samedi 27 août 2016

Le coup en douce de Najat Vallaud-Belkacem à la primaire socialiste

Quel est l'ambition secrete de Najat Vallaud-Belkacem contre la droite du PS ?

Et si c'était elle le coup de Jarnac de la gauche à la présidentielle ? 

Najat Vallaud-Belkacem se préparerait à entrer en campagne. Son récent désaccord affiché avec Manuel Valls sur les arrêtés anti-burkini en fait l'une des surprises de la rentrée du gouvernement. 

Alors que le Premier ministre a soutenu les arrêtés municipaux pris par plusieurs maires des communes littorales pour interdire ces tenues de bain islamiques visant à dissimuler le corps des seules femmes, de la tête aux pieds, Najat Vallaud-Belkacem a contesté ces arrêtés et a surtout carrément désavoué Valls publiquement, à la différence d'Axelle Lemaire (Numérique) et de Bernard Cazeneuve (Intérieur) qui ont pris une certaine distance avec la fermeté affichée par le chef du gouvernement.

"La prolifération des arrêtés sur le burkini, je pense qu'elle n'est pas la bienvenue", a-t-elle déclaré la ministre en charge de l'Education et donc de la formation de la jeunesse, au micro d'Europe 1. Tout en rappelant son opposition au burkini, elle a jugé que cela ajoute de "l'huile sur le feu".
Et de polémiquer : "Jusqu'où va-t-on pour vérifier qu'une tenue est conforme aux bonnes moeurs".

Manuel Valls a aussitôt recadré sa ministre sur RMC.
"Ces arrêtés ne sont pas une dérive. C'est une mauvaise interprétation des choses. Ces arrêtés ont été pris au nom même de l'ordre public", a rappelé Manuel Valls.

Conflit ouvert entre Manuel Vallset ses ministres
féministes Touraine et Vallaud-Belkacem
Mais qu'est-ce qui ferait que son jeu personnel serait plus signifiant que la prise de position tranchée de Marisol Touraine ? La ministre de la Santé qualifie de "retour en arrière" le port du burkini par des femmes en France et le juge "perturbant". Mais c'est pour mieux se distinguer du premier ministre:
"Mais faire comme si, en se baignant voilée ou en restant habillée sur une plage, on menaçait en soi l’ordre public et les valeurs de la République, c’est oublier que ces valeurs doivent précisément permettre à chacun de ne pas renier son identité." Ainsi, pour cette socialiste, l'identité  individuelle prévaudrait-elle sur  l'identité nationale et ses valeurs républicaines collectives, supérieures et valables pour tous et toutes : serait-elle plus libérale que le PS ?
"C’est oublier que la laïcité n’est pas le refus de la religion," estime-t-elle, consacrant le burkini comme signe religieux ostentatoire. "C’est une garantie de liberté individuelle et collective," assure-t-elle encore,
engageant les musulmanes à un usage non seulement individuel mais collectif du burkini. Toutes ensemble en burkini !"Elle ne peut pas et ne doit pas devenir le fer de lance d’une stigmatisation dangereuse pour la cohésion de notre pays," mais peut en revanche devenir, après la burka, le fer de lance de l'islamisation du pays
Or, rappelons que, pour Manuel Valls, le burkini n'est "pas compatible avec les valeurs de la France et de la République" et que le premier ministre "soutient" les maires l'ayant interdit sur leurs plages.

La ministre de Hollande, une féministe, n'épargne pourtant ni Sarkozy, 
ni Valls :
"Ce climat de haine, ces divisions attisées, le fanatisme en fait son carburant [Valls n'aurait pas aimé du tout]. Il est plus facile de convaincre des individus de se retourner contre un pays dont on leur fait croire qu’il les rejette", explique-t-elle, confirmant le danger d'attaque venue de l'intérieur. "Et quand j’entends un ancien Président de la République mélanger immigration, religion et terrorisme, pour appeler à l’assimilation, j’enrage,"polémique-t-elle, comme si elle était entrée en campagne "Ce débat sur l’identité relancé ad nauseam est pernicieux et dangereux, précisément parce qu’il permet toutes les dérives." Hollande a dû appeler les unes et l'autre au calme.

Mais, dans un entretien mercredi à La Provence, Manuel Valls refuse de légiférer en la matière.
"Je comprends les maires qui, dans ce moment de tension, ont le réflexe de chercher des solutions, d'éviter des troubles à l'ordre public", indique le Premier ministre. Et d'insister : "Je soutiens donc ceux qui ont pris des arrêtés, s'ils sont motivés par la volonté d'encourager le vivre ensemble, sans arrière-pensée politique".
D'où la demande de Benoît Hamon à Hollande de "mettre un terme à la dérive" de Valls.

La rentrée scolaire va de nouveau braquer les projecteurs sur la ministre de l'Education. 

Une exposition médiatique qui pourrait n'être que l'aube d'une contestation du chef du gouvernement.
A 38 ans, elle se préparerait à un avenir plus personnel, selon la révélation du journal Le Parisien qui indique qu'elle pourrait ne pas hésiter à se lancer dans la course à la primaire. "Najat, c'est la petite souris que personne ne voit venir: ils sont dans le mépris des femmes. Elle est jeune, elle est beure et elle a de bons sondages", aurait déclaré au quotidien un ami du président de la République. 
Selon le journal, des proches de Najat Vallaud-Belkacem auraient fait savoir dès avant l'été qu'elle songe à se présenter à la primaire du PS, dans le cas où François Hollande ne serait pas candidat.

Une façon pour celle que chef de l'Etat surnommerait Pimprenelle 
(lien) de contrer Manuel Valls et Arnaud Montebourg. 
Elle serait alors lancée, à l'image du ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, "dans un combat de générations", commente ce proche flouté de François Hollande.

Selon elle, le premier ministre Valls "libère la parole raciste."

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