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mercredi 13 mai 2020

Gestion de la crise sanitaire: les 60 premières plaintes déposées contre le gouvernement

De 5, auprès de la CJR, le 25 mars, elles ont bondi à 63, le 12 mai, en moins de deux mois

Dès à présent, la Cour de justice de la République enregistre un nombre inédit de plaintes contre des membres du gouvernement français

Elles dénoncent leur gestion défaillante de la crise de la Covid-19, a annoncé mardi le procureur général François Molins.
"Il y a exactement ce soir 63 plaintes qui ont été déposées auprès de la CJR", a déclaré le procureur général près la Cour de cassation, dans un français du style hollandien peu évolué: toutes leurs phrases s'ouvrant avec "il y a" et se poursuivant avec une relative. La Cour de Justice de la République (CJR) est la seule instance habilitée à juger des actes commis par des membres du gouvernement dans leurs fonctions.

Ces plaintes, dont les premières ont été déposées fin mars au début du confinement, sont en cours d'examen par la commission des requêtes de la CJR, "qui fait office de filtre et va devoir apprécier toute seule la suite à donner à ces 63 plaintes".

"Mise en danger de la vie d'autrui"
"Ces plaintes peuvent émaner d'horizons très différents (...) de simples particuliers, de syndicats, d'associations, de médecins..., avec des plaintes en une page absolument pas motivées et d'autres plus fouillées et plus référencées, d'une vingtaine de pages", a détaillé le procureur général. 
Parmi les plaignants se trouvent notamment un collectif de médecins et des syndicats, tels que la CGT pénitentiaire ou Vigi-Police (policiers et personnels administratifs, proches de LFI). 

Au moins une quinzaine de plaintes a été déposée par des détenus, selon une source judiciaire.

Les plaignants dénoncent, selon les cas, des faits de "mise en danger de la vie d'autrui", "homicide involontaire", "non-assistance à personne en danger" ou abstention de prendre à temps des mesures pour endiguer l'épidémie. 

En parallèle, des dizaines de plaintes de particuliers, de collectifs ou d'élus sont en cours d'examen par le pôle santé publique du Parquet de Paris, le corps d'appartenance de Molins, soit contre X, soit contre des responsables de l'administration, notamment le directeur général de Santé Jérôme Salomon, numéro 2 du ministère. 

Une procédure verrouillée par l'ancien procureur François Molins

Nommé  - par décret du 26 octobre 2018 -, il est le premier procureur général près la Cour de cassation à n'avoir pas été nommé en conseil des ministres.

Il avait déjà été le premier directeur de cabinet de deux ministres successifs de la Justice à être nommé avocat général près la Cour de cassation pour exercer les fonctions de procureur de la République près le tribunal de grande instance de Paris. Le sillage de Molins dégage ainsi de forts relents de suspicion de conflits d’intérêts politiques.

Cette commission, présidée par Molins et composée de dix hauts-magistrats, peut "décider soit le classement sans aucune suite, soit la transmission au procureur général qui serait alors tenu de saisir la commission d'instruction qui agira finalement comme un juge d'instruction", a-t-il expliqué.

Ces plaintes concernent "le plus souvent le premier ministre, les deux ministres de la Santé (Agnès Buzyn et Olivier Véran) qui se sont succédé", ainsi que Belloubet (Justice), Pénicaud (Travail ) et Castaner (Intérieur).

Le gouvernement se voit reprocher sa gestion mensongère en zigzags, alors que la crise du coronavirus a fait près de 27.000 morts en France et mis à l'arrêt une bonne partie du pays. Et que, en mots à peine couverts,  le pouvoir accuse la population de ne pas avoir respecté assez scrupuleusement ses ordres et contre-ordres successifs, tout en suggérant que ses errements sont dus aux variations d'appréciation des "scientifiques".  

Le chef de l'Etat, qui ne cesse d'affirmer qu'il "assume", est quant à lui "irresponsable" pénalement des actes réalisés dans l'exercice de ses fonctions.

jeudi 20 août 2015

Un rescapé des djihadistes de l'imprimerie porte plainte contre les radios

Lilian Lepère, rescapé des frères Kouachi, porte plainte contre TF1, France 2 et RMC 

Lilian Lepère a décidé de porter plainte contre les trois media 
qui avaient révélé sa présence sur les lieux de l'attentat islamiste par les djihadistes français
   
L'irresponsabilité des media en mal d'audimat sont de nouveau poursuivis en justice pour leur traitement des attentats de ce début d'année. Caché sous un évier par son patron pendant les huit heures de la prise d'otage de l'imprimerie de Dammartin-en-Goële par les frères Kouachi, le 9 janvier 2015, l'otage des terroristes reproche aux media d'avoir mis sa vie en danger, rapporte Le Parisien ce mardi. 

Après les remontrances du CSA et la plainte collective des otages de l'Hyper Cacher, les chaînes de télévision TF1 et France 2, ainsi que la radio RMC, font désormais l'objet d'une plainte déposée par leur victime. Le Parquet a ouvert une enquête. 

L'employé de l'imprimerie de Dammartin-en-Goële dénonce en effet la diffusion de l'information de sa présence sur les lieux où s'étaient retranchés les islamistes français auteurs de la tuerie de Charlie Hebdo

"Faire réfléchir les media" qui se prennent pour des analystes et décrypteurs 

Le 9 janvier 2015, deux jours après avoir assassiné douze personnes - dont des dessinateurs récidivistes de la provocation - dans les locaux du journal libertaire Charlie Hebdo, les frères Kouachi avaient tenté d'échapper aux forces de l'ordre en se réfugiant dans cette imprimerie de Seine-et-Marne. Deux personnes n'avaient alors pas eu le temps de s'échapper: à la différence du capitaine du Costa Concordia, le patron de l'entreprise, Michel Catalano, et son employé, Lilian Lepère étaient restés les derniers. Michel Catalano avait conseillé au jeune homme de chercher refuge dans un placard sous un évier, où il était resté caché durant les huit heures qu'ont duré la prise d'otage.
 
Or, RMC a diffusé son entretien avec le député du parti Les Républicains, Yves Albarello, qui révélait la présence du jeune homme sur les lieux. 
Une information que TF1 et France 2 se sont ensuite empressés de prendre à leur compte sur leurs antennes, sans filtre malgré le recul, prenant le risque de prévenir les frères Kouachi. Ceux-ci étaient en effet à l'écoute des media, grâce à une radio et des smartphones. 

Ouverture d'une enquête par le Parquet de Paris


"La divulgation de ces informations en temps réel, alors même que les frères Kouachi, armés et déterminés, étaient susceptibles de suivre le déroulé des opérations, a fait courir un risque certain à Lilian [Lepère]", a expliqué l'avocat du plaignant, Me Antoine Casubolo-Ferro, qui porte plainte en justice.
 
La défense estime que la couverture des trois media est une "violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité ou de prudence", imposée par la loi de 1986 sur la liberté de la communication. 
Suite à la plainte déposée par Lilian Lepère, le Parquet de Paris a donc ouvert une enquête, annonce une source judiciaire. Une initiative qui fera "réfléchir les media la prochaine fois", espère Me Casubolo-Ferro.

BFMTV est déjà mis en accusation pour mise en danger des otages

Des familles ont déjà porté plaintes contre les media qui ont mis en danger la vie des otages  par leur couverture irresponsable de cette même attaque djihadiste de l'Hyper Cacher. L'avocat de six d'entre elles a en effet déposé plainte contre X le 27 mars. Me Patrick Klugman défend les intérêts des six plaignants reprochant en particulier à la chaîne privée d'information continue BFMTV d'avoir révélé pendant la prise d'otages que des clients étaient dissimulés dans la chambre froide de l'Hyper Cacher. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire, a indiqué  une source judiciaire.
L'un des trois djihadistes auteurs des attentats de ParisAmedy Coulibaly, avait tué trois clients et un employé juifs dans le supermarché, ainsi qu'une policière municipale la veille. Lors de la prise d'otages, la vie de ses clients "aurait été exposée si Coulibaly avait eu connaissance en temps réel de l'information diffusée par BFM TV", deux heures avant l'assaut, sur le fait qu'ils étaient dissimulés dans la chambre froide, a notamment dénoncé Me Klugman.

mardi 27 août 2013

Le maire de la Faute-sur-Mer jugé pour homicides involontaires

La tempête Xynthia n'est pas seule responsable

Le maire de La Faute-sur-Mer (Vendée), où 29 personnes avaient trouvé la mort lors de la tempête Xynthia en février 2010, a été renvoyé en correctionnelle pour homicides involontaires avec quatre autres personnes et deux entreprises locales, a-t-on appris mardi de source judiciaire.
 
La tempête Xynthia 
La conjonction de vents violents et de fortes marées a donné lieu à une onde de tempête qui a occasionné d'importantes inondations dans certaines régions littorales, principalement en Charente-Maritime, en Vendée et dans les Côtes-d'Armor. La Cour des comptes note que "la carte des zones submergées par la tempête Xynthia recouvre les espaces soumis aux flots marins à l’embouchure de la Sèvre niortaise.
Xynthia a fait 59 morts et de nombreux dégâts matériels. A l’Aiguillon-sur-Mer et à la Faute-sur-Mer seules, cette tempête a fait 26 personnes retrouvées noyées dans un lotissement construit en bord de mer.

La préfecture s'en tire mieux que l'élu, René Marratier
 
 
La connaissance du risque n'est imputable qu'à la commune à la date de la délivrance du permis, alors que le préfet de police est chargé de délimiter les zones à risque dans le plan de prévention des risques d’inondation (PPRI).

Selon cette information révélée par France 3 Pays-de-la-Loire, les prévenus devront en outre répondre de mise en danger de la vie d'autrui, conformément à leur mise en examen initiale. Lors de
la clôture de l'enquête en avril 2013, le Parquet des Sables-d'Olonne en charge du dossier avait évoqué pour "la mi-2014", au mieux, la date du procès auquel participeront plus d'une centaine de parties civiles.