dimanche 28 septembre 2014

Rocambolesque affaire des 3 djihadistes en libre circulation en France

Des mesures anti-terroristes renforcées pour quoi faire?

Le ministère de l'Intérieur avait annoncé l'arrestation de trois djihadistes
Le petit Cazeneuve a dégainé un peu trop vite. 
Mardi 23 en début d'après-midi, le ministre de l'Intérieur avait en effet tenté de se grandir, annonçant que trois djihadistes présumés, arrêtés fin août en Turquie, avaient été interpellés dès leur arrivée à l'aéroport d'Orly. Les trois suspects ne sont que Abdelouahed Baghdali, le mari de Souad Merah, la sœur de Mohamed Merah, auteur  franco-algérien des tueries de Toulouse et Montauban en mars 2012, un ami d'enfance de Merah, déjà condamné en 2008 pour sa participation à une filière djihadiste vers l'Irak, et un Européen converti à l'islam, originaire d'Albi. Du menu fretin...

Sauf que les trois suspects sont rentrés en France mardi,
sans être inquiétés, comme dans un moulin...
Les trois islamistes ont été arrêtés fin août en Turquie, alors qu'ils tentaient de fuir l'Etat islamique, qu'ils avaient rejoint en début d'année, selon leur avocat Me Christian Etelin, un avocat sulfureux des milieux d'extrême gauche. Les suspects devaient être transférés par avion vers la France mardi midi, mais le commandant de bord de la compagnie aérienne turque aurait refusé, selon la version officielle, de les embarquer. Les autorités françaises, prévenues de leur livraison prochaine sur le sol français, se sont empressées d'annoncer l'interception des suspects par la DGSI. Elles avaient juste vendu la peau de l'ours avant de l'avoir capturé: un exemple actuel de la primauté du dire sur le faire.
En réalité,  sans prendre la peine d'une petite vérification de principe, les autorités françaises s'imaginant que les trois suspects avaient été placés dans un centre de rétention administrative en Turquie, les policiers étaient absents au moment de l'arrivée des terroristes sur le sol français, à Marseille, mardi après-midi. A la stupéfaction du trio, personne n'était présent pour les accueillir et les interpeller. Les djihadistes présumés ont donc contacté leur avocat, Me Christian Etelin, qui était l'avocat de Mohamed Merah et qui conseille aujourd'hui sa sœur Souad. "On a passé la douane, on a montré le passeport, on a tout montré, c'est ça qui est étonnant. Aucun policier n'est venu nous accueillir à l'aéroport. Même nous, ça nous a étonné. On s'était dit qu'ils allaient nous interpeller, qu'on allait être placés en garde à vue", commente l'un des suspects déboussolés.

Me Etelin raconte que les trois suspects se sont livrés aux autorités turques pour échapper à l'Etat islamique, où ils auraient "vécu l'horreur". "Ils n'ont jamais voulu participer à un combat djihadiste tel qu'on l'imagine. Ils se sont mis entre les mains des autorités turques pour être protégés et pour pouvoir être transférés vers la France. Ils sont heureux d'une chose, c'est d'avoir la vie sauve, parce qu'ils ont vraiment cru qu'ils allaient être exécutés", assure-t-il.
Selon l'avocat toulousain, Souad Merah serait bien partie en Syrie en mai dernier avec ses quatre enfants, mais la franco-algérienne se trouverait actuellement en Algérie, chez son père. "Elle devrait revenir bientôt à Toulouse", a ajouté l'avocat toulousain.
Christian Etelin, militant comme son épouse Marie-Christine avec Me François Roux, l'avocat de José Bové, de Dieudonné, des Déboulonneurs, des Faucheurs et du seul condamné, Zacarias Moussaoui, dans les Attentats du 11 septembre 2001, se dit désemparé par la trajectoire du cercle Merah.

Le ministère de l'Intérieur français met en cause la Turquie
"Les services français ont été informés par leurs homologues turcs de ce changement de vol après l’arrivée sur le sol français des trois ressortissants expulsés", accusait mardi soir un communiqué de la Place Beauvau. "Dès cette information communiquée aux services français de sécurité et de renseignement, ceux-ci poursuivaient les investigations dans le cadre du mandat délivré par le magistrat instructeur du pôle antiterroriste", assurent donc les services de Bernard Cazeneuve.
Stressé comme son premier ministre à l'oeil noir et déterminé comme son président, le ministre de l'Intérieur a annoncé l'ouverture d'une enquête administrative pour "faire toute la lumière" sur les conditions de ce raté... Il a par ailleurs annoncé qu'il se rendrait prochainement en Turquie. "Ce dysfonctionnement entre les services turcs et les services français mérite qu'une concertation approfondie s'engage entre les autorités françaises et turques, de manière à ce que d'autres événements de ce type ne se produisent pas", a clamé le ministre de l'Intérieur dans la cour de Matignon.

Les "bonnes" raisons d'un raté de Manu, premier ministre et ancien ministre de toutes les polices de France
 
Les trois djihadistes français présumés qui se sont livrés à la police sont désormais en garde à vue. 
Mais ils n'ont pas été interpellés: officiellement expulsés de Turquie, ces trois touristes ordinaires, n'étaient pas attendus en France. La police hexagonale en avait perdu la trace et les terroristes ont dû se constituer prisonniers mercredi matin, en se rendant à la gendarmerie du Caylar, dans l'Hérault, alors qu'ils n'avait nullement été inquiétés depuis leur arrivée à Marseille, la veille. Ils ont eu droit à une nuit offerte. De retour de Syrie, les trois Français, bien sous tous rapports et appréciés dans leur quartier selon la formule consacrée, dont le beau-frère et un ami d'enfance de Mohamed Merah, se sont livrés à la police, médusée.
Comment ces trois terroristes, déjà condamnés et fichés, ont-ils ainsi pu passer à travers les mailles du filet ?  
De l'aveu même de Manuel Valls, cette affaire "ne s'est pas déroulée comme il aurait fallu" et deux fautes graves consécutives, ça fait désordre. Une fois de plus, les socialistes français se déclarent responsables, mais pas coupables. Selon le ministère de l'Intérieur, la France aurait été informée du changement de destination, Marseille et non Paris-Orly, mais beaucoup trop tard, alors que l'avion a déjà atterri et que les trois hommes ont quitté l'aéroport de Marignane.
Mais en admettant que le téléphone ne marche pas entre la Turquie et la France, le deuxième couac, non imputable à France Télécom, est 100% "made in France". Au moment où, suite à l'assassinat d'Hervé Gourderl, de nouvelles mesures sécuritaires sont annoncées, à l'issue d'un Conseil de défense réuni en urgence par Hollande, en plus de la loi anti-terroriste, votée la semaine dernière à l’assemblée en procédure accélérée, et  à l'heure où les trois djihadistes présumés passent par le contrôle aux frontières, le système CHEOPS est en maintenance, alors qu'il est censé permettre d'accéder notamment aux fichiers des personnes recherchées. C'est en tout cas ce qu'affirment les syndicats de police et ce qu'a confirmé le ministère de la Défense. Ce serait donc à la faveur de ce bug informatique de CHEOPS (Circulation hiérarchisée des enregistrements opérationnels de la police sécurisés) que les trois hommes ont pu rentrer en France sans être inquiétés.

 Le gouvernement nie tout "dysfonctionnement" des services français...

Les parlementaires qui ont voté les mesures anti-terroristes nient tout en blocla délégation parlementaire au renseignement (DPR) a conclu jeudi à l'absence de "dysfonctionnement" des services français ! Et voilà les services de sécurité français dédouané du cafouillage qui a permis mardi à trois djihadistes français présumés de rentrer en France en provenance de Turquie, sans être contrôlés. Cette instance spécialisée, constituée de députés et de sénateurs, s'est fiée au directeur central de la police aux frontières, David Skuli, et le directeur général de la sécurité intérieure, Patrick Calvar. "Au vu des informations obtenues, la délégation ne conclut pas à un dysfonctionnement de nos services", déclare-t-elle dans un communiqué.
Cette délégation de comiques est présidée par l'illustre Jean-Jacques Urvoas,  député PS, ce qui est déjà beaucoup dire. Il est assisté de Jean-Louis Carrère, sénateur PS, et principalement constituée de parlementaires de la majorité, dont Patricia Adam, présidente de la Commission de la défense nationale et des forces armées, députée du Finistère, comme la ministre Lebranchu et JJ. Urvoas, tous Bretons, comme Jean-Yves Le Drian, ministre de la ...Défense! Pour être complet (en omettant 2 UMP sur le nombre), ajoutons un autre béni-oui-oui du PS, Jean-Pierre Sueur, sénateur du Loiret, 67 ans et qui est  toujours supposé mouiller la chemise.
On n'est pas obligé de connaître cet autre membre, Philippe Nauche, PS, mais il suffit de savoir qu'il est député de ...Corrèze. Si on en veut encore un autre, citons Michel Boutant, sénateur de la Charente (Poitou-Charentes): sans commentaires! 
Améliorer les échanges d'informations.
Le drapeau djihadiste du front Al-Nosra,
 rebelles armés affilié à al-Qaïda,
flotte au coeur de Paris en août 2004
avec les manifestants pro-palestiniens
La délégation parlementaire souligne toutefois "l'impérieuse nécessité d'améliorer les conditions d'échanges des informations avec les services étrangers" et "de mettre en place le plus rapidement possible le système de traitement des données passagers (PNR-Passenger Name Record)", dont "l'absence explique en grande partie les événements étudiés".

Avant toute frappe aérienne sur l'Irak,
les socialistes au pouvoir pourraient aussi commencer par combattre les forces terroristes dans ce pays...

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