samedi 27 septembre 2014

Affaire Kadhafi: le document libyen de Mediapart qui accuse l'ex-président pourrait bien être un faux

Pourquoi la Cour d'Appel "suspend" l'enquête...

Les juges auraient recueilli de nouveaux éléments qui entachent la crédibilité des accusations

Moustache, regard plissé
et main devant le visage:
Plenel a tout de l'honnête homme 
En 2006, à la veille de la présidentielle de 2007, une "note" évoquait un pseudo-financement occulte de 52 millions d'euros dont la gauche a fait ses choux gras depuis, notamment en 2012. C’était la première fois qu’une enquête pénale visait directement le financement d’une campagne présidentielle – et que les juges formulaient un soupçon explicite contre un candidat, mais il faut dire que l' 'affaire des frégates d’Arabie saoudite et des sous-marins du Pakistan', qui vise deux contrats d’armement signés il y a 20 ans (1994) et qui qui auraient financé la campagne d’Édouard Balladur à l’élection présidentielle de 1995sert de casserole accrochée par la gauche vertueuse à la droite et ressort toujours à point nommé pour salir. Jacques Chirac a été poursuivi en quittant l’Elysée, mais pour les finances du RPR. François Mitterrand a vu sa campagne mise en cause dans l’affaire Urba, mais lui n’a jamais été inquiété. Et s’il y avait des soupçons contre Nicolas Sarkozy dans l’affaire Bettencourt, constamment brandie contre lui, on voyait mal sur quelles bases sérieuses il aurait pu être poursuivi. 


Deux "trotsko-fascistes", 
selon certains politiques 
Le 30 avril 2012, Nicolas Sarkozy dépose une plainte contre Mediapart. Le Parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour "faux" et "usage de faux ", "recel de faux" et "publication de fausses nouvelles". La plainte vise le site trotskiste, son directeur de la publication, le révolutionnaire Edwy Plenel (photo 1, ci-dessus), ainsi que les deux journalistes Fabrice Arfi (à droite avec F. Lhomme sur la photo 2) et Karl Laske qui, protégés par le secret des sources, ont signé l’article faisant état d'une note présumée à propos d'un financement libyen présumé de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

Journaliste d'investigation, puis chef du service politique du Monde et rédacteur en chef du Point en 2007, avant de rejoindre Vanity Fair en tant que rédacteur en chef enquêtes/investigation et aussi éditorialiste dans l'émission "Bourdin & Co", sur RMC, Hervé Gattegno nous en disait plus, le 18 décembre 2013. Le 7 octobre 2013, une décision de non-lieu était en effet rendue en faveur de Sarkozy dans l'affaire Bettencourt: les éléments rassemblés par l'enquête ne justifiaient pas la poursuite d'une action pénale !...


"L'enquête progresse sur le document publié par Mediapart pour accuser Nicolas Sarkozy d'avoir reçu de l'argent de la Libye sous le régime de Kadhafi [affirmait Gattegno, fin 2013]. Les derniers éléments recueillis par les juges d'instruction parisiens René Cros et Emmanuelle Legrand renforcent le soupçon d'une falsification, sans que l'origine d'un éventuel montage puisse à ce stade être précisée. 

[Le journaliste au Nouvel Observateur, Airy Routier, avait, quant à lui, eu recours à un vrai-faux SMS... Sous couvert de la protection des sources de la presse, ce spécialiste exemplaire de l'investigation de bon aloi avait fait croire à un tweet que Nicolas Sarkozy aurait adressé à Cécilia, quelques heures avant son mariage avec Carla, un SMS lui assurant : "Si tu reviens, j’annule tout ". Le vertueux et son femme, Valérie Lecasble, journaliste, avaient été récompensés du prix Derogy-L'express...]

Le magistrat s'est rendu secrètement au Qatar le 5 août, afin d'interroger l'ancien chef des services de renseignements libyens, Moussa Koussa, dont la signature apparaît au bas de la note reproduite par Mediapart [mais seulement pour ses abonnés, ces "salauds de riches"...] Selon ce compte-rendu, rédigé en arabe sous un en-tête officiel de la révolution libyenne, 52 millions d'euros auraient été octroyés par le colonel Kadhafi à la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Cette décision aurait été prise à la suite d'une réunion tenue le 6 octobre 2006 à laquelle participait, selon le document, le principal collaborateur de Kadhafi, Bechir Saleh, le ministre français Brice Hortefeux, l'intermédiaire libanais Ziad Takieddine et Moussa Koussa, ainsi que le « directeur des services de renseignements libyens », dont l'identité n'est pas indiquée, mais qui pourrait correspondre à Abdallah Senoussi, beau-frère de Kadhafi, lui aussi emprisonné depuis la chute du dictateur libyen.

Tous les protagonistes visés ont démenti

« Ce n'est pas ma signature, ce document est falsifié », a déclaré au juge Moussa Koussa, aujourd'hui en exil à Doha sous la protection des autorités qatariennes. Il a ajouté : « Il s'agit d'un faux car la signature est fausse. Ce n'est pas ma signature (...) Je ne sais pas si quelqu'un a essayé d'imiter ma signature ou si c'est une signature totalement différente ; ce n'est pas moi qui ai signé, ce document est un faux document. » Interrogé en présence d'un magistrat du Qatar, Moussa Koussa a accusé l'ancien premier ministre de Kadhafi, Baghdadi al Mahmoudi, actuellement emprisonné à Tripoli, d'être l'auteur du faux.

L'audition, qui s'est tenue dans un salon privé de l'hôtel Four Seasons de Doha, semble néanmoins s'être déroulée dans un climat étrange, Moussa Koussa étant attendu par une ambulance en raisons de problèmes de santé et ayant dans un second temps déclaré, d'une façon équivoque : « Je ne vous ai pas dit que c'était faux ou pas faux. Il y a ce qui est mentionné sur ce document et quelqu'un qui a mis une fausse signature en dessous, à vous d'enquêter. »

Avec les déclarations de cet ancien haut responsable libyen, il est cependant acquis que tous les protagonistes dont les noms figurent sur le document publié par Mediapart y ont opposé un démenti. C'est le cas de Bechir Saleh, considéré comme le directeur de cabinet de Kadhafi, qui était censé devoir libérer les fonds au profit de Nicolas Sarkozy et qui, dans un entretien exclusif accordé dans le numéro de décembre 2013 de Vanity Fair depuis l'Afrique du Sud, où il s'est réfugié pour échapper à un mandat d'arrêt international, avait qualifié cette pièce de « faux grossier ». C'est également le cas de Ziad Takieddine, qui a tenu des propos contradictoires, mais qui a toujours affirmé (y compris dans l'article initial de Mediapart) que la fameuse réunion de 2006 dont le document est censé rendre compte n'avait pas existé. Enfin, Brice Hortefeux a également nié avec force s'être rendu en Libye à cette date.

Clermont-Ferrand - Paris - Tripoli ?

Les vérifications abondantes et minutieuses, effectuées à la demande des juges par les gendarmes de la section de recherches de Paris, paraissent exclure que l'ancien ministre [Hortefeux] ait pu se rendre à Tripoli le 6 octobre 2006. Les enquêteurs ont [en] effet reconstitué son agenda du 5 au 7 octobre et il en ressort qu'il se trouvait de façon certaine à Clermont-Ferrand (il est élu de la région Auvergne) dans la soirée du 5 et à nouveau en fin de matinée le 6 (son agenda officiel mentionne même un rendez-vous pour le petit-déjeuner, mais il n'a pu être vérifié). Or un vol entre Paris et la Libye dure au moins trois heures, de sorte qu'il apparaît invraisemblable qu'il ait pu effectuer un aller-retour et assister à une réunion dans un délai aussi court.

Les journalistes de Mediapart, entendus dans ce dossier en qualité de « témoins assistés », ont suggéré que la réunion fatidique pouvait avoir eu lieu à Genève et non à Tripoli. Mais les recherches des gendarmes établissent que Ziad Takieddine ne s'y est pas rendu à cette date. En outre, Abdallah Senoussi étant à cette date visé par un mandat d'arrêt international pour des faits de terrorisme, sa venue en Suisse est elle-même hautement improbable.

Le Canard enchaîné aurait détenu la même note sans la publier

Dans un rapport remis aux juges le 7 juillet dernier, les gendarmes évoquent par ailleurs le témoignage d'un ancien diplomate devenu chercheur, spécialiste de la Libye, consulté sur la forme du document. Celui-ci leur a déclaré avoir « reçu les confidences d'un journaliste du Canard enchaîné » qui lui aurait indiqué que l'hebdomadaire satirique détenait la même note « depuis 2008 » mais qu'il n'avait pas souhaité le publier « par principe de précaution », eu égard aux incertitudes sur son authenticité.

Mediapart, en revanche, avait choisi de publier ce document entre les deux tours de l'élection présidentielle de 2012, ce qui avait conduit Nicolas Sarkozy à déposer une plainte contre le site pour « faux, usage de faux et publication de fausse nouvelle ». L'ancien président a toujours démenti toute relation financière avec le régime de Kadhafi, qu'il a du reste contribué à abattre en 2011 au sein d'une coalition internationale où la France était aux avant-postes. Plusieurs anciens dignitaires ou proches du régime kadhafiste ont cependant assuré – y compris devant la justice – avoir été informés d'un financement occulte en faveur de Nicolas Sarkozy. Mais leurs déclarations restent à ce jour non concordantes (sur la date, le montant et le mode opératoire) et n'ont pu être corroborées par aucun élément matériel."

Les juges ne partagent pas les convictions de Mediapart



La Cour d'Appel de Paris a suspendu mardi l'enquête qui vaut à l'ancien président d'être mis en examen pour corruption depuis juilleta-t-on appris mercredi 24 septembre de source proche du dossier. La gauche et les juges Claire Thépaut et Patricia Simon accusaient le principal candidat de la droite à la présidentiel de 2017 d'avoir tenté d'obtenir auprès de Gilbert Azibert, haut magistrat de la Cour de cassation, des informations dans le dossier judiciaire le concernant, mais les preuves manquent sur les éléments à charge.

Mediapart  a toujours pignon sur rue

Les journalistes Arfi, Lhomme et Plenel continuent de sévir, puisque Hollande -et la gauche dite républicaine-  y trouvent leur compte.


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