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dimanche 9 juin 2013

Manif pour tous : des brutalités policières disproportionnées ?

L’avocat des victimes de violences policières évoque une “extrême brutalité”

Manif pour tous. “La police des polices enquête”

C'est l'annonce de l'avocat, proche du Printemps français, Me Frédéric Pichon, qui s’est engagé à défendre bénévolement les manifestants contre le mariage homosexuel victimes de violences policières. 
Lien PaSiDupes - "Manif pour tous : des pratiques policières qui interpellent" : Policiers hors-la-loi ?

Entretien exclusif de Cyril de Beketch



Simone Veil et son mari,
dangereux "ultras"...
Pourquoi vous êtes-vous engagé à défendre les personnes arrêtées dans le cadre des “manifs pour tous” ?

J’ai été frappé par une évidente forme d’injustice. Aujourd’hui, on interdit les Champs-Élysées à certains au motif qu’ils organisent une manifestation “revendicative” quand, dans le même temps, on offre à d’autres le Trocadéro pour une manifestation “festive” avec les résultats que l’on sait (émeutes des supporters du PSG le 13 mai, NDLR).
Le simple port d’un sweat-shirt de “La Manif pour tous” peut suffire à une arrestation. 
J’en ai été personnellement témoin devant le Palais de justice et j’ai eu l’occasion, avec un confrère, Me Triomphe, de contraindre les forces de l’ordre à libérer deux jeunes filles qui venaient d’être arrêtées sans autre raison que leur tenue vestimentaire, en invoquant l’article 432.4 du code pénal (le fait, par une personne dépositaire de l'autorité publique, d’ordonner ou d'accomplir arbitrairement un acte attentatoire à la liberté individuelle, est puni de sept ans d'emprisonnement et de 100 000 euros d'amende).

Comment comptez-vous dénoncer ces comportements ?
Pour commencer, en ne cédant pas devant les tentatives d’intimidation de la police et en relevant tous les actes d’entrave aux libertés constitutionnelles.
Manifester est un droit fondamental et je rappelle un fait que les autorités semblent avoir oublié depuis le début de la mobilisation contre le mariage homosexuel : le rassemblement n’est pas soumis au régime de l’autorisation mais à celui de la déclaration. Ce sont les autorités qui doivent faire le nécessaire pour que les manifestants puissent exercer leur droit. Ce n’est pas aux manifestants de s’organiser en fonction des disponibilités de la préfecture de police.
Et si, comme vous le rappelez, je me suis engagé à défendre les victimes de la répression policière, c’est parce que les forces de l’ordre semblent, dans le cadre des “manifs pour tous”, n’être contraintes à aucune autre forme de règlement que la simple obéissance à des ordres parfois hors la loi. Avec une mention spéciale pour les policiers en civil dont l’extrême brutalité et un usage de la force disproportionné m’ont été rapportés au travers de nombreux témoignages.

Comment se manifestent ces violences ?
Par exemple, en “raccompagnant” manu militari une jeune fille à la station de métro Assemblée-Nationale et en la précipitant dans les escaliers, ce qui lui a valu plusieurs jours d’ITT (Incapacité totale de travail). 

Sans aucun motif ?

Elle voulait simplement se rendre près de l’Assemblée. Deux policiers en civil lui ont demandé ses papiers parce qu’elle avait “la tête de l’emploi” [contrôle au facies]. Quand elle a ouvert son sac, ils y ont vu un drapeau de La Manif pour tous. C’était un motif suffisant pour la confier à des hommes en uniforme qui l’ont reconduite au métro dans les conditions que je viens de décrire.

Ce type de cas n’est-il pas marginal ?
Bien au contraire. Comme je vous l’ai dit, les témoignages sont nombreux, concernant non seulement les modes et les motifs d’arrestation, mais aussi les conditions de garde à vue et les tentatives d’intimidation sur les gardés à vue, comme sur certains de mes confrères qui ont été contraints de rédiger des fiches d’observation sur les conditions d’audition surréalistes compte tenu des faits reprochés.

Cette entrave à la libre circulation et ces violences peuvent-elles être condamnées ?
Dans l’affaire que j’évoquais plus haut, nous l’espérons, puisque la police des polices enquête. Mais nous avons aussi bon espoir d’obtenir des réparations pour d’autres victimes de ces violences. En effet, nous engageons de nouvelles actions, et dès le vendredi 7 juin où nous déposerons, avec de nombreux autres confrères sans lien avec le Printemps français ou La Manif pour tous, une centaine de plaintes contre les arrestations et les détentions arbitraires.

Les premières comparutions ont déjà eu lieu, quel constat en faites-vous ?
Gérard Collomb, sénateur-maire PS
de Lyon, au côté des familles
On observe une volonté de terrifier des jeunes gens de bonne famille peu habitués à la fréquentation des cellules de commissariat. Comment interpréter autrement que comme un acte purement politique les réquisitions du Parquet qui demande des mises en détention provisoire et de la prison ferme, peines en totale inadéquation avec les faits reprochés ?

[Dans certaines circonstances, Madame Taubira et le préfet de police disposent des effectifs suffisants.]
Lien PaSiDupes - Manif pour tous : l’Europe s’inquiète de la radicalisation du pouvoir socialiste en France " : La répression socialiste interpelle les démocrates européens


mercredi 11 juillet 2012

Affaire Merah : si c'est TF1, le CSA sait sanctionner

Le PS avait bénéficié de son indulgence aux rimaires et à la présidentielle 





Les pleurs sont-ils obligatoires
à la mort de Merah ?





TF1 écope d'une mise en garde du CSA


La liberté d'expression est-elle menacée ?
Deux jours seulement après la diffusion, par TF1, d'images et d'enregistrements sonores relatant les échanges entre Mohamed Merah et les policiers du Raid, le CSA a reçu les dirigeants du groupe audiovisuel, Nonce Paolini son PDG et Catherine Nayl, la directrice de l'information, ainsi que les dirigeants des deux chaînes d'information BFMTV (groupe NextRadioTV: Alain Weill et Alpha Radio) et i-télé (groupe Canal+), qui avaient rediffusé les documents en question.

Le CSA dissocie BFMTV et i-télé de TF1

La gauche mettra-t-elle un terme au pluralisme de l'information
Après avoir auditionné les dirigeants de TF1, de BFMTV et d' i-Télé, le CSA a finalement décidé de ne mettre en garde que la première chaîne. Au final, le régulateur a donc arbitré en faveur d'une mise en garde de TF1, uniquement... 
Pour cela, le CSA s'est fondé sur l'article 15 de la convention de la chaîne, qui l'enjoint de mettre en garde le public lorsque les images sont choquantes, ce qui n'a pas été fait pour l'émission "Sept à huit" diffusée dimanche dernier et présentée par Harry Roselmack.
"Sur la déontologie, nous avons toujours agi très rapidement ", s'est justifié au cours d'une conférence de presse Rachid Arhab, journaliste franco-algérien né en 1955 et ancien rédacteur en chef adjoint du journal de France 2

Michel Boyon(1946), président du CSA, qui s'est également exprimé dès dimanche matin, s'est déclaré profondément " choqué " par ces images: " il y a un minimum de précautions à prendre sur certains sujets ".

Le CSA n'est pas toujours aussi réactif

Accusés d’avoir ignoré l’équilibre du temps de parole au cours de la primaire socialiste, les patrons des chaînes d’info (i-Télé, BFM TV et LCI) furent convoqués devant l’autorité audiovisuelle. Certains comptables évoquent une avance d’environ deux cents heures d’antenne pour le Parti socialiste... "Des chiffres jamais vus, comme cette radio à 148 % de temps de parole pour le PS par rapport à la majorité." Mais n'allez pas croire que le CSA s'est saisi de lui-même ! Ce qui n'a pas retenu le député Didier Mathus (PS) de réclamer le 25 janvier au président du CSA une réunion "d'urgence" sur les conditions d'intervention à la télévision de Nicolas Sarkozy  , portant atteinte à ses yeux "à l'équité de traitement entre candidats", ce qui a déclenché des protestations à l'UMP.
Or, " le grand meeting fondateur de François Hollande au Bourget a été retransmis par quatre chaînes de télévision", a rappelé Valérie Rosso-Debord, alors déléguée générale adjointe du parti présidentiel et députée de Meurthe-et-Moselle. Mais le CSA n'a pas bronché pour autant. 

En revanche,
 les autres deux chaînes d'information, BFMTV et i-Télé, ont  échappé aux foudres du CSA, car elles sont allées chercher des " éléments nouveaux ", a considéré Michel Boyon.
En matière de sanctions, cette mise en garde est, de fait, le maximum que pouvait adresser le CSA. 

Remise en cause du  secret des sources ?

Sur le fond de l'affaire, l'autorité n'a pas à sanctionner une éventuelle irrégularité sur la provenance des enregistrements, cet aspect relevant de la justice pénale. 
Une enquête de la police des polices est d'ailleurs en cours pour déterminer leur origine.