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mardi 15 avril 2014

Déficits publics: Hollande renonce à demander un délai

A son retour de Berlin, Valls craint une humiliation

L'Europe a déjà opposé sa fin de non-recevoir 

Eviction de Valls à Berlin,
comme un Rom à Paris 
Le gouvernement socialiste envisageait de réclamer plus de temps pour ramener le déficit sous la barre des 3%.
Mais Hollande a décrédibilsé sa parole, monnaie de singe "Le déficit public sera réduit à 3 % du PIB," a déja  répété Hollande pendant les onze premiers mois de son quinquennat. 
Son engagement numéro 9 de campagne est aussi dévalué que sa promesse d'inversion de la courbe du chômage avant la fin de l'année 2013. Les "réformes de justice" engagées, les hausses d'impôts ciblées sur "les plus grosses entreprises et les ménages les plus aisés", ainsi que la maîtrise des dépenses seraient sans impact sur le niveau de la croissance, affirmait-il. Et la trajectoire de résorption des déficits, renégociée au plus fort de la crise par Nicolas Sarkozy, serait tenue. Puis, en mai 2013, devant les mauvais résultats économiques accumulés, le chef de l'État a obtenu un premier délai de deux ans de Bruxelles pour revenir dans les clous du pacte de stabilité. Soit jusqu'à la fin 2015, date à laquelle la France doit officiellement ramener son déficit public à 2,8 % du PIB.

Austérité vue par Plantu et
un site pro-Ségolène Royal
Pour permettre à la France de retrouver une petite partie de sa souveraineté, il est essentiel de respecter cet engagement vis-à-vis de la Commission de Bruxelles et de nos voisins européens. Le dernier budget voté en excédent, de 8,5 milliards de francs, remontant à 1974, le paiement des intérêts de la dette est devenu le premier poste de dépenses du budget de l'État, avec une facture qui dépasse chaque année 50 milliards.

50 milliards d'économies

Dégradée (jusqu'à deux fois) depuis 2012 par les agences de notation et sans cesse rappelée à l'ordre par la Commission, qui l'a placée début mars "sous surveillance renforcée", la France est face à une terrible alternative. Soit elle tient sa trajectoire pour ramener ses comptes à l'équilibre, et les marchés financiers continueront de la refinancer, comme aujourd'hui, à des taux d'intérêts historiquement bas. Soit elle dévisse une nouvelle fois en dépassant in fine les 3 % de déficit fin 2015, et le coût annuel du refinancement de sa dette - ainsi que la sanction financière que ne manquera pas de lui infliger cette fois-ci la Commission - s'envolera et compliquera alors réellement le redressement économique du pays.

Voilà donc pourquoi aujourd'hui, Hollande a  condamné  la France à réaliser 50 milliards d'économies dans les dépenses publiques entre 2015 et 2017 - et sans doute plus, compte tenu du dérapage constaté fin 2013 - pour ramener son déficit nominal à 3 % en 2015 et son déficit structurel, corrigé des effets de la conjoncture, à zéro un an plus tard. 
Sans possibilité aucune d'un nouvel échec…