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vendredi 3 novembre 2017

Les députés godillots votent la réduction des aides au logement de leurs électeurs

Les oppositions de gauche et de droite accusent le gouvernement de mettre en péril le  logement social français

Les députés ont adopté le budget du ministère de la Cohésion des territoires, en quatre heures

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L'Etat se désengage : les bailleurs sociaux
seront les bâtisseurs de demain
La majorité présidentielle fait chuter de 1,7 milliard d'euros les financements que le budget du ministère de la Cohésion des territoires alloue aux aides au logement (APL) dès l'an prochain. Ce ministère est au nombre des grands perdants du projet de loi de Finances pour 2018.
Adopté dans la nuit de jeudi à vendredi, en première lecture, ce budget contraint les politiques du Logement, de l'Aménagement des territoires et de la Ville qui vont chuter de 9,8% pour passer de 18,3 milliards d'euros en 2017 à 16,5 milliards en 2018.

Paradoxalement le ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard, a soutenu que le gouvernement veut "réinterroger l'efficacité de notre politique en matière d'aides personnelles au logement et de soutien à la construction".
"Nous avons, face à un investissement d'environ 40 ou 41 milliards d'euros, quatre millions de nos concitoyens qui sont mal-logés", a-t-il fait valoir pour assurer qu'une réduction de crédits crée du logement.

Ainsi la "réforme des aides au logement" prévue dans l'article 52 du projet de loi doit-elle "conduire à une réduction des dépenses de l'Etat de 1,7 milliard d'euros en 2018", dans un "dialogue constant avec les bailleurs sociaux," a prévenu Mézard, sourd aux avertissements de ces organismes qui exigent un moratoire sur une économie budgétaire qu'ils jugent "mortifère".

Une réforme "improvisée"

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Contesté, un amendement déposé par le gouvernement qui doit permettre une "mise en oeuvre progressive" de cette ponction financière, n'a pas été soumis au vote.
Il instaure une baisse progressive des loyers du logement social de 800 millions d'euros en 2018, 1,2 milliard en 2019, puis 1,5 milliard par an à compter de 2020, pour compenser une baisse des APL équivalente.

Mais l'économie budgétaire annuelle de 1,5 milliard d'euros visée par le gouvernement sera atteinte dès l'an prochain grâce à une hausse, en parallèle, de la cotisation versée par les bailleurs sociaux à la Caisse de garantie du logement locatif social (CGLLS).
"Le gouvernement fera des propositions visant à préciser ce mécanisme", a indiqué Mézard.

Objet d'une douzaine d'amendements de suppression, tous rejetés, l'article 52 a "fait l'unanimité contre lui, tellement il est profondément injuste," a affirmé l'ex- ministre du Logement Sylvia Pinel (PRG), stigmatisant "l'improvisation et l'impréparation" de la réforme. 

La seconde partie des discussions concernant le PLF doit avoir lieu ce vendredi matin

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Pour Clémentine Autain, de la France insoumise, cet article 52 "orchestre la mise en péril de tout le système du logement social, avec une perte de recettes considérable" des bailleurs sociaux.
"On va casser un modèle HLM que beaucoup nous envient", a estimé Stéphane Peu (PCF), député-journaliste (comme Pierre Dharrréville) ex-président de Plaine commune Habitat, Saint-Denis (93), fustigeant une "politique mûrement réfléchie, cohérente, visant à affaiblir le secteur HLM et renforcer le secteur privé". "Partout en Europe où une telle politique a été menée, elle a été une catastrophe."

"Réformer, pourquoi pas ? Mais vous imposez des mesures inadéquates comme la suppression de l'APL accession qui solvabilise les ménages modestes", a jugé de son côté Thibault Bazin (LR).
Un "consensus s'est dégagé" dans l'Hémicycle en faveur du rétablissement de l'APL accession, a-t-il souligné, , un dispositif qualifié de "marqueur important" par le secrétaire d'Etat à la Cohésion des territoires, Julien Denormandie, ingénieur du génie rural, des eaux et des forêts.
Mais ce proche du président Macron (et d'Ismaël Emelien, conseiller spécial du président, qui ont créé une start-up à trois), a semblé juger prématuré le rétablissement de l'APL succession, cette aide publique étant "un élément de la discussion en cours avec les bailleurs sociaux", a-t-il dit. Huit amendements en ce sens ont été rejetés et un 9e a été retiré par son auteure, Stéphanie Do (LREM).
Les APL accession, qui facilitent l'emprunt immobilier aux ménages aux revenus modestes, devraient être supprimées dès le 1er janvier 2018.
Vers deux heures du matin, après 4h30 de débats, la séance a été suspendue. La discussion sur la seconde partie du projet de loi de Finance devait reprendre à 9h30 vendredi matin.

samedi 8 décembre 2012

Les députés durcissent la fiscalité des plus-values immobilières

L’amendement sur les logements "sous-occupés" est en revanche abandonné 


L
es résidences secondaires, cibles des députés




L'Etat occupe une pièce de 

chaque résidence secondaire


Les députés ont voté la surtaxation des résidences secondaires. Hier, vendredi 7 décembre, le rapporteur général du Budget, Christian Eckert (PS)  a fait voter l'amendement surprise du gouvernement au projet de loi de Finances rectificative qui surtaxe les plus-values immobilières dont le montant est supérieur à 50 000 euros.



Les taux votés frappent plus largement que ceux proposés.
Les cessions de bien imposables auraient vu leur fiscalité alourdie de 3% si elles donnent lieu à une plus-value de plus de 100 000 euros et de 5% si la plus-value dépasse les 150 000 euros. Le taux pourra donc s’échelonner de 22 à 24%. 




Finalement, Christian Eckert prévoyait troix taux: 3% si elles donnent lieu à une plus-value entre 100 000 euros et 150 000 euros , 6% entre 150 000 et 200 000 euros, et 9% au-delà de 200 000 euros.Au final, les députés ont décidé d’appliquer une surtaxe de 2% dès une plus-value de 50 000 euros, 3% de 100 000 jusqu'à 6% (et non plus 9%) au-delà 250 000 euros (et non plus 200 000 euros).

Une part du patrimoine de François Hollande provient de cette maison de Mougins (au-dessus de Cannes, Alpes-Maritimes).
Il a modestement sous-évalué cette maison de 130 m² avec piscine à 800.000 euros, bien au-dessous du cours. Il avait acquis ce bien avec sa concubine Royal en 1986, au taux préférentiel consenti aux députés mais en aujourd'hui le seul propriétaire, suite au partage réalisé en 2011.Il a effectué une belle plus value.Le couple avait acquis ce bien pour 800.000 francs- dont 488.000 francs pour François Hollande. Sa valeur a été multipliée par 6,5 en 24 ans.

Cette taxe va rapporter 130 millions d'euros

Cette taxe vise à compenser la suppression début 2013 du prélèvement dont le gouvernement Fillon voulait soulager les organismes HLM, et devrait apporter 130 millions d'euros.

F. Hollande possède des parts dans deux appartementsà Cannes. C'est là qu'habitent son père et son frère.A un taux préférentiel accordé aux députés, le nouveau président a acquis 70% et 30% de ces deux appartements de 54 et 80 m² respectivement, évalués à 230.000 et 140.000 euros.
Alors les critiques fusent  

"
C'est une très mauvaise décision d'aller taxer les classes moyennes à travers leur immobilier pour alléger la facture de bailleurs sociaux" qui ont parfois une trésorerie "pléthorique" ou qui ne réalisent pas investissements, s'est indigné le président de la commission des Finances Gilles Carrez (UMP).

Le député de Paris, Jean-François Lamour, s'est également insurgé contre la mesure qui casse le marché de l'immobilier.

Le gouvernement a reculé sur l'amendement initial

Le gouvernement a en effet abandonné son idée  d'instaurer une taxe de 5% sur les résidences secondaires dans les zones tendues. "Il n'était pas opportun d'ajouter un impôt de l'Etat sur un impôt local", a fait valoir le rapporteur général.
Pas de taxe de 5% sur les résidences secondaires en zones tendues.
La carte des zones tendues (©SeLoger.com)
En foncé, les zones les plus tendues. 

Gilles Carrez avait jugé "inouï" cette taxation sur les résidences secondaires en zone tendue.



Au titre de résidence principale,  Hollande est locataire d'un trois pièces situé dans le XVe arrondissement de Paris. Il partage avec sa compagne Valérie Trierweiler cet appartement d'environ 100 m², pour un loyer de 3.000 euros.
Même si en campagne le candidat avait prétendu vouloir rester dans ce logement, il habite à l'Elysée  pour des raisons de sécurité.
D'autre part, en Corrèze, François Hollande avait affirmé être locataire de son local de permanence et d'une petite chambre , pour 1.200 euros au total. Il y aurait mis un terme.Le président de la République a en outre affirmé détenir trois comptes courants, pour un total de 8.260 euros, au moment de sa déclaration le 15 mars.François Hollande déclare ne posséder ni argent placé en Bourse, ni collections d'art, ni bijoux, ni or. Seule originalité, il est propriétaire de meubles qu'il évalue à 15.000 euros. Bizarrement, penseront certains,il n'a déclaré aucun véhicule. Pas même le scooter à trois roues avec chauffeur avec lequel il circulait dans Paris.

Lien L'Express (2010): "Député, un statut très flatteur"