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vendredi 6 juillet 2012

Le coucou F. Hollande a trouvé le pacte de croissance dans le nid de la droite

Le pacte de croissance était-il déjà 'dans les tuyaux depuis longtemps' ?



Hollande est-il un
Tartarin de Tarascon ?



Le journal Le Monde décrit un président français hâbleur

"Bilan globalement positif, donc, à en croire M. Hollande, qui, ultime artifice de communication, s'est installé dans le costume d'un facilitateur entre pays du Sud, Italie et Espagne, d'une part, et Allemagne d'autre part. 
"La France est un trait d'union, elle permet de rassembler [...]. Elle ne doit pas contribuer à l'affrontement, elle doit favoriser le rapprochement", a expliqué, fidèle à sa ligne traditionnelle de la synthèse, le chef de l'Etat, quelque peu récupérateur.

Alain Juppé a ramené à de justes proportions le mérite de François Hollande dans l'accord européen dont la presse lui a abusivement attribué une large part du mérite, le 29 juin dernier.
"Le pacte de croissance était déjà dans les tuyaux depuis longtemps, il consiste à réutiliser des fonds qui étaient disponibles mais enfin, cela va dans la bonne direction.' C'est ainsi que l'ancien premier ministre et ministre des Affaires Etrangères a ironisé sur la portée de l'initiative tant mise en avant par le candidat socialiste pendant la campagne présidentielle.
Pour le président de la République, le pacte de croissance permet de justifier la ratification, sans renégociation en bonne et due forme, du traité budgétaire signé en mars par Nicolas Sarkozy, à l'initiative d'Angela Merkel. 
Alors que Jean-Luc Mélenchon a parlé de 'figuration' à propos des premiers pas européens de François Hollande, a-t-il eu un rôle décisif dans l'introduction de mesures de relance au niveau européen ?
L'idée d'un pacte de croissance est-elle née avant la campagne de Hollande ? Oui, même si l'élection de François Hollande a participé à l'adoption des mesures envisagées. Dans une feuille de route d'octobre 2011, la commission européenne avait déjà esquissé, un peu en vrac, l'ensemble du dispositif qui deviendra le 'pacte de croissance' final.
Le pacte de croissance a une force juridique moindre que le traité en cours de ratification dans les vingt-cinq Etats signataires. Il va cependant permettre, au niveau européen, de mobiliser quelque 120 milliards d'euros en soutien de l'activité, sur plusieurs années, sans creuser davantage les déficits nationaux.


Pourtant, à l'automne dernier, le pacte de croissance faisait l'objet de blocages entre les Etats membres de l'Union européenne. Pour aller vite, les Européens, et les équipes de François Hollande, ont donc pu s'appuyer sur ces travaux préparatoires. La campagne présidentielle victorieuse de François Hollande a favorisé l'avancée d'un dispositif déjà lancé.


Quelles ont été les avancées depuis l'automne dernier ?

L'Allemagne, en particulier, s'opposait au lancement des project-bonds, ce projet pilote d'emprunts obligataires européens, destinés à financer les infrastructures.
Par ailleurs, l'augmentation de capital de la Banque européenne d'investissement (10 milliards d'euros) était elle aussi examinée depuis la fin de l'année dernière. Il a fallu surmonter les ultimes réserves du Royaume-Uni, qui s'inquiétait entre autres de voir la banque toujours plus concentrée sur les pays de la zone euro en difficulté.

La réallocation des fonds structurels européens inutilisés était elle aussi à l'étude, pour un montant, au final, de quelque 55 milliards d'euros.

La taxe sur les transactions financières faisait quant à elle déjà l'objet d'une proposition formelle de la Commission avant l'élection de François Hollande. Il est très vite apparu que le Royaume-Uni et quelques autres pays, dont l'Irlande et les Pays-Bas dans la zone euro, ne s'associeraient pas à l'initiative.
François Hollande a donc plaidé pour une coopération renforcée, entre les seuls Etats volontaires – neuf sont nécessaires pour aller de l'avant dans les prochains mois. Angela Merkel a fait de même.

Pour des raisons de politique intérieure, la chancelière allemande s'est très vite ralliée à l'idée d'un pacte de croissance. 
Pour elle, il s'agissait de s'assurer de l'indispensable soutien de son opposition lors de la ratification du traité budgétaire, le 29 juin, afin d'atteindre les 3/5 des voix requis.


vendredi 29 juin 2012

Le sommet de Bruxelles met Hollande dans tous ses états

La nuit agitée du président français 




Le "capitaine de pédalo"
est de quart



Le sommet de Bruxelles est non seulement riche d'enseignements, mais aussi en émotions pour le néophyte François Hollande.

Le chef de l’Etat, arrivé jeudi dans la capitale belge fort du soutien de l’Espagne et de l’Italie, a pu craindre un camouflet quand ses deux alliés ont quelque peu ignoré le boulet , au milieu de la nuit. Mais l’annonce au petit matin d’un accord, indépendamment de lui, comprenant notamment un pacte de croissance lui a finalement rendu le sourire.


Les exigences de Monti
Ce pacte de croissance, initiative française, l’Italien Monti et l’Espagnol Rajoy avaient promis de le soutenir face aux partenaires européens plus sceptiques, particulièrement l’Allemagne. Mais aux environs de 23 heures, le président du conseil italien, très au fait du fonctionnement des institutions européennes, pose ses exigences, avec l’appui du Premier ministre espagnol. Les deux dirigeants menacent de ne pas adopter le pacte de croissance si des mesures d’urgence visant à alléger la pression des marchés sur Madrid et Rome ne sont pas d’abord entérinées.
Panique à Bruxelles. 
Agacé, le président de l’Union, Herman van Rompuy, si confiant quelques heures plus tôt sur l’imminence d’un accord, est contraint de rétropédaler. Et tous comprennent que la nuit va être longue.

Hollande colle au train du couple Rajoy-Monti

A ce moment-là, la victoire personnelle sur laquelle compte tant François Hollande avec le volet croissance qu’il promeut depuis de longs mois, est désormais menacée. D’autant que le coup est venu de Mario Monti, plus fidèle allié de François Hollande sur la scène européenne. Sur le coup, face à la presse, le président français, un brin embarrassé tout de même, se montre beau joueur. "M. Monti comme M.Rajoy m’avaient prévenu de leur position", a-t-il affirmé. "Je les comprends, ils ne pouvaient pas se contenter d’un accord partiel. Je connais leurs difficultés".
Quant à la méthode employée, François Hollande refuse de la condamner. "Chantage ? Je ne crois pas que ce soit le mot. Ce n'est pas la méthode de Mario Monti ni, pour autant que je sache, celle de Mariano Rajoy", a-t-il indiqué en commentateur extérieur, avouant du même coup que la France joue un rôle d'appoint. 

"Déjà des effets heureux"

Et c’est finalement peu avant cinq heures du matin qu’un accord est conclu. L’Espagne et l’Italie en sont les moteurs et les grands vainqueurs, alors que l’Allemagne est celle qui a cédé le plus de terrain. Quant à la France, elle est restée en retrait, mais son objectif prioritaire, le pacte de croissance, de l’ordre de 120 milliards d’euros, est adopté, sans qu'elle ait eu à peser et sans qu'il soit totalement financé....
François Hollande se déclare satisfait du travail de ses collègues italien et espagnol. Bien que dépassé, il s'est toutefois empressé de tirer les dividendes devant la presse vendredi matin, avant d’entamer la seconde journée de ce sommet de Bruxelles. "Ces premières annonces ont déjà eu des effets heureux", s'est félicité le chef de l'Etat français, bien qu'observateur, probablement en référence à l’envolée des marchés européens observée dès l’ouverture des bourses. "Nous avons bougé tous ensemble", a-t-il assuré, bien qu'à la traïne. Avant d’ajouter : "la meilleure façon de faire bouger les autres, c'est de bouger soi-même", croyant ainsi  faire illusion: la presse française relaie ses efforts de valorisation personnelle  devant son opinion...

A l'évidence, l'analyse de l'opposition ne positive pas aussi éhontément

"Je pense que c'est un petit pas en avant", a ainsi déclaré Alain Juppé sur France Info. "Il y a encore beaucoup à faire pour progresser vers une véritable union bancaire, une véritable union budgétaire, politique", a-t-il souligné, déplorant que la France soit " très en recul par rapport aux initiatives que prennent soit le président de l'eurogroupe, le président de la commission (européenne) ou l'Allemagne", a jugé l'ex-ministre des Affaires étrangères.