vendredi 18 avril 2008

La gauche ramasse la communauté urbaine de Marseille

La droite majoritaire se divise et se prive de la présidence
A sa grande surprise, Eugène Caselli, le secrétaire fédéral du parti socialiste des Bouches-du-Rhône, a été élu président de la communauté urbaine de Marseille Provence Métropole, la troisième de France, à la faveur d'un règlement de comptes post-électoral à droite.
Eugène Caselli a été élu jeudi aux dépens de l'UMP Renaud Muselier, 1er adjoint de la ville de Marseille, donné grand favori. Il a obtenu 79 voix contre 77 à l'ancien secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères. On a dénombré un bulletin blanc. "C'est un déni de justice. Ce qui s'est passé aujourd'hui est malhonnête", s'est insurgé Renaud Muselier.
La gauche est consciente de ne posséder aucune majorité au sein de l'instance dont elle vient de recevoir la présidence, grâce à la dispersion des voix à droite et sans la mériter. "Ce n'est pas le troisième tour de l'élection municipale", a admis Eugène Caselli.
Le premier test qui permet de prendre la mesure de cette mascarade est aussi un présage : le premier rapport administratif soumis au vote a en effet été repoussé par 89 voix contre 68 et le nouveau président a été mis, de fait, en minorité.


Ce psychodrame dont le théâtre est la troisième communauté urbaine de France, qui s'étend sur 60.500 hectares et regroupe près d'un million d'habitants, pourrait bien se résumer à un règlement de comptes post-électoral où certains, à droite, ont choisi de faire payer le prix fort à l'UMP pour le choix de ses investitures à l'élection municipale.
"Ce sont des turpitudes qui n'ont rien à voir avec ma vision de la démocratie. Il y a eu des trahisons", a encore regretté Renaud Muselier.Les apprentis sorciers ont cru que leurs mandats leur appartiennaient et qu’ils pouvaient en disposer, au mépris de leurs électeurs, risquent fort de regretter leurs susceptibilités. "Cela ne correspond en rien aux résultats du mois de mars. On a bien vu au premier vote que la droite était majoritaire", a souligné Renaud Muselier.

Les regards se sont tournés vers les élus des communes de Marignane, où le dissident Eric Le Dissès (à gauche) s'est imposé face au maire sortant Daniel Simonpieri, et de Cassis où l'UMP Jean-Pierre Teissère a été battu de six voix par la divers droite Danielle Milon (à droite).
Dans ces conditions, la gestion de la communauté urbaine marseillaise, qui regroupe 18 communes, risque d'être fortement paralysée, notamment à travers une cohabitation inédite avec Marseille.
La gauche n’en revient pas et, roi malgré lui, Eugène Caselli doit bien admettre que "dialogue et concertation seront les maîtres mots de cette mandature", puisqu’il ne dispose d’aucune majorité. Il sait qu’il ne faut voir dans l'attitude des élus de droite qu'un simple "mouvement d'humeur".

Le vice-président de l'UMP et sénateur-maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, avait choisi de ne pas briguer un nouveau mandat à la communauté urbaine, créée en juillet 2000, dont il a été jusqu'ici le premier et seul président. Il demeure aujourd'hui à la tête du dernier grand bastion de droite d'une région où la gauche contrôle déjà le conseil général et le conseil régional.
Jean-Claude Gaudin avait déjà connu le blocus de sa ville par la gauche. Marseille sera désormais maintenue sous respiration artificielle.

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