mardi 16 septembre 2008

Marseille, élue capitale européenne de la culture

En 2013, Marseille partagera le trophée avec la ville slovaque de Kosice
Marseille, deuxième ville de France, a été choisie mardi 16 comme capitale européenne de la culture 2013, a annoncé le président de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) Marseille Provence. Quatre villes françaises étaient en lice pour le titre de 2013, avec à la clé, des visiteurs et des rentrées d'argent supplémentaires.

L’annonce
La ministre de la Culture, Christine Albanel, a peu après confirmé officiellement le choix de Marseille, sous les applaudissements, en précisant que la décision du jury "avait été prise à l'unanimité".
Le président du jury, Robert Scott, a expliqué son choix en affirmant que "la candidature de Marseille présente un équilibre particulièrement réussi entre la qualité culturelle, l'engagement politique et le soutien économique". "Nous ne doutons pas que Marseille, Capitale européenne de la culture, sera un grand succès", a-t-il ajouté.
"C'est une grande victoire", s'est félicité M. Pfister. "C'est la réussite d'un formidable élan du territoire Marseille-Provence dont les acteurs politiques, économiques et culturels de 130 communes ont su se rassembler", a-t-il ajouté.
Après quatre ans de course de fond, Marseille a remporté le sprint final (son site officiel ).
Les villes candidates avaient déposé leur dossier de candidature au ministère de la Culture en juillet et peaufiné la visite du jury, début septembre. Lyon avait programmé «un grand défilé costumé des compagnies de danse régionales dans les rues, suivi d'un déjeuner pour montrer l'évolution de notre gastronomie traditionnelle», confiait Jérôme Delormas, le directeur artistique de Lyon 2013. Concurrence oblige, pas question de dévoiler le nom du fameux restaurant. Dix jours plus tard, rendez-vous à Paris pour le grand oral. Le nom du gagnant devait être dévoilé d'ici au 31 décembre. Mais le jour exact avait été tenu secret jusqu’au dernier moment… Le mystère est levé.

Tentative de polémique
Un journaliste (connu pour son militantisme à Force Ouvrière, FO) de France 3-Méditerranée et correspondant local de …France Info et France Inter, Olivier Martocq, assurait clairement ce matin que les critères politiques pèseraient lourds dans la balance, comme si l’agitation socio-politique à Toulouse ne plaidait pas contre ses intérêts. L’exemple de Lille, capitale européenne en 2004, démontre en outre l’absurdité partisane de cette radio. De longue date socialiste aux mains de la Ch’tite Aubry, après l’avoir été dans celles de Gros Quinquin, Pierre Mauroy, Lille a été choisie à l’époque du Président Chirac et Alain Juppé (Bordeaux,UMP), Jean-Claude Gaudin (Marseille, UMP) et Gérard Collomb (Lyon,PS) rêvaient de faire aussi bien qu’à Lille. L’opposition pourra se consoler en ironisant sur le sort de Bordeaux, où, Alain Juppé, l’ancien Premier ministre et premier ministre de l’Environnement du gouvernement Fillon, n’a pas été favorisé plus que Lyon ou Toulouse (PS) dans le combat de deux villes gérées par le parti présidentiel contre deux par l’opposition. Ce que le journaliste Olivier Martocq, beau joueur bien qu’à FO, ne manquera pas de reconnaître, objectivement…
O.Martocq a-t-il rendu compte de la liesse partagée par Gaudin et Guérini, copains comme cochons à la célébration de la divine nouvelle ? De quoi mettre un peu d'eau dans sa Vodka militante FO, avec un zeste d'intelligence !

Lille a attiré 9 millions de visiteurs pour 72 millions d'euros de recettes.
Depuis, les lumières sont restées allumées et la capitale des Flandres s'est transformée en une grande ville européenne plébiscitée par les entreprises comme par les touristes. Entre les villes, les enjeux se chiffrent en millions d'euros. Remporter le titre si envié, c'est gagner dix à quinze ans dans le développement. «C'est l'occasion d'exister davantage dans le paysage national et européen. Quand les entreprises innovantes regardent où s'installer, elles ont deux critères : les écoles et la culture», ajoute Pierre Cohen, le maire socialiste de Toulouse.

Le concept de capitale européenne de la culture
Pour Bruxelles, Lille 2004 fut de loin l'une des meilleures capitales européennes depuis la création du concept par Melina Mercouri, ministre grecque de la Culture, en 1985. Son idée était de rapprocher les Européens, en désignant deux villes par an. En 2007, ce sont Liverpool et Stavanger (Norvège). La France a déjà été à l'honneur à trois reprises : Paris 1989, Avignon 2000, Lille 2004.
Mais parfois le choix est catastrophique.
Gênes 2004 et Luxembourg 2007 ont été des flops monumentaux. L'Union Européenne, qui verse des subventions allant de 200 000 euros à 1 million d'euros à chaque gagnant, n'a pas apprécié. Jean-Claude Gaudin a retenu la leçon : «Si Marseille gagne, cela ne coûtera pas cher à l'Europe. Nous financerons les 100 millions d'euros nécessaires», avait-il promis.
Selon les calculs de Bernard Latarjet, directeur de la candidature de Marseille 2013 : «Un euro investi va générer 6 euros de recettes. Nous devrions engranger 600 millions d'euros de recettes, séduire 2 à 3 millions de touristes supplémentaires et attirer 1 million de croisiéristes.»
Encore fallait-il que les jurés n'aient pas le même raisonnement que ceux de l'America's Cup. En 2004, ces derniers avaient préféré Valence à Marseille, à cause de ses conflits sociaux à répétition, comme à Toulouse. La situation à Marseille s'est nettement améliorée : la gare Saint-Charles a été rénovée et agrandie, tandis que tout le quartier était réhabilité, comme l’avenue de la République, qui devient un nouveau pôle d’activités, et comme Euro Méditerranée, sans oublier la création de lignes de tramway. Des réalisations remarquables qui n’ont pu que séduire le jury au-delà de tout esprit partisan.

Un désir d’avenir de bon aloi
Le projet de Marseille-Provence
(Marseille et sa communauté urbaine) veut tirer parti de sa position géo-politique pour créer "une plate-forme pérenne d'échanges et coopération culturelle entre l'Europe et les Suds".
Pour le directeur de la candidature de Marseille-Provence, Bernard Latarjet, présent mardi soir au ministère de la Culture, "une des raisons du succès a été le travail collectif réalisé depuis deux ans".
Avec cette élection, le dynamisme de l’équipe municipale de Jean-Claude Gaudin se trouve justement récompensé.

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