Vaucluse: le suppléant de la candidate socialiste appelle à voter UMP
Le "front républicain" se lézarde
Des socialistes soutiennent l'UMP
Alors que Catherine Arkilovitch (21,98 %), la candidate socialiste arrivée 3e dimanche, avec 21,98% dans la 3e circonscription du Vaucluse (Carpentras), a décidé de se maintenir pour nuire à Marion Maréchal-Le Pen (34,63%) au second tour, son suppléant s'est désolidarisé de sa tête de liste ce mercredi pour appeler à voter pour le candidat UMP.
Le jacobine Martine Brochen-Aubry, premier secrétaire du PS, avait pourtant insisté depuis Paris pour que Catherine Arkilovitch " retire sa candidature", pour "faire barrage au Front national", disait-elle. Certains poids-lourds du PS vauclusien avait même exercé des pressions sur cette sorte de chauffeur de semi-remorque pour qu’elle s'arrête sur une aire d'autoroute. Arc-boutée sur son volant, elle avait d’abord refusé, persuadée qu’elle pouvait tout de même l’emporter dimanche prochain. Puis elle avait demandé un délai pour réfléchir, jusqu'au soir, quand elle confirma qu'elle irait jusqu'au péage du 17 juin, quitte à être exclue du PS...
"Nous sommes allés déposer hier (mardi) matin notre candidature tous les deux pour le deuxième tour. Ensuite, nous avons déjeuné ensemble et il ne m'a rien dit", fulminait mercredi la candidate socialiste homasse, qualifiant de "sans-couille" Roland Davau et tous les socialistes qui, à la suite de la patronne du PS, appellent à voter UMP. La "gauche molle" prolifère autour de l'amère de Lille...
Roland Davau a expliqué son retrait par le choix local du Front de gauche de Mélenchon et de ses communistes d'appeler finalement à un "front républicain" pour empêcher l'élection de Marion Maréchal-Le Pen.
L'extrême gauche est contre-productive. "Jusqu'à hier (mardi) matin, je pensais y aller mais c'est vraiment le retrait du Front de gauche qui a déclenché ma décision", a expliqué R. Davau.
Le candidat du Front de gauche, Roger Martin, a confirmé dans un communiqué le choix de son mouvement: "Le risque d'une élection de la candidate FN/Ligue du Sud était suffisamment sérieux pour avoir amené la première secrétaire du PS Martine Aubry, SOS Racisme et le maire (PS) de Carpentras à demander le retrait de la candidate socialiste".
R. Davau a expliqué que cette déclaration de SOS Racisme qualifiant Mme Arkilovitch de "candidate de la honte", accusée aux côtés des UMP Nadine Morano et Roland Chassain de faire le jeu du FN, avait "aussi beaucoup compté".
En place depuis 26 ans, le député sortant UMP, Jean-Michel Ferrand, a fait 30,03%.
Le suppléant socialiste indépendant a précisé rester de facto suppléant "à l'insu de son plein gré"
"J'ai tenté une démarche à la préfecture pour faire enregistrer ma déclaration de retrait de candidature (...) Ils vont refuser mon retrait, mais il faut distinguer l'acte administratif de l'acte politique", a-t-il fait valoir.
Un conseil national du PS devrait prononcer mardi la sanction de la forte tête Catherine Arkilovitch, a fait savoir la direction parisienne du PS.
Le centralisme démocratique du Parti socialiste
Ce mode d'organisation interne du PS impose autoritairement que les décisions des congrès, dont les délégués sont démocratiquement élus par la base, doivent être appliquées par tous. Le centralisme démocratique se caractérise donc par la liberté de débat interne et une stricte discipline en externe. Une phrase de Lénine résume assez bien ce mode d'organisation : " liberté totale dans la discussion, unité totale dans l'action."
Comme le Parti communiste français, Lénine Aubry se reconnaît parfaitement dans le centralisme démocratique: c'est l'un des fondements des organisations léninistes. Mais, comme le dogme fumeux du "front républicain"
et réagissent vivement aux ordres venus de Paris.