jeudi 28 avril 2016

La CGT sort de l'ombre de Nuit Debout

Vers un rapprochement entre la CGT et Nuit debout

Philippe Martinez rencontre ce jeudi une délégation de la place de la République

William Martinet (UNEF) encadré par
ses parrains Martinez (CGT) et Mailly (FO)
Prélude à une convergence officielle ? Le 'plan B' de François Ruffin pourrait finalement se concrétiser dès ce jeudi. Fondateur et rédacteur en chef du journal Fakir et contributeur au journal Le Monde diplomatique, il a participé pendant sept ans à l'émission 'Là-bas si j'y suis' sur France Inter, après l’échec de l’appel à la convergence des luttes lors de la soirée "L’étape d’après", à la Bourse du travail de Paris la semaine dernière.

Comme prévu depuis plusieurs semaines, une journée de mobilisation des organisations syndicales

appelant au retrait du projet de loi travail se tiendra dans de nombreuses villes de France ce jeudi.

A Paris, le cortège partira à 14 heures de la place Denfert-Rochereau, en direction de Nation.
L’idée portée par Ruffin, également réalisateur du film Merci Patron !, est de profiter de cette journée d’action pour faire le pont entre le mouvement Nuit debout et les syndicats.

Nuit debout a ainsi voté en assemblée générale un communiqué invitant les syndicats à rejoindre la mobilisation de République, tandis que plusieurs représentants syndicaux, ainsi que François Ruffin, l’économiste
Frédéric Lordon (ci-dessus à droite)

et la militante féministe hystérique Caroline de Haas ont signé un appel intitulé "Ensemble pour leur faire peur !", qui porte le même objectif de convergence.

Pour matérialiser ce rapprochement, une assemblée générale commune, place de la République à 18 heures, est finalement organisée ce jeudi.

Depuis plusieurs jours, les appels du pied se sont multipliés pour rendre cette convergence possible.

Dans un premier temps, des prises de parole de cinq minutes seront proposées à des militants et des collectifs en lutte. Des "leaders syndicaux" sont ensuite invités à s’exprimer.



Mais qui sera de la partie ?

Pour l’instant, seul Eric Beynel (ci-contre à gauche), porte-parole de Solidaires, a confirmé sa présence.
Mais les choses pourraient bouger rapidement dans d’autres confédérations, et notamment à la CGT, où la direction semble prête à se rapprocher de Nuit debout.

Pression de la base

Une rencontre est prévue dans la journée de jeudi, avant la manifestation parisienne, entre le communiste Philippe Martinez, secrétaire général de la centrale de Montreuil, François Ruffin et une délégation du mouvement de la place de la République, des anarchistes, des communistes  et des trotskistes.
L’enjeu est important, car la CGT pourrait appeler officiellement à rejoindre la mobilisation Nuit debout.

Le syndicat subit en effet la pression de sa base, qui souhaite que se dessine un tournant dans la contestation contre le projet de loi travail. Plusieurs cadres intermédiaires de la CGT ont d’ailleurs signé l’appel lancé en début de semaine par le journal Fakir. La rencontre de jeudi midi pourrait même convaincre Martinez de faire une visite place de la République. 

Pour l’heure, c’est Catherine Perret, membre du bureau confédéral, qui a prévu de représenter la CGT à Nuit debout, après la manifestation du 1er mai.

Concernant une arrivée du cortège place de la République, jeudi en fin de journée, Eric Beynel explique qu’il est trop tard pour modifier le trajet de la manifestation. "Mais peut-être que quelques chars décideront tout de même de s’y rendre, comme après la manif du 31 mars", ajoute le porte-parole de Solidaires. 

De son côté, François Ruffin sera à Flixecourt (Somme) pour une projection publique de son film. Le lieu est symbolique : "C’est là où Bernard Arnault a construit sa fortune," précise Ruffin, qui se félicite de la convergence en cours. Avant d’ajouter, un peu ironique : "Ça va presque trop vite…"

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