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jeudi 31 juillet 2014

Le Conseil des ministres adopte le texte sur la transition énergétique

Rien que soixantaine articles pour alléger la facture énergétique et rendre le pays moins dépendant des énergies fossiles et nucléaire

Le projet de loi  sera discuté dès octobre à l'Assemblée
Désormais baptisé "loi de programmation de la transition énergétique vers la croissance verte", le texte a été adopté en conseil des ministres mercredi 30 juillet. 
La ministre de l'Ecologie et l'Energie, Ségolène Royal, l'a vendu comme "une loi avec des objectifs ambitieux et des moyens pour tous ceux qui veulent s'engager dans la transition énergétique", et dit avoir tenté de "faire converger des positions antinomiques".

Mais la bataille s'annonce ardue, tant les intérêts divergent.
Les sujets d'affrontement qui ont émaillé l'élaboration du texte ne manqueront pas de ressortir lors des débats parlementaires. Pro et anti-nucléaire, évolution de la consommation d'énergie, soutien aux renouvelables, nouvelles normes de construction, aides à la rénovation de l'habitat, primes aux véhicules électriques, simplification administrative, lutte contre la précarité énergétique.
"Les députés commencent à recevoir des propositions d'amendements, leur téléphone va crépiter d'ici octobre", a commenté un observateur ayant suivi le débat national sur la transition énergétique qui a réuni parlementaires, collectivités, ONG, syndicats, entreprises et experts pendant plusieurs mois en 2013.

Un projet phare du quinquennat
Si la transition énergétique est un projet phare du quinquennat, c'est que les dépenses pour se chauffer et se déplacer pèsent toujours plus lourd dans le budget des ménages (3.210 euros par foyer en 2013) et que la facture pétrolière  plombe la balance commerciale française (66 milliards d'euros en 2013).

Le but est de stopper cette escalade dangereuse, tout en sécurisant notre approvisionnement énergétique, en créant des emplois et en réduisant la pollution.

Cette loi de programmation fixe plusieurs grands objectifs

En 2050, la consommation d'énergie doit être diminuée de moitié par rapport à 2012, surtout grâce à un habitat beaucoup plus économe. "La rénovation des bâtiments est la priorité des priorités", a affirmé mardi Ségolène Royal.

Cette ambition, associée à une baisse de 30% des énergies fossiles consommées en 2030, doit aussi permettre à la France de remplir des engagements contre le changement climatique: diminuer les gaz à effet de serre de 40% entre 1990 et 2030 et les diviser par 4 en 2050 (facteur 4).

Pour l'autre secteur clé des transports, le projet prévoit de remplacer un véhicule de l'Etat sur deux par un modèle propre (électrique, hybride ou peu polluant) et une prime à la mise au rebut des vieux diesel.
Soutenir l'éolien

Enfin, la part du nucléaire, dont les coûts sont appelés à se renchérir, devra passer de 75% actuellement à 50% à horizon 2025 dans la production d'électricité. conformément à un engagement de François Hollande, 

Quels sont les moyens mis en oeuvre pour atteindre ces objectifs?

Le gouvernement va continuer à soutenir le secteur des énergies renouvelables, notamment l'éolien, et la valorisation des déchets (bois, déchets agricoles et agro-alimentaires). L'ambition est d'avoir 32% d'énergie renouvelable en 2030, contre un peu plus de 13% en 2012.

Il a aussi décidé de plafonner au niveau actuel la puissance de production nucléaire (63 mégawatts), et de définir via une programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) la part de chaque source d'énergie. Dans ce cadre, l'entrée en service de l'EPR de Flamanville impliquera des arrêts de réacteurs, mais EDF choisira ceux qu'elle souhaite fermer. Il n'est plus envisagé de fermer Fessenheim...

Alors que des voix s'interrogeaient sur la constitutionnalité du plafonnement de la production nucléaire, Ségolène Royal a annoncé que le Conseil d'Etat l'avait tout récemment validé, "tout comme le pilotage du mix énergétique".

Le gouvernement entend mobiliser sur trois ans environ 10 milliards d'euros
Il mise sur un effet de levier: prêts à moins de 2% pour les collectivités (5 milliards), allègement fiscal pour les particuliers (30% des travaux, jusqu'à 16.000 euros), relance du prêt à taux zéro (jusqu'à 30.000 euros).

La création d'un chèque-énergie pour les ménages précaires est aussi "actée", a indiqué Ségolène Royal, mais "le dispositif reste à finaliser" et à financer.

mercredi 19 février 2014

Greenpeace déverse cinq tonnes de charbon devant l'Élysée

Conseil des ministres franco-allemand 
Les supranationaux de Greenpeace font la leçon à nos parlementaires
Illégitime, l'ONG  entend pourtant réclamer une transition énergétique vers moins de charbon en Allemagne et moins de nucléaire en France.
Un peu avant 7 heures, une dizaine de militants de Greenpeace ont suffi pour garer un camion au-delà du portail de l'Élysée, avant de déverser le charbon, symbole d'une énergie très polluante et encore très consommée en Allemagne.

A noter que la gauche socialo-communiste a maintenu artificiellement l'exploitation du charbon de Gardanne (ville communiste des Bouches-du-Rhône) jusqu'à l'arrêt de l'extraction en février ...2003.

Les factieux ont frappé quelques heures avant un conseil des ministres franco-allemand, pour réclamer un objectif ambitieux de 45 % d'énergies renouvelables en Europe en 2030, a fait savoir l'ONG par communiqué.
 
Dans un communiqué intitulé "Frau Merkel, Monsieur Hollande, non au charbon et au nucléaire, la vraie transition énergétique maintenant", 
cette opération coup de poing médiatique vise à rappeler l'exigence écologiste de 45 % d'énergies renouvelables en 2030 en Europe, alors que les États discutent en ce moment des futurs engagements en matière énergétique.

Les écologistes  ont déversé deux cuves de 2.000 litres d'eau contaminée au tritium et recueillie aux environs de La Hague


Un porte-parole de Greenpeace certifie que cette eau est conditionnée mais ne représente pas de danger immédiat.
"Les objectifs affichés pour l'instant par les deux pays pour le futur paquet climat-énergie européen 2030 sont vraiment le contraire de l'ambition revendiquée dans les discours", estime Sébastien Blavier, chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace France et abondamment relayé par la presse.

La Commission européenne a proposé de réduire les émissions de gaz à effet de serre de l'UE de 40 % d'ici 2030, avec un objectif contraignant de 27 % d'énergies renouvelables au niveau européen et un objectif indicatif de 25 % d'économies d'énergie. Les dirigeants européens doivent se prononcer sur ces propositions lors d'un sommet les 20 et 21 mars à Bruxelles.