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mardi 28 août 2007

Lienemann ajuste Royal dans un entretien au JDD

Elle l’ajuste et lui dit un dernier ‘Au Revoir, Royal’

Royal est responsable du chaos dans la gauche entière. Sans compter le climat délétère qu'elle a créé dans le pays. Et, selon le dernier Journal du Dimanche, Marie-Noëlle Lienemann fait ce que tout le monde rêve de faire: elle règle ses comptes -et les nôtres- avec Marie-sEGOlène Royal dans son nouveau livre Au revoir Royal, à paraître jeudi, chez Perrin (13 € 50): est-ce qu'elle les vaut bien?

M-N Lienemann confirme les rancoeurs du PS dans l’entretien qu’elle a par ailleurs accordé au JDD. Adepte d'une ligne franchement à gauche, seule capable selon elle d'arrêter "la décomposition et l'hémorragie" qui gagnent le PS, la député européenne (PS), proche de Fabius, dit au JDD tout le mal qu'elle pense des positions "rénovatrices" de l'ex-candidate à la présidentielle.


Extraits:


Vous parlez de la campagne de Ségolène Royal comme d'une "déflagration".
Que ce soit sur la stratégie, la méthode d'action et les thèmes choisis, elle a eu faux sur toute la ligne. Elle a été imposée par les sondages et les médias. C'était un leurre. Elle a d'ailleurs joué et joue encore totalement perso. Et n'a tiré aucune leçon de la campagne. Ce qu'elle appelle son autocritique se borne à dénoncer ceux du parti qui ne l'auraient pas soutenu et l'impréparation dont elle aurait été victime. Comme toujours, elle s'épargne et ne peut pas se remettre en cause. Ce qui la rendra incapable de rebondir. Je ne lui reconnais qu'un mérite. Sa détermination au service de sa seule personne. Car elle n'a aucun sens du collectif.

Une seconde candidature Royal vous semble impensable ?
Ce qui s'est passé est irréversible. Et lorsque je dis "Au revoir Royal", c'est qu'il faut tourner la page. Sous prétexte de rénovation et de modernisme, elle a opté pour une ligne de complicité idéologique avec la droite. Avant elle, Jean-Jacques Servan-Schreiber et Gaston Defferre s'y étaient essayés. En pure perte. C'est un fourvoiement, une impasse qui prive la gauche de ses repères fondamentaux et de la victoire électorale. Elle a fait le lit de l'ouverture. Dois-je rappeler que Bernard Kouchner et Jean-Marie Bockel ont été ses premiers soutiens. Où sont-ils aujourd'hui ?

Elle a tout de même fait un score de 47 % ! En 2002, Lionel Jospin n'avait même pas dépassé le premier tour.
47 %, c'est un seuil minimal contre la droite et pourtant Ségolène Royal a bénéficié, à plein, du réflexe du vote utile. N'importe quel socialiste aurait fait ce score. Le total des voix de gauche sous Jospin a été supérieur au total des voix de gauche sous Ségolène Royal qui a fait fuir des électeurs socialistes vers Bayrou. Face à Ségolène Royal qui n'a même pas été capable de reprendre à son compte le thème de la rupture, Sarkozy a fait un des meilleurs scores jamais obtenus par la droite.
"Elle s'illusionne lourdement sur les soutiens dont elle croit bénéficier"

On n'a guère entendu d'autres voix que la sienne pendant la campagne. Où étiez-vous passés ?
Nous avons tout tenté pendant la phase préparatoire pour empêcher ce qui se préparait. Après c'était trop tard, nous ne pouvions pas prendre le risque de faire perdre plus encore notre camp. Ce décalage entre le PS et le peuple de gauche vient de plus loin. Déjà, on l'avait vu lors du "non" au référendum européen. Fidèle à sa tactique d'étouffoir, François Hollande stérilisait tout débat et faisait un chantage constant sur l'unité que nous devions afficher. Nous avons vécu des mois de tension interne maximum, beaucoup d'entre nous pressentaient que nous courrions à la catastrophe.

N'enterrez-vous pas un peu vite Ségolène Royal ? Elle n'a pas l'intention de laisser sa place.
Sa place, mais quelle place ? Si je ne m'attends pas à ce qu'elle tombe comme un fruit mûr, car elle va s'accrocher dur, je crois qu'elle s'illusionne lourdement sur les soutiens dont elle croit bénéficier à l'intérieur du parti. Que ce soit auprès des élus ou des militants. Les Gaëtan Gorce, Manuel Valls, Vincent Peillon, Arnaud Montebourg prennent déjà, plus ou moins, leurs distances. Ce ne sont plus que des soutiens flottants, prêts à jouer leur carte personnelle dès que l'occasion s'en présentera. Ils sont encore vaguement solidaires mais ils entendent la colère des militants, le dépit de ceux qui ont l'impression d'avoir été menés en bateau, floués, anesthésiés, utilisés au service d'une seule personne et non d'une cause. Les socialistes aujourd'hui sont dans l'expectative, d'autant que la période Hollande s'achève mi-2008. Mais la relève n'apparaît pas encore.

Comment reprendre la main ?
En retrouvant nos valeurs fondamentales. En travaillant dans une dynamique unitaire : le PS, le PC, les Verts, le MDC, les militants syndicalistes, les associations de gauche. Il y a là un vivier immense, fertile, prêt à travailler, autour d'un vrai programme. Il faut parler au peuple de gauche qui est parti vers Bayrou et même vers Sarkozy par désarroi, par manque de corpus idéologique. Dans les années 1970, le total des militants de gauche représentait près de 500 000 personnes. Contre à peine 300 000 aujourd'hui. L'avenir de la gauche passe par un travail de fond que sont prêts à faire Laurent Fabius, Alain Vidalies, Jean-Luc Mélenchon, Henri Emmanuelli, Benoît Hamon. Et d'autres... Le club de réflexion Gauche Avenir se réunit mi-septembre à Paris pour reprendre l'initiative. Il faut rouvrir des débats essentiels: le refus de libre-échangisme, le retour à une économie mixte, la relance de l'industrie dans notre pays, un changement de cap en Europe, de nouveaux droits comme celui au logement, un nouveau pacte républicain... Le champ est large. Nous devons redevenir le parti du monde du travail.


Un pavé dans la marais poitevin. Adieu Royal!

Au revoir Royal, le livre de Lienemann

Propos sur "la décomposition et l'hémorragie" du PS

Un livre remboursé par la Sécurité Sociale

Mot de l'éditeur sur l’ouvrage :

Marie-Noëlle Lienemann, entretien avec Philippe Cohen
Depuis le 6 mai, on nous raconte une histoire à dormir debout : la gauche a éradiqué la tribu des éléphants qui plombait le PS et imposé une candidate moderne et populaire grâce à une potion nouvelle, la démocratie participative. Bref, il n'a manqué que du temps à Ségolène Royal. Voila pourquoi il faut lui confier les rênes de la gauche pour qu'elle la conduise à la victoire en 2012.
Elle devant, tous derrière en rang et admiratifs. Cette "imposture Royal", Marie-Noëlle Lienemann, député européenne et militante de longue date, a décidé de la dénoncer, avec l'aide d'un dynamiteur en chef d'icônes -du Monde à Sarkozy en passant par BHL - Philippe Cohen.
Son récit, nourrit d'anecdotes et de petits secrets de famille socialiste -notamment ceux entendus chaque semaine aux réunions du Bureau National du PS- montre comment le couple Hollande-Royal a mené le PS à une ruine militante, morale et idéologique. Les scores électoraux du PS font encore illusion, et Royal, pur produit de la télé-démocratie, masque la faillite des idées d'une gauche devenue inaudible, incapable d'inventer une stratégie et des solutions face à la mondialisation et au délitement de la Républi-que, une gauche qui a tout misé sur une improbable alliance entre bobos et exclus, ignorant ainsi la majorité du pays. Marie-Noëlle Lienemann démonte un à un tous les échafaudages friables d'un parti dénaturé, à la fois syndicats d'élus et réserve de technocrates. Sa colère rageuse et argumentée n'épargne personne, grâce à Philippe Cohen qui la pousse à aller jusqu'au bout de cette radiographie : Oui, il faut tout changer à gauche pour reconquérir la confiance d'un peuple déboussolé et de classes moyennes apeurées. On ne ressort pas intact de ce dialogue musclé.

Grand journaliste d'investigation, Philippe Cohen est l'ancien rédacteur en chef d'Info Matin et ex-rédacteur en chef adjoint de Marianne. Il est l'auteur du fameux La Face cachée du Monde avec Pierre Péan (2003), BHL (2005), La Chine sera-t-elle notre cauchemar (2006) avec Luc Richard, etc...
Marie-Noëlle Lienemann est députée européenne de la région Nord-Ouest. Elle est entre autre l'auteur de Ma part d'inventaire (2002) aux éditions Ramsay.

L’ouvrage est à paraître jeudi 30 août chez l’éditeur Perrin pour quelque 13€50.

Un pavé dans le marais poitevin, qui éclabousse jusqu'à la rue de Solférino....

Lienemann : Royal a "faux sur toute la ligne"

Ce n'est pas qu’un ‘Au revoir’, Royal, c’est un 'adieu'!

Ils l’ont assez vue ! Il faut tourner la page…En attendant, tournons les pages de l’excellent livre de la camarade Lienemann.(ci-contre)

La députée européenne socialiste Marie-Noëlle Lienemann affirmait la semaine dernière dans un entretien au ‘Journal du dimanche’ : "Que ce soit sur la stratégie, la méthode et les thèmes choisis, (Ségolène Royal) a eu faux sur toute la ligne" au cours de la campagne présidentielle.

Cette proche de Laurent Fabius accuse l'ancienne candidate socialiste d'avoir joué "totalement perso" et de n'avoir "tiré aucune leçon de la campagne". Marie-Noëlle Lienemann condamne Sa Cynique Majesté Royal. "Ce qu'elle appelle son autocritique se borne à dénoncer ceux du parti qui ne l'auraient pas soutenue et l'impréparation dont elle aurait été victime".


Pour la députée européenne, qui se prépare à sortir un livre intitulé 'Au revoir Royal' (et dont PaSiDupes vous proposera les ‘bonnes feuilles’), "il faut tourner la page".

Selon elle, le soutien dont bénéficiait Royal auprès des militants s'effrite et les moules ('moules frites', OK ?) "Gaëtan Gorce, Manuel Valls, Vincent Peillon, Arnaud Montebourg prennent déjà, plus ou moins, leurs distances".


Les ‘Royal-boys’ n’ont pourtant pas pu trouver mieux, puisqu’elle est la meilleure… De source bien (mal) informée, ils formeraient un groupe :les Full Monty…


Dans les rédactions, on les appelle plutôt le Village People!