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lundi 21 janvier 2019

"Acte X", les gilets jaunes ont comptabilisé 147.365 manifestants

Les Gilets jaunes publient le détail de leurs relevés : et si l'Intérieur se prêtait à cette transparence ?

Des contestataires ont réalisé ce samedi 19 janvier leur premier comptage national de la participation à "l'acte X" de la mobilisation.

Deux mois après le début de la fronde, le mouvement des Gilets jaunes se structure peu à peu, alors que certaines manifestations sont désormais déclarées et encadrées par des services d'ordre, ce qui a eu pour effet de limiter les dégradations par endroits. 

Comment le chiffrage des Femmes Gilets jaunes est-il pris en compte ?

La mobilisation des femmes avait lieu, pour la deuxième fois, le dimanche suivant celle des autres. Retranché du samedi par la force des choses, leur nombre est-il décompté avec celui de la veille ou est-il négligé ?

Comme le 6 janvier, date de sa première édition, l’appel à une "marche des femmes" a essaimé un peu partout en France. Le 19 janvier, elles étaient 300 à Toulon et 150 à Parisau pied de la Tour Eiffel, avant d’entamer une marche vers la place de la Bastille à la mi-journée. Certaines avaient écrit sur leur gilet "mamans en colère", d’autres étaient venues coiffées du bonnet phrygien de Marianne.
"C’est un beau message de dire que les femmes ont aussi le droit de s’exprimer sur les sujets de société", a commenté Priscillia Ludosky, l’une des principales initiatrices du mouvement des Gilets jaunes, venue soutenir leur marche.
A Bordeaux 120 personnes, encore une fois selon la préfecture, femmes et hommes, ont pris le départ du défilé. "Le dimanche, il y a moins de CRS pour nous trousser", a plaisanté Geneviève Deyres, dit 'Zezette'. 

A Toulouse, environ 130 personnes, dont quelques hommes, ont défilé dans le calme dimanche matin, au lendemain d’un cortège record qui a réuni quelque 10.000 personnes.
Quelque trois cents Gilets jaunes ont manifesté dans le centre-ville de la préfecture du Var ce dimanche dès 13 heures.
Femmes Gilets Jaunes, à Toulon
Les gilets jaunes relèvent le défi de Macron de tenir jusqu'au-delà de son "grand débat national", en mars. 

Vendredi après vendredi, le président mène sa campagne de terrain, en vue des Européennes, mais aussi de l'implantation territoriale de son parti "La République en marche'. Par le biais de ses grands shows rediffusés sur leur longueur par les chaînes d'information en continu, il s'attire les maires consentants (deux cents à chaque fois, sur 600 invités sélectionnés) qui se prêtent à un dialogue dit "national" dont sont pourtant exclus les Gilets jaunes, puis à l'organisation d'échanges encadrés avec la population. 

Cette campagne de propagande hors normes et de collecte de soutiens ruraux financée par l'Etat et les organes de presse aux mains d'hommes d'affaires (Bouygues pour le groupe TF1 et LCI, Vincent Bolloré pour Cnews et Canal+, et Patrick Drahi pour BFMTV) ne réussit pas à enrailler le phénomène contestataire. Le nombre de manifestants fourni par  Samedi après samedi, le ministère de l'Intérieur a présenté des chiffrages de participants dégressifs jusqu'aux fêtes de fin d'année, concluant que le mouvement s'essoufflait, puis s'éteignait. Mais il a rebondit dès le premier samedi de janvier et se maintient depuis. 
La manipulation de l'opinion par les chiffres sortis du chapeau de Castaner et commentés par la presse aux ordres n'a pas démobilisé les contestataires, ni convaincu les Français qui continuent d'approuver majoritairement les actions menées pour la défense de leur pouvoir d'achat et pour plus de justice sociale. 

Un collectif de contestataires avait annoncé dans la semaine la mise en place de leur propre système alternatif de décompte, via une page Facebook appelée "le Nombre jaune".
L’image contient peut-être : 1 personne, texte

Ce dimanche 20 janvier, le groupe a ainsi dénombré "147.365 manifestants (minimum) dans les rues" de France, lors de la mobilisation nationale de ce samedi. Comme c'est le cas lors des mobilisations syndicales, cette estimation est nettement supérieure à celle fournie par le ministère de l'Intérieur  la veille à 20h : les services gouvernementaux n'avaient vu que 84.000 manifestants, chiffre passé à l'écumoire, un chiffre similaire à celui fourni pour l'acte IX de la semaine précédente. Refus d'admettre que le mouvement a repris son envol ?

Ce samedi, mettant déjà à mal les chiffres officiels, la page avait diffusé un premier décompte non-définitif de 86.110 participantsPour procéder au décompte "pragmatique" et "impartial", selon leurs propres mots, d'un mouvement aussi spontané que désorganisé, les organisateurs de la page "le Nombre jaune" se sont appuyés sur plusieurs référents régionaux sur le terrain et des méthodes "artisanales", notamment un système de comptage à l'aide de cailloux ou de bouchons.

Les organisateurs ont également déclaré qu'ils s'appuient sur des "vidéos/photos personnelles" et celles de "témoins directs sur le terrain". Outre les groupes locaux de GJ, ils disent comptabiliser aussi des "articles de presse régionale", des chiffres diffusés par les préfectures et ce "pour réaliser un comptage au plus proche de la réalité".
"Nous avons passé la nuit et la matinée à affiner et recouper tous les chiffres qui nous parvenaient. Lorsqu'il y avait un doute, nous avons pris les valeurs basses pour éviter les exagérations", expliquent les responsables sur la page.

Dans l'après-midi, la page "Le Nombre jaune" a également publié le détail de son décompte, en promettant de rééditer l'expérience samedi prochain.


19 h · 

Comme promis, voici l'album photo (4 pages) du détail ville par ville de notre chiffrage définitif, pour l'Acte X des #GiletsJaunes ce samedi 19 janvier 2019 ! (sources fournies sur notre groupe facebook : https://www.facebook.com/groups/478289132699442/ dans la rubrique "fichiers").

Rappel du total définitif : 147 365 personnes minimum, partout en France.

Comme chaque semaine, si vous constatez que votre ville, village, péage gratuit, rond-point, opération escargot, distribution de tracts, stand sur le marché ou toute autre action du weekend n'est pas recensée ou chiffrée, n'hésitez pas dès samedi prochain à nous envoyer vos chiffres ainsi qu'une source vidéo/photo d'ensemble ou lien presse exploitable !
Nous avons commencé à lister les rassemblements non chiffrés que nous repérions dans la presse locale. Si vous connaissez des Gilets Jaunes dans ces secteurs, passez-leur le mot pour qu'ils nous envoient leur chiffrage pour les prochains Actes ;)

NB : Ce chiffrage est définitif, nous ne ferons aucun ajout. Nous avons tous des obligations personnelles et nous sacrifions déjà un temps conséquent à cette tâche, bénévolement. Mais vous êtes les bienvenus dès samedi prochain pour nous aider à compléter ce tableau, et nous permettre de coller au mieux à la réalité !
Merci de votre compréhension :)

samedi 19 janvier 2019

Le Grand débat national ne fait pas taire les Gilets jaunes dans la rue, encore ce samedi

Zappés par Macron dans ses débats avec les maires, il leur reste la rue pour s'exprimer

Les manifestants ne subissent pas de provocations et peuvent maîtriser la mobilisation



Partout plus nombreux encore en France que pour l'Acte 9, des milliers de "gilets jaunes" manifestaient samedi pour leur dixième journée d'action, une mobilisation particulièrement scrutée quelques jours après le lancement par Emmanuel Macron d'un "grand débat national"  qui ne vise qu'à servir sa cause en tentant de contrecarrer un mouvement social inédit qui perdure depuis dix semaines.
A Paris, le cortège parti à la mi-journée dans le calme des Invalides, le point de rendez-vous principal annoncé sur les réseaux sociaux, avait atteint la place d'Italie à 14h30, avant de retourner d'un bon pas au point de départ.
"Je gagne 4.000 euros par mois, j'ai trois voitures et deux motos, tout va bien pour moi. Mais je suis mobilisé depuis le début car je ne peux plus supporter de voir les jeunes autour de moi qui ne peuvent pas vivre correctement", dit Eric, 58 ans, électrotechnicien de Nemours.

Dans la capitale, à Rennes, Bordeaux ou Montpellier, des pancartes affichaient "le roi Macron et sa cour déconnent", "On n'arrête pas l'histoire avec des flashball" ou "60 milliards d'euros par an d'évasion fiscale"
Les manifestants scandaient "Macron démission" et "Castaner, nique ta mère", un slogan devenu courant ces dernières semaines.

Bordeaux, peu habituée aux manifestations aussi longtemps que Juppé ne s'est pas grillé avec Macron, a vu converger plus d'un millier de personnes. Initiative prise par le gouvernement sous la pression des Gilets jaunes, le grand débat qui doit durer deux mois, "ne changera rien" face à un président qui "méprise le peuple," se désole Michel Garriga, retraité de 68 ans

A Grenoble, 1.500 personnes défilaient dans le calme.
Ils étaient 2.000 à Belfort, venus d'Alsace, des Vosges ou de Franche-Comté, encadrés par des forces de l'ordre qui n'ont plus pour consigne de frapper fort.

Beaucoup réclament un "référendum d'initiative citoyenne", "plus de démocratie".
Dans la foule, à Rennes, le dos d'un manifestant prévient: "Injustice fiscale, colère sociale".

L'ambiance était globalement bon enfant. 
A Paris, pour la première fois, les manifestants restaient groupés sur le parcours annoncé. D'autres rassemblements sont également annoncés à travers le pays, à Toulouse, Marseille, Lyon, Saint-Etienne, Roanne, Valence, Clermont-Ferrand, Montélimar, Dijon, Nevers, Montceau-les-Mines, Toulon, Avignon...

A la mi-journée, douze interpellations avaient eu lieu dans la capitale, "essentiellement pour port d'arme prohibé", selon la préfecture de police. Les précédents samedis avaient très vite été émaillés de heurts au vu du déploiement de forces de l'ordre déterminées à intimider et interpeller. 

L'exécutif a mis en place un dispositif d'ampleur comparable au week-end précédent, soit environ 80.000 policiers et gendarmes en France, dont 5.000 à Paris.

Les autorités s'attendent à une mobilisation "au moins égale à la semaine dernière"
, selon une source policière. 

Jusqu'ici, le mouvement était soumis au seul comptage officiel du ministère de l'Intérieur. Ainsi,
samedi dernier, 80.000 manifestants avaient été recensés, sans contrôle possible, loin des centaines de milliers rassemblés en novembre ou décembre, du fait de la trêve des confiseurs et de consigne de respect des commerçants.

Cet acte 10 est motivé par une source de griefs de plus: la semaine a en effet été marquée par une vive polémique sur l'usage du lanceur de balle de défense (LBD) par les forces de l'ordre et les blessures graves subies par de nombreux manifestants atteints au crâne, notamment à l'oeil, et hospitalisés dans un état préoccupant.
Vendredi, à la veille de la mobilisation, Christophe Castaner a pourtant encore défendu son usage lors des opérations de maintien de l'ordre. Sans cette arme, les forces de l'ordre n'auraient plus d'autre option que le "contact physique" et il y aurait "beaucoup plus de blessés", a librement commenté le demi-ministre de l'Intérieur. 
Il nie aussi les violences policières, se déclarant "sidéré" par les accusations, malgré certaines vidéos qui montrent un usage du LBD, sans menace immédiate sur le tireur et néanmoins visant la tête. Face à la controverse, les policiers de l'Ain porteurs de LBD lors de manifestation de Bourg-en-Bresse seront aussi équipés de "caméras-piétons".

Des femmes "gilets jaunes" appellent à une manifestation à Paris, dimanche, inspirée par l'événement pacifique qu'elles avaient déjà organisé avec succès le 6 janvier. 
Dimanche verra également l'arrivée d'un "gilet jaune" moins connu dans la capitale: José Manrubia. Parti d'Arles (Bouches-du-Rhône) le 16 décembre, cet artiste plasticien rallie Paris à pied après 34 jours de marche. Pour lui, malgré le grand débat lancé par Emmanuel Macron, pas question de désarmer sans l'instauration du référendum d'initiative citoyenne (RIC).

Le référendum d'initiative citoyenne, "c'est la revendication principale de 90% des ronds-points", estime-t-il. "Après 40 ans d'une politique de droite ou de gauche où les intérêts privés ont prévalu sur l'intérêt général, on veut pouvoir prendre en main notre destinée." Clairement, l'arrivée de représentants de la société civile - des blancs-becs ou des arrogants et les deux - n'a réussi qu'à exacerber la colère populaire.

Sourd à cette revendication du RIC, bien que bien-entendant, le chef de l'Etat privilégie le "débat national" qu'il a lancé cette semaine avec deux shows retransmis sur la longueur par les chaînes d'information en continu lors de déplacements hautement sécurisés en régions, dans des communes connues de ses proches, notamment de Lecornu, dans l'Eure. Pouvoir d'achat, fiscalité, démocratie et environnement: avec ces quatre thèmes exclusifs, le président espère répondre à tous les mécontentements.

Depuis ce samedi 19 janvier, les Gilets jaunes sont en mesure d'effectuer  leur propre décompte
 sur une page Facebook intitulée "Le nombre jaune".

Il reste encore à créer un institut non commercial susceptible d'offrir des études indépendantes et dont les responsables ne se pavaneront plus sur toutes les chaînes de radio et de télévision pour offrir leurs commentaires militants, tout en se défendant de tout conflit d'intérêts.