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jeudi 18 juin 2020

Relocalisation: le paracétamol sera bientôt produit à nouveau en France

La Covid19 activera-t-elle le retour de la France à l'indépendance nationale ?

Le coronavirus fait prendre conscience aux Français de l'intérêt du souverainisme sur l'universalisme et les délocalisations

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Un peu moins de subventions au spectacle de rue et aux associations racisées et tout le monde s'en portera mieux...

La France veut contrôler sur son sol l'ensemble de la chaîne de production du paracétamol d'ici trois ans, ont annoncé ce matin les ministères de l'Economie et de la Santé, deux jours après l'appel du président.
Un appel, suivi d'une annonce et de contacts: encore des mots, mais rien de concret depuis six mois et le début de l'épidémie.
Macron va se mettre à la relocalisation de certains médicaments. 
"Des travaux [?] sont ainsi engagés avec Seqens, Upsa et Sanofi pour que, d'ici 3 ans, la France soit en mesure de reproduire, conditionner et distribuer du paracétamol", précise un communiqué conjoint de la secrétaire d'Etat auprès du ministère de l'Economie Agnès Pannier-Runacher, une ex-présidente de comité d’audit (notamment pour une entreprise de nettoyage et d'hygiène), et du ministre de la Santé Olivier Véran, un médecin qui n'a pas diagnostiqué ma pénurie de tout dans les hôpitaux publics. 
Ni l'un, ni l'autre n'a pris l'initiative de relocaliser la production des produits pharmaceutiques qui ont fait défaut aux patients décédés.   Quant à la pénurie de produits anesthésiants, est-elle durablement surmontée?

Des chefs de service de réanimation ont décrit une tension sur des médicaments
 
On a cité les curares, qui servent à paralyser les muscles respiratoires pour pouvoir intuber les malades sévères, lesquels n'ont pas non plus toujours bénéficié des doses réglementaires d'anti-douleurs... 
La consommation d'hypnotiques et de morphiniques pour endormir les patients et soulager la douleur a été encadrée par nécessité, du fait de stocks insuffisants. Anticipant une éventuelle pénurie, certains praticiens ont adopté une médecine de crise, comme le professeur Bruno Megarbane, chef de la réanimation de l'hôpital Lariboisière. "Nous devons affiner [sic !] au mieux les dosages. Plutôt que de prescrire des doses stables [celles prescrites par les intransgressables protocoles ! ], nous adaptons la posologie au fur et à mesure, ou mélangeons parfois deux médicaments dans une même seringue." 

Depuis un discours du 16 mars - il ya trois mois -, Macron avait abusé d'un langage guerrier, le terme "guerre", et les observateurs et politiques à genoux ont usé et abusé de sa métaphore. Avec quels résultats ? Macron s'est flatté en juin d'avoir mieux géré la pandémie que quiconque...

A l'hôpital Saint-Antoine à Paris, le professeur Bertrand Guidet a dû contrôler attentivement l'état des stocks, et en rationner l'utilisation, faute de quantités suffisantes. Mais, en même temps, sa collègue Karine Lacombe ne voyait aucun empêchement déontologique à utiliser des patients comme cobayes en leur proposant un placebo dans les essais cliniques 'Discovery'...  
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mercredi 23 novembre 2016

Primaire à droite : François Fillon, très courtisé, dans un entre-deux tour électrique

Son rival, Alain Juppé, tape sous la ceinture

Fort de ses 15,6 points d’avance sur son adversaire, 
François Fillon rassemble la vraie droite.

Arrivé en tête du premier tour de la primaire de la droite, dimanche 20 novembre, le député de Paris enregistre de nombreux ralliements. Toute la journée de lundi, le député Les Républicains (LR) de Paris a accueilli à bras ouverts les nombreux ralliements. Les proches de l’ancien chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, se sont rapprochés du champion.

Le maire de Troyes, François Baroin, celui de Tourcoing (Nord), Gérald Darmanin, le président du groupe LR à l’Assemblée, du chiraquien Christian Jacob, les députées européennes, Rachida Dati et Nadine Morano, l’ancien premier ministre Edouard Balladur (avec Juppé, ci-contre à droite) de Jacques Chirac ou encore Brice Hortefeux lui ont apporté leur soutien.

L’ancien premier ministre a aussi pu se féliciter du choix de proches de Nicolas Sarkozy, Laurent Wauquiez, Eric Ciotti ou Eric Woerth contre le maire de Bordeaux.
"L’électorat s’est mobilisé en masse, a exprimé une volonté de changement. Et celui qui incarne cette volonté de rupture très forte, c’est François Fillon", confie Ch. Jacob approuvé par G. Darmanin : "Les gens n’ont pas refusé l’héritage de Nicolas Sarkozy, mais l’émetteur était abîmé. François Fillon reprend cette idée d’alternance forte."

L'ancien premier ministre reprend le flambeau du sarkozysme


A l'unisson de la presse et des sondeurs méprisants de F. Fillon lorsqu’il stagnait dans les sondages, plus 
commerciaux et politiques que scientifiques, certains sarkozystes sont prêts à faire de l’ancien premier ministre l’héritier du sarkozysme. 
Un rapprochement que salue l’entourage son ancien collaborateur, Fillon, qui n'a pas manqué d’appeler N. Sarkozy, dès dimanche soir, pour le remercier d’avoir affiché sans ambiguïtés qu’il votera pour lui. Une façon pour Fillon d'assumer une partie du bilan du quinquennat 2007-2012.

Alain Juppé a d’ailleurs très vite senti venir son isolement et a donc activé l’idée de la "reconstitution d’une équipe", lors du 20 heures de France 2, ou d’un "tandem", dans un entretien au Figaro. Mais qui reste à définir. 

Les ralliements débordent la sphère sarkozyste

La dynamique pro-Fillon ne se limite pas aux sarkozystes. Après avoir longtemps hésité entre Fillon et Juppé, Xavier Bertrand a voté pour le député de Paris dès le premier tour, selon La Voix du Nord

Bruno Le Maire s’est également mis au service du nouveau favori qui a rencontré François Fillon lundi matin: l'ancien ministre de l'Agriculture des gouvernements Fillon pendant près de trois ans a annoncé qu’il votera pour lui au second tour. Le député de l’Eure parlera au meeting de l’ancien premier ministre du président Sarkozy, mardi soir, à Lyon
L'ancien membre de l'équipe du secrétaire général de la présidence de la République de Jacques Chirac, s’y rendra avec deux de ses proches, Damien Abad, porte-parole de sa campagne, et Sébastien Lecornu, son conseiller politique, qui, lundi après-midi, a rencontré Patrick Stefanini, directeur de la campagne de F. Fillon et ancien directeur adjoint du cabinet du premier ministre Alain Juppé. 
B. Le Maire partagera également la scène avec un des rivaux de sa génération, le sarkozyste Laurent Wauquiez. "Bruno lui a juste dit qu’il se mettait à son service et qu’il ferait ce dont il a besoin. De toute façon, nous ne sommes pas en état de négocier, il faut rester humble", promet un des proches du député de l'Eure qui a recueilli 2,4 % des voix dimanche 20.

L’entourage de F. Fillon explique ces ralliements par les différences de d'amplitude entre les deux projets. "François Fillon a tiré le constat qu’il fallait des solutions de rupture. Juppé estime que la société est trop fragile pour lui imposer cela. D’une certaine façon, le premier tour a déjà tranché entre ces différentes approches", estime Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, qui assure qu’ "aucune ligne du programme ne sera modifiée" entre les deux tours.

L'excellent score de F. Fillon au premier tour (44,1 % parmi sept candidats) a rallié beaucoup de partisans de la rupture. Une force d’attraction que peine à contrer Juppé (28,5 %) qui doit aussi retenir la débandade de ses troupes.
Un des alliés de Fillon, Guillaume Delbar, maire de Roubaix, a écrit sur Twitter, lundi : "A-t-on besoin d’un second tour après une telle mobilisation ?" Mais le maire de Bordeaux refuse de lâcher l'affaire et s'entête à "continuer le combat", comme il l’a proclamé, dans la soirée de dimanche.

Juppé est reparti bille en tête, au risque de déloyauté
Lundi 21 novembre, il n’a pas pris le temps de digérer sa dégringolade. Juppé a ouvert les hostilités par un caillassage de François Fillon: bien qu'ancien ministre d'État (2007-2012) de Nicolas Sarkozy, ministre de l'Écologie, puis ministre de la Défense et enfin ministre des Affaires étrangères et européennes dans le gouvernement Fillon III, Juppé a renvoyé son ex-chef de gouvernement à son passé d’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy. "Quand on reste pendant cinq ans premier ministre d’un président de la République, c’est qu’on est totalement comptable de ce qui a été fait", a déclaré, au 20 heures de France 2, le ministre d'Etat de Sarkozy, pendant toute la durée du même quinquennat.

En début de soirée, devant ses soutiens réunis à son QG, il avait déjà qualifié  d' "extrêmement traditionaliste, pour ne pas dire rétrograde" la vision de son rival, ne répugnant toutefois pas à envoyer un signal à l’électorat catholique fortement mobilisé pour ce scrutin : "Moi, je suis plus proche de la parole du pape François que de La Manif pour tous." 

Invité du JT de 20 heures sur TF1, François Fillon a rendu les coups. "On est manifestement dans une caricature. (…) Je défends la famille, je défends l’autorité de l’Etat et l’amour de mon pays. Peut-être que ça paraît ringard sur un plateau télé mais dans le cœur des Français, ce n’est pas ringard du tout", a-t-il expliqué avant de se placer, lui aussi, dans la droite ligne de l'Eglise : "Le pape François dit la même chose que moi."

Les boulets de Juppé: Copé, NKM et Bayrou  

Alain Juppé a reçu le soutien de candidats qui ont peu pesé dans les urnes,
moins de 3%. Lundi matin, Nathalie Kosciusko-Morizet, ci-contre (2,6 % des voix), est venue s’entretenir avec lui à son QG. Et dans la soirée, Jean-François Copé (0,3 %, ci-dessous), l’a rejoint pour "ses convictions". Ils seront tous les deux présents au meeting de l’ancien premier ministre, mardi 22 novembre, à Toulouse. Pleins de rancoeur, ils vont déverser leur fiel au bal des aigris.
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Juppé rêverait qu'un autre allié puisse peser.
Mais c'est en cas d'échec du maire de Bordeaux que, dans un article du Figaro, le président du MoDem, François Bayrou, laissait entrevoir sa candidature à la présidentielle. Or, si Fillon est élu, Juppé aura déjà été renvoyé à Bordeaux. 


L'hypothèse Bayrou, si fantasque soit-elle, 
Afficher l'image d'originepermettrait éventuellement à Juppé de retrouver, au mieux, Matignon. Une donnée qui pourrait affaiblir encore le candidat LR arrivé second et donc inquiéter certains électeurs de droite, dimanche 27 novembre, au moment de choisir le candidat le plus sûr pour 2017. 

D'ailleurs, Bayrou, combien de divisions ? 
Candidat à la présidentielle 2012, avec 9,1% des suffrages exprimés et arrivant 5e, le Béarnais se retrouva symboliquement avec, derrière lui, la moitié seulement de ceux qui l’avaient, en 2007. En 2016, depuis le départ en mars d'un proche de Bayrou, Jean Lassalle (opposé à une nouvelle candidature présidentielle de F. Bayrou, critique de son idée de se retirer en cas de désignation d'Alain Juppé comme candidat de la droite, il avait laisse entendre le 3 mars 2016 qu'il envisageait une candidature à l'élection présidentielle de 2017), l'unique député MoDem (Thierry Robert, député de La Réunion) doit siéger avec le groupe RRDP (constitué de radicaux et de divers gauche). Le MoDem dispose de sept eurodéputés, grâce à une coalition électorale avec Jean-Louis Borloo, mais d'aucun sénateur.
Pourquoi le maire de Pau irait-il s'asseoir sur la branche que Juppé a commencé de scier ?

samedi 9 juillet 2016

L'"arrogance" de Cazeneuve, dénoncée par une association de victimes des attentats du 13 novembre

Humour déplacé de Cazeneuve tentant de se justifier

Une association de victimes et les responsables de la commission d'enquête sur les attentats outrés par le comportement de Cazeneuve
 

Le ministre de l'Intérieur a émis des réserves sur le rapport parlementaire, mais veut désormais mettre un terme aux polémiques qu'il qualifie d'"inutiles".

Invité ce vendredi 8 juillet de La Chaîne Parlementaire (LCP), le député Les Républicains (et magistrat) Georges Fenech - représentant l'ensemble des députés membres de la Commission dont il est le président - a dénoncé l'attitude "méprisante" et "arrogante" du ministre de l'Intérieur à l'égard du travail de la commission d'enquête parlementaire sur les attentats. Huit mois après les attentats de Paris, le rapporteur de la commission, le député socialiste Sébastien Pietransanta, a présenté mardi ses conclusions.

S'il n'y avait pas eu "de gros ratés" dans la gestion des attaques du 13 novembre,  le rapport soulignait néanmoins que la France n'était "pas à la hauteur" face à la menace djihadiste. Il appelait à une refonte des services de renseignements. 
Interrogé mercredi par le rapporteur sur les suites qu'il entendait donner à ses 40 propositions, dont la création d'une agence nationale du renseignement, Bernard Cazeneuve avait ironisé. "Si elle devait être un guichet de plus là où vous pensez qu'il y en a déjà trop, nous serions dans une situation où nous aurions transformé le mille-feuille que vous regrettez en plum pudding".

Un humour déplacé méprisant de la douleur des familles de victimes.

Politique spectacle de Hollande
Le président de la commission parlementaire s'est indigné de la légèreté du ministre Cazeneuve. "J'ai été véritablement consterné par la réponse du ministre de l'Intérieur (...) c'est inacceptable. Venir nous dire que ce que nous proposons c'est du plum-pudding ! C'est une injure à notre travail, c'est un mépris, c'est une arrogance, c'est une suffisance. Et en tant que président de la commission d'enquête, je ne laisserai pas faire", a réagi sur LCP Georges Fenech. "Je suis vraiment très en colère. Et on ne lâchera pas. On ne peut pas accepter que le ministre qui endosse la plus lourde responsabilité politique sur l'année 2015 puisse venir nous dire 'tout ce que vous avez fait, ça ne m'intéresse pas'."

Les grands airs du p'tit Nanard Bernard Cazeneuve ont également choqué l'association de victimes "13 novembre : fraternité et vérité".
Elle reproche au ministre de s'être montré "bien peu respectueux" des victimes en "balayant" les conclusions. "Nous ne nous résoudrons pas à ce que nos souffrances soient inutiles et à ce que les enseignements du 13 novembre ne soient pas tirés", affirmait cette association, dans un communiqué publié ce vendredi. 
Forte de centaines de membres, elle sollicitait également une entrevue avec le ministre "afin qu'il puisse nous expliquer en quoi la commission d'enquête se trompe". "13 novembre : fraternité et vérité" accuse en effet le gouvernement de n'avoir pas su éviter certains cafouillages. 
Ainsi, la dernière fois que Manuel Dias, chauffeur de 63 ans, appelle sa femme, le 13 novembre, il est devant la porte D du stade de France. Puis, son portable ne décroche plus. Son entreprise retrouve le véhicule abandonné sur le parking. Sa fille, Sofia, appelle la police et les hôpitaux. Au petit matin du samedi, en désespoir de cause, faute d'information des services du ministère de l'Intérieur, la jeune femme de 33 ans doit se tourner vers le pays d'origine de son père.
Vers 4-5 heures du matin je me dis bon, on va pas y arriver comme ça... J'appelle le ministère des Affaires étrangères au Portugal, qui me met en relation avec l'ambassade du Portugal. Vers midi; l'ambassade me rappelle; la personne est en pleurs; elle me dit "votre papa est bien la seule victime du stade de France." Je lui dis "c'est pas possible, parce que moi je viens d'avoir la police judiciaire, et la police [française] me dit qu'il n'est pas sur les listes "... L'ambassade du Portugal a pourtant eu l'information,un jour et demi avant, par le quai d'Orsay. C'est l'histoire du "22 à Asnières".Plusieurs gardent un mauvais souvenir de l'accueil à l'Institut médico-légal de Paris, où les familles font la queue, avant d'être emmenées sans ménagement dans la pièce où elles doivent identifier leur proche. Quelques jours plus tard, on demande à Sofia Dias si elle a trouvé une entreprise de pompes funèbres, "parce qu'il faut lever le corps rapidement".
Mais Stéphane Gicquel, le secrétaire général de la Fenvac (Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs), fait de l'auto-satisfaction en assurant qu'il y a eu des progrès... 
La Fenvac est pourtant animée exclusivement par des victimes.
Face à l'indignation générale, le ministre n'a pas hésité à se justifier 

Sombre humoriste noir du gouvernement
Avec la volonté de faire taire "les polémiques inutiles sur la position du gouvernement" à ce sujet, Cazeneuve souligne par communiqué publié en fin de journée, que "l'expression d'interrogations sur deux propositions du rapport, qui en compte quarante, ne saurait en aucun cas être considérée comme une forme d'irrespect, selon lui, à l'égard du travail des parlementaires".

Bernard Cazeneuve assure que sa prudence "résulte de la volonté de ne pas soumettre les services de renseignement à un mouvement perpétuel de réformes, en l'absence d'un gain d'efficience substantiel garanti". 
Il rappelle les "nombreuses réorganisations au cours des derniers mois", dont ces services ont déjà fait l'objet. Il ajoute également que de nombreuses propositions du rapport ont été mises en œuvre par le gouvernement et qu'il recevra les responsables des associations de victimes des attentats le 12 juillet.


Pour mémoire, il existerait bien une secrétaire d'État auprès du premier ministre, chargée de l'Aide aux victimes et elle se nommerait Juliette Méadel. 
Mais c'est peut-être une rumeur, voire un 'hoax'...