vendredi 10 décembre 2010

Siné fait condamner Charlie Hebdo

L'humoriste se met 40 000 euros dans la poche





Siné n'a pas fini de 'doigter'
ses anciens camarades de Charlie Hebdo


Siné: ni retraite à 60 ans, ni pénibilité

A la tête de son propre hebdo depuis septembre 2008, Maurice Sinet, dit Siné, le caricaturiste, retrouve une soudaine verdeur à 82 ans: pas question de retraite. Dans le métier, la pénibilité, c'est Siné.

Le 2 juillet 2008, Siné écrivit dans Charlie Hebdo une chronique basée sur une information donnée par Patrick Gaubert, président de la LICRA, au journal Libération. Elle fut dénoncée comme « antisémite » par Claude Askolovitch et son auteur fut renvoyé de la rédaction du journal par Philippe Val afin d'« éviter un procès » au magazine. Lien PaSiDupes vers la condamnation de Patrick Gaubert pour diffamation

Aperçu des péripéties judiciaires

Siné fut d'abord cité à comparaître le 9 septembre 2008 devant la 6e chambre correctionnelle (presse) du Tribunal de Grande Instance de Lyon par la LICRA pour « incitation à la haine raciale ». L'audience sur le fond fut alors fixée au 29 janvier 2009, mais elle se tint finalement les 27 et 28 janvier 2009.
Lien PaSiDupes

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En 10 septembre 2008, Siné lancera Siné hebdo, le bien nommé, puisqu'il placera sa femme Catherine au poste de rédactrice en chef. Les actionnaires en sont Siné, sa femme, Guy Bedos, Michel Onfray et un ami anonyme (!) du couple Sinet, ainsi que l'Association des Mal Elevés.

D'après Siné, « ce sera un journal d'humour, libertaire, ce qu'aurait dû être Charlie s'il était resté dans la tradition initiale », « un canard qui ne respectera rien » et « qui chiera tranquillement dans la colle et les bégonias sans se soucier des foudres et des inimitiés de tous les emmerdeurs ».
Parmi les collaborateurs se trouvent Guy Bedos, Philippe Geluck, Christophe Alévêque, Jackie Berroyer, Benoît Delépine, Isabelle Alonso, Denis Robert, Michel Onfray, Delfeil de Ton... Mais il ne suffit pas de « faire chier » pour intéresser, et faute d'audience, le journal s'est arrêté le 28 avril 2010.
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Le 24 février 2009, il fut relaxé à Lyon
, les juges considérant que Siné avait usé de son droit à la satire. Le juge a une préférence pour la satire scatologique.

Or, le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Paris vient tout juste de condamner les Editions Rotatives, société éditrice de Charlie Hebdo, à lui verser 40 000 euros de dommages et intérêts. En prime, le journal devra publier en Une le communiqué judiciaire sur un bandeau de 15 cm.

Le TGI prend fait et cause pour Siné


  • Le jugement du TGI est double
    D'une part, il a estimé que la rupture du contrat du dessinateur, licencié le 16 juillet 2008, était abusive, et, d'autre part, que les accusations d'antisémitismes proférées à son endroit par le directeur de la publication de l'époque, Philippe Val, ne sont pas fondées.
    "Il ne peut être prétendu que les termes de la chronique de Siné sont antisémites... ni que celui-ci a commis une faute en les écrivant", a jugé le Tribunal, qui précise en outre qu'"il ne pouvait être demandé à Siné de signer et faire paraître une lettre d'excuse", comme l'avait réclamé Val.
    Enfin, Charlie Hebdo avait commis l'erreur de signifier à Siné son licenciement avant de lui avoir envoyé une lettre de rupture.

    Le TGI règle des les comptes
    Le préjudice économique de Siné a donc été estimé à 20 000 euros, auxquels s'ajoute le préjudice moral : "la médiatisation de la rupture et le caractère humiliant de son annonce apprise en même temps que les lecteurs par la publication du numéro du 16 juillet 2008, ont causé à Siné un préjudice moral qu'il convient d'indemniser en lui allouant la somme de 20 000 euros".
  • Charlie devra publier le communiqué sur sa Une sous peine de 2000 euros d'astreinte par numéro : "Par jugement du 30 novembre 2010, le Tribunal de Grande Instance de Paris a condamné la société Les Editions Rotatives, société éditrice du journal Charlie Hebdo, à payer à M. Maurice Sinet, dit Siné, la somme de 40 000 euros à titre de dommages et intérêts pour rupture abusive de leur collaboration à la suite de la parution de la chronique de Siné dans le numéro du 2 juillet 2008".

    Siné renonce au « parachute doré »

    Siné n'est certes pas perdant, mais il évaluait néanmoins sa souffrance à 148 000 euros.

    Pour plus d'équité, il convient de rappeler que, dans un entretien accordé à Fluctuat en novembre 2009, l'élégant Siné insultait Philippe Val :
    "Lui, apparemment, c'est vraiment un sale type qui va faire un sale boulot. Et il va continuer en plus, il a été nommé pour ça. Il va faire le ménage à France Inter. Déjà on s'était aperçu qu'il avait été catapulté par Sarko, mais on va vraiment avoir la preuve. Tout le monde serre les fesses (...) Je serais pas rassuré à la place de Guillon, les mecs qui bossent sur Inter j'ai bien l'impression qu'ils vont sauter cette année. Ils finiront pas l'année 2010."

    Stéphane Guillon et Didier Porte, des types bien, sous tous rapports, comme Siné …
    Farouchement anticlérical, antisioniste et anticolonialiste, l'humoriste est de sensibilité anarchisante. Ainsi appella-t-il en 2004 à voter pour la liste Euro-Palestine. Agressif dans ses dessins comme dans la vie, on imagine mal qu'il milite pour la non-violence.
    Il n'est pas responsable des actes de son père naturel, Laurent Versy, ferronnier d'art condamné plusieurs années aux travaux forcés, mais si son parcours contribue à sa haine de l'État, de la police et de la justice, celle-ci ne la lui rend pas !

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