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samedi 4 août 2018

La gauche radicale saisit le Conseil constitutionnel sur deux des trois lois voté à la fermeture

Les trois formations de gauche ont saisi le Conseil constitutionnel sur les textes de loi "avenir professionnel" et "asile et immigration"

Les "Sages" valideront-ils le bâclage législatif de fin de session extraordinaire  ? 

Vendredi 3 août, les trois groupes de gauche de l'Assemblée nationale - socialistes, insoumis et communistes - ont annoncé leur saisine du Conseil constitutionnel à propos des textes de loi controversés asile et immigration, ainsi que sur l'avenir professionnel, tous deux adoptés définitivement mercredi, en catastrophe, alors que les députés avaient leurs valises dans le couloir. 

La loi asile et immigration "porte atteinte au respect des droits de la défense", selon eux.
"En effet, la réduction des délais de traitement des demandes d'asile, recours compris, aura très concrètement pour effet de priver les demandeurs et demandeuses d'asile des garanties procédurales conditionnant l'effectivité du droit d'asile", jugent-ils. La loi porte également atteinte "au principe d'indivisibilité de la République et au principe d'égalité", avec la nouvelle condition fixée pour acquérir la nationalité à Mayotte.


Concernant le texte de loi avenir professionnel, "nous considérons qu'en plusieurs de ces articles, ce texte contrevient au principe de liberté contractuelle".
Un 'amendement présidentielimpose en effet "une nouvelle négociation de la convention assurance chômage aux partenaires sociaux", écrit la triade dans un communiqué commun .

Le texte contreviendrait également "au principe d'égalité devant la loi, notamment sur la mobilisation des droits à la formation des demandeurs d'emploi, ainsi qu'au principe d'égal accès à l'instruction en faisant de l'apprentissage une voie non plus de la formation initiale mais de la formation continue", selon eux.

Les trois groupes de gauche ont eu l'obligation de s'unir pour atteindre les 60 députés nécessaires à la saisine du Conseil constitutionnel.

mercredi 1 août 2018

Le législateur macronien fait de l'abattage : trois lois par jour

Stakhanovisme des députés : l'approche des vacances justifie-t-elle un bâclage législatif ?
Macron adopte le "fini, parti"...
L'Assemblée nationale devrait adopter définitivement trois projets de loi, vite fait mal fait, ce mercredi, pour sa dernière séance de questions au gouvernement.

Un marathon législatif. L'agenda des députés s'annonce chargé ce mercredi, avant un mois de vacances de l'Assemblée nationale, bousculée ces deux dernières semaines par l'affaire Benalla, entre auditions par les commissions d'enquête et motions de censure contre le gouvernement.
Avec trois projets de lois à adopter définitivement, ce dernier jour de session extraordinaire (un mois de travaux ajoutés à l'agenda) vient clore une année législative gloutonne: 52 projets de loi et propositions de loi définitivement adoptés, finalement à la va-comme-je-te-pousse, 130 jours de séance et plus de 1.000 heures de débats dans l'hémicycle. 

● Dernière séance de questions au gouvernement
Les députés devaient à partir de 15 heures leurs dernières questions au gouvernement avant la pause estivale. Au lendemain du rejet de deux motions de censure contre le gouvernement, les ministres pourraient encore affronter les attaques des oppositions ragaillardies par l'affaire Benalla.

● Vote du projet de loi avenir professionnel
C'est le projet phare de la ministre du travail, Muriel Pénicaud. Le projet de loi "pour la liberté de choisir son avenir professionnel" devait être adopté sans encombre par les députés, en cata, malgré le désaccord de tous les groupes d'opposition. Le Sénat a rejeté le texte, jeudi 26 juillet, considérant que la quasi-totalité de ses apports, pendant la première lecture du texte, avaient tous été supprimés par les députés en deuxième lecture.

Le texte met en oeuvre quelques unes des promesses de campagne d'Emmanuel Macron: l'ouverture des droits au chômage aux indépendants (une indemnisation en cas de faillite, à hauteur de 800 euros par mois pendant 6 mois) et les démissionnaires (une fois tous les 5 ans, à condition d'avoir un projet professionnel solide). 30.000 indépendants et autant de démissionnaires seraient concernés chaque année. 
Le texte transfert aussi le pilotage de l'apprentissage des régions aux branches professionnelles, un point de la réforme contesté par des présidents de région et les députés UDI et Les Républicains (LR).

● Vote du projet de loi asile-immigration
Rejeté ce mardi par le Sénat, le projet de loi pour une "immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie", l'un des plus clivants de l'année législative, devait néanmoins être définitivement adopté par l'Assemblée nationale : la voiture des vacances était chargée... Ce projet de loi est "dénué de toute stratégie migratoire", selon le sénateur Les Républicains (LR) François-Noël Buffet, un texte "de régression", selon la députée socialiste Marietta Karamanli, et conspué par les députés de l'opposition pendant les 61 heures de débat en première lecture à l'Assemblée, mais les enfants piaillent à l'arrière.

Ce texte avait même révélé les premières fêlures au sein de la majorité, divisée sur le sujetes vacanc mais vite calmée à l'approche des vacances. En première lecture, début mai, des députés La République en marche (LaREM) avaient défendu des amendements contre l'avis du gouvernement. L'élu Jean-Michel Clément avait même voté contre et quitté le groupe majoritaire. En deuxième lecture, jeudi dernier, onze députés LaREM se sont abstenus et une élue, Aina Kuric, a voté contre, mais ils sont revenus à la raison en août.

Parmi les mesures sur le point d'être adoptées, la réduction des délais d'instruction de la demande d'asile - de 120 à 90 jours - pour entamer rapidement le travail d'intégration des réfugiés. Parallèlement, le texte facilite la reconduite à la frontière pour les déboutés et l'accueil des acceptés, en réduisant à six mois, contre onze aujourd'hui, l'instruction de la demande d'asile. Enfin, il double le délai maximal de rétention des étrangers en attente d'expulsion, en le faisant passer de 45 à 90 jours.

● Vote du projet de loi contre les violences sexuelles et sexistes
La loi portée par Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, devrait boucler un parcours législatif sans retard. Largement adopté par l'Assemblée en mars et par les sénateurs en mai, le texte a obtenu un accord entre députés et sénateurs en commission mixte paritaire.

Le projet de loi réprime le harcèlement de rue en instituant une contravention pour "outrage sexiste", c'est-à-dire des commentaires sur le physique, sifflements, ou encore des propos sexistes, notamment. Il porte aussi de vingt à trente ans le délai de prescription de l'action publique de certains crimes commis sur les mineurs. Cependant, critiquée par des associations, la notion "d'atteinte sexuelle avec pénétration" a été enlevée du texte par le gouvernement.

Les députés reprendront leurs travaux le 12 septembre, en session extraordinaire.

samedi 21 avril 2018

Une centaine de citoyens vigilants lancent une opération anti-migrants

Des anti-migrants veulent  contrôler la frontière franco-italienne

Une centaine de militants de 'Génération identitaire' ont lancé une opération coup de poing anti-migrants dans la Vallée de la Clarée
 
Une majorité de Français, mais aussi des Italiens, Hongrois, Danois, Anglais, Allemands et Autrichiens se sont lancés dans l'ascension en raquette du col de l'Echelle (Hautes-Alpes)ce samedi matin, près de la frontière italienne, à l'un des points de passage habituels des migrants, afin de "contrôler la frontière", rapporte La Provence. Culminant à 1.762 mètres, le col de l’Echelle est situé à six kilomètres de la frontière avec l’Italie.

Ce mouvement identitaire est également à l'origine de la mobilisation "Defend Europe"

La raison d'être de cette ONG humanitaire est d'intercepter les embarcations des migrants en Méditerranée. Leur navire, financé grâce à un crowfunding en ligne, avait finalement eu un incident technique au large de l'Italie, provoquant l'intervention... du navire de sauvetage de migrants de l'ONG Sea-Eye.
Leur équipage principalement composé de Tamouls sri-lankais leur avait aussi posé problème. Certains d'entre eux ont quitté le navire lors d'une escale à Chypre et ont demandé l'asile sur place. 

"Nous allons prendre possession du col et veiller à ce qu'aucun clandestin ne puisse entrer en France

Nous allons expliquer aux migrants que ce qui n'est pas humain, c'est de leur faire croire que traverser la Méditerranée ou grimper le col enneigé n'est pas dangereux", a expliqué le porte-parole au quotidien régional.

Après une ascension en raquettes sur la neige, ils ont matérialisé une "frontière symbolique" à l’aide de grillage en plastique de chantier. Ils prévoient de passer au minimum le week-end sur place et de "notifier" aux éventuels migrants "que la frontière est fermée et qu’ils doivent rentrer chez eux".

"Ils ne vont pas trouver un Eldorado"
Depuis un an, les Hautes-Alpes connaissent une augmentation exponentielle de migrants, essentiellement d’Afrique de l’Ouest. Selon la préfecture, 315 personnes en situation irrégulière ont été refoulées vers l’Italie en 2016 et 1 900 en 2017, en majorité des Ivoiriens, Guinéens et des Maliens.
"Nous dénonçons un manque de courage des pouvoirs publics. Avec un peu de volonté, on peut contrôler les migrations. Nous allons prendre possession du col et veiller à ce qu'aucun clandestin ne puisse entrer en France.  Ils ne vont pas trouver l'Eldorado, c'est immoral. Ceux qui en payent les frais, ce sont les Français", explique Romain Espino, porte parole du mouvement.
Fondé en septembre 2012, "Génération identitaire" affiche clairement ses ambitions face à l'islamisme : "Face à l'invasion, défendons l'Europe". Sur son site internet, ce mouvement se présente comme "un mouvement politique qui rassemble des hommes et des femmes à travers l'Europe. Génération identitaire privilégie les actions au fort retentissement médiatique".
Une intervention qui survient au moment même où le gouvernement étudie un projet de loi asile-immigration.