jeudi 8 mars 2018

Renié par sa direction, Le Drian quitte le Parti socialiste

Le ministre des Affaires étrangères de Macron préfère anticiper son éviction

L'ami des hommes au pouvoir était le ministre de la Défense de Hollande

A quelques jours de l'élection de son nouveau dirigeant, les 15 et 29 mars, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a préféré annoncer jeudi qu'il quitte le Parti socialiste de lui-même.
"Le responsable du PS aujourd'hui, M. Rachid Temal, a déclaré il y a peu de temps 'aucun ministre ne pourra voter' " et " 'il n'y a aucun socialiste au gouvernement' donc j'en prends acte, c'est-à-dire que je me retire du Parti socialiste", a déclaré l'ancien ministre de François Hollande sur CNews.

Le Parti socialiste ne le regrette pas
"Je me retire du Parti socialiste avec beaucoup d'émotion, ça fait 44 ans que j'en suis membre. Avec aussi beaucoup de fierté, parce que j'ai participé à des combats sous François Mitterrand, sous Lionel Jospin, sous François Hollande avec qui j'ai toujours une forte amitié, et puis j'ai remporté 13 victoires", a ajouté Jean-Yves Le Drian en référence notamment à la Bretagne dont il a été président de région, mais faisant l'impasse sur la déroute du candidat socialiste à la présidentielle, Benoît Hamon, à la Bérézina des socialistes à la dernière législatives et à la destruction du parti de Hollande.

Il a  toutefois précisé qu'il ne rejoint pas le parti du président Macron

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"Je suis dans la majorité présidentielle. J'ai compris que les socialistes étaient désormais totalement dans l'opposition. Je le regrette et je maintiens mon parcours. Je suis cohérent avec tout ce que j'ai fait depuis que je suis rentré au Parti socialiste", a estimé le septuagénaire.

En termes de cohérence, Le Drian a également souligné que "près de 70% des socialistes" allemands sont décidés à participer au "gouvernement de compromis" avec Angela Merkel,  disant ainsi sa "déception" qu'en France, le Parti socialiste "se repli(e) dans une opposition sectaire et stérile".

"Oui c'est de la déception, mais en même temps je suis déterminé, je suis dans la logique de mon engagement depuis 1974 et j'estime aujourd'hui que la manière d'avancer vers l'Europe, la manière de transformer notre pays, c'est auprès d'Emmanuel Macron qu'il faut le faire et je regrette que le Parti socialiste se replie aujourd'hui dans des convictions qui sont à mon sens dépassées", a martelé l'ancien n°7 du quinquennat Hollande.

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