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jeudi 30 mai 2019

Marlène Schiappa dénonce les media qui remettent en cause sa version de l'"attaque" de son domicile

Les 'fake news' de plusieurs ministres posent le problème du rapport de l'exécutif à la vérité

Marlène Schiappa dénonce les media qui remettent en cause sa version de l'"attaque" de Gilets jaunes en pleine nuit devant son domicile  

La secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les genres menace tout ce qui bouge.
Elle a porté plainte pour des "menaces" de Gilets jaunes devant son domicile du Mans. 
Elle prévient également qu'elle "poursuivra" en justice "toute publication d'images" susceptible d'identifier son domicile.

Dans un long post publié jeudi 30 mai sur Facebook, Marlène Schiappa s'insurge contre la remise en cause des menaces subies par sa famille lors de l'irruption de Gilets jaunes en pleine nuit devant son domicile, au Mans (Sarthe).  "A quel moment notre société a renversé son système de valeurs au point de considérer que les victimes sont les coupables et les agresseurs des victimes ? A quel moment des personnes trouvent normal, excusable, pas grave ce qui s'est passé ?"

Une vidéo de Gilets jaunes démontre l'affabulation de Marlène Schiappa chahutée devant son domicile.
Lien PaSiDupes

Plusieurs media ont en effet publié des articles s'interrogeant sur les circonstances de l'incident et donnant la parole aux manifestants présents devant le domicile de la secrétaire d'Etat, alors que le doute plane sur sa présence sur place au moment des faits. Sommes-nous donc face à un faux-témoignage d'une citoyenne qui n'a pas vécu personnellement la scène ?


Violence et menaces de mort des Gilets jaunes chez Marlène Schiappa : que s’est-il passé ?

Voici le compte-rendu du journal lemonde.fr, le 29 mai 2019 à 07h49 :
"Plusieurs internautes et des « gilets jaunes » relaient une vidéo des manifestants présents devant le domicile de la secrétaire d’Etat dans la nuit de vendredi. Selon eux, elle aurait exagéré la violence des événements.
« Schiappa, on est venu te crever ! » Marlène Schiappa a raconté sur Facebook le 27 mai avoir été menacée par un groupe de « gilets jaunes » à son domicile du Mans (Sarthe). Selon la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, la scène s’est déroulée dans la nuit du vendredi 24 au samedi 25 mai, alors qu’elle se trouvait chez elle avec son époux et ses deux enfants.
La secrétaire d’Etat affirme que ces « gilets jaunes » se sont montrés extrêmement violents. Elle affirme avoir déposé plainte. Mais selon des témoins présents sur place et d’après une vidéo filmée le soir même, les accusations de Mme Schiappa seraient exagérées.

Que contient le témoignage de Marlène Schiappa ?

Elle s’est exprimée plusieurs fois sur ce qui lui est arrivé. Tout a commencé avec son post Facebook publié lundi. Dans ce long témoignage, Marlène Schiappa révèle que les événements « sont allés beaucoup trop loin dans l’inhumanité ». La secrétaire d’Etat explique qu’elle se trouvait au Mans avec son mari, ses deux enfants et une amie de sa fille lorsqu’ils ont « été violemment tirés du lit par une quarantaine de “gilets jaunes” furieux », qui ont proféré des« slogans agressifs », des « menaces de mort, en jetant des pétards vers la maison » et fait du bruit avec des « outils, sifflets, cornes de brumes » :

« Les enfants tirées du sommeil se sont levées en pleurant et criant et sont venues en courant, car je vous laisse imaginer l’effet sur des enfants endormis des bruits de détonation couplés aux bruits de frappe sur les portes/fenêtres et « Schiappa, on est venu te crever ! » et assimilés adressés à leur mère. Après avoir tagué les environs et la chaussée ils ont dégradé la porte en collant une affiche anticapitaliste/antipolice/antiordre. »

Elle indique que son mari a tenté, en vain, de dialoguer avec ces personnes et ajoute qu’une « plainte est évidemment déposée », et que « cette violence chez elle, dans la maison familiale, là où elles dormaient paisiblement, est intolérable ».
Accoutumée a une forme de violence dans le débat public et aux menaces diverses et variées au quotidien, je n’en fais que rarement état publiquement. 


Je tiens cette fois à partager avec vous, les élections passées, les événements de la nuit de vendredi à samedi qui sont allés beaucoup trop loin dans l’inhumanité.

Nous dormions, mon mari, nos deux enfants, une amie de notre fille cadette venue pour le week-end, et moi-même chez nous, au Mans.

Peu avant une heure du matin, nous avons été violemment tirés du lit par une quarantaine de gilets jaunes furieux qui ont déboulé devant chez nous sous nos fenêtres en hurlant des slogans agressifs, des menaces de mort, en jetant des pétards vers la maison avec des outils sifflets cornes de brunes etc.
Les enfants tirées du sommeil se sont levées en pleurant et criant et sont venues en courant car je vous laisse imaginer l’effet sur des enfants endormis des bruits de détonation couplés aux bruits de frappe sur les portes / fenêtres et « Schiappa, on est venu te crever ! » et assimilés adressés à leur mère.
Après avoir tagué les environs et la chaussée ils ont dégradé la porte en collant une affiche anticapitaliste / antipolice / anti ordre.
Mon mari est sorti pour entamer un dialogue, rejeté au profit de la persistance de l’action violente - mais sa simple présence les a fait reculer. 
Oui, tant qu’ils pensaient que c’était juste une femme et des enfants à terroriser, ça allait...
Ils sont finalement partis en jetant des pétards et en chantant.
Vous me direz, c’était festif pour eux.
Ça l’était moins pour nous. Je vous laisse imaginer l’état des petites filles de l’autre côté qui, pendant les chants « festifs », répétaient que les gilets jaunes disant sans cesse dans des manifs à la télé ou sur Facebook qu’ils vont tuer le gouvernement sont venus le week-end de la fête des mères mettre leurs menaces à exécution, tuer leur mère et envahir leur maison.
Une plainte est évidement déposée.
Je peux subir un certain nombre de choses avec résistance et résilience.
J’ai une ligne rouge.
On ne touche pas aux enfants. 
Cette violence chez elle, dans la maison familiale, là où elles dormaient paisiblement, est intolérable ! 
Une plainte étant en cours, je donne rendez-vous à ces « gilets jaunes » en pleine journée, sans leurs pétards et leurs outils, sans enfants à terroriser, dans la salle du tribunal pour répondre de leurs actes devant la justice. 
Merci à toutes celles et tous ceux, bien plus nombreux qu’eux, qui nous ont depuis adressé des mots de soutien qui nous font chaud au cœur, et ont partagé leur indignation face à la violence que rien, jamais, ne justifie.
Marlène Schiappa est revenue sur cet incident sur RMC et CNews. Sur le plateau des « Grandes Gueules » de RMC elle a évoqué la « furie » des « gilets jaunes » et la « violence inouïe ». Le soir même, dans l’émission « Punchline », sur CNews, elle a de nouveau accusé les manifestants d’avoir « tapé sur la porte, pour certains d’entre eux, dégradé les environs avec des tags et collé des affiches, et tout cela avec des menaces de mort répétées ».

Plusieurs élus politiques, dont la députée Yaël Braun-Pivet et le maire du Mans, Stéphane Le Foll, ont publiquement témoigné de leur soutien.





Des témoins tempèrent la version de la secrétaire d’Etat

Pour certains témoins de la scène, Marlène Schiappa a exagéré ce qu’il s’est passé. Le groupe Facebook « Gilets jaunes sarthois » a publié une lettre ouverte à l’attention de Marlène Schiappa, avec le récit de « gilets jaunes » présents sur place.
Le groupe réfute les accusations de violence. Ils affirment que la durée de l’incident était courte :
« L’intervention des “gilets jaunes” à votre domicile a duré 3 min 30. Durant ce temps, en effet, des pétards ont été lancés, des coups de sifflet et de corne ont retenti et des chants “gilets jaunes” ont été chantés. Une affiche A4 a été collée sur votre porte avec de l’eau (cette dégradation, comme vous la nommez, s’enlève avec une éponge humide). »
Le texte est accompagné d’une courte vidéo. Cette séquence filmée est également reprise sur Twitter par des internautes qui accusent Marlène Schiappa d’avoir menti.

Un autre témoignage a été publié dans l’édition sarthoise d’Ouest-France. Il contredit aussi les propos de Mme Schiappa : « Le post Facebook est truffé de mensonges et d’approximations », affirme l’un des « gilets jaunes » interrogé. « Il n’y a pas eu de menaces de mort, pas d’intrusion. On n’a frappé ni aux portes ni aux fenêtres. On n’a rien tagué. Des gens des renseignements généraux étaient derrière nous pendant toute la marche. Si on avait fait quelque chose de grave, ils l’auraient rapidement signalé », ajoute le manifestant. Contacté par Le Monde, l’administrateur de la page « Gilets jaunes sarthois » confirme cette version.

Agé d’une trentaine d’années, ce technicien du Mans a souhaité rester anonyme : « Cela n’a pas été violent, quelques noms d’oiseaux sont sortis, une affiche a été collée à l’eau sur sa porte et il y a eu des pétards. Et c’est resté là, ça n’a pas duré cinq minutes. Personne n’a crié de menaces de mort, aucun coup n’a été porté sur la porte ou les volets », soutient-il. « C’est regrettable, mais il n’y a pas eu mort d’homme non plus », dit-il au sujet des insultes entendues.

Dans Ouest-France, le sous-préfet de La Flèche, Jean-Michel Delvert, a déclaré qu’il n’y a pas eu d’intrusion dans la maison : « Absolument aucune tentative d’intrusion dans le domicile de la ministre n’a été constatée, ni aucune dégradation. »

Une vidéo diffusée en direct montre une séquence qui dure trois minutes
Mais c’est une vidéo diffusée en direct sur Facebook qui éclaire le plus sur ce qui s’est passé. D’une durée de trois heures, cette vidéo postée sur la page Facebook (supprimée depuis) anti-Macron « Direct 21 » suit « une manifestation nocturne » dans les rues du Mans le vendredi 24 mai au soir. La vidéo débute à 22 h 04, au départ du petit cortège d’une cinquantaine de personnes.

La séquence qui nous intéresse se situe deux heures plus tard. Il est plus de minuit. Le groupe de « gilets jaunes » se dirige dans une rue bien éclairée. L’individu qui filme, un certain Romuald, annonce :« Nous sommes devant la maison de Schiappa ! » Le cortège est réduit de moitié, environ vingt manifestants sont encore présents. Ils s’arrêtent devant une maison, et on entend distinctement plusieurs insultes : « salope », « collabo », « Gestapo ».


Le groupe fait beaucoup de bruit, il jette des pétards et scande des slogans anti-Macron. L’un des « gilets jaunes » colle ensuite une petite affiche sur la porte. C’est à ce moment-là que l’époux de Marlène Schiappa sort pour tenter de calmer les militants. En vain. Au bout d’une vingtaine de secondes, il regagne son domicile, et quelques minutes après, le groupe s’en va. Au total, la séquence aura duré environ trois minutes.

Les insultes et les nuisances sonores sont parfaitement audibles dans cette séquence. En revanche, il est impossible, avec cette seule vidéo, de prouver que ces « gilets jaunes » ont prononcé des menaces de mort ou frappé aux fenêtres. Contactée par Le Monde, la secrétaire d’Etat n’a pas souhaité s’exprimer.

Dans son texte, Marlène Schiappa pointe la responsabilité des media et des journalistes, citant nommément Edwy Plenel, fondateur de Mediapart. "A quel moment on se dit que la version des auteurs des faits est la version qui fait foi ?! A quel moment on ne pense pas que si l'on n'entend pas ce que dit mon mari, on n’entend pas non plus ce qu'on lui dit à cet endroit, plus loin du téléphone qui filme, et donc les menaces de mort que six témoins certifient formellement avoir entendues ?", s'interroge encore la femme politique.

Et la secrétaire d'Etat de poursuivre, toujours interrogative : "A quel moment Edwy Plenel estime pertinent de m'attaquer, de me traiter de menteuse (précisément de 'fake news avec un problème avec la vérité') sans rien condamner de l’action en question ? À quel moment s'interesse-t-il au cyberharcèlement en meute contre moi et ma famille qu'il sait pertinemment déclencher avec ce tweet mensonger ?" 

"Ca va, c'est cool, c'est pas grave, c'est normal ?"
Marlène Schiappa ajoute : "A quel moment on considère que hurler sous la fenêtre de la chambre d’enfants à 1 heure du matin 'salope collabo grosse salope sors de là' (version des 'gilets jaunes') agrémentés de jets de pétards et hurlements au point que des voisins appellent la police, ça va, c'est cool, c'est pas grave, c'est normal ?"

Enfin, la secrétaire d'Etat précise que ses avocats "poursuivront devant la justice toute publication portant atteinte à la vie privée ou à la sécurité" et elle dénonce "des gens partagent des vidéos de chez moi agrémentés d’appels aux violences", ainsi que celles et ceux pour qui "le sujet important traité c'est 'Est-ce que Schiappa a signalé ces contenus à Twitter ?'"

LIRE PaSiDupes :
La commère du gouvernement réclame "une brigade anti-discrimination pour alerter"
Le délire de persécution est une manifestation de la paranoïa.

mardi 16 avril 2019

Marlène Schiappa ou le danger de dérive totalitaire

La commère du gouvernement réclame "une brigade anti-discrimination pour alerter" 

La secrétaire d'Etat monte au front contre les discriminations.

La secrétaire d'Etat en charge de l'Egalité entre les humanoïdes lance une plate-forme de lutte contre les discriminations. 
Image associée
Une brigade anti-discrimination (Badi) traquera désormais les auteurs de discriminations, a annoncé la totalitaire, lundi 15 avril, accompagnée de Julien Denormandie, ministre de la ville et du Logement. Mono-maniaque de l'Egalité entre les genres, le brigadier Schiappa a expliqué son plan de guerre en répondant aux questions de CNEWS.

A quoi va ressembler cette brigade anti-discrimination (Badi) ?

Un constat, d’abord : en France, les citoyens ont tous le même droit d’accès à un logement, de postuler à un emploi, de sortir dans un restaurant, sans distinction de couleur de peau, d'origine, de genre, de handicap, d'orientation sexuelle, … mais il est difficile - voire despotique- de combattre les sentiments et convictions de chacun, des libertés individuelles de penser.

D'ailleurs, dans les faits, de nombreux citoyens affichent des idées virulentes et comportements agressifs qui heurtent leurs concitoyens, lesquels se plaignent alors de réactions discriminantes et de violences. Les militants assurent souvent qu'ils ne savent pas comment faire valoir leurs droits concrètement, alors qu'existent de nombreux dispositifs. En fait, les activistes exacerbent les passions et provoquent des actions ostentatoires souvent militante qui déclenchent des actes déplorables.

Dans ce contexte, pour les personnes discriminées les plus faibles qui n'exigent pas le respect de leurs droits, Schiappa et Julien Denormandie ont décidé de fédérer dans une même plate-forme accessible via Facebook, tous les acteurs de la lutte anti-discriminations, qu’ils soient institutionnels (comme la Dilcrah ou le Défenseur des Droits) ou associatifs comme la Licra, SOS Racisme, SOS Homophobie, et bien d’autres encore, plus spécifiques, mais aussi des structures privées qui étudient cette question, comme l’Institut Montaigne, d'inspiration libérale 

Quelles seront les missions de cette plate-forme ?


La mère Fouettarde de LREM
La mission première de la Badi est de faire que chacun, dès lors qu’il est discriminé, puisse avoir un accès facilité à cette plate-forme, via une page Facebook dédiée (facebook.com/labrigadeantidiscrimination) afin d’alerter sur une discrimination rencontrée dans sa vie quotidienne. Une page qui est activée dès aujourd’hui en direct depuis le siège de Facebook France.
Les autres missions de la Badi consisteront à mettre en place des actions de sensibilisation aux discriminations afin de renforcer la lutte auprès du grand public et d’évaluer les politiques publiques en cours, tout en proposant de nouvelles mesures concrètes.

Marlène Schiappa règle des comptes personnels : instrumentalisation des moyens de l'Etat ?
Elle se met en scène en partageant les insultes dont elle est victime sur Twitter, du fait de son intolérance et de sa rugosité.


Florilège d'insultes que publie Marlène Schiappasur Twitter, mercredi, sans pudeur.
Elle reçoit "tous les jours" des insultes et des vidéomontages "dégradants", selon elle. "Par milliers", insiste-t-elle. "Ne rien dire, c’est couvrir". Et Marlène Schiappa assure avoir porté plainte plusieurs fois.
Elle diffuse un vademecum :
"Pute à Juifs," une injure quasiment signée.
"Putain de l’Elysée," d'origine plus large.
"Vous méritez de prendre un flash ball dans la tête," inspiré par l'actualité des violences policières ordonnées par le pouvoir.
"On va te pendre," une pratique qui n'a pas cours en France.
Photo, vidéomontages dégradants... Par téléphone ou en ligne. Par milliers. Tous les jours. Ce que subissent les internautes ordinaires qui ne sont pas "politiquement corrects".
Plaintes déposées.
Comme Nabila...

Résultat de recherche d'images pour "tatoues perces"
Il y a des gens, dans notre pays, qui renoncent à chercher un logement dans certains endroits, ne postulent plus à certains emplois, évitent certains lieux de sortie du fait de leur apparence ou de leur origine car ils ont intégré qu’ils y seraient discriminés. Cette assignation à résidence est contraire à l’égalité républicaine, elle est révoltante, affirme Schiappa, sans nuances.

Que se passe-t-il une fois qu’une personne fait un signalement ?

La Badi ne se substitue pas à la justice. Alors que propose-t-elle de plus que la multitude d'associations et collectifs spécialisés ? Il s’agit avant tout d’offrir à la personne qui alerte sur une discrimination d’avoir un contact et d’être ainsi mise en relation avec la structure la plus à même de l’aider qu’il s’agisse d’une association (la LICRA, Femmes Solidaires, SOS Racisme et d’autres) pour trouver du soutien, du Défenseur des Droits, et suivant le cas, la victime pourra être dirigée vers le commissariat le plus proche pour aller déposer une plainte et déclencher une enquête. En doublon !
Chaque alerte faite auprès de la plate-forme permet en outre à l’Etat le fichage des endroits qui discriminent le plus en France et d’apporter des correctifs immédiats dès que des faits sont avérés, car aucune discrimination n’est justifiable : discriminer, c’est un délit. 

Facebook a été épinglé pour des manquements à la protection des données. Ne craignez-vous pas que cela freine certaines personnes à se signaler ?

Non, car on peut utiliser un pseudonyme, et un utilisateur peut alerter de façon anonyme pour un tiers : tout ce qui est reproché aux réseaux sociaux est approuvé venat de la madelon du gouvernement. Par ailleurs, notre but est vraiment de créer un mécanisme simple et intelligible, accessible au plus grand nombre, notamment aux plus jeunes, promet la sous-ministre.
C’est une demande marginale qui n'émerge guère du "grand" débat mais que la sous-secrétaire fait émerger. Supplanter les associations établies et les étouffer... Il fallait donc créer une porte d’entrée unique pour pouvoir aller jusqu’à eux. Un outil d’apparence moins "institutionnelle" axé sur un mode de communication que tout le monde connaît. 

De quels moyens cette brigade va-t-elle disposer ?

Outre les acteurs de terrain, comme les associations qui sont déjà financées par l’Etat via la DILCRAH qui, sous mon autorité, finance plus de 600 actions contre le racisme, des moyens matériels et humains ont été mobilisés.
J’ajoute que la version de la Badi sera d’abord une version bêta test. Elle sera donc amenée constamment à évoluer et à s’améliorer. A la rentrée, nous ferons un premier bilan avec tous les partenaires et apporterons des correctifs, et s’il s’avère qu’il faut encore davantage de moyens, nous ferons le nécessaire. Qui finance ? Le déficit public?

En cas de discrimination avérée, les noms de leurs auteurs seront-ils rendus public ?

Oui, nous appliquerons le 'Name and shame', soit le fait de publier le nom des entreprises sanctionnées. Ca s'appelle "mettre au pilori"...
Vous savez, on ne peut pas dire aux jeunes "travaillez bien à l’école et vous pourrez faire tout ce que vous voudrez dans la vie quand vous aurez un diplôme" s’ils voient leurs parents et leurs grands frères et sœurs se prendre des murs à cause du racisme.
C’est aussi le droit des consommateurs de faire leurs choix de marques ou d’enseignes en connaissance de cause. [On voit le niveau de préoccupations...]
Nous allons par ailleurs commencer prochainement, dans le cadre d’une opération de testing d’une ampleur inédite lancée dans le secteur de l’emploi. Caméra cachée, dans le style radar routier... 


Conformément à la volonté du président de la République, tous les processus de recrutement des entreprises du SBF 120 [pour Société des Bourses Françaises], les 120 plus grosses entreprises de France, sont en effet testées avec le ministère du Travail dans le cadre de la lutte contre la discrimination.
Les premiers résultats sont attendus très prochainement et dès lors qu’une entreprise sera condamnée pour discrimination, cette information sera connue de tous. Les patrons seront tondus...
 
Ne craignez-vous pas de jeter une forme de suspicion généralisée sur l’ensemble des entreprises ?

Non, je pense que la vraie suspicion se trouve dans le fossé énorme qui sépare le droit formel du droit réel, entre l’égalité parfaite prévue dans la loi, et les réalités du terrain où ce droit ne s’applique pas pour un certain nombre de citoyens. Il y a une trentaine de critères de discriminations, la grossophobie ou le validisme en font aussi partie. 
Le sens de notre combat est donc de remettre en adéquation le discours républicain et le quotidien de toutes les personnes qui vivent en France.

Il est insupportable, pour les personnes discriminées, que l'on prétende que ces discriminations n'existent pas. Il est d’ailleurs, je pense, insupportable, pour les personnes discriminées, que l’on prétende que ces discriminations n’existent pas ou qu’elles sont marginales alors qu’elles sont encore très grandes dans notre pays.
 
Vous êtes une femme politique de premier plan. Subissez-vous encore des discriminations aujourd’hui ?

Aujourd’hui, je suis moins discriminée en tant que femme, parce que j’occupe un poste de pouvoir et j’ai accès aux media. J’ai donc les moyens de mettre en place un certain rapport de force. Mais, pour autant, je veux que ce rapport de force soit également à la portée de l’ensemble des citoyens. C’est tout le sens de notre action, notamment par la Badi et les opérations de testing. Il faut que les auteurs de discriminations aient vraiment peur de la sanction.
Outrages sexistes : 332 amendes dressées depuis la mise en place de la loi...

Cédric et Marlène SchiappaJ’ai par ailleurs été fortement sensibilisée à ces questions. J’ai grandi dans une cité d’un quartier populaire sur le périphérique puis je suis allée ensuite au lycée dans le 16ème arrondissement et j’ai observé dès le plus jeune âge qu’en fonction de leur code postal, de leur prénom, de leur nom ou de leur couleur, les gens ne sont pas perçus de la même façon, explique la féministe complexée, après coup.
Je vis également dans une famille très métissée. Ma belle-mère est Kabyle, mon mari vient des quartiers Nord de Marseille [Cédric Bruguière, consultant en ressources humaines et essayiste, avec qui elle a deux filles], mes proches viennent d’horizons et de pays différents.

Je sais à quel point la discrimination peut traverser la société et les générations. J’ai travaillé sur ces questions au Bondy Blog dans ma jeunesse, puis plusieurs années comme élue locale chargée de l’égalité et la lutte contre les discriminations au Mans (Sarthe) avant d’être nommée au gouvernement. 

La mise en place de statistiques ethniques pourrait-elle aider à lutter contre les discriminations ?

Je n’ai pas d’avis tranché sur la question. Mal utilisées, les statistiques ethniques peuvent mener au pire. Le fichage des gens en fonction de leur origine ethnique n’est dans ce cas pas acceptable. cf. Le Défenseur des droits dénonce le "profilage racial et social" des contrôles de police à Paris
Néanmoins, je m’interroge quant à la manière de rendre mieux visibles les discriminations et la Badi [et arrivé et ] peut répondre à cette demande forte, ce besoin de savoir que dans notre pays [européen, donc blanc], certains endroits, de facto, sont fréquentés exclusivement par des personnes blanches, valides, venant de tel beau quartier [tous les Blancs vivent dans les beaux quartiers], avec tel nom de famille sur leur arbre généalogique [caricatural]. Il faut nommer les choses pour les faire changer.

L’une des premières causes de discrimination à l’embauche est l’âge. Or la question d’un relèvement de l’âge de départ à la retraite refait surface. N’y a-t-il pas là une forme de contradiction ?

Jean-Paul Delevoye mène une concertation avec les organisations syndicales et patronales, et dans ce cadre il a rappelé que ces échanges se fondent sur un maintien de l’âge minimal de la retraite à 62 ans. Mais l’âge, dans le monde du travail, est en tout cas une réelle forme de discrimination [La vie doit être un long fleuve tranquille].
J’ai à cet égard lancé une mission du Haut conseil à l’Egalité sur l’emploi des femmes seniors, car les femmes de plus de 50 ans sont particulièrement discriminées. Elles deviennent invisibles alors que bien souvent elles constituent des talents. Il faut donc repérer ces femmes et les valoriser via le "late blooming"[Un parti-pris, car les jeunes femmes sont très vulnérables en matière d'emploi] 

[Le bilan sera-t-il aussi fiable que la restitution du "grand" débat?]
Les premiers résultats de cette mission seront disponibles dans les prochains mois et il faut que les employeurs intègrent le fait que les salariés ne sont pas uniquement des potentiels entre 25 et 50 ans, mais après aussi. L’expérience, voire la sagesse acquise [Macron a vanté celle de Geneviève Legay, la septuagénaire fauchée par les forces de l'ordre lors d'une mobilisation de Gilets jaunes à Nice...] avec les années, sont des atouts dans une équipe. C’est la mixité qui fait la performance. 
[Elle a bien parlé, mais sa vision est schématique et les menaces énoncées augurent mal d'un "monde nouveau"  qui discrimine. La "lutte des classes" prend un nouveau virage...]