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mercredi 19 juillet 2017

La position foireuse de Le Drian sur la démission du chef d'état-major des Armées maltraité par Macron

La ministre des Armées s'est-elle fait bâillonner et séquestrer ?

Certes, le chef des Armées a choisi une collaboratrice muette pour le seconder auprès de lA
, mais 

que la ministre en titre n'ait rien à dire sur la crise institutionnelle qui secoue son champ de responsabilité relève de l'abandon de poste

voire de la désertion. Muté aux Affaires étrangères, son prédécesseur s'y croit encore en revanche et fait fonction. 

L'ancien ministre de la Défense, Jean-Yves a rendu hommage au chef d'état-major des Armées, Pierre de Villiers, sur le départ, depuis qu'il a pris la défense de ses troupes et de ses matériels mis à mal par les coupes sombres décidées par Macron dans le budget des Armées.

"C'est un grand soldat, d'une très grand intégrité, d'une très grande intelligence", a tardivement déclaré Jean-Yves Le Drian dans un entretien à CNews, évoquant ses relations avec le CEMA (chef d'état major des armées) lorsqu'il était à la Défense. "On a eu des moments de joie, de passion; j'ai beaucoup d'estime pour le général de Villiers", a déclaré l'actuel ministre des Affaires étrangères.

Le chef politique  des Armées a vivement recadré le chef militaire
Résultat de recherche d'images pour "le drian de villiers"Accusé d'avoir rendu publique sa désapprobation des coupes budgétaires mettant en péril la sécurité des personnels  de l'armée - déclaration qui ne relève aucunement du secret défense - le maintien en poste du chef d'état-major des Armées était incertain depuis qu' au cours de la 'garden party' du 14 juillet,  le président Macron avait réaffirmé sa prééminence, clamant : "Je suis votre chef !"

La colère de Jupiter contre Mars secoue l'Olympe institutionnel. 
Le pouvoir militaire a dénoncé les 850 millions d'euros d'économies réclamées aux armées, dans les contextes de sécurisation militaire du pays face au terrorisme et d'états menacés par l'Etat islamiste sur la scène internationale. 
Un serrage de vis budgétaire incompréhensible, avec une baisse prévue de 4,5 milliards d'euros des dépenses globales de l'Etat. 

L'honneur du général Pierre de Villiers
Le général de Villiers "a constaté un désaccord avec le chef de l'Etat"
"Peut-être qu'il y a eu une ambiguïté, je ne sais pas", a glissé l'ancien ministre de la Défense.

"Ce qui m'a marqué, c'est le fait que le président de la République s'est engagé solennellement le 13 juillet sur le fait que (le budget de la Défense) atteindra 2% du PIB à l'horizon 2025 [dans huit ans] et que ça commencera dès l'année 2018 avec des augmentations très significatives", a nuancé Jean-Yves Le Drian, qui feint ainsi de croire que cette échéance lointaine permet de faire sérieusement face à l'urgence. La loi de programmation militaire de décembre 2013 prévoyait 31,6 milliards pour l'exercice 2017, soit 1,1 milliard d'euros de moins que le budget finalement retenu. Les effectifs sont actuellement insuffisants au regard des obligations de services assignés aux personnels, ainsi qu'aux matériels engagés sur les théâtres d'opérations extérieurs qui accélèrent l'usure. 
Ainsi, du fait de l’organisation complexe de la maintenance et de l’usure accélérée liée aux opérations extérieures, les taux de disponibilité des avions et hélicoptères sont catastrophiques: seul un tiers des hélicoptères est en état de vol.

Le Drian et petit chef Macron ajoutent l'insécurité à leur maltraitance des militaires 

Résultat de recherche d'images pour "florence parly jospin"
"Il y aura pas de blessure durable, commente le Breton. Il y a un moment de crispation", a asséné le ministre des Affaires étrangères, ajoutant qu'il n'a "pas à se mêler" du débat sur l'éviction du CEMA. "C'est à lui d'apprécier, c'est au président de la République, je n'ai pas à m'en mêler", conclut le chef de la diplomatie française dans sa prise de parole. Le général de Villiers devait être reçu vendredi à l'Elysée.

Le général défend ses hommes et son honneur en claquant la porte.
Il avait mis sa démission dans la balance des coupes budgétaires. Le général Pierre de Villiers a assumé ses responsabilités en la remettant ce mercredi matin, après avoir été exceptionnellement prolongé pour un an, faisant le choix du courage, de la cohérence et de la loyauté à ses troupes.
Comme révélé en mai 2014, époque de Hollande où les chefs d’état-major des quatre armes menacèrent de démissionner en bloc pour protester contre une nouvelle offensive de Bercy qui allait remettre en cause la LPM 2014-2019 fraîchement votée, le général de Villiers aurait mis sa démission dans la balance, alors qu’il vient juste d’être prolongé à son poste pour une année de plus.
D’après plusieurs témoignages relatés par la presse, le général de Villiers a tapé du poing sur la table. "Je ne me laisserai pas baiser comme cela", aurait-il déclaré, selon plusieurs journaux. Et de faire comprendre que les militaires en ont assez d'être une variable d'ajustement et des promesses de lendemains qui chantent.
Le pouvoir politique manque de considération pour les forces militaires.
Interpellé lors de la séance des questions au gouvernement par la députée socialiste sur les 850 millions d’euros d’économies que le ministère des Armées devra trouver pour financer, à lui seul, les coûts des opérations extérieures (OPEX) et intérieures (OPINT), le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, a botté en touche.

"S’il y a des difficultés, des fragilités, s’il y a du personnel, des personnes faibles qui sont touchées par des mesures d’économies, c’est le fait des sous-budgétisations malheureuses que nous avons pu constater. […] Il manquait 600 millions d’euros pour les opérations extérieures de l’État. C’est justement parce que nous pensons aux militaires qui risquent leur vie tous les jours que la sincérité nous oblige à mettre le nombre de millions d’euros prévu face à leur engagement", a répondu G. Darmanin. Expliquer que l’on passe un grand coup de rabot sur le budget des Armées parce que l’on pense aux militaires qui "risquent leur vie", fallait oser…
Car
ces économies de 850 millions font plus qu’effacer les 600 millions de hausse promis aux militaires. Elles remettent en cause l’équilibre de la Loi de programmation militaire (LPM) actualisée, laquelle précise que les surcoûts des OPEX doivent être pris en charge par la solidarité gouvernementale.

Pour le général Pierre de Villiers, le chef d’état-major des Armées (CEMA), cette explication alambiquée teintée de cynisme, ne passe pas. Alors que trois soldats français blessés au Mali viennent d’être rapatrier en France, le général de Villiers a une nouvelle fois dit qu’il " ne sait pas se battre sans moyens".Dans l’une de ses lettres à un jeune engagé, il avait écrit "la logique du ‘toujours plus avec moins’, poussée au-delà de toute mesure, expose les soldats et conduit, tôt ou tard, à la défaite."
Sont visés, le gros matériel et le petit personnel.
Les 319 véhicules blindés multi-rôles (VBMR) Griffon et les 20 Engins blindés de reconnaissance et de combat (EBRC) commandés cette année qui représentent grosso modo un coût équivalent aux 850 millions demandés ? Les avions ravitailleurs A330 MRTT 'Phénix', qui doivent remplacer les C-135FR à bout de souffle ? Les Véhicules légers tactiques polyvalents non protégés ?
Cette saignée affaiblit les hommes, provoquant un manque de moyens, un retard dans le renouvellement des équipements, les deux derniers volets du programme Scorpion: la livraison de véhicules, comme le Griffon, qui permet, à la différence de certains modèles actuels, dont le fond n’est pas blindé, de limiter le nombre de soldats tués en opérations par des mines, sera retardée. Le président peut-il garantir que sa politique d'économies ne met pas les personnels en danger ?

La nouvelle ministre des Armées a désarmé ses hommes 
Résultat de recherche d'images pour "florence parly armees"
La Madelon n'a rien à servir
Le porte-parole du gouvernement a mis en cause Florence Parly sur les ondes de RMC. "Ce qu’il fallait pour le ministre du Budget, c’est trouver 4,5 milliards, excusez-moi du peu, d’économies budgétaires.Tous les ministères y contribuent. Et, sur certaines lignes du ministère des Armées, il y a la possibilité de décaler non pas des salaires, non pas la sécurité, non pas les militaires eux-mêmes, mais de décaler quelques commandes, sur du gros matériel par exemple, et c’est pour ça que nous avons identifié ces 850 millions", a expliqué Christophe Castaner. 
Résultat de recherche d'images pour "florence parly jospin"
Renouvellement de la vie politique ?
Issue de la 'société civile' qui a la préférence du président Macron, Florence Parly a certes été à la tête d'une division de la SNCF ou d'Air France, qui ne sont pas des exemples parfaits d'entreprises privées, mais cette proche de Lienemann et Hamon a commencé par une politique carrière comme membre de la direction du Budget, puis conseillère dans différents cabinets ministériels, avant d'intégrer en 1997 le cabinet du premier ministre Lionel Jospin, qui la nomma secrétaire d'État au Budget de 2000 à 2002, en période de forte croissance mondiale. 
Parly, en rose au second rang, à l'extrême gauche

Ce n'est que récemment, à partir du 14 janvier 2016, que la jospiniste a viré dans le privé à 53 ans en siégeant au conseil de surveillance de l’entreprise Zodiac Aerospace, gérée par le groupe Edmond de Rothschild, ex-patron du banquier Macron...

Le jeune coq craint plus que tout la contestation 
Les tourtereaux
Président tactile et palpeur de Poutine et Trump, Macron est à la recherche d'un modèle et d'une identité. L'apprenti Jupiter a souhaité rencontrer Mars Pierre de Villiers, dans le plus grand secretle 17 juillet. 
Anticipant la rencontre officielle fixée au vendredi 21, ce huis-clos était manigancé par des conseillers officieux qui ont repris du service pour anticiper la désignation d’un successeur, Didier Casas, chargé du programme régalien de Macron pendant la campagne présidentielle, et le général Paloméros, ancien chef d’état-major de l’armée de l’Air qui, comme par enchantement, avait atterri ce matin sur ...BFMacronTV où les crevures Neumann et Barbier avaient passé la matinée à lessiver le cerveau des amateurs de cette chaîne privée servile.
Les tourtereaux mettent en scène leur bromance


L'agressivité du président coupeur de têtes est un aveu de faiblesse. 
En seulement quelques semaines et au pas de charge, le président en recherche d'un père a multiplié les efforts pour compenser son complexe d'infériorité: un frénésie qui interpelle. Son usage intensif de l'image virile des militaires pour construire son mythe, de la remontée des Champs-Élysées en command car au déplacement à Gao, en passant par son hélitreuillage à bord du Terrible, un sous-marin nucléaire lanceur d’engins, renvoie aux feuilletons américains de série B où le héros multiplie les cascades. Ce matin, par ce coup de menton non maîtrisé inspiré par Alexis Kohler, le héros ambigu a réduit son mythe en devenir à néant.

L’affaire laissera des traces. 
Grosse tête et chevilles enflées
En 1983, le général Delaunay, chef d’état-major de l’armée de Terre, présenta sa démission à Charles Hernu, ministre de Mitterrand, pour protester contre une diminution de 10 % des crédits. A l’époque, il y a 34 ans, et d, ans un contexte de dévaluations du franc, le budget de la Défense se situait autour de 3 % du PIB. En temps de paix...

Mais le souverain républicain ne craint pas d'être de la revue, seul dans le 'command car' qui lui fera descendre les Champs-Élysées en 2018 : les impétrants à la relève sont légion...

dimanche 16 juillet 2017

Le chef d'état major des Armées dénonce la "confiance aveugle" envers les supérieurs...

Crise d'autorité entre le politique et le militaire

Coup de boule de Jupiter à Mars



Alors qu'il vient d'être fermement recadré par Emmanuel Macron,  vendredi 14 juillet, jour de célébration de la fête nationale, le chef d'état-major des armées, le général Pierre de Villiers, a posté un message subliminal sur Facebook, relayé par le site du JDD, ce samedi. S'il s'agit officiellement d'un message adressé par Mars, dieu du printemps et de la jeunesse, aux jeunes engagés, une lecture entre les lignes laisse clairement penser que son destinataire est Jupiter.

Le général Pierre de Villiers énonce des recommandations à la jeunesse 

Après avoir souligné l'importance de la confiance en soi, le chef des Armées françaises centre son propos sur la confiance que les militaires - et les jeunes novices de l'Assemblée -  peuvent accorder, ou non, à leurs supérieurs.
"Méfiez-vous de la confiance aveugle ; qu'on vous l'accorde ou que vous l'accordiez. Parce que tout le monde a ses insuffisances, personne ne mérite d'être aveuglément suivi", souligne le chef d'état-major des armées. 

Ces exhortations interviennent au lendemain du discours d'Emmanuel Macron devant les armées, au cours duquel le Président avait martelé : "Je suis votre chef !".

Les tensions entre les deux autorités politique et militaire ont éclaté au grand jour quand, mercredi 12 juillet, le général a dénoncé les coupes budgétaires frappant ses hommes et ses matériels
Emmanuel Macron l'avait alors brutalement recadré le lendemain, considérant qu'il n'est "pas digne d'étaler certains débats sur la place publique". Après cette crise d'autoritarisme, le Président avait annoncé qu'il recevrait le général vendredi 21 juillet.

Le souverain républicain ne cesse de recadrer son entourage

Macron 1er avait ouvert la série des remontrances avec François Bayrou. 
Résultat de recherche d'images pour "macron bayrou"Sans nommer le ministre de la Justice, l'orgueilleux chef de l'Etat avait appelé chacun des membres de son gouvernement à la "sobriété" et à la "modestie". Pour mémoire, le ministre de la Justice s'était vu reprocher son intervention directe auprès de Radio France pour se plaindre d'une enquête dont son parti, le MoDem, fait l'objet. François Bayrou avait ensuite revendiqué sa liberté de parole après avoir été recadré par le premier ministre à la radio. Et ce alors même qu'ils s'étaient parlés et expliqués au téléphone la veille, dans la foulée de l'entretien d'Édouard Philippe. "Je ne peux pas renoncer à ce que je suis", avait confié le maire de Pau, autre orgueilleux, "épine dans le pied d’Edouard Philippe," selon Alain Duhamel.

Le président Macron a recadré Le Maire pour s'être trop mis en avant.
Résultat de recherche d'images pour "macron le maire"Macron 1er n'aurait pas apprécié que son ministre de l'Economie révèle qu'il l'a convaincu de changer d'avis sur la réforme fiscale promise par Emmanuel Macron pendant la campagne. L'exonération de la taxe d'habitation pour 80% des Français et la réforme de l'ISF devaient être décalées à la fin du quinquennat. 
Mais dimanche 9 juillet sur BFMTV, alors que cette décision a alarmé une partie des Français et des milieux économiques, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire contredisait le chef du gouvernement, son collègue juppéiste, "boulet pour Macron et Philippe", selon Challenges, d'abord en affirmant "qu'aucune mesure définitive n'a été arrêtée en matière de calendrier", ensuite en se déclarant "convaincu qu'on peut à la fois baisser les dépenses publiques et baisser les impôts pour les Français et les entreprises."
Lundi, le chef rétro-pédala et l'exécutif annonça que la réforme de la taxe d'habitation serait finalement lancée "dès" 2018.
De ce camouflet pour Édouard Philippe et de ce cafouillage gouvernemental, l'exécutif est ressorti fragilisé, le président et son ministre contredisant le premier ministre. Le Maire est désormais accusé d'avoir "mis un coin" entre Philippe et Macron.

Macron est clairement jaloux de son autorité, un aveu de faiblesse du trentenaire.

samedi 15 juillet 2017

"L'Etat, c'est moi !" : Macron confond fermeté et autoritarisme

"Je suis votre chef": fermeté, autoritarisme ou aveu de faiblesse ?
Résultat de recherche d'images pour "Macron Versailles"
Macron 1er en majesté

"Je suis votre chef" ou "c'est le chef de l'Etat qui vous le dit", martèle à toute occasion le frêle trentenaire.

Macron se sent constamment contraint de rappeler son autorité publiquement. Ainsi, jeudi, aux armées mais aussi à tout le pays, Urbi et Orbi, de sa voix de prêcheur en chaire. 
Le penchant d'Emmanuel Macron à l'autoritarisme se précise à chaque apparition officielle, avec une appétence particulière pour la scène internationale. Il ne maîtrise d'ailleurs pas non plus son corollaire, la difficulté à gérer la contestation, selon des députés et analystes. Tous ces problèmes d'ego ont jailli dès les deux premier mois. Et il reste cinq années... 

Le faible louvoie pour dissimuler ses carences.
Après des reproches adressés à son chef d'état-major des Armées, le général à cinq étoiles, Pierre de Villiers, naturellement soucieux d'empêcher les coupes budgétaires annoncées par le premier ministre, le président Macron a promis aux militaires une hausse des crédits de Défense à compter de 2018. Le chef d'état-major des armées (Cema), le général Pierre de Villiers, qui était pourtant bel et bien dans son rôle en protestant devant une commission parlementaire à huis clos, puis devant la presse, faute d'être écouté, contre les restrictions budgétaires pour l'armée en 2017.

Président 'La République en marche' de la commission de la Défense de l'Assemblée et conseiller défense d'Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, Jean-Jacques Bridey, "regrette" le "choix" d'imposer 850 millions d'euros d'économies au ministère de la Défense en 2017. "C'est un choix. Personnellement, je le regrette, surtout quand je vois l'explication qui a été donnée par Bercy, puisqu'on nous dit qu'il faut faire quatre et quelques milliards d'économies mais que dans le même temps, on ouvre 1,5 milliard d'ouverture de crédit pour la capitalisation d'Areva", a déclaré sur RFI J.-J. Bridey, ex-maire PS de Fresnes et directeur technique dans un laboratoire photographique, profession qui le prédisposait mal à cette fonction parlementaire. 
"Je regrette que ces propos soient parus dans la presse. C'était à huis clos; j'avais demandé à tous mes collègues de tenir la confidentialité de ces propos", a dit Jean-Jacques Bridey. Mais "je comprends le raisonnement du chef d'Etat-major qui est un excellent officier général, un excellent chef d'Etat-major, apprécié des armées et qui travaille en toute confiance avec le chef de l'Etat et le ministre", a-t-il ajouté. Présent jeudi soir à l'hôtel de Brienne, Jean-Jacques Bridey n'a pas perçu le discours présidentiel "comme un sermon vis-à-vis du chef d'Etat-major". "Quand il parle de pressions, c'est peut-être des pressions venant de Bercy". Des tensions seraient-elles déjà apparues avec Bruno Le Maire et Gérald Darmanin ? 
Mais le petit bonhomme leur a aussi fait la leçon à tous, leur déclarant  gravement qu'il n'est "pas digne d'étaler certains débats sur la place publique", au nom de leur devoir de réserve.

Macron promet la transparence en tout, mais cultive le secret. 

Les méthodes élyséennes de barbouzes sont encore méconnues. Mais on a néanmoins appris qu'une voiture aux vitres teintées a pris en charge le maire de Rouen pour le conduire à travers les sous-sols du QG de campagne du candidat Macron jusqu'à l'émissaire de l'Elysée qui lui a proposé Matignon.

Chez le président, l'obsession du huis clos commence à interpeller. 
En mai 2017, Emmanuel Macron a rassemblé ses équipes en séminaire à huis clos au Musée du Quai Branly. 
En juin, pour faire face au déferlement de député(e)s venu(e)s de nulle part dans le paysage politique - 91 % des députés REM sont des nouveaux, et parfois de très jeunes élus, à l'Assemblée, laquelle s'est renouvelée à 75 % - , Macron et Jean-Paul Delevoye, ex-président de la commission d'investiture, ont dû organiser une formation à la vie de l'Assemblée au cours un séminaire de rentrée ...à huis clos. Un "séminaire de cohésion" destiné à établir le fonctionnement du groupe majoritaire autour du déjà très controversé chef de groupe, Richard Ferrand, et sa relation avec le gouvernement: du formatage de députés godillots.

Cette consigne de silence s'ajoute à celle qu'Emmanuel Macron a formulée à ses ministres dès le début du quinquennat.
Chaque mercredi midi, à l'issue du Conseil des ministresles membres du gouvernement sortent désormais de l'Elysée, en se tenant à distance des journalistes, dociles comme des députés novices.

"Je suis contre le fait que les militaires parlent aux journalistes mais le Cema est légitime à répondre aux députés qui l'auditionnent, et à qui l'Etat doit rendre des comptes. Sinon, on peut supprimer la commission de la défense!", s'échauffe Jean-Christophe Lagarde (UDI), membre de la commission et "constructif". 

"Ca dénote une volonté d'autorité légitime mais il doit faire attention que ça ne devienne pas de l'autoritarisme. Depuis que son pouvoir se met en place, le mot d'ordre le plus courant c'est 'silence dans les rangs'. 
On le voit à l'Assemblée : les députés En Marche ont consigne de ne pas signer un amendement déposé par un autre parti et de ne pas parler à la presse. On voit un système qui se verrouille", s'inquiète J.-Ch. Lagarde.

Et le député de Seine-Saint-Denis de rappeler que "la force" de la campagne de E. Macron avait été de "créer un capacité d'adhésion, pas de soumission !".

Une 'chape de plomb' s'est abattue sur le monde politique

"Je crois que le président parlait de la tribune que le Cema a fait vendredi matin dans Le Figaro et qu'il parlait de cela", a nuancé député socialiste Luc Carvounas, également membre de la commission. "Mais tout le monde sait que cette présidence sera autoritaire". 

"La sortie du président face à des militaires heureux de venir défiler, ce n'était pas approprié. C'est étrange d'être obligé de répéter 'je suis votre chef'. C'est qu'il y a un sujet", veut croire cet ancien proche de Manuel Valls.

Le chef de l'Etat a annoncé un "spoil system", rappelle en outre l'élu du Val-de-Marne. 
Mis en place aux États-Unis, le 'système des dépouilles' est un principe selon lequel un nouveau gouvernement doit pouvoir compter sur la loyauté partisane des fonctionnaires et pouvoir substituer des fidèles à ceux qui sont en place. En France, il est vise aussi à changer les hauts fonctionnaires aux postes-clés pour s'assurer de disposer de personnalités dévouées. "Tout cela ne crée pas un bonne ambiance", met en garde M. Carvounas.

Craignant qu'une "chape de plomb" tombe sur la classe politique, L. Carvounas, désormais proche de Benoît Hamon, rend ainsi hommage à Jean-Jacques Bridey (REM), qui a publiquement expliqué vendredi matin qu'il "regrette" le montant des économies réclamées aux armées.

L'expert en communication personnelle des dirigeants (dont le président du Conseil Représentatif des Associations Noires de France, CRAN, ou ceux d' Ogilvy, d'IBM, Nestlé, la BPCE ou encore l’AFII) et ancien journaliste (Le Monde, La Tribune, L’Express) et réalisateur (TF1, France 5, ARTE), Philippe Moreau-Chevrolet voit lui aussi une faille dans la mise au point de Macron, que son proche entourage appelait déjà "le chef", même avant son élection. "Dire 'je suis votre chef' à l'armée de son pays un jour de défilé militaire du 14 juillet est un acte fort. Mais cela montre aussi une faiblesse, car normalement les images suffisent", décrypte ce chargé de cours en communication personnelle et stratégie d’influence à l’Institut Mines Telecom.

Le chef de l'Etat a "du mal à gérer la contestation", ajoute ce co-fondateur et dirigeant de MCBG Conseil qui est actuellement Chroniqueur associé au Nouvel Observateur Le Plus.
"L'interview traditionnelle du 14 juillet aurait permis de décrisper la situation en répondant aux questions des journalistes, en rassurant et en amorçant un dialogue. [Macron 1er l'a d'abord supprimée, avant de la rétablir sous une forme allégée] Au lieu de cela, on a une communication officielle, froide, sans aucun espace pour le dialogue, où ne peut jouer que l'affrontement", fait-il valoir.