Hollande se donne des excuses pour ne pas tenir ses promesses
F. Hollande accède à
l'Elysée avec une marge de manoeuvre des plus étroites
La presse nous prépare à des lendemains qui déchantent
Elle est chargée de nous préparer aux difficultés du prochain gouvernement socialo-communiste à concilier ses
promesses inconsidérées de nouvelles dépenses et ses engagements insensées à réduire l'endettement de la
France, sur lesquels l'attendent ses partenaires européens. L'économiste nous a donc bel et bien trompés du fait de sa méconnaissance de l'économie internationale et son aveuglement sur la croissance morose: la campagne est terminée...
Le "ré-enchanteur" socialiste déchante
Il a énuméré dès sa
victoire les "défis", "nombreux" et "lourds", qui l'attendent, mais surtout les Français, en plaçant en
tête "le redressement d'abord de notre production pour sortir notre pays de la
crise, la réduction de nos déficits pour maîtriser la dette".
Mais son refus d'inscrire une règle d'or budgétaire dans la Constitution et
son programme de dépenses supplémentaires, pour un coût qui atteindra 20
milliards d'euros par an à l'horizon 2017, lui ont valu des critiques chez ses
adversaires et à l'étranger.
Lors du débat du 2 mai face à Nicolas Sarkozy, F. Hollande avait précisé que
le retour à l'équilibre des recettes et dépenses annuelles de l'Etat, des
collectivités locales et de la Sécurité sociale représenterait "90 milliards
d'efforts" sur cinq ans.
"Nous ferons 40 milliards de prélèvements supplémentaires et 50 milliards
d'économies sur la dépense", avait-il précisé.
F. Hollande voudrait limiter la
progression des dépenses publiques à 1,1% par an hors inflation, alors que la hausse
tendancielle est de près de 2%.
Reste à savoir comment et qui paiera...
Quant aux recettes, il compte sur des rentrées induites par un retour de la
croissance et sur des augmentations de prélèvements, en particulier sur les
ménages "aisés" et les grandes entreprises.
La politique socialiste de hausse des impôts sur les plus riches laisse peu de latitude à la croissance, "beaucoup" ayant été déjà fait par Nicolas Sarkozy , souligne Henri Sterdyniak, de l'Observatoire français des conjonctures économiques.
Le nouveau président veut introduire une tranche d'impôt à 45% pour les revenus supérieurs à 150.000 euros par part et un super-impôt à 75% pour la partie des revenus dépassant un million par an.
Il entend aussi relever l'impôt sur la fortune et plafonner les niches fiscales.
Dès son investiture prévue le 15 mai, il demandera à la Cour des comptes un
"audit" sur l'exécution du budget 2012, afin de ne "surtout pas déraper par
rapport à nos objectifs", a indiqué son entourage. Il prendra des
mesures dès l'été, dans une loi de programmation des finances publiques.
Hollande a perdu ses recettes magiques
"La difficulté majeure, c'est la croissance", prévient l'économiste. Henri Sterdyniak. Le FMI ne prévoit qu'une
croissance de 1% l'an prochain en France, et non pas les 1,7% promis par Hollande qui, à
compter de 2014, espère même au moins 2% par an.
"Il y a un sentiment général dans les marchés que la dépense est déjà bien
trop forte. Donc, même s'il fait plus d'impôts que de dépenses, il y aura
beaucoup de doutes sur la validité de la stratégie", meten garde Christian
Saint-Etienne, professeur à l'Université Paris Dauphine. Que ne se sont-ils manifestés pendant la campagne, tous ces économistes qui prennent aujourd'hui la parole, mais un peu tard.
"François Hollande a annoncé une gestion extrêmement stricte des finances
publiques", assure à haute voix M. Sterdyniak, "le problème est de savoir s'il va pouvoir
tenir". Pour lui, les politiques d'austérité des partenaires commerciaux de la
France rendent la tâche "très très difficile": ce n'est pas encore la faute de Sarkozy, mais c'est déjà la faute des Européens...
F. Hollande nous a menés en pédalo
Il avait garanti qu'à lui tout seul il imposerait une renégociation du pacte européen
de discipline budgétaire, afin d'y ajouter un volet de croissance. Une fois élu,
il a évoqué devant ses partisans "les peuples qui, grâce à nous, veulent en
terminer avec l'austérité", dans laquelle il s'apprête désormais à conduire la France.
F. Hollande a menti en proclamnt un accord avec Angela Merkel avant le second tour
Au lendemain, Berlin fait savoir que l'Allemagne a posé lundi ses conditions, excluant toute renégociation du pacte et
affirmant ne pas vouloir "d'une croissance par des déficits, mais d'une
croissance par des réformes structurelles".
"Personne n'attend que nous arrivions pour distribuer à tout le monde", a
rapidement tenu à souligner l'ex-ministre socialiste des Finances Michel Sapin.
Hollande compte que l'Europe va décider pour lui
Son équipe en appelle ses partenaires pour la mise en place "très
rapidement" au niveau européen "d'outils de stimulation de la croissance par
l'investissement et par l'emploi" et pour lui donner les moyens d'atteindre les
objectifs budgétaires. Et de se consoler: " Et s'ils n'étaient pas atteints, il n'y a pas que chez
nous qu'ils ne le seraient pas et ce serait alors un problème européen et non
pas français", estiment par avance les irresponsables.
L'équipe Hollande n'a tardé pas déclarer : "c'est pas moi, c'est les autres !"