmes, sapeurs-pompiers, secouristes, tout compris) seraient au total mobilisés en France pour le passage à l'année 2013. 
Maniant l'hyperbole, le ministre de l'Intérieur a enfin lancé un "message de très grande prudence" pour les automobilistes pour la nuit de la Saint-Sylvestre en leur demandant de respecter strictement la réglementation en matière d'alcoolémie au volant.

Le compte n'y est pas, Monsieur le Comptable !

Le 31 décembre 2011 et malgré les réductions d'effectifs dans la police et la gendarmerie, Claude Guéant, le ministère de l'Intérieur, avait déployé plus de 50.000 hommes sur le terrain pour assurer la sécurité du réveillon. Le Figaro rapportait que "Ce samedi matin, Claude Guéant, ministre de l'Intérieur a annoncé sur RTL qu'au total il y aurait '60.000 policiers, gendarmes, sapeurs-pompiers et sécrouriste' mobilisés." (lien)