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lundi 18 février 2013

La facture d'électricité va augmenter en continu jusqu'en 2017, prévient Hollande

Les tarifs vont grimper de 30 % en cinq ans

La "gauche sociale" ne peut rien, sauf annoncer le pire

Ministre de l'Écologie,
du Développement durable
 et de l'Énergie
Ayrault a renoncé, mais pavoise; il est quitte 
Tout le monde est concerné, même les plus défavorisés: c'est réconfortant ! 
La prévision est lucide, mais décourageante. "La CRE prévoit une augmentation sensible des prix de l'électricité pour tous les consommateurs dans les cinq prochaines années".
Une progression de 30 % des tarifs réglementés d'EDF de 2012 à 2017
Dans son rapport publié lundi, la Commission de Régulation de l'Energie (CRE), l'autorité administrative indépendante chargée de veiller au bon fonctionnement des marchés de l'électricité et du gaz en France, publie des chiffres qui anéantissent le pouvoir d'achat et le moral des travailleurs.
La cause ? 
Le coût du développement des énergies renouvelables, d'une part, et du financement des investissements dans les réseaux, d'autre part.

L'information n'est pas une nouvelle. Il y a un an, la CRE avait prévenu d'une une hausse de 30 % des prix du courant entre 2012 et fin 2016. Mais la présidentielle tous les cinq ans gèle le travail législatif et la prise de décisions.  Lundi, en actualisant ses prévisions pour la période allant de mi-2012 à mi-2017, elle aboutit aux mêmes conclusions. Le premier ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie dans le gouvernement Jean-Marc Ayrault, Nicole Bricq (66 ans), n'est restée qu'un mois à ce poste et le gouvernement de Hollande s'est prioritairement consacré à des réformes sociétales qui ne font pas bouillir la marmite.


Des hausses vertes et inégalitaires

Les particuliers seront les plus durement touchés: la CRE explique s'attendre à une hausse moyenne de 30,1% des factures d'électricité pour les clients au tarif dit bleu, réservé aux particuliers proposé par EDF et une poignée de fournisseurs historiques locaux.

Cette forte hausse "sera due pour plus du tiers à l'augmentation de la CSPE (contribution au service public de l'électricité, taxe qui finance entre autres l'énergie solaire et éolienne), laquelle s'explique pour l'essentiel par le développement des énergies renouvelables", avoue la CRE. 

Une hausse moindre pour les gros consommateurs industriels

"Pour les autres clients, ayant une consommation supérieure, les hausses de prix seront moindres : 23,7 % pour les clients au tarif jaune (destiné aux entreprises possédant un compteur dont la puissance se situe entre le tarif bleu et le tarif vert) et 16 % pour les clients au tarif vert (destiné aux installations alimentées en moyenne ou haute tension)", poursuit la Commission.


Mais comment en est-on arrivé là ? 
Pour financer les missions de service public assurées par EDF, dans laquelle l'Etat est actionnaire à 85%, une taxe spéciale a été créée en 2003, la CSPE, prélevée sur la facture des 30 millions de Français abonnés à l’électricité. La CSPE représente aujourd’hui 70 € environ par an et par foyer (pour une facture moyenne de 700 € par foyer et par an). Le produit de cette taxe était censé financer le développement des énergies renouvelables, la péréquation tarifaire [qui permet à un Corse de payer le même tarif d’électricité qu’un Francilien, mais aussi les DOM, bien que les media le taisent: la Guadeloupe du ministre Victorin Lurel, et la Martinique, la Guyane de Christiane Taubira, La Réunion et Mayotte] ou encore les tarifs sociaux [le Tarif de Première Nécessité pour l'électricité (TPN) , et le Tarif Spécial de Solidarité pour le gaz (TSS)]. 
Problème lié à la crise économique et financière depuis 2008: l’augmentation de la taxe, pourtant passée de 1,8 Md € en 2009 à 5,1 Mds € en 2013, n’a pas suivi le rythme du programme de développement des éoliennes, des panneaux solaires ou la multiplication par quatre des bénéficiaires des tarifs sociaux. Du coup, EDF a dû avancer les fonds en puisant dans sa trésorerie.


Et, début octobre 2012, l'Assemblée nationale socialo-écolo a maintenu les "avantages tarifaires" des salariés d'EDF et GDF sur leur énergie consommée. Au nom de l'équité, l'UMP avait demandé de supprimer le tarif préférentiel accordé aux agents et de faire payer à ces salariés 50% de leur consommation, au lieu de 5% à 10% aujourd'hui. La gauche a insisté sur le respect d'un accord d'entreprise historique et dénoncé une ...stigmatisation !


La CRE a basé ses calculs sur l'hypothèse d'une hausse de la CSPE qui resterait plafonnée à 3 euros par an, comme c'est actuellement le cas. Aujourd'hui, cette taxe représente environ 70 € par an et par foyer.

Champ d'éoliennes,
à Cravant (Loiret)
12 milliards d'investissements à financer cette année

En outre, la CRE anticipe une inflation de 2% par an, un prix de marché de l'électricité supérieur d'un point à l'inflation et une hausse équivalente à l'inflation de l'Arenh (mécanisme qui oblige EDF à revendre à ses concurrents un quart de sa production d'électricité nucléaire, à un prix régulé), dont les règles d'évolution doivent être revues cette année.



Champ de panneaux solaires de Les Mées 
(Alpes de Haute provence),
le plus vaste de France


La CRE anticipe aussi des hausses bien supérieures à l'inflation du tarif d'accès au réseau électrique (ou Turpe), se basant sur les niveaux demandés par les gestionnaires de réseaux RTE et ERDF, engagés dans de lourds programmes de renouvellement et de développement des lignes électriques.

EDF a, la semaine dernière, de nouveau défendu des hausses de tarifs "raisonnées", tenant compte des problèmes de pouvoir d'achat et de compétitivité, pour couvrir ses énormes investissements maintenus à 12 milliards d'euros cette année.