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mardi 5 septembre 2017

Mépris de Macron pour la presse : "Les journalistes ne m'intéressent pas"

Narcisse Macron reproche à des journalistes de "s’intéresser trop à eux-mêmes"

"Les journalistes ne m'intéressent pas; ce sont les Français qui m'intéressent; c'est ça qu'il faut comprendre", a lâché Emmanuel Macron...

Discrimination ou ostracisme ? 
A en croire les sondages, le président trentenaire ne parvient pas à étreindre bien. Ce n'est pourtant pas faute d'embrasser peu. Alors, le président frustré a manifesté son irritabilité lundi, lors de sa visite d'une école à Forbach (Moselle), après cent jours de diète imposée de l'information, il fallait oser... 
Quand France 2 l'a interrogé sur son mode de communication, il a reproché aux journalistes de "s'intéresser trop à eux-mêmes et pas assez au pays". Après qu'ils l'ont beaucoup servi comme candidat, le président s'en dégage. Dégagisme à l'envers...

De la verticalité à l'horizontalité verticale ou à la verticalité horizontale?

Il s'est mis en images pendant tous les cent premiers jours, seul ou en couple, en Une partout et sur tous les écrans, mais le voici qui réforme sa com'. Début août, Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement, défendait encore la volonté de son président de ne pas multiplier les prises de parole. "Je comprends que ça puisse agacer, interroger mais j'ai le sentiment qu'il va falloir, pour vous comme pour moi, qu'on s'y habitue parce que le président a décidé de ne pas être un commentateur mais un acteur", a raillé Castaner, lors du compte-rendu du conseil des ministres du 2 août.

Mais, début septembre, quelques jours après les critiques suscitées par l'annonce d'une baisse des aides au logement (APL), Jupiter a recadré son dispositif politique. Il compte passer de la "parole rare" - la verticalité jupitérienne - , à "l'explication" en continu - l'"horizontalité présidentielle" - qui "donne systématiquement du sens aux choses", le sens officiel, tombé d'en haut sur le pauvre peuple. 
Pour éviter les polémiques, Jupiter va s'essayer à la pédagogie. 
Convaincre ou se vautrer, car l'horizontalité vise à donner plus de place au citoyen. Or, Macron va continuer à se mettre en avant et à étouffer ce citoyen et ses représentants...
Jupiter a décidé d'ajouter le son à l'image. 
Ainsi menace-t-il de traquer les Français jusque sur les radios publiques et privées : passé acteur de feuilleton radiophonique, il assurera lui-même le commentaire de son action. Les décrypteurs de la "pensée complexe" du président devront se recycler dans les emplois aidés médiatiques. Laurent Neumann ne voit toutefois pas pourquoi il ne continuerait pas de faire du commentaire de commentaire. 

Jupiter a-t-il compris que l'horizontalité n'appartient pas à la culture des Français ? 
Pour obtenir plus d'égalité ou de liberté, ils ne s'adressent pas à leurs concitoyens; ils se tournent vers leur hiérarchie dont ils attendent qu'elle les imposent à leurs voisins plutôt qu'à eux-mêmes.  Plutôt que des explications et de la parlotte, ils attendent des actes et s'ils sont justes et bons, ils n'ont besoin ni de pédagogie, ni de rhétorique. Ni d'un bonimenteur.


"L'important n'est pas de parler de moi"


En fait, Macron pense pouvoir parler de lui-même mieux que quiconque.

Il ne laissera ce soin à personne d'autre que lui. "Les journalistes ne m'intéressent pas, ce sont les Français qui m'intéressent, c'est ça qu'il faut comprendre", a-t-il rétorqué à un journaliste qui lui demandait pourquoi il "parlait peu". 
"Quand les journalistes passent leur temps à s'interroger sur la communication, ils ne parlent pas des Français, ils parlent d'eux ! C'est ce que vous êtes en train de faire", leur a-t-il reproché.


"Vous êtes venus avec moi pour la rentrée scolaire. Il y a 12 millions d'enfants qui rentrent. L'important n'est pas de parler de moi", a-t-il lancé, leur faisant la leçon. Bien, mais c'est aussi la rentrée des enseignants: sont-ils moins vendeurs que les petits enfants à leur maman ? 
"Il faut parler quand on a quelque chose à dire, donner du sens. Je ne suis pas dans un miroir qui fait qu'on parle toujours de comment on doit parler", a-t-il polémiqué.

"Parlez-moi des Français !": l'homme d'action est-il un démagogue?

"Mais les journalistes ont un problème.
 [...] Ca fait cinq minutes que vous me parlez et vous ne me parlez que des problèmes de communication et de problèmes de journalistes; vous ne me parlez pas de la France", a-t-il conclu, avant de déjeuner à la cantine avec des parents d'élèves et les enfants. La colère du Jupiter de l'Elysée n'est-elle pas un peu trop saine pour être honnête? Comment le maître peut-il se plaindre de ses serviteurs avec tant d'ingratitude ? Que le couple ait des problèmes ne nous regarde pas et encore moins que l'épouse sexagénaire du trentenaire a dû en prendre plein les dents la veille, mais cette polémique politicienne est trop injuste et artificielle : tous sauf lui ! 

La vengeance ciblée de Macron ne s'adresse pas à l'ensemble de la corporation
Il répondait à une équipe de Complément d'enquête de France 2 venue l'accompagner à Forbach pour préparer un sujet sur la communication du président de la République.
C'est Complément d'enquête qui est dans le viseur.
A la rentrée 2017, ce magazine d'investigation devait être présenté par Nicolas Poincaré comme depuis 2014, mais on a appris en août que France 2 a recruté Thomas Sotto, 44 ans, à Europe 1 où il doit céder sa place en septembre 2017 à Patrick Cohen, lequel est ainsi coupé de son réseau d'influence à France Inter. Poincaré aurait souhaité se consacrer pleinement et exclusivement à Europe 1 où il anime la tranche du soir. 
Au coeur de ce jeu de chaises musicales, Sotto est-il bien en cour à l'Elysée ? Son nom avait circulé pour co-animer "L'émission Politique" avec Léa Salamé, mais il assurera donc la rédaction en chef de "Complément d'enquête" diffusée le jeudi soir, après "Envoyé spécial". 
Thomas Sotto avait animé dans les années 2000 une émission d'actualité dédiée aux enfants sur le service public. Il est ensuite passé par Direct 8 avant de rejoindre la chaîne BFMTV en tant que grand reporter et animateur de plusieurs grandes tranches. Puis, pendant deux ans, il a incarné le magazine "Capital" sur M6 qu'il a quitté pour se consacrer exclusivement à l'animation de la matinale d'Europe 1. C'est son retour à la télévision.
Ce Thomas devient de surcroît joker de Laurent Delahousse pour les JT de 20h du week-end et de 19h le dimanche sur France 2...

Macron place ses hommes à tous les niveaux mais nous parle d'horizontalité
Inutile de nier que la démocratie a besoin de relais hiérarchiques, mais elle manque d'hommes de terrain. Macron est allé en chercher dans la société civile pour les poser, tels des santons de la crèche, au Parlement, mais il n'a pas fallu trois mois pour constater qu'il n'a recruté que des arrivistes et des godillots ignorants de la chose politique.  Que n'a-t-il laissé les meilleurs d'entre eux où ils étaient, à la base où ils auraient pu servir la république - et non pas son souverain - à la hauteur de leur compétence, de leur jeunesse et de leur désir de labourer le terrain au pas lent de la concertation qu’implique la démocratie vu la morosité ambiante et le désenchantement croissant ? 

Au chef, la tribu donne ostensiblement le pouvoir : il détient le bâton de parole, a seul le droit d’avoir plusieurs femmes et ordonne à tous qui lui doivent obéissance. Ils ont délégué leur autorité. Mais, derrière cette élection en grande pompe, le pouvoir est clairement circonscrit aux cercles concentriques des favoris élus et des épouses choisies, auxquelles on accorde un pouvoir qui ne devrait pas sortir de l'alcôve conjugale et, au final, il est contrôlé, concentré. Le reste, l'horizontalité, n'est que faribole : du "pipi de chat," a dit Macron en juillet du travail de ses ministres. Et Macron ne se prend pas pour une crotte.

Les régimes qui, dans le monde, ont accordé la primauté à la parole sont tombés de la démagogie dans la propagande et le totalitarisme.  Macron est de l'étoffe des Narcisse amoureux d'eux-mêmes, dans la presse et la politique, et des grands paranoïaques de l'Histoire, épris de pouvoir personnel et de domination, jusqu'à l'asservissement des peuples. 

mercredi 8 février 2017

La gauche consternante a perdu tout sens de l'humour. Et son goût du ''second degré" chez Canteloup ?

On ne peut plus "rire de tout" ?

Europe 1 s'est fait passer un savon qu'il a repassé à Canteloup, lequel a craint pour ses arrières

La blague de Nicolas Canteloup sur Théo ne passe pas.
L'Elysée n'a pas glissé et la blague de Nicolas Canteloup n'est pas passée. 
Dans sa chronique humoristique de ce matin sur Europe 1, l’artiste a associé le viol présumé de Théo Luhaka par un policier et la pratique homosexuelle d'un personnage présumé être François Hollande, qui a justement rendu visite au jeune francilien mardi, à Aulnay-sous-Bois, par compassion politique et populisme électoraliste en période de campagne électorale, mais aussi par crainte d'une flambée de violences urbaines dans les quartiers dits sensibles. L'état d'urgence, c'est aussi de prendre le parti des dealers et de leurs soutiens contre la police mobilisé 24/24 sur une large partie du territoire depuis des mois.

Au cours du sketch, prenant la voix de François Hollande, l’imitateur mêla agression, homosexualité et mariage gay.

Ci-contre, Charlie hebdo soutient le moral des troupes...

Les progressistes d'antan ont retrouvé intacts leurs tabous ? Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ne se reconnaissaient pas à la frontalité de leurs attaques... Les pères-la-pudeur d'aujourd'hui compatissent moins à la souffrance de la victime présumée qu'à la paix sociale menacée à Aulnay, comme dans les communes environnantes toujours prêtes à en découdre avec les forces de l'ordre.

A défaut du sketch incriminé cette semaine, nous rappelons celui dans lequel l'humoriste unissait Hollande et Delanoë :



Mais puisque Dailymotion propose cette chronique "en flux tendu" censurée par Europe 1, la voici :

Sous la pression de la rédaction d’Europe 1 et des réseaux sociaux téléguidés Jean-Marc Dumontet, le manager de l’humoriste, a comme Hollande cherché l'apaisement, se déclarant "désolé" et parlant de "dérapage".
Le nom de l’animateur est immédiatement devenu une des principales tendances sur Twitter, suscitant parfois l’indignation.

Certains twittos au taquet manifestent une bonne connaissance des acteurs politiques et sont clairement des militants :
Ainsi le premier cité, ci-dessous,  par la presse n'est-il pas un citoyen lambda, mais journaliste cumular (France Culture, Libération, magazine So Foot et quoi d'autres ?)
Steve  vient d'embaucher  pour écrire les discours de ...

Le pseudo du suivant parle de lui-même :


On peut rire de tout. Ce matin,  n'était pas drôle. Il était juste pathétique dans une tentation de faire rire sur un sujet grave.

Les sentencieux d'Ouest France sont-ils bien intentionnés de glisser que Canteloup est également sur TF1 tous les soirs, plutôt qu'à France Inter le matin et à France 3 le soir ?

D'autres Twittos défendaient cependant la liberté d'expression et singulièrement la liberté de création des artistes :
 n'a pas été très intelligent, c'était déplacé. Mais disons la vérité,  a fait pire, et toute la France est Charlie.
L'humour de cet artiste, l'un des plus populaires en France, a également suscité un gros malaise dans le studio, notamment celui du présentateur de la matinale d’Europe 1, déjà passé de BFMTV à M6, Thomas Sotto qui a dû craindre les foudres de l'Elysée et pour son avenir. Sur Twitter, ce dernier n’a pas tardé à renouveler son allégeance en livrant bravement son ressenti sur la polémique: mitigé, comme l'eau de la douche...

 Tout le monde y trouve-t-il bien son compte ?

La société des rédacteurs d’Europe 1 a fait part -en meute frileuse- sur son compte Twitter de "son indignation" après cette chronique, décrivant un "malaise réel au sein de la rédaction". En fait, le minimum syndical, mais une faille dans la solidarité avec ce "chroniqueur".

Résultat de recherche d'images pour "sarkozy gay"
L'indignation varie...

Cette SDR n'avait pas twitté depuis novembre dernier, pour clamer son soutien corporatiste aux salariés d'i-télé en grève contre leur sauveteur qui se trouve ne pas être de gauche.

Quant à l’association des journalistes LGBT, arbitre des élégances en France, elle a dénoncé sur Facebook des "propos scandaleux".On a connu la gauche moins susceptible...
... au gré des circonstances

Face à la censure des groupes de pression "politiquement correcte", le manager du chroniqueur a parlé de "dérapage". " C’était un très gros dérapage ce matin, évidemment involontaire". "Très mauvaise inspiration qui ne nous ressemble pas. On pensait que c’était trash, c’était juste pas drôle et vulgaire. Très sincèrement désolé ", a-t-il déclaré sur la station.









Fin de quinquennat et retour à l'ordre moral
Vidéo retirée, signalements au CSA: le retour au calme par l'intimidation est plus aisé dans l'audiovisuel que sur la dalle d'Aulnay.
Elle n’a pas souhaité réagir, mais la direction d’Europe 1 a censuré la vidéo de la chronique: à midi, elle avait été retirée du site de la radio.
Interrogé, le Conseil supérieur de l’audiovisuel a indiqué avoir reçu une vingtaine de signalements de cette chronique à la mi-journée.
A-t-il gardé le souvenir de son immense tolérance passée et de son respect de la liberté de la presse ?

Le retrait ne permet pas hélas à l'opinion de se faire
un jugement libre et éclairé.