Super Montebourg: "Rien n'est encore gagné mais tout redevient possible !"
Ministre du redressement productif, vendredi sur le site de Fralib,
escorté de Vauzelle (PACA),
escorté de Vauzelle (PACA),
avant de vendre de l'espoir
à la raffinerie Lyondellbasell.
Le ministre du redressement productif galvanise les salariés de Fralib et Lyondellbasell
Pleins d'a priori, les 182 salariés d'Unilever ont accueilli par des applaudissements le ministre du redressement productif à Gémenos, à 605 jours de lutte et d'occupation de leur usine. Il est vrai que patriotisme en bandoulière, sur fond de bannières CGT et de portraits de Che Guevarra, Super Montebourg leur a annoncé d'une part le retour de leur employeur à la table des négociations et sa promesse de ne pas déménager ses machines et d'autre part l'étude prioritaire de leur projet de reprise sous forme de coopérative ouvrière de production et la nomination d'un médiateur qui rendrait compte avant un mois.
" Un plan social même généreux ne saurait essouffler notre lutte, approuvait Bernard, si nous ne sauvons pas nos emplois, nos enfants ils feront quoi ? " " Nous sommes heureuses que M. Montebourg ait tenu sa promesse de campagne et soit venu nous voir ", renchérissaient des militantes béates, Marie, Marie José et Marie Ange, depuis 38 ans à Fralib et très en colère contre Unilever, qu'elles accusent d'avoir bradé la marque provençale Eléphant en utilisant des additifs chimiques.
Montebourg, marchand de rêves en campagne
A l'unisson de la CGT, le ministre précisa ses objectif nationaux : créer des emplois nouveaux dans des filières d'avenir, en relocaliser et en sauver d'autres. Et pour se faire, Montebourg réclama une majorité à l'Assemblé nationale.
De fait, avant de pouvoir légiférer et avant la création d'une ambitieuse banque publique d'investissements, Arnaud Montebourg reste néanmoins fort discret sur ses leviers d'action. Principalement son pouvoir d'incitation et de coordination, l'entregent diplomatique du gouvernement et sa tutelle conjointe avec Pierre Moscovici, ministre de l'Economie, sur les participations de l'Etat dans une cinquantaine d'entreprises publiques.
A Bercy, la création d'un "cabinet de guerre" est en cours et comprendrait une ...quinzaine de conseillers, plutôt que dix.
L'un de ces fonctionnaires, le souriant Christophe Bejach, était d'ailleurs propulsé deux heures plus tard, médiateur du dossier Lyondellbasell, une raffinerie de 400 salariés mise sous bulle par l'américain, accusé de n'avoir guère recherché de repreneur.
Un point mort qui pourrait menacer d'ici à 2016 plus de 5 000 emplois en aval dans la pétrochimie autour de l'étang de Berre.
Montebourg, brasseur de vents
" Un dossier sur lequel nous n'avons que 20% de chances d'aboutir, admettait le flambant Montebourg, la crête un peu retombée. Mais il serait criminel de ne rien tenter au moment même où la France subit une vague de délocalisations dans le raffinage. "
Le député en campagne fait la part du rêve et des réalités
Montebourg est échaudé. L'éléphant du PS traîne des casseroles, dont, outre celle d'une condamnation pour insulte aux patrons de SeaFrance (lien PaSiDupes) celle du député de Saône-et-Loire et président PS du Conseil Général qui trompa la CGT en s'inclinant sans broncher devant le départ de Dim de sa circonscription...
Mais les cégétistes de Fralib et de DIM (entreprise française de lingerie, à 40 km d'Autun dans la banlieue de Montceau-les-Mines) ne se connaissent plus. Forcément ! Le fabricant de sous-vêtements a redéployé ses activités industrielles, soit 1 000 salariés sur un effectif total de 1 800 personnes en France, dans des ateliers en ...Roumanie.
En revanche, Arnaud Montebourg s’était dit "réjoui" de l’annonce de la reprise par un fournisseur de LVMH de l’atelier Lejaby d’Yssingeaux (Haute-Loire), bien que le député n'y ait été pour rien: il avait été négocié par le gouvernement Fillon... Le matamore socialiste s'était pourtant employé à exacerber les inquiétudes et à faire monter la colère sociale, lançant en janvier: "Il y a beaucoup d’argent en France lorsqu’il s’agit de faire des plans de sauvetage et de renflouement du système financier», mais non pour l’industrie." Montebourg , que aurait pu s'appeler "Letoquart" par un caprice de la généalogie,, stigmatisa encore "un gouvernement qui n’a «rien fait» pour empêcher la 'désindustrialisation' du pays."
En février 2012, les 122 salariés de la pépinière Delbard de Malicorne et Commentry en redressement judiciaire avaient interpellé leur député de Saône-et-Loire qui avait souhaité que l'Etat s'engage sur ce dossier. " Je vais appeler le procureur de la République pour connaître sa philosophie sur le dossier. Je vais prendre contact avec le préfet pour que les outils d'intervention économiques se tiennent prêts à une intervention de sauvetage. Si tous les salariés ne sont pas repris, il faut que l'Etat soit présent ". Selon le beau-parleur, l'objectif était on ne pouvait plus simple: que le tribunal de commerce opte pour " un projet le plus durable possible et le plus respectueux des salariés ".
Quatre mois plus tard, le moment est-il venu ?...
