samedi 14 décembre 2019

Macron s'adresse aux Français depuis l'au-delà... des frontières

Macron avait assuré qu'il ne parlerait pas de politique française depuis l'étranger 

Est-il roi des Belges, maintenant ?


Lors de sa première conférence de presse avec la chancelière allemande à Berlin, en mai 2017, le nouveau président de la République avait pris l'engagement de ne plus évoquer la politique française depuis l'étranger. C’est une règle non écrite de la vie politique française que Macron promettait d'appliquer à la lettre. En présence d'Angela Merkel, il avait répliqué aux journalistes qui le pressait de questions qu'il ne répondrait pas à celle concernant la politique intérieure lorsqu'il serait en déplacement à l'étranger.
"Nous [1ère personne du pluriel] prendrons dorénavant la discipline à l'étranger de ne pas parler de politique française", a répondu le chef de l'Etat à un journaliste français qui l'interrogeait sur son choix de premier ministre, annoncé en début d'après-midi.
Il ne parlerait donc plus que de sa personne
A Bruxelles, il a estimé pourtant que la réforme n'est pas "avant toute chose budgétaire" : cette semaine, le quadra avait perdu la mémoire. "Nous faisons (cette réforme) parce que la France en a besoin, et que les générations futures en ont besoin pour recréer la confiance dans le système de retraite et une plus grande justice grâce à un système universel", a-t-il développé, brisant en Belgique, au 9e jour de grève contre la réforme, le silence qu'il observait en France. 

Le projet de réforme des retraites est "historique pour le pays", a encore déclaré le volubile Macron, vendredi 13 décembre à Bruxelles. Et ce n'est pas tout. "C'est une réforme de refondation avant toute chose, une réforme de transformation de notre système et qui va donner sa pleine force dans le temps", a ajouté le sphinx de l'Elysée, au cours de la conférence de presse qu'il a donnée à la fin du sommet européen. 
Et d'ajouter : "La réforme "n'est donc pas avant toute chose budgétaire".

VOIR et ENTENDRE Macron poursuivre, pour dire encore qu'il "y a une concertation qui doit se faire" :

Vous croyez qu'il s'est contrôlé et n'en a pas dit plus ? Eh bien, vous faites erreur...
La réforme "poursuit un travail historique mené depuis plus de deux ans et demi par le gouvernement [attention, c'esp pas ma faute à moi !] en termes de transformation du pays sur beaucoup de sujets qu'on pensait impossibles à toucher", a ajouté le président. Mais ce travail ne sera historique que s'il aboutit. Et sans mettre le pays à feu et à sang...

Au neuvième jour de grève contre la réforme, le premier ministre Edouard Philippe s'efforce d'endiguer le flot grossissant de contestataires du projet, reprenant les discussions avec les partenaires sociaux la semaine prochaine pour tenter d'obtenir d'eux des compromis. 
Après une réunion avec Christophe Castaner (Intérieur) et Jean-Paul Delevoye (Haut Commissaire aux retraites, affaibli par plusieurs révélations de potentiels conflits d'intérêts), les syndicats policiers ont arraché des concessions qualifiées d' "avancées" et annoncé la suspension de leur mouvement de protestation.
L'objectif de l'exécutif est notamment de reprendre le dialogue avec un allié potentiel, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger. 
Comme l'UNSA, ce syndicat défend un régime universel, mais à ses conditions. Après avoir brisé les genoux de son allié réformiste, en imposant un "âge d'équilibre" dès 2022,  le pouvoir lui passe désormais de la pommade...

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